Variations sur Dorofeï

L’histoire de la fuite supposée de Dorofeï, le chat de Medvedev, sera déjà oubliée la semaine prochaine, mais elle a bien amusé les internautes pendant la journée d’hier, qui ont multiplié les tweets gentiment moqueurs et imaginé quelques détournements d’images. Sur ces images, de gauche à droite, on peut lire :
- "Attention, on a retrouvé Dorofeï, mais il y a un problème..." (Dorofeï porte le ruban blanc de l’opposition et tient une pancarte avec le mot "Liberté").
- Poutine : "Dorofeï ? Non, je ne l’ai pas vu"
- Medvedev à Dorofeï : "La prochaine fois que tu t’enfuis, prends moi avec toi..."

Le plus drôle est certainement le fait que Dmitri Medvedev ait eu besoin de nier cette disparition sur Twitter. Dans un autre genre, il a également été assez bon dans son commentaire aux candidats républicains aux élections américaines, suite à l’interception d’une conversation entre lui et Obama (cette histoire a également eu son heure de gloire sur les réseaux) et la déclaration de Mitt Romney sur "La Russie, ennemi géopolitique n°1 des Américians" : "Je recommanderais à tous les candidats à la présidentielle américaine de faire deux choses. D’abord, utiliser leur tête et leur raison lorsqu’ils formulent leurs positions, ce qui ne devrait pas nuire pour un candidat à la présidentielle. Et puis aussi regarder leur montre : nous sommes en 2012, pas au milieu des années 1970."

Et le hashtag du jour est #Шуваловжулик (Chouvalov - voleur) : Igor Chouvalov, vice-premier ministre russe, est accusé de conflit d’intérêt par le Financial Times et le Wall Street Journal, pour avoir investi des millions de dollars dans des groupes comme le géant gazier Gazprom alors qu’il travaillait au Kremlin. Il nie bien sûr ces accusations.

Source images : les dessins sont de Sergueï Elkine, publiés sur Polit.ru pour celui de gauche et sur son blog pour celui de droite ; la photo, je l’ai prise sur le blog d’Artem Kazhdy

RasPoutine, 2 - Poutine

Par Aurialie le 29.03.2012 à 23h38

Le premier clip du projet solo du leader du groupe СЛОТ, Igor "Cache" Lobanov, a mis du temps à sortir, mais ça valait le coup.

Le groupe, c’est Mode-M et la chanson "Разпутин" ("Raspoutine"), ce qui permet pas mal de jeux de mots avec Poutine (indirectement très présent dans le clip), comme par exemple :

(...) … вот те раз — Путин (voilà, cette fois, Poutine)
Распутин, два — Путин (Raspoutine, 2 - Poutine // Раз, два, .. signifie en français 1, 2, ...)
Как не путаться в словах (Comment ne pas se tromper dans les mots)

L’ensemble des paroles est consultable ici.

"Nous sommes du même sang"

Par Aurialie le 28.03.2012 à 00h23

Le centre de transfusion des Urgences de l’Institut Sklifosovsky organisait aujourd’hui une journée intitulée "Nous sommes du même sang", prise en photos par Anton Belitski pour le site Ridus. Ce type de journée, organisé depuis 2 ans et demi, a pour but d’attirer des personnes, qui n’envisageaient pas de donner leur sang, en organisant une rencontre avec les membres d’un groupe de rock. Ont déjà mis leur notoriété pour cette cause le groupe Слот, les leaders des groupes Пилот, Ария, Noize MC, Lumen, Louna,...

Cette année, les donneurs ont eu la chance de boire un thé et d’entendre des chansons des groupes Тараканы ! et Ракеты из России. Les chanteurs n’ont pas pu donner leur sang, car leurs derniers tatouages dataient de moins de 6 mois. Et contrairement à la France, qui pourrait prendre modèle sur la Russie, les homosexuels masculins ont le droit de donner leur sang depuis 2008.

