
Le pouvoir aurait-il peur de Vladimir Boukovski ou bien veut-il simplement museler et contrôler toute opposition ? Cette question est légitime quand on voit sa réaction à la candidature de cet ancien dissident soviétique : quatre membres de son comité de soutien, appelé Groupe d’initiatives, ont subi des pressions du Parquet général.
L’appartement de Vladimir Pribylovski, président du centre d’informations et d’analyses Panorama et directeur de la bibliothèque en ligne Antikompromat, a été perquisitionné fin mai 2007 pour deux raisons : fuite sur le meurtre du général-colonel Anatoly Trofimov, ancien chef du département du FSB à Moscou et saisie de deux ordinateurs et des documents liés à l’écriture de son nouveau livre sur Poutine, écrit en collaboration avec l’historien Ioury Felchtinsky. Les noms des collègues de Poutine travaillant dans les ministères de forces sont mentionnés dans le livre et ont donc attiré l’attention des services secrets.
Victor Chenderovitch, satiriste et présentateur télé entre autre, a été convoqué au Parquet général pour propos extrémistes sur son blog. Annonces de son prochain programme, d’une marche en faveur d’une armée professionnelle ou en l’honneur des journalistes assassinés... depuis le 26 mars il n’y a en tout cas plus aucun article. Le Parquet a intenté une action contre Iouri Samodourov, président du musée et du centre Andreï Sakharov, pour l’organisation d’une exposition intitulée "l’art interdit". Enfin, la dernière personnalité mise en cause, par le Parquet de la région de Krasnodar cette fois-ci est Andreï Piontkovski, membre du parti Iabloko et écrivain, pour différents passages soit-disant extrémistes dans ses livres.

Aujourd’hui dans Ejednevny journal, Boukovski a commenté la mystérieuse pression mise sur ses soutiens. Avant les ennemis de l’État étaient multiples. Il y avait les contre-révolutionnaires, les déviationnistes d’extrême-gauches, les antisoviétiques. Maintenant les ennemis sont tous extrémistes, la loi de l’année dernière a d’ailleurs élargi les motifs d’accusation, tels que "dégradation de l’honneur nationale" ou "diffamation des organes locaux du pouvoir". Le FSB attaque donc tout opposant potentiel au pouvoir en place en l’accusant d’extrémisme. Il ne réfléchit pas, mais envoie la patte avant tout mouvement et fait ses griffes sur tout ce qu’il attrape.
Source images : itartass.ur.ru et non-violence-mp.org