Le chiffre du jour : 3,14

Par Aurialie le 08.02.2010 à 23h21

Aujourd’hui, le chiffre du jour est forcément l’écart de voix entre Victor Ianoukovitch et Ioulia Timochenko au 2e tour de l’élection présidentielle ukrainienne. A ce jour et à cette heure, selon Interfax, après le dépouillement de 99,27% des bulletins de vote, l’écart est de 3,14%. A noter que 4,37% des électeurs ont voté pour l’option "Contre tous", ... Ioulia doit regretter de ne pas avoir reçu à les convaincre de voter pour elle.

Mais au-delà des résultats de l’élection, 3,14 (les 3 premiers chiffres du nombre π, pi) a un autre écho en Russie. Aujourd’hui, c’est la journée de la science, en mémoire de la signature par Pierre Ier de l’oukase créant l’académie des sciences (et des arts) en 1724. En l’honneur de cette journée, voilà un dessin scientifico-humoristique sur l’évolution humaine (rappelant un peu ce dessin). Dans la dernière bulle, comme dans la première, il est écrit "TCP/IP IPX".

J’ai hésité avec un autre chiffre : 1050, le nombre de panneaux publicitaires, installés illégalement, démontés par le gouvernement de Moscou en 2009. L’adjoint au maire, Sergueï Baïdakov, a annoncé que le processus de contrôle et réduction des panneaux publicitaires s’intensifierait en 2010. Moins du pub dans une ville, c’est toujours une bonne nouvelle !

Source image : caricatura.ru

Made in Russia

Par Aurialie le 07.02.2010 à 02h08

Après la fabrique de pelmini et vareniki, voilà un magnifique reportage photo d’une fabrique de valenki, ces grosses bottes typiquement russes en feutre, à Kaliazine (entre Moscou et Iaroslavl). Selon l’auteur des photos, Igor Alekseev alias Impostors sur LiveJournal, les valenki, chaudes, pratiques et bon marché, sont de nouveaux populaires en Russie. Et si l’usine n’a pas de problème de commandes, les salariés ne profitent pas de sa prospérité : locaux usés, air mauvais, salaire moyen de 5.000 roubles.

A voir également, un reportage sur une fabrique de jouets en bois.

Source : Impostors.livejournal.com

Pouvoir et société-Autoportrait par Elkine

Par Aurialie le 05.02.2010 à 00h02

Après quinze jours sans dessin de Sergueï Elkine, il était difficile de ne pas publier cette caricature (cet autoportrait comme l’appelle Elkine) du pouvoir et de la société. On ne peut pas dire que Vladimir Poutine soit mis en valeur, ... la société non plus !

Source : Sergueï Elkine via son blog ellustrator

Dangereux pour la santé

Par Aurialie le 04.02.2010 à 00h21

M444, dont j’ai déjà montré une création ici, adore "s’attaquer" à Edinaïa Rossia et à sa représentation graphique, l’ours (à voir sur son blog). Avec cette nouvelle image, c’est à tous les symboles du parti au pouvoir en Russie qu’il s’en prend.

Sur la ligne du haut, au-dessus de symboles que l’on peut trouver sur les bouteilles de produits toxiques ou dans endroits dangereux, il est écrit "ce qui détruit votre corps". Et sur la ligne suivante, au-dessus d’un portrait de Poutine, de l’ours d’Edinaïa Rossia, du symbole Nachi, du Ia du groupe Molodoïa Gvardia, de la croix stylisée du mouvement eurasien international, ...il est écrit "ce qui détruit votre cerveau et votre âme". L’idée est assez bonne et l’analogie déclinable à toutes les sauces. Je trouverais assez facilement 7 symboles de la politique française ou 7 produits de la sous-culture (inter)nationale à mettre sur la ligne du bas...

Voyage dans l'art moderne russe

Par Aurialie le 03.02.2010 à 00h02

Hier soir, Arte diffusait le reportage "Le rouble roule sur l’art", qui traitait des millionnaires russes qui investissent dans l’art national. Une place importante était faite à Igor Markin, propriétaire d’une entreprise de plastique pour portes et fenêtres. En 1992, il achète ses 2 premières œuvres, mais une s’avère être un faux. Dix ans plus tard, plus riche et plus sensé, il commence à collectionner des œuvres datant de 1945 à nos jours. En juin 2007, il décide de faire partager sa collection en ouvrant un musée d’art contemporain au centre de Moscou Art4.ru.