Il semble que le sujet du don du sang soit pris très au sérieux par les autorités russes, car en 2011, la Russie a reçu le Sabre award pour sa campagne d’information sur le don du sang, réalisée entre 2008 et 2010. Aujourd’hui, grâce à cette journée, 35 personnes ont accepté de donner son sang et en tout ce sont plus de 250 donneurs qui y ont participé en 2 ans et demi.

Source photos : Ridus

Chaleur, tu conserveras !

Par Aurialie le 27.03.2012 à 00h00

Pour faire des économies d’énergie (et donc d’argent) dans un logement, la première chose à faire est de ne pas perdre la chaleur et donc de bien isoler les systèmes d’approvisionnement. C’est ce qu’annonce cette publicité de МТК (une sorte d’EDF moscovite du chauffage), peinte sur un immeuble du sud de Moscou : "Des économies d’énergie dans l’approvisionnement du chauffage pour le bien d’un grand pays !".

Ce genre de publicité, à l’ancienne (dans le sens, peinte sur un mur, et non pas une affiche sur de grands panneaux en acier), avec un message positif, coloré et écologique, devrait être plus souvent utilisé (et pas qu’en Russie).

Source photo : Serge-Elephant

25 mars, journée de la liberté en Biélorussie

Par Aurialie le 26.03.2012 à 22h24

Le 25 mars est célébré comme la journée de la liberté en Biélorussie et commémore la création de la République populaire biélorusse en 1918. Mais ce n’est pas un jour férié, reconnu par le gouvernement, car la RPB avait été créée par les Allemands, qui occupaient la Biélorussie à ce moment-là. Depuis quelques années, des mouvements et parties politiques profitent de cette journée pour se réunir et manifester contre Alexandre Loukachenko. Cette année, les manifestations, qui étaient autorisées, ont réuni entre 3.000 et 5.000 personnes, notamment du Front de la Jeunesse (Малады Фронт), du parti Biélorussie européenne (Еўрапейская Беларусь) ou encore du mouvement LGBT.

Sur les pancartes, on pouvait notamment lire les demandes de libération des prisonniers politiques (comme par exemple celle de l’un des fondateurs de Charter97 Dmitri Bandarenka), mais aussi le mot ШОС qui est une abréviation apparue après l’élection présidentielle de 2010, ayant plusieurs significations, mais qui ont toujours trait à Loukachenko. Les plus répandues sont "Шоб Он Сдох" ("Qu’il meurt") et "Шоб Он Сел" ("Qu’il aille en prison"). Parmi les participants à cette manifestation, on a pu voir Roma Protasevich (jeune homme qui lève deux doigts sur la photo du bas), dont j’avais raconté l’histoire en septembre 2011.

Cependant, ce n’est pas cela qui va infléchir la politique du président Loukachenko, les sanctions de l’Union européenne ne lui font ni chaud, ni froid.

Source photos : en haut, photos de BNP.by et Nacha Niva, trouvés sur Charter97 ; en bas, sur le blog Toxaby. D’autres photos sont bien sûr visibles sur ces sites.

Ceci n'est pas un appel au terrorisme

Par Aurialie le 25.03.2012 à 22h47

Mais un tag pris en photo par Serge-Elephant, rue Antonova-Ovseenko à Moscou.

De l'art aux quatre coins des rues russes

Par Aurialie le 25.03.2012 à 01h09

Graffitis, mosaïques, stickers, installations... tout le monde connait le street art, ou art urbain en français, (on croise tous les jours dans la rue des créations plus ou moins réussies), l’un des représentants les plus connus étant le Britannique Banksy. En Russie, les street artistes ne manquent pas, en voilà 4 exemples.

Le 1e est la dernière installation de Timofeï Radya, artiste d’Ekaterinbourg, né en 1977, qui tient un blog intitulé "Anybody who makes street art is a friend of mine". Sa création, bon exemple de détournement, est l’affiche ci-dessous, collée sur un panneau près du chantier du Passage, dans le centre d’Ekaterinbourg, annonçant "Ici, il y aura une forêt".

