Strasbourg condamne encore la Russie


Le 14 décembre 2004, une quarantaine de membres du parti national-bolchevique ont investi un local de l’administration présidentielle pour demander une entrevue avec le Président et deux de ses représentants. Les autorités ont été obligés d’enfoncer la porte pour déloger les jeunes, qui ont ensuite été poursuivis pour tentative de renversement par la violence du pouvoir de l’État, destruction et dégradation intentionnelles de biens dans un lieu public.

Parmi eux, Vladimir Lind a porté plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg pour traitements inhumains et dégradants, violation du droit à la liberté et à la sûreté et du droit au respect de la vie privée et familiale.

Du fait de sa double nationalité russo-néerlandaise et par peur qu’il ne rentre au Pays-Bas, les autorités russes ont prolongé la détention provisoire, dans des conditions peu adaptées à sa glomérulonéphrite chronique (pathologie rénale) : moins de 3m² par prisonnier, pas d’intimité, cafards, poux, mauvaise ventilation, piètre qualité des aliments, pas de traitement médical. Mais l’affaire de Vladimir Lind n’en reste malheureusement pas là.

En septembre 2005, il a demandé à être libéré pendant quelques jours pour pouvoir rendre visite à son père, M. Jaap Lind, qui, atteint d’un cancer en phase terminale, avait sollicité une euthanasie, programmée le 29 septembre 2005. L’ambassadeur des Pays-Bas a appuyé la demande de remise en liberté de Vladimir, rejetée par le tribunal le 27 septembre 2005. Le lendemain, il est autorisé à parler à son père au téléphone, mais en russe uniquement et au bout d’une minute, la conversation est interrompue par l’administration pénitentiaire. L’euthanasie a lieu le jour prévu.

Le 8 décembre 2005, le tribunal de district de Tverskoï a condamné Vladimir Lind pour participation à des troubles collectifs et lui a infligé une peine de trois ans d’emprisonnement assortie d’un sursis avec mise à l’épreuve pendant deux ans. Il a donc été remis immédiatement en liberté, mais trop tard pour revoir son père. Pour toutes ces raisons,la Russie a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme à payer la somme de 15.000€ à Vladimir Lind pour dommage moral. C’est donc une nouvelle condamnation du pays de Vladimir Poutine pour violation des droits de ses citoyens.

Source images : Novaïa Gazeta

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