Pour ceux qui n’ont pas la chance de se trouver dans la capitale russe, près de 140 œuvres sont visibles sur le site du musée, mais aussi celles des expositions temporaires des autres musées de la ville. Par exemple, voilà les photos de l’exposition des nominés du Prix Kandinski 2009 au TsDV, l’exposition Boom de Vladimir Logoutov à Vinzavod ou encore l’exposition de Marina Kastalskaïa à la galerie pop/off/art.

Pour illustrer cet article, j’ai choisi l’un des premiers tableaux achetés par Igor Markin, considéré comme un chef d’oeuvre de l’hyperréalisme russe : Le Poète Lev Rubinstein (du cycle "Le métro moscovite") de Semion Faïbisovitch (datant de 1987). Et le tableau, sans titre, d’une jeune artiste russe Galina Emelina

Le Baïkal en danger ?

Quand dans une petite ville, une entreprise fait travailler la majorité de ses habitants, il est parfois difficile de faire accepter des arguments écologiques en faveur de la fermeture de cette entreprise. C’est le cas de l’usine de cellulose de Baïkalsk, fermée en octobre 2008 pour éviter la pollution avec les eaux usagées du lac Baïkal. La mise en place d’un système fermé de circulation des eaux usées coûtant trop cher, les 2.200 travaillant dans l’usine (sur les 17.000 habitants de Baïkalsk) ont été mis au chômage. Mais le 13 janvier, le gouvernement russe a publié un décret autorisant la réouverture de l’usine (et près d’un millier de salariés ont pu ainsi reprendre le travail), sans que le système fermé n’ait été mis en place, d’où la colère des écologistes.

Une lettre ouverte a été envoyée au président Medvedev pour demander la fermeture de l’usine. Les écologistes y expliquent que Baïkalsk n’a pas besoin de l’usine de cellulose car le futur de la ville se trouve dans la production alternative et le tourisme. L’argent prévu pour la modernisation de l’usine pourrait d’ailleurs servir au développement de nouvelles entreprises. De plus, la réouverture de l’usine va à l’encontre des lois nationales et internationales, notamment de la loi sur la protection du lac Baïkal ou de la convention internationale sur la protection du patrimoine culturel et naturel.

Est-ce parce qu’elle protestait trop, que les locaux de l’ONG Baïkalskaïa Ekologuitcheskaïa Volna (Vague écologique du Baïkal) ont été fouillés par les forces de l’ordre jeudi dernier et que leurs ordinateurs ont été saisis ? Officiellement, non, les policiers avaient pour mission de vérifier les licences des logiciels utilisés pour s’assurer de la non-violation de la propriété intellectuelle. Mais l’association se trouve maintenant sans ordinateurs, ni serveur, pendant un mois et donc dans l’impossibilité de travailler. Le site est depuis indisponible.

Source image : Greenpeace

La petite fille qui cherchait son nounours

Par Aurialie le 30.01.2010 à 23h53

Voici un charmant film d’animation issus de l’école-studio des réalisateurs et spécialistes en animation ШАР (studios Pilot), réalisé par Elena Tchernova et le directeur artistique Alexandre Tatarsky (également fondateur des studios Pilot). Les 2 ont gagné de nombreux prix, cela n’a rien d’étonnant.

Ce film date de 2002, mais chaque année l’école ШАР et les studios Pilot sortent de nombreuses animations, dont certaines sont visibles sur Youtube.

Les bonshommes de neige paradent

Par Aurialie le 29.01.2010 à 00h06

Après le blog musique, voilà un très bon blog de photos. celui d’Alekseï Sazonov, alias Mnalex2002. Il présente habituellement des photos plus politiques ou des images d’archives, mais aujourd’hui il a publié un cliché de bataillon de bonshommes de neige à Moscou.

En regardant la page Wikipedia sur le bonhomme de neige, j’ai lu cette anecdote marrante : en hiver 2005, pour protester contre leur gouvernement, des Lituaniens ont construit 141 bonshommes de neige devant leur Parlement pour chacun de leurs députés, car en Lituanie, bonhomme de neige se dit "homme sans cervelle".

Alors ces bonshommes de Moscou sont-ils là pour se promener, pour manifester ou pour aller à l’assaut d’un magasin d’écharpes et de moufles pour bien résister au froid ?

Source : Mnalex2002

Alina Orlova en live (ou presque)

Par Aurialie le 28.01.2010 à 22h57

Le LiveJournal d’Alargus s totchkoï est un blog musical plutôt intéressant car il propose des vidéos de concerts, notamment ceux du club Ikra à Moscou. J’ai ainsi découvert la performance de la chanteuse lituanienne Alina Orlova. Assise à son piano, elle enchaine d’une voix envoutante des morceaux courts, chantés dans sa langue natale, mais aussi en anglais et en russe.