Et en dessous de cette annonce : "Du fait du mécontentement soulevé par la construction d’un nouveau centre commercial, dans le centre historique d’Ekaterinbourg, le plan de reconstruction doit être modifié. La société Malycheva-73 avec le gouverneur de la région de Sverdlovsk, le gouvernement de la région de Sverdlovsk, l’administration de la ville d’Ekaterinbourg et le représentant du District fédéral de l’Oural ont décidé de rétablir l’aspect historique de la ville. La forêt dans l’Oural est apparue bien avant la ville. Déjà Pavel Petrovitch Bajov avait déclaré : "Les arbres se conduisent mieux que les hommes." Ils sont sûrs que la nouvelle forêt va ravir les habitants et visiteurs d’Ekaterinbourg."

L’affiche est donc fausse, et c’est dommage, mais le mécontentement réel pour certains habitants de la ville, qui ne veulent pas voir l’ancien bâtiment Passage détruit. Par contre, d’autres voient les avantages d’avoir un centre commercial neuf dans le centre, c’est pourquoi une consultation publique s’est tenue vendredi pour faire avancer le débat.

Ces photos ont été prises par Sosnitsky à Rostov-sur-le-Don. Il explique que "ce n’est pas la première fois que des personnes décorent avec des oiseaux en origami les arbres de la ville. Les passants les regardent avec enthousiasme ou tout du moins sourient." Et je suis d’accord avec sa conclusion : "Parfois, il en faut peu pour remonter le moral".

Je voulais terminer avec un peu d’amour, ou presque, avec cette création de Pavel183, que j’ai déjà évoqué ici et qui est même surnommé le Bansky russe. Alors que le graffeur écrit "je t’aime" en quatre langues, sa copine lui dit "Chéri, t’es débile, ça ne paie pas". Le commentaire de Pavel est le suivant : "Combien de fois ça a été ainsi... Je pense que beaucoup ont entendu cela."

Mais j’ai finalement choisi ce graffiti, dont l’auteur est inconnu, publié par Nomobullshit et représentant Vladimir Poutine, coupant la lettre R de "Révolution", donnant ainsi le mot "Évolution". J’aime beaucoup l’idée de ce graffiti, et bien sûr, on ne peut que souhaiter que ça devienne vrai.

Et pour ceux qu’ils veulent découvrir d’autres oeuvres urbaines, Street Art Utopia a recensé les 106 meilleures créations de 2011, qui ne sont bien sûr pas toutes russes !

Biélorussie - action choc pour décision irrémédiable

Par Aurialie le 21.03.2012 à 23h09

Cette photo a été prise à Varsovie, hier, par le journaliste biélorusse Pavel Sheremet : les deux jeunes hommes étendus sur le sol, une cagoule noire sur la tête, une corde autour du cou et une balle dans la cervelle, dénoncent l’exécution de deux condamnés à mort biélorusses, Dmitri Konovalov et Vladislav Kovalev, coupables d’avoir organisé les attentats dans le métro de Minsk le 11 avril 2011 et d’autres attentats, entre 2005 et 2008.

Le problème, c’est que la justice biélorusse n’a jamais pu prouver leur culpabilité et leur responsabilité dans l’organisation de ces attentats, faute de preuve matérielle. Condamnés à mort en novembre 2011, Dmitri Konovalov et Vladislav Kovalev n’auront pas eu le temps d’apporter de nouveaux éléments prouvant leur innocence et pouvant modifier leur peine. La vitesse avec laquelle la sentence a été exécutée est exceptionnelle, selon le politologue Victor Demidov.

L’Union européenne avait annoncé qu’elle renforcerait les sanctions à l’encontre de la Biélorussie si Minsk refusait de libérer les détenus politiques. Mais ce type de menace n’est pas du genre à impressionner un Alexandre Loukachenko, connu pour ses dérives autoritaires et ses déclarations surprenantes, la dernière en date étant "Mieux vaut être dictateur que pédé".

