Luttes de pouvoir au sommet

Par Aurialie le 28.04.2007 à 01h07

La succession de Poutine se prépare, ses plus fidèles lieutenants n’hésitent pas à utiliser les uns contre les autres les moyens les plus mesquins (dénonciations et procédures criminelles) pour discréditer l‘autre. Qui va remporter la bataille du Kremlin, Novaïa Gazeta fait le point.

Pendant ses huit années au pouvoir, Poutine a réussi à placer une grande partie de ses amis dans les structures de force (Ministère des affaires intérieures, Service fédéral de sécurité, dit FSB, Parquet général, administration présidentielle, service des douanes, armée) et les grandes sociétés russes. Sa succession se jouera normalement entre Dmitri Medvedev, actuellement premier vice-Premier ministre affecté à la mise en œuvre des projets nationaux et prioritaires et ancien chef de l’administration du Kremlin, et Sergueï Ivanov, premier vice-Premier ministre en charge de l’industrie de défense et de la diversification de l’économie civile et ancien ministre de la défense. Si Ivanov ne semble pas comploter contre Medvedev, Igor Setchine, adjoint du chef de l’administration présidentielle et patron de la compagnie pétrolière Rosneft, fait partie du jeu en mettant des bâtons dans les roues de Medvedev.

L’article est plutôt long et les exemples de coups bas ne manquent pas, c’est pourquoi, illustrons ces luttes de pouvoir en prenant un exemple dans les instances du ministère des affaires intérieures, où les nombreux licenciements et nominations ont favorisé le camp de Dmitri Medvedev, selon les experts.

Tout commence en mai 2005, lorsque la 56e division du Département de la sécurité économique (DEB) dévoilait une affaire de contrebande de marchandises chinoises dans les entrepôts du FSB. Cette histoire qui serait arrivée aux oreilles de Poutine, grâce à son ami Victor Tcherkessov, chef du service de contrôle d’État des drogues, a éclaboussé des "proches" de Dmitri Medvedev travaillant à la Loubianka. Toutefois, la réponse a été proportionnelle à l’attaque et durant le printemps 2006 la 56e division a été littéralement nettoyée (cinq personnes haut placées ont été renvoyées), puis en novembre c’est Mechtcheriakov, le chef du DEB, relation directe d’Igor Setchine, qui est transféré au Département de la lutte contre le crime organisé et le terrorisme (DBOPT). Il est remplacé par Evgueni Chkolov, un "espion" qui travaillait en Allemagne avec Poutine et qui est ensuite devenu l’adjoint de Dmitri Medvedev, quand celui-ci présidait l’administration présidentielle.

En comparant les sphères d’influence de Medvedev et de Setchine, telles qu’elles sont présentées par d’anciens dirigeant des structures étatiques, Novaïa Gazeta remarque que les chefs des structures de force s’associent habituellement à Igor Setchine (notamment le ministre de la Justice Oustinov, le chef du département de lutte contre le crime organisé et le terrorisme, Mechtcheriakov et le directeur du FSB, Patrouchev), mais la plupart de leurs assistants et les chefs des départements se portent vers le camp de Dmitri Medvedev. Il n’est pas exclu que cela soit la conséquence du système de soutien et contre-pouvoir, qui en l’absence de contrôle public et d’opposition politique réelle, permet au président de conserver un équilibre dans son entourage personnel. Mais quel est l’avenir de ce système construit autour d’une seule personne : en 2008 va-t-il se diviser en deux camps opposés et donner naissance à une nouvelle vie politique ou par tradition va-t-elle servir l’héritier désigné du trône ?

Source : Novaïa Gazeta, pour avoir une meilleure vision de l’image, cliquez sur celle-ci ou bien ici.


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