
Vremia Novosteï, via Courrier International, nous apprend que d’importants mouvement sociaux ont lieu actuellement en Russie. A lire ci-dessous :
La grande vague de grèves qui a déferlé en novembre en Russie ne se calme pas. D’une entreprise à l’autre, les arrêts de travail succèdent aux blocages, tandis que certaines sociétés qui travaillent encore sont menacées de débrayages par les syndicats. L’automne 2007, que le pouvoir, en pleine campagne des législatives, tente de présenter comme le summum du processus de stabilisation, a été marqué par la montée en puissance de la "conscience prolétaire". (...)
La mobilisation syndicale ne permet pas à Russie unie et au gouvernement de se reposer sur leurs lauriers, comme en témoignent les grévistes de l’usine Ford de Vsevolojsk (région de Leningrad) qui ont entamé, le 22 novembre, une nouvelle grève juste après avoir voté la reprise du travail. La particularité de ce genre d’actions, c’est que des mouvements alternatifs de travailleurs, qui n’appartiennent pas à la Fédération des syndicats indépendants de Russie, la structure officielle, viennent perturber le tableau. "Dans de nombreuses entreprises, on observe la création de nouveaux syndicats par la base et une montée en puissance de diverses coordinations professionnelles en dehors de la Fédération des syndicats indépendants", observe Karine Clément, spécialiste française de la "question ouvrière" et directrice de l’Institut Action collective à Moscou. Pour elle, la situation chez Ford à Vsevolojsk est emblématique de la façon dont se crée un syndicat. Créé par la base il y a deux ans seulement, le Comité syndical est aujourd’hui considéré par les ouvriers comme l’organisme qui les représente grâce au travail de ses militants.
Pour les responsables syndicaux comme pour les spécialistes de la question, il est logique que ce soit une usine appartenant à une multinationale qui soit à la pointe du mouvement. Les ouvriers russes voient bien qu’il existe un problème en ce qui concerne leur pouvoir d’achat. Selon Karine Clément, le fait que les grèves en Russie se déroulent en même temps qu’en France signifie que la mondialisation touche aussi le mouvement syndical. L’union des prolétaires de tous les pays, à laquelle ont si longtemps appelé les bolcheviks, s’est finalement réalisée. "A travers les organisations syndicales russes et internationales, nous établissons des contacts avec les ouvriers qui travaillent dans des entreprises appartenant à des multinationales, aussi bien en France qu’en Allemagne ou en Finlande", confirme Boris Kravtchenko, président de la Confédération russe du travail (CRT), une union de syndicats alternative. La solidarité des "prolétaires de tous les pays" commence à porter ses fruits. La direction européenne de Ford a promis à ses clients russes qu’ils seraient livrés quoi qu’il arrive et qu’elle aurait recours à ses usines d’Allemagne ou d’Espagne si nécessaire. Mais, selon Boris Kravtchenko, les organisations syndicales de ces entreprises ont assuré à leurs homologues russes qu’elles s’opposeraient à toute pratique de ce genre.
Source : Courrier International