Pour voir la suite du concert, il faut se rendre sur la playlist d’Alargus.

En suspension

Par Aurialie le 25.01.2010 à 23h29

Cette photo a un petit côté magique qui donne l’impression que ce territoire est suspendu au-dessus de l’océan, comme dans un rêve.

La réalité est un peu moins magique, comme le montrent les autres photos de ce reportage d’Artemy Lebedev sur la ville abandonnée de Bechevinka, située près de la presqu’île du Kamtchatka. La nature, par contre, reste toujours belle.

Source photo : Artemy Lebedev

La bonne idée de Jirinovski ?

Par Aurialie le 19.01.2010 à 00h11

Je ne passe pas une semaine sans référencer ici un dessin de Sergueï Elkine, vous l’avez certainement remarqué. J’aurais pu mettre ce dessin de Victor Ianoukovitch et Ioulia Timochenko, les candidats du 2e tour de l’élection présidentielle ukrainienne. Mais j’ai préféré ce dessin représentant le leader du LDPR et vice-speaker de la Douma, Vladimir Jirinovski, coupé en 2 par une ligne imaginaire, pour avoir proposé de diviser de moitié le nombre de députés. La raison de cette proposition : trouver de l’argent pour la modernisation de la Russie.

Il a ainsi déclaré : "Pourquoi y a-t-il 450 députés à la Douma ? 200, ça suffit ! Qu’est-ce que nous restons toute l’année assis à appuyer simplement sur un bouton ? Ce serait une grande économie." Et a rajouté : "Les sociologues ont estimé que dans notre pays 10 millions de personnes travaillent - c’est-à-dire ceux qui produisent quelque chose que l’on peut consommer, vendre ou utiliser. Mais il y en a 100 millions d’autres -en épaulettes et galons- les députés et les fonctionnaires, qui contrôlent les 10 millions qui produisent !" Selon Jirinovski, une personne ne doit pas en entretenir dix. "La proportion doit être de un pour trois, c’est-à-dire une personne en entretient trois. C’est la limite ! Si la proportion est de un pour quatre, le pays périt", a-t-il souligné.

Source dessin : Ria novosti

Les intellectuels russes les plus influents

Par Aurialie le 18.01.2010 à 00h04

OpenSpace.ru a dévoilé le 20 décembre les 10 intellectuels considérés comme les plus influents en Russie par les internautes. Sur une liste de 100 noms proposés par la rédaction du site, les internautes pouvaient en choisir 5 et rajouter également un nom qui manquait selon eux. Après plus de 40.000 votes pendant un mois, c’est l’écrivain Victor Pelevine, auteur notamment de Génération P (publié sous le titre Homo-zapiens en français) qui a été élu avec 2133 voix. Viennent ensuite le journaliste et bloggeur Danil Chepovalov, l’homme politique et écrivain récemment récompensé du prix littéraire du magazine Znamia Mikhaïl Khodorkovski, le journaliste Constantin Krylov ou encore l’homme politique et écrivain Edouard Limonov. Plus étonnant, se trouvent dans la liste en 3e position le présentateur télé Leonid Parfionov ou le Patriarche Cyrille de Moscou. Son chargé de relation presse est content de voir le Patriarche en 6e place de ce classement, il pense même que c’est un important qu’il fasse partie des intellectuels les plus influents de Russie, car "c’est en effet une personne qui pense". Une fois encore, je ne suis pas sûre que l’on puisse faire confiance aux sondages sur Internet...

Source image : Openspace.ru

2010 - Année de la Russie

Par Aurialie le 17.01.2010 à 18h21

Comme vous devez le savoir maintenant, l’année 2010 a été déclarée "Année croisée France-Russie", ce qui doit permettre aux habitants des deux pays de mieux connaître la culture du pays partenaire. Moult manifestations, concerts, rencontres, spectacles russes sont donc prévues en France. L’un des premiers évènements majeurs est le festival RussenKo au Kremlin-Bicêtre du 29 au 31 janvier, où plus de 40 manifestations sont prévues dans l’ensemble de la ville : marché d’artisanat, gastronomie, expositions photos, projections ("Quand passent les cigognes" de Mikhaïl Kalatozov, "La belle et la bête" de Ilina Povolotskaya, ...), pièces de théâtres ("Le Revizor"), conférences et tables-rondes ("Approches de l’histoire du stalinisme en Russie aujourd’hui", "L’image de la Russie en France, hier, aujourd’hui, demain ? Enjeux popolitiques, économiques, diplomatiques et historiques", ...), lectures, show et ateliers de danse, Prix Russophonie ... Pendant 3 jours le Kremlin-Bicêtre va vivre à l’heure russe.

