Tous les articles sur le mot clé : vidéo

Sept ans avec Anna Politkovskaïa

Par Aurialie le 09.11.2008 à 23h31

Il y a bientôt un an, Macha Novikova sortait un film intitulé "Anna, 7 années sur la ligne de front", retraçant les 7 dernières années d’Anna Politkovskaïa.

Ce reportage montre des images de la journaliste assassinée dans les locaux de Novaya Gazeta, journal où elle travaillait, mais aussi et surtout en Tchétchénie où elle a passé beaucoup de temps. Afin de bien comprendre le travail d’Anna Politkovksaïa, son caractère, ses peurs, sa volonté de montrer ce qu’il se passait en Tchétchénie, Macha Novikova interroge trois autres femmes, qui se tenaient à ses côtés pendant les moments difficiles et de grande solitude : Galina Mousalieva, sa collègue, Lidia Iousoupova, avocate à Grozny, et Svetlana Gannouchkina, qui vient en aide aux immigrés des pays de l’ex-Union soviétique.

KVN, l'indétrônable école du rire russe

Par Aurialie le 08.11.2008 à 23h54

Le KVN fête aujourd’hui ses 47 ans de création. Déjà évoqué brièvement sur ce blog, le Клуб Весёлых и Находчивых (Club des Joyeux et des Débrouillards) est une institution télévisuelle en Russie : 5 millions de téléspectateurs annuellement, 40 mille participants rien que dans la League supérieure, une organisation dans 180 villes russes, 1000 équipes estudiantines, 2000 équipes scolaires... Le principe du jeu est assez simple : des équipes, composées au moins de deux membres, s’affrontent à coup de blagues, improvisations, chansons et sketches, pour être élu la meilleure.

Qui va en Russie ne peut pas passer à côté d’une (re)diffusion de cette émission, apparue la 1e fois sur les écrans le 8 novembre 1961. La diffusion en direct n’a pas beaucoup plu aux censeurs soviétiques : certains bons mots ont été considérés comme antisoviétiques. Après une coupure de 14 ans (1972-1986), la relative liberté de la pérestroïka permet à l’émission de renaître et de connaître depuis une des plus longues longévités. Les hommes politiques aiment faire un tour dans ce programme populaire, même Medvedev et Poutine. Et preuve du succès de ce jeu, parfois difficile à comprendre pour les non-russophones : la création de leagues et compétitions à l’étranger, notamment en Israël, Allemagne, Australie, Portugal, ou encore aux Etats-Unis, dans les universités d’Harvard et Berkeley.

Video : Mikhail Galoustiane joue Gadia Petrovitch Khrenova, une petite fille qui s’est perdue.

Tout ce que vous verrez au Cyberfest

Par Aurialie le 24.10.2008 à 00h13

Les organisateurs du Cyberfest, l’unique festival international d’art cybernétique de Russie, ont mis en ligne une vidéo montrant quelques installations et performances qui seront présentées au public du 25 au 30 novembre. On pourra notamment voir les nuages gris de Warhol, le bragofon de Mikhael a Crest, la marée de Brose Partington, la clinique des animaux-robots de Zlata Ponirovskaïa, ...

Ce festival se tiendra à Cyland, un média-laboratoire, résidence d’artistes de Saint Pétersbourg. Il vous reste un mois pour obtenir invitation et visa.

Petite chronique sur le barde Galitch

Par Aurialie le 21.10.2008 à 00h37

Il y a quatre heures, je ne connaissais pas Alexandre Galitch, né il y a 90 ans à Ekaterinoslav. Et pourtant deux fois son nom avait résonné à mes oreilles, sauté à mes yeux. Récemment sur cette photo, témoignage d’une manifestation contre l’intrusion russe en territoire géorgien, on peut lire sur la banderole une citation de Galitch : "Citoyens ! La patrie est en danger ! Nos tanks sont en terre étrangère."

Autre moment, autre citation, dans le film Le Nouveau Russe de Pavel Lounguine :
- Tu te souviens du poème de Galitch : "Tu engendreras des loups sur terre. Tu leur apprendras à remuer la queue..." Tu te souviens de la suite ? (...)
- Comment finit le poème ?
- Lequel ?
- Celui avec les loups.
- "Tu engendreras des loups sur la terre. Tu leur apprendras à remuer la queue. Et s’il faut plus tard en payer le prix. Qu’importe : ce sera plus tard." (extrait de Еще раз о черте, 1969)

De son vrai nom Alexandre Ginzbourg, ce poète, scénariste, auteur est, avec Okoudjava et Vyssotki, un des grands bardes, un représentant de la chanson d’auteur russe. Critique envers le régime soviétique, il est exclu de l’Union des écrivains en 1971 et de l’Union des réalisateurs en 1972. Deux ans plus tard, les autorités l’expulsent d’URSS. Il meurt électrocuté en 1977 à Paris ; des rumeurs mettent en cause le KGB.