Source photo : Pavel Sheremet

A mes chers détracteurs

Par Aurialie le 20.03.2012 à 20h42

Depuis quelques semaines, j’ai la chance d’avoir des commentaires sur mes articles, mais ce n’est certainement pas une preuve de la qualité de mon blog, puisque ces commentaires vont toujours à l’encontre de ce que je dis. C’est ce que l’on appelle un échange de points de vue. Et contrairement à ce que pensent ces commentateurs, ces échanges, on pourrait dire cette opposition, sont quelque chose de toute à fait normale. Il n’y a rien de mal à ce que des personnes ne soient pas d’accord avec d’autres, chacun est libre de penser ce qu’il veut (tant que ça ne tue personne ou ne va à l’encontre de la liberté des autres).

Alors pourquoi ce qui serait vrai sur un blog (à moins que vous ne soyez pas d’accord avec ce qui est dit plus haut), ne le serait pas dans la vraie vie et/ou à l’échelle d’un pays ? Pourquoi ne pourrait-on pas désapprouver certain acte de nos hommes politiques ? Pourquoi ne pourrait-on relayer les contestations à l’encontre de certaines décisions ? L’opposition n’est pas mauvaise. Le débat démocratique est utile. On peut être pour des mesures politiques libérales ou bien plus sociales, on doit en discuter. En France, beaucoup n’aiment pas ce que fait Nicolas Sarkozy et heureusement, nous avons le droit de manifester notre désaccord. Et pour autant, les manifestants ne sont pas à la solde d’une secte crypto-je-ne-sais-quoi qui veut détruire la France.

J’aime la Russie, j’aime le peuple russe, mais je n’aime pas son premier ministre, qui est redevenu président (je préférais le Président, qui va devenir premier ministre). Pour autant, je ne souhaite pas l’anéantissement de la Russie, je souhaite même à son nouveau Président tout le succès possible pour poursuivre le développement de la Russie dans tous les domaines (social, économique, écologique, culturel, …). Ceci dit, la lutte contre la corruption, contre le respect des droits de l’homme, contre la liberté d’expression, … en Russie, comme en France ou aux Etats-Unis et dans les 194 états qui composent notre monde vaut d’être relayer. C’est, entre autres, ce que je fais depuis plus de 5 ans sur ce blog et c’est ce que je vais continuer de faire, tant que l’envie sera là.

Photo : Premier vice-président de la Douma d’Etat chargé des nationalités Michael Starchinov pendant la session plénière de la Douma d’Etat, source Drugoï, via BestToday

NTV ment ?

Par Aurialie le 19.03.2012 à 23h09

Ce week-end, l’opposition a manifesté son mécontentement et crié au retour à la propagande de l’époque soviétique, suite à la diffusion d’un reportage de NTV, expliquant que les opposants au régime de Vladimir Poutine agissaient pour le compte des Etats-Unis et étaient payés pour déstabiliser le pays.

Comme souvent, les slogans étaient créatifs, les arrestations, nombreuses et les internautes, loquaces, que ce soit sur les blogs ou sur Twitter, notamment via les hashtags #НТВлжёт ou #НТВлжет.

Photo : Ed-glezin

Les Cahiers d'Igort

Par Aurialie le 15.03.2012 à 23h57

Contrairement à ce que je pensais, il y a pas mal de BD qui se déroulent en Russie ou en URSS. Dernières sorties, les BD du dessinateur italien, Igort, qui traitent d’aspects assez sombres de l’histoire russe et soviétique : Les Cahiers Ukrainiens - Mémoires du temps de l’URSS, sortis en juin 2011, mettaient en image les témoignages d’Ukrainiens ayant vécu la famine des années 30, la collectivisation forcée, la catastrophe de Tchernobyl, ... Les Cahiers Russes - La guerre oubliée du Caucase, sortis en début d’année, part de l’assassinat d’Anna Politkovskaïa, pour montrer la violence d’une partie de la Russie actuelle : la brutalité des soldats russes en Tchétchénie, les zatchistkas, les tragédies de Nord-Ost et de Beslan (pour lesquelles Anna Politkovskaïa a essayé de servir de médiateur), les assassinats de Stanislas Markelov et Anastasia Babourova, ...

