
Sans surprise, Medvedev est le nouveau président de la Fédération de Russie, les médias annoncent qu’il aurait été élu avec 66,5% des voix, pour l’instant. Les trois autres candidats se partageraient le reste : 20% pour le candidat communiste Ziouganov, 12% pour l’ultra-nationaliste Jirinovski et 1,5% pour le social-démocrate Bogdanov.
Une membre de la commission électorale a pourtant admis (dans un reportage de France 2) que les résultats seraient truqués pour permettre à Medvedev d’obtenir au moins 70% des voix (comme Poutine en 2004) et rendre ainsi l’élection légitime. Les taux de participation de 100% dans certaines régions n’auront donc rien d’étonnant, comme lors des élections législatives. La radio Echos de Moscou annonce déjà que près de 100% des prisonniers ont voté, quelques voix manquent parmi ceux enfermés dans les sections psychiatriques.
Cette élection soulève quelques questions :
Medvedev, qui n’est pas issu du FSB (ex-KGB), contrairement à Poutine, lâchera-t-il du lest à l’opposition et aux médias encore indépendants ?
Comment le couple Medvedev/Poutine va-t-il fonctionner ? L’ancien hyper-président aux larges pouvoirs se satisfera-t-il d’un poste de premier ministre ?
Les différentes réformes sociales vont-elles être menées sans léser les classes les plus vulnérables, notamment les personnes âgées ?
Concernant la situation de l’opposition, certains politologues russes sont peu optimistes. Medvedev est un adepte d’Internet - il regarde ce qu’on dit de lui tous les matins - et donc pourrait encore plus museler les internautes. Le dégel annoncé par les médias n’est donc pas encore assuré et l’opposition risque d’avoir des difficultés à se faire entendre. Le fait que Medvedev est refusé de participer à des débats contradictoires avec les autres candidats de l’élection présidentielle n’est déjà pas bon signe.
Evgueni Bountman, correspondant des Échos de Moscou, interrogé sur l’antenne d’Arte, espérait que l’élection de Medvedev marquerait le point zéro de la formation d’une opposition unie.
Et selon vous, quel chemin va prendre la Russie avec l’élection de Medvedev ?
Source photo : Yahoo news
Commentaires
>> Medvedev président, et après ?
Le pouvoir pense (et beaucoup de Russes aussi) que la Russie est encore fragile et vulnérable et qu’il vaut mieux contrôler le développement du pays et ses institutions pour le remettre sur pied avant de lâcher la bride. La plupart de russes ne souffrent aucunement de cette situation. Au contraire, les russes sont prêts a renoncer a certaines pratiques démocratiques pour la STABILITE : c’est l’avis du monde des affaires (entrepreneurs russes et étrangers, dont mes boss russes par exemple !) et de la majorité de la population, pour qui la crainte de retomber dans le chaos des années 1990 est encore vive.
Et puis encore faut-il s’entendre sur le sens et l’importance des "pratiques démocratiques" qui sont perçues différemment selon les pays en fonction de leur histoire.
En ce qui concerne son intégration dans la communauté internationale, la Russie est, je pense, obligée d’aller dans la bonne direction car elle n’a plus les moyens de retomber dans l’isolationnisme. Son économie est déjà très intégrée et le pouvoir russe a pour priorité de (re-)faire de la Russie une puissance reconnue.
Une petite anecdote, concernant les élections : les Nenets ont tous vote communistes car ils n’ont que la radio et n’ont jamais entendu ni vu Medvedev puisque celui-ci n’ pas participe aux débats !!
Commenté le 5 mars 2008 à 13h14 par Carole