Un avis sur les Prédateurs du Kremlin

Par Aurialie le 21.04.2009 à 00h39

Je viens de finir le dernier essai d’Hélène Blanc et Renata Lesnik, intitulé Les prédateurs du Kremlin 1917-2009, analysant l’impact des services secrets soviétiques et russes dans l’histoire du pays. La lecture de l’ouvrage ne m’a pas vraiment satisfaite. Revue des points positifs et négatifs.

Points positifs :

  • Quelques faits intéressants, voire même instructifs : naissance du groupe Helsinki, le lien entre dissidence et sciences ("Impossible de concilier la logique des sciences mathématiques et l’absurdité d’une société bâtie sur le mensonge et la corruption généralisée." p.76), l’ascencion du KGB, le rôle des services secrets dans la création du parti nationaliste de Jirinovski (p.211), les liens entre Eglise orthodoxe et le KGB/FSB, ...
  • Éclairage sur deux personnes qui ont fait évolué les services secrets soviétiques : Lavrenti Beria (avec une large place à la biographie écrite par son fils, Sergo Beria) et Iouri Andropov, exerçant les plus hautes fonctions entre novembre 1982 et février 1984, mais que l’on a trop souvent tendance à oublier dans les cours d’histoire.

Points négatifs

  • Trop de suppositions, de "peut-être" ("Pour quelle raison ? Peut-être parce que les agents hongrois, qui ont déjà fait leurs preuves, sont toujours actifs en Europe et dans le monde, savamment téléguidés depuis Moscou." p.149), d’interrogations non fondées ("Sans tomber dans la paranoïa, il est permis de s’interroger sur les véritables motivations de cette étourdissante prodigalité. Finira-t-on par assister à la "tsérétélisation" de la France grâce à des "cadeaux" peut-être empoisonnés." p.252, au sujet des nombreuses œuvres de Zourab Tsérétéli en France), voire vraiment étranges ("Alors, que penser de la véritable pandémie qui pousse les ex-Soviétiques fortunés à investir partout notamment dans l’UE et aux Etats-Unis, un argent déjà "lessivé" offshore ? p.255 => Business is business, non ?).
  • Insinuations et interrogations donnant parfois l’impression que les auteurs tentent par tous les moyens de faire rentrer les faits dans leur thèse, notamment concernant la guerre russo-georgienne ("A première vue, l’opération dirigée contre une Ossétie du Sud rebelle serait une erreur stratégique de Saakachvili. Bien que tout semble l’accuser, sa décision demeure inexplicable. Fut-elle encouragée par l’administration Bush ? (...) Enlisée en Irak, affaiblie par un dollar qui s’effrite, ruinée par la crise financière et focalisée sur sa campagne présidentielle, l’Amérique se serait fort bien passée d’un problème supplémentaire. Alors, qui a poussé à la faute le président géorgien ? Là encore se profile l’ombre des prédateurs du Kremlin. (...) De bonnes âmes n’auraient-elles pas fait savoir au président géorgien et à ses généraux que Moscou ne réagirait pas à cette attaque ?" p. 26-27). J’ai envie de dire, mais pourquoi et comment le président géorgien aurait-il pu croire cela ?
  • Des faits mériteraient de meilleures preuves que des on-dit, même rapportés par plusieurs personnes, comme par exemple le trucage de la 1e élection de Poutine ("Connaissant les risques, des conseillers du Kremlin affirment même, sous couvert d’anonymat, que l’actuel président russe ne serait pas arrivé en tête de la présidentielle de 2000 (...) Quant à Vladimir Boukovski [que par ailleurs, j’apprécie beaucoup-note d’Aurialie)], il nous révèle ce qu’il sait de source sûre : « Poutine, totalement inconnu des Russes, n’a pas été élu. En réalité, il est arrivé second derrière le communiste Ziouganov... qui fut pourtant le premier à le féliciter ! »" p. 295-296).
  • Trop long chapitre sur la lustration dans les pays de l’Est, s’apparentant un peu à du remplissage, car lien minime avec le sujet.
  • La non-différenciation entre communisme et bolchevisme/stalinisme ("Pour témoigner sa solidarité, à sa manière, l’Union européenne pourrait peut-être apporter sa pierre à ce devoir de mémoire. Il faudra bien qu’un jour son Conseil finisse par condamner sans équivoque le communisme comme un système totalitaire des plus meurtriers." p.216)
  • Analyse pédo-psychologique de Poutine est assez peu sérieuse dans un essai qui se veut sérieux ("Cette agressivité arrogante, de nature pathologique, remonterait à l’enfance, lorsque ce petit-fils du cuisinier de Staline s’entassait avec ses parents dans l’unique pièce d’une sordide kommunalka. Le soir venu, chaque adolescent rejoignait sa bande (...). Dans ce milieu prédélinquant régnait la loi du plus forts (...). Impossible d’éviter ces tortionnaires en herbe en sortant ou en rentrant de chez soi. (...) D’où, peut-être, cette vocation précoce d’entrer au KGB (...)" p.308)
  • Insinuation dérisoire que derrière certains mariages franco-russes et dans de nombreuses associations culturelles franco-russes, l’on trouverait un espion du FSB cherchant à manipuler et formater les esprits occidentaux (p. 329-330)

Ecrire un ouvrage sur le régime de Poutine est en vérité assez difficile, car on est facilement taxable d’anti-poutinisme primaire en cas de critiques (ce dont on m’accuse parfois) ou au contraire de fermer les yeux sur la réalité russe, la place des amis des Poutine, ... si l’on parle de ses actions positives sur le cours du pays. Alors, je reconnais que c’est facile de critiquer, comme je viens de le faire avec le livre d’Hélène Blanc et de Renata Lesnik, le mieux est donc de vous faire vous-même votre avis en le lisant.