Les dessins d’Igort sont d’une noirceur impressionnante, il tente de mettre en image les témoignages recueillis par Anna Politkovskaïa, mais aussi par lui-même lors de ses nombreux voyages en Russie, Sibérie et en Ukraine.

Plusieurs médias ont parlé du dernier ouvrage d’Igort : Télérama (média pour lequel l’auteur commente trois planches), FranceTV (qui rappelle que l’organisation Amnesty International s’est associée à cet ouvrage), le Mouv’, RFI, Rue89 ...

Bref, si vous n’avez pas beaucoup de temps pour lire, je vous conseille de lire ces deux BD témoignages, elles valent vraiment le coup.

Nouvelles icônes (2)

Par Aurialie le 13.03.2012 à 00h03

Les deux icônes de la contestation citoyenne contre la nouvelle élection de Vladimir Poutine, Sergueï Oudaltsov, leader du Front de Gauche, et Alexeï Navalny, que je n’ai plus besoin de présenter, croqués par Sergueï-ellustrator-Elkine, j’adore !

Lénine leur dit : "Camarades ! Les meetings, c’est du passé. La révolution se fait sur les réseaux sociaux..." Mais comme le fait remarquer le 1e commentaire, Lénine ressemble à Poutine avec une fausse barbiche. Ce qui n’est pas faux, Vladimir Poutine préfère certainement voir les opposants faire la révolution sur Internet, plutôt que dans la rue, c’est moins visible. D’ailleurs, les autorités moscovites souhaitent limiter la tenue de rassemblements publics, car elles perturbent le fonctionnement de la ville.

Mais suite à la diminution de la mobilisation, l’opposition ne va-t-elle pas devoir se contenter de faire la révolution en ligne ?

Source dessin : Sergueï Elkine

Nouvelles icônes

Par Aurialie le 12.03.2012 à 19h51

Quoi de plus normal que d’utiliser une imagerie religieuse pour défendre les nouvelles icônes du féminisme revendicatif et de l’incompréhension de l’État face à l’art moderne, que sont devenues les Pussy Riot, depuis l’emprisonnement de deux membres ? Cette photo a été prise dans une rue de Novossibirsk, mais son auteur n’est pas connu. J’aime beaucoup les détails du dessin, notamment les mentions "СВБД" et "ПСРТ" en haut, pour "Свободу Пусси Райот" (Libérez Pussy Riot). Iconiser des personnes, enfermées pour incitation à la haine religieuse, voilà une autre très bonne idée de l’auteur !

Source photo : Kissmybabushka

L'amour comme revendication

Par Aurialie le 07.03.2012 à 21h06

Après Pussy Riot, voilà un autre groupe russe punk, mais cette fois-ci tendance electropunk/electroclash, Barto. Formé en 2006 par Maria Lioubitcheva (chant, musique), Evgueni Koupriianov (synthé, chant) et Alekseï Otradnov (paroles), il se caractérise par des paroles ironiques, sociales, parfois blasphématoires, des rythmes dansants, le tout formant un "anarchisme sexy" (expression de Zvuki.ru). La vidéo ci-dessous, envoyée par Fabien, lecteur de ce blog, est un moyen de le découvrir.

Cette chanson, intitulée "Готов ?" (Prêt ?), est sortie en août 2010 et est rapidement devenue un hymne de l’opposition. Les paroles (certainement la phrase "Incendier pendant la nuit les voitures des flics") ont d’ailleurs été jugées extrémistes et un des clips, pornographique. La version ci-dessus, moins trash, est composée de photos des manifestations de l’opposition de Saint-Pétersbourg. On y croise pas mal de têtes connues.

Fin 2011, Barto a décidé de sortir un album composé uniquement de versions remixées de cette chanson. Et le 5 mars, est sorti leur nouvel album Привет ! Тоталитаризм (Salut ! Totalitarisme).

