
La défense des droits de l’homme et des libertés n’est pas encore rentrée dans les mœurs de nombreux pays de l’ex-URSS. Dernier exemple en date : la condamnation à sept ans d’emprisonnement pour une traductrice travaillant pour Human Rights Watch à Tachkent (Ouzbékistan) le 1er mai 2007. Umida Niazova est coupable de contrebande, de traversée illégale de la frontière et de distribution de documents causant le désordre public grâce à un soutien financier provenant de gouvernements étrangers. Elle a notamment déclaré à son procès : "Si nous souhaitons construire une société civile, il doit être permis de critiquer les autorités." Mais le président Karimov n’est pas du genre à accepter de telle déclaration. Le moindre courant politique dissident est réprimé, la censure des médias est totale, la vie sociale et culturelle est contrôlée. Le soulèvement et le massacre d’Adijan en mai 2005 (plusieurs centaines de manifestants non-armés ont été tués) a montré l’implacabilité de Karimov.
C’est pourquoi Human Rights Watch appelle l’Union européenne et les partenaires clés de l’Ouzbékistan, dont la Russie, à faire usage de leur influence auprès du gouvernement ouzbek pour insister sur la libération des défenseurs emprisonnés (quatorze autres défenseurs des droits humains sont également injustement détenus). Des sanctions sont déjà appliquées depuis les événements d’Adijan, mais la libération de défenseurs de droits de l’homme n’est pas une condition à la lever des sanctions. Or, les sanctions doivent être réexaminées le 14 mai lors d’une réunion du Conseil des Affaires Générales et relations extérieures de l’UE.
Les autres défenseurs ouzbeks des droits humains détenus sont : Gulbahor Turaeva, Saidjahon Zainabitdinov, Mutabar Tojibaeva, Nosim Isakov, Norboi Kholjigitov, Abdusattor Irzaev, Habibulla Okpulatov, Azam Formonov, Alisher Karamatov, Mamarajab Nazarov, Dilmurad Mukhiddinov, Rasul Khudainasarov, Bobumurod Mavlanov et Ulugbek Kattabekov. Faudra-t-il mettre en place un comité de soutien, tel celui du Comité Bandajevsky, pour obtenir leur libération ?
Source : Human Rights Watch, texte et photo
Commentaires
>> erratum
(commentaire à supprimer après correction) erratum : ligne 15-16 le président Kadyrov reigne en Tchétchénie, tandis que le l’Ouzbékistan est sous les mains de Karimov.
de toute façon, peu importent les noms, l’essence est pareille.
dommage pour la pauvre traductrice.... :(
Commenté le 6 mai 2007 à 09h27 par totingue