Les manifestations sont également nombreuses dans les domaines de l’éducation, la recherche, le sport. Et comme je ne pourrais pas toutes les indiquer sur mon agenda, voici quelques sites pour ne louper aucune manifestation :

  • CulturesFrance.com, qui ne sortira le site officiel que le 25 janvier.
  • Russiefrance.org, géré par le Centre de Russie pour la science et la culture à Paris, représentation en France de l’Agence fédérale pour la CEI, la diaspora russe à l’étranger et la coopération internationale culturelle et en sciences humaines
  • Sitac-russe.fr, site inter-académique de langue russe en France, qui traite des manifestations liées à l’éducation
  • Infos-russes.com, qui référencera les évènements du programme officiel, mais aussi non-officiel de cette année croisée
  • sports.gouv.fr pour tous les évènements sportifs
  • kinoglaz.fr pour les évènements cinématographiques

Le Tsar de Pavel Loungine est terrible

Par Aurialie le 16.01.2010 à 23h58

L’année de la Russie en France (et réciproquement) commence bien cinématographiquement parlant avec la sortie du dernier film de Pavel Lounguine, Tsar.

Tsar relate 4 ans de la vie d’Ivan le terrible (entre 1565 et 1569), les conséquences de sa paranoïa (garde rapprochée sans foi ni loi, comploteurs imaginaires torturés et tués, recherche de tout signe annonçant le jugement dernier, ...) mais surtout, comme le montrent les affiches française et russe du film, son face-à-face avec le père Philippe (qu’il nomme métropolite de Moscou, après le départ du précédent), un combat entre le bien et le mal. Une phrase du film résume parfaitement la complexité du 1e tsar de Russie, dans lequel cohabitent la cruauté des opritchniki et la piété du métropolite Philippe : "Peut-être qu’en tant qu’homme je suis pécheur. Mais en tant que tsar, je suis juste !"

La performance des 2 acteurs principaux (Piotr Mamonov et Youri Kuznetzov) est absolument magistrale, les costumes magnifiques, Pavel Louguine (en interview ici) signe un très bon film.

L'Affaire Toulaev de Victor Serge

Par Aurialie le 12.01.2010 à 23h51

Cette caricature du dessinateur Mikhaïl Zlatkovski, publiée à l’occasion de l’anniversaire de Staline (le 18 décembre), m’a fait penser au roman de Victor Serge, l’Affaire Toulaev. Dans cette fiction, très proche de la réalité historique des années 30 en URSS, Victor Serge relate les conséquences de l’assassinat du camarade Toulaev, membre éminent du Comité Central, connu pour ses déportations de masse et ses purges dans les universités.

Bien que l’on suive l’enquête qui mènera à l’arrestation de plusieurs cadres du Parti un peu partout en URSS, mais aussi en Espagne, l’Affaire Toulaev n’est en rien un livre policier : le lecteur connait dès le début l’auteur de l’assassinat. L’ambition de Victor Serge n’était pas de faire un bon thriller (enfin, il me semble), mais de montrer l’implacable machine qui a purgé les différents échelons de la hiérarchie soviétique, la façon dont le pouvoir judiciaire fabriquait des coupables et pouvait convaincre les plus vieux bolcheviques de reconnaître leur culpabilité.

L’ouvrage est très dense, très riche et assez original dans sa forme : chaque chapitre relate le destin d’un "accusé", sa vie, ses activités, son ascension, son arrestation ; et ce n’est qu’à la fin que leurs destinées s’unissent dans l’imagination du procureur Ratchevsky et de ses auxiliaires. Ainsi chaque portrait est une nouvelle à l’intérieur du roman, qui pourrait parfaitement être indépendante.

Parallèlement à ce roman, j’ai lu le recueil de photographies de David King, Le Commissaire disparait, sous-titré "La falsification des photographies et des oeuvres d’art dans la Russie de Staline". Dans certains cas, la falsification est une conséquence directe des procès de Moscou et des grandes purges staliniennes. Bien qu’à l’époque Photoshop n’existait pas, les modifications des photos sont parfois vraiment impressionnantes.

Pour ceux qui aiment l’histoire soviétique, ces 2 ouvrages sont essentiels !

Russie38
Russie33
Russie21
Russie15
Russie44
Russie20
Russie17
Russie02
Russie34
Russie09
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