Pour finir, voilà les paroles en russe :
Мы столкнулись случайно осенью
Как и сейчас шёл дождь
Демонстрации флаги я всё это вижу
А ты смотришь и никого не ждёшь
Любовь как сигарета зажатая в дрожащих пальцах
Любовь как протест
И вот уже мы греем пальцы о картонные стаканчики с кофе
Вечером арест

Я готова и ты готов
Поджигать ночью машины ментов
Это как правило жизнь признак хорошего вкуса
В отношении тех для кого закон мусор

Я готова а ты готов

Днём долго спим не высовываемся сидим дома
На улицах общаемся так будто чужие или едва знакомы
Но я знаю что однажды мне повезёт стать твоей настоящей невестой
За нами придут и мы сорвём кольцо вместе

Et leur traduction en français :
Nous nous sommes heurtés par hasard en automne
Comme maintenant, il pleuvait
Les manifestations les drapeaux je vois tout cela
Et tu regardes, et n’attends personne
L’amour comme une cigarette serrée dans des doigts tremblants
L’amour comme revendication
Et voilà déjà nous nous chauffons les doigts sur des verres en carton de café
Le soir l’arrestation

Je suis prête et tu es prêt
Incendier pendant la nuit les voitures des flics
C’est d’une manière générale la vie, le signe du bon goût
Du côté de ceux pour qui la loi est une ordure

Je suis prête et tu es prêt

La journée nous dormons longtemps nous ne nous montrons pas nous restons à la maison
Dans les rues nous communiquons comme si nous étions des étrangers ou à peine des connaissances
Mais je sais qu’un jour j’aurai la chance de devenir ta vraie fiancée
Pour nous ils viendront et nous arracherons l’anneau ensemble

Pussy Riot, fin temporaire de partie

Par Aurialie le 06.03.2012 à 23h54

Le procès des 2 membres du groupe féministo-punk Pussy Riot se tenait aujourd’hui. Le crime de Maria Alekhina (à gauche) et Nadejda Tolokonnikova (à droite) : avoir participé à une performance musicale du groupe (consistant en une "prière punk" intitulée "Богородица, Путина прогони", "Sainte Mère, chasse Poutine") dans la cathédrale du Christ Sauveur le 21 février (en plein Maslenitsa) pour dénoncer les liens entre l’église orthodoxe russe et Vladimir Poutine. Dans une interview, l’une des participantes a déclaré : "Notre Patriarche n’a pas honte de porter des montres valant 40.000$, ce qui est intolérable quand tant de familles en Russie sont au bord de la pauvreté."

Pour le moment, les deux accusées ont écopé de près de 2 mois de prison préventive pour hooliganisme, jusqu’à leur procès, qui se tiendra le 24 avril et dont le verdict pourrait être 7 ans d’enfermement. Les deux jeunes femmes, mères d’un enfant, ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur emprisonnement.

Derrière leur musique, peu mélodieuse, il y a de vrais messages politiques. Dans l’interview à Gazeta citée ci-dessus, elles déclaraient également (avant l’élection présidentielle) : "Aujourd’hui, un petit nombre de personnes ont pris le pouvoir par la force en Russie, ils ont changé les lois pour garder le contrôle du pays. Ils n’ont pas demandé aux citoyens russes, s’ils voulaient ou non la prolongation du mandat présidentiel à 6 ans. Pourquoi n’ont-ils pas organisé un référendum ? La Russie n’est pas démocratique aujourd’hui. Notre position est de réfléchir de manière critique, de douter de toutes les choses "naturelles" et de trouver les mensonges. Aujourd’hui, certaines personnes essayent de nous persuader que Poutine est un cadeau pour la Russie, que le pays s’effondrerait sans lui. Notre position est de penser, d’analyser et de prendre de bonnes décisions." Elles exigent également la liberté pour les prisonniers politiques, le sujet les touche maintenant encore de plus près...

Des appels à manifestation en leur honneur ont été lancés à Moscou, mais aussi à Paris. Nous sommes tou(te)s des Pussy Riot, non ? Ok, peut-être pas tous ...

Source photos : Groupe Voina (1 et 2)

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