La Tchétchénie dans notre présidentielle

La Ligue des Droits de l’Homme s’occupe de toutes les violations des droits de l’homme dans le monde. Concernant la situation en Russie, elle s’est battue contre l’usage de la torture, pour un règlement politique en Tchétchénie, pour les droits des homosexuels, elle a manifesté en réaction à l’assassinat de Politkovskaïa ou contre la venue du président Poutine en France.

Mais en cette période électorale en France, la LDH s’est adressée aux candidats pour connaître leur degré d’attachement aux droits de l’Homme et les scores sont intéressants et parfois inquiétants. Dans un mouchoir de poche, les trois "meilleurs" candidats sont : Dominique Voynet avec 67/70, Olivier Besancenot (66,5/70) et Marie-Georges Buffet (66/70). Les deux "plus mauvais" candidats, qui n’ont même pas la moyenne sont : Nicolas Sarkozy (2/70, cette note a été obtenue d’après ses déclarations publiques, étant donné qu’il n’a même pas envoyé ne serait-ce qu’une lettre pour expliquer son silence) et François Bayrou (27,5/70).

Les thèmes des questions étaient : Institutions et démocratie, libertés, laïcité, justice/prisons, droits des femmes, droits des étrangers, droits sociaux, Europe et International. La dernière question de cette ultime catégorie nous concerne directement : quelles mesures entendez-vous prendre pour que la France et l’Union européenne fassent entendre leur voix sur le respect des droits de l’Homme en Tchétchénie ?

Réponse de Dominique Voynet : Le commissaire européen aux droits de l’homme vient d’affirmer que la torture et les mauvais traitements sont largement répandus en Tchétchénie, sans parler des viols. Ce sont des crimes de guerre selon la 4e convention de Genève. Pourtant, la communauté internationale ne fait rien concrètement parlant, et elle refuse désormais de menacer la Russie de sanctions diplomatiques pour garder de bonnes relations avec ce principal fournisseur d’énergie. Il faut bien prendre en compte tous les facteurs géopolitiques pour comprendre cette lâcheté : la bataille de l’énergie nous permettra-t-elle de gagner la bataille des droits fondamentaux ? Peut-on gagner ces deux batailles ? Je le crois, car vous savez que les Verts dans les régions, à l’Assemblée ou au Parlement Européen se battent pour le développement des énergies renouvelables : on le voit, c’est une urgence avec toutes ces conséquences désastreuses « collatérales ». Sans cette indépendance énergétique, tous les pays européens resteront dans l’incantatoire puisque prisonniers de la Russie.

Réponse d’Olivier Besancenot : Il faut appuyer l’exigence du respect des doits de l’homme, du retrait des troupes russes et du respect de la souveraineté nationale du peuple tchétchène par des pressions internationales (diplomatiques et économiques) sur la Russie. Ces exigences doivent aussi se traduire par un soutien aux mouvements et forces politiques et associatives qui, en Tchétchénie, luttent pour la souveraineté nationale.

Réponse de Marie-Georges Buffet : Je pense que la France et les Européens doivent tenir un dialogue beaucoup plus exigeant avec la Russie. Le mépris affiché pour les droits de l’Homme et la brutalité inouïe de la répression en Tchétchénie ont, en effet, suscité bien peu de protestations et de réactions dans le monde, avec des déclarations lors des Sommets et des rencontres Union Européenne-Russie restées sans suite. L’Europe n’est pourtant pas dénuée de moyens pour se faire entendre et pour adopter un mode d’échanges internationaux moins "laxiste" sur le plan des principes, moins cynique et plus conforme aux valeurs qu’elle affiche. Ceci ne doit évidemment pas empêcher la plus grande rigueur concernant le terrorisme. On se souvient, par exemple, de la prise d’otages de Beslan. Pour la première fois, des enfants étaient les premières victimes d’un acte de terreur. Au-delà de la condamnation des responsabilités, il faut aussi que les Européens soient à l’initiative sur le plan diplomatique et politique pour favoriser un règlement politique durable du conflit, afin d’éviter les impasses meurtrières et contribuer enfin à une issue.

Réponse de François Bayrou : La France doit agir pour que l’Union européenne parle d’une seule voix et fasse entendre sa différence, sur le respect de droit de l’Homme en Tchétchénie comme en d’autres parties du monde où la dignité humaine est bafouée.

La réponse précise des autres candidats (dont José Bové et Ségolène Royal) n’est pas connue. Et pour faire le bon choix le 22 mai, n’hésitez pas à lire les questionnaires en entier.

Source image : Là-bas.org


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