Rock vs politique

Par Aurialie le 12.04.2008 à 23h47

Boris Grebenchtchikov, célèbre leader du groupe rock Akvarium et personnalité engagée (Amnesty international, concert pour les sans-abris), a répondu sans détour aux questions posées lors d’une presse-conférence en Ukraine. Pour lui, la scène rock russe actuelle n’a rien créé de nouveau depuis des années. Il dit même que "dans le rock, il n’y a que des trous du cul, et ce, depuis plusieurs années. Le rock et le Kremlin sont comme le pain et le beurre. Le rock, c’est ce qui se joue au Kremlin. C’est tout !"

Il pense également que les artistes, tel un médecin qui doit soigner tout le monde, ne doivent pas s’engager pour un parti politique. Et bien qu’il ait beaucoup de respect pour le chanteur de DDT, Iouri Chevtchouk ("homme de conscience et de l’opposition citoyenne"), il ne comprend pas son engagement pour les Marches du désaccord. "Je ne vois pas en quoi être d’accord ou pas d’accord."

Dans une interview au journal Novyi Region, Chevtchouk avait expliqué son engagement : "Premièrement, je n’accepte pas la tenue de l’élection présidentielle. A mon avis, elle n’a pas été démocratique. Aujourd’hui la "succession" en Russie signifie la monarchie, et non la démocratie. Alors que le pouvoir dise que nous avons dans notre pays une monarchie. La monarchie, c’est la monarchie, ne nous baratinez pas !

A la marche du désaccord, les gens m’ont beaucoup plu. Leur âme, comme la mienne, souffre réellement pour le pays. Ce qui se passe à Saint-Pétersbourg me fait horreur. Saint-Pétersbourg est la perle du monde, j’ai beaucoup bourlingué, j’ai de quoi comparer. Mais sur la perspective Nevsky, six immeubles ont été détruits. La ville a éprouvé le blocus. Les fascistes l’ont moins démolie, que les fonctionnaires et les businessmen aujourd’hui."

A la question "Faut-il vous compter parmi l’opposition russe ?", il répond que non. "Je suis un artiste libre. L’art sans liberté (tout du moins, intérieure) n’existe pas. C’est pourquoi je ne pense pas que les musiciens ou les sportifs doivent aller en la politique. (...) Malgré cela, pour le citoyen, le musicien doit être engagé. En allant au Marche du désaccord, j’ai accompli mon devoir civique."

Autre question : "Aujourd’hui peut-on parler de la scission de la musique rock russe en deux camps : d’opposition et pro-kremlin ?" Réponse : "Il y a longtemps que le rock a pris deux chemins différents. Déjà en 1996, quand la masse de mes collègues ont participé à la campagne électorale de Boris Eltsine pour de l’argent, je n’y ai pas participé, parce que la malhonnêteté du jeu me dégoûtait. Après chacun choisit sa voie. Mais ce que certains de mes collègues créent m’accable. En 1996 ils jouaient pour l’argent. Maintenant ils votent pour des idéaux tout à fait opposés. Je trouve leur désir infini de survivre très ironique. Comme ils se tordent et tâchent de se trouver à la bonne place, où personne ne les touchera, est très ridicule."

Dans le même genre, le chanteur du groupe Krematoriia, Armen Grigorian, a déclaré : "Un musicien ne doit pas mettre son cerveau au service d’un parti. (...) Je ne vois pas quels hommes politiques ont les mains propres. Si ce n’est du sang, ils ont de la merde sur les mains. "

Source photos : Newsru.com et Noviy Region

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