Commentaires

>> Un avis sur les Prédateurs du Kremlin

pour moi, il y a une continuite entre la russie sovietique et celle de poutine,puis medvedev...apres un break de 10 ans avec gorbatchev et eltsine.il ne s’agit pas de politique interieure,mais de la volonte de reconquerir ce qui a ete "perdu" apres la chute du mur de berlin. il est important de rappeler (le sinistre) andropov, car s’il n’est reste au pouvoir qu’un an, comme tchernenko, on ne l’a pas oublie !son role etait sans doute de "kgbiser" la politique russe. celui de poutine aussi...et les degats sont importants, car il est reste president pendant 10 ans, et il est 1er ministre. bon,je ne suis pas dans les secrets,hein,j’emets des suppositions .:poutine ,president en 2004, a laisse les pays baltes rejoindre l’u.e et meme l’otan,chose inesperee. aujaourd’hui,revirement total:agression contre la georgie en 2008,avec medvedev,qui retire l’armee russe de tchetchenie...pour preparer une nouvelle guerre contre la georgie a partir des terrioires occupes ? l’idee m’a effleuree que la liberte accordee aux pays baltes etait peut-etre un complot du kgb pour pieger l’europe et les u.s.a en les entrainant dans une guerre au cas ou... ? en tout cas les menaces de medvedev et lavrov contre les allies sont incessantes. il me semble que les russes ont profite de la campagne electorale aux u.s.a pour declencher la guerre en georgie ! quant au president saakashvili, il n’ pas choisi la guerre, il l’a subie.la georgie a tente de se defendre heroiquement,mais en vain. pourquoi toujours chercher a rejeter la faute sur lui. il vaut mieux parler de guerre russo-georgienne,que de "guerre osseto-georgienne" ou "ossetie-georgie-russie",en effet. quant aux francais qui militent dans les associations du lobby russe,ils propagent spontanement les"valeurs" de l’ultranationalisme du kremlin ;meme pas besoin d’etre manipules,je pense !

Le 21 avril 2009 à 01h07 par christiane

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Hélène Blanc n’en est pas à son premier essai. Reconnaissons lui, avec semble-t-il son associée Renata Lesnik, un certain talent de narration qui donne parfois l’impression d’assister en personne à des huis clos historiques. C’est un style pratiquement inspiré du KGB pour faire passer des idées.

Hélène Blanc a fait des études slaves, sans autre précision, se définissant comme politologue et criminologue, chercheur au CNRS, expert de la Russie, pays où elle n’a plus mis les pieds depuis un certain temps (interdite de séjour). On ne sait pas grand-chose de Renata Lesnik présentée comme une politologue. Seule trace, un site usurpateur qui s’intitule abusivement : « site du président du gouvernement de la Fédération de Russie » dont un article signé par Maud Descamps (spécialisée avec sa partenaire Stéphanie Odéon dans la « KGBisation » de la Russie). Travaux très peu remarqués au demeurant. L’article en question assure la promotion en Russie du livre « les prédateurs du Kremlin ».

Que dire d’autre d’Hélène Blanc ? Quelques idées fixes : la mafia, le KGB, la Tchétchénie et maintenant la Géorgie. Pour ma part j’avais parcouru certains livres précédents, mais je considère comme une perte de temps la lecture d’une littérature de propagande quelle qu’elle soit.

Le 22 avril 2009 à 23h05 par Ratgemini

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la "propagande", c’est la verite dans ce cas ! si helene blanc est pour la georgie, elle a raison ! je pense me procurer son livre.c’est un sujet qui nous concerne,nous europeens. souvenez-vous :"l’empire eclate" d’helene carrere d’encausse !

Le 22 avril 2009 à 23h21 par christiane

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@Christiane

Ne mettez pas, je vous en prie, sur le même plan Hélène Carrère d’Encausse et Hélène Blanc. Hélène Carrère d’Encausse est une éminente spécialiste de la Russie et plus largement des républiques de l’ancienne Union Soviétique. Malgré des origines apparemment géorgiennes, ses analyses du conflit géorgien sont tout à fait objectives. Pour preuve, je vous conseille de vous reporter un article publié dans le Figaro au mois d’août :

http://www.lefigaro.fr/debats/2008/...

Les travaux d’Hélène Carrère d’Encausse font autorité dans les milieux avisés. De plus, elle a une stature internationale.

Le 23 avril 2009 à 00h25 par Ratgemini

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ratgemini, j’ai relu l’article(tres decevant) d’helene carrere d’encausse le 13 aout 2008.l’epoque de annexions est revolue,disait-elle !oh !etl’annexion de l’ossetie et de l’abkhazie ! il faut appeler un chat un chat ! etc,etc ! moralement ,la russie a tout perdu a dployer sa force !!! saakashvii a defie la russie,ce que personne n’ose faire,mais il n’est pas fou. medvedev voudrait peut-etre ecrire"l’empire reconstitue"...

Le 25 avril 2009 à 07h07 par christiane

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ATTENTION À LA DIFFAMATION. EN FARNCE, C’EST PUNI PAR LA LOI...

>> Un avis sur les Prédateurs du Kremlin

Hélène Blanc n’a aucun titre à parler de politique, ce n’est qu’une étudiante attardée qui a rédigé un médiocre mémoire de maîtrise allongée sur...la chanson russe ! Quant à Renata Lesnik, ce n’est qu’une opportuniste, pseudo-dissidente sans idée personnelle, qui remâche sa rancœur depuis plus de 30 ans de n’avoir pas été reconnue comme la Jeanne d’Arc de la Russie ! Pitoyable, de la part de ces lesbiennes incultes, dont le fonds de commerce est la diffamation gratuite.


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