Source photo : Club Alexandre Galitch

A la découverte du Bragofon

Par Aurialie le 16.10.2008 à 23h45

Des bonbonnes de verre remplies d’eau, des tuyaux, du sucre, tous les ingrédients et accessoires sont là pour permettre une bonne fermentation mais aussi de jolis sons. Car cette étrange installation, créée par l’artiste pétersbourgeois Mikhael a Crest, est un instrument de musique, le Bragofon.

Sous la pression, les gaz se mouvent dans les tubes et tombent dans des bouteilles avec différents gargouillements et glouglous. Un opérateur contrôle les sons en tournant 5 robinets différents se trouvant sur la bonbonne principale. Pour entendre les premiers accords du bragofon, qui vient du mot russe braga, signifiant alcool fait maison, avancez la vidéo à la 5e minute. Et si ça vous plait, vous pouvez télécharger le premier album bragofonesque ici.

Fenêtre sur la Russie

Par Aurialie le 11.10.2008 à 20h02

Voilà la première partie d’un documentaire tourné en Russie en début d’année par Jakob Schleicher, jeune journaliste allemand. Sa volonté est de nous montrer la vraie Russie, ses paradoxes, ses contrastes. Il a rencontré de nombreux participants de mouvements jeunesse socio-politiques (dont l’OD-group et Oleg Kozlovski) et relate l’action de protestion de simples citoyens, le tout illustré de nombreux passages musicaux rock.

Pour voir les 5 autres parties du reportage, intitulé Zamerzchie okna, c’est sur Youtube. Le commentaire est en russe.

Faites l'amour ... et la guerre

Les artistes activistes du groupe Voïna ("guerre" en français) ont organisé une nouvelle action dimanche, à l’occasion de la Journée de la ville de Moscou. Ils ont voulu faire un cadeau à son maire, Iouri Loujkov, en lui offrant la pendaison de 5 personnes, que ce dernier n’aime habituellement pas voir évoluer dans sa ville : 3 ouvriers du bâtiment issus des minorités et 2 homosexuels. Le nombre cinq n’a pas été choisi par hasard, c’est un parallèle à la pendaison de 5 décembristes le 13 juillet 1826.

Le groupe n’en est pas à son premier coup d’éclat. Quelques jours avant l’élection présidentielle russe, cinq couples se sont réunis dans un musée d’histoire naturel et ont fait l’amour dans la salle "Métabolisme, énergie, nutrition, digestion" sous le slogan "Ебись за наследника медвежонка" (que l’on pourrait traduire par "Baisons pour l’héritier du petit ours"). Cette action était pour eux un moyen de faire un portrait de la Russie. Il voulait montrer "l’indécence des autorités russes" : "les élections sont un coït collectif réel, dans lequel les officiels trompent leur propre nation. La censure ne nous donne pas d’autre moyen d’exprimer nos vues pour être entendu", ont-ils déclaré. Avec beaucoup de justesse, puisque certains d’entre eux ont été renvoyés de la fac de philosophie où ils étudiaient.

Dernier exemple de performance : l’organisation d’un repas dans une rame de métro en activité, 40 jours après la mort de Dmitri Prigov, auteur et artiste dissident de l’ère soviétique, envoyé brièvement en hôpital psychiatrique en 1986.

A lire : leur manifeste en russe ou en anglais.

21 août 1968 : fin du Printemps de Prague

Par Aurialie le 21.08.2008 à 20h59

Quelques images de l’invasion des armées du Pacte de Varsovie il y a tout juste 40 ans (le 21 août 1968), pour "normaliser" la situation en Tchécoslovaquie où le secrétaire général du Parti communiste tchécoslovaque, Alexander Dubček, avait eu l’impudence d’introduire une dose de libéralisation (liberté de la presse, de circulation et d’expression, décentralisation de l’économie, développement de l’industrie des biens de consommation, ...).

Le quotidien allemand Frankurter Rundschau (repris dans la section Opinion de Courrier International) s’est demandé ce que les jeunes générations ont gardé de cet épisode historique.

"La plupart de ceux qui appartiennent à la véritable première génération mondialisée ne se demandent jamais (et n’ont pas à se demander) en quoi leur vie a quelque chose à voir avec le "printemps de Prague" ou l’agitation de 1968. Ils profitent aujourd’hui de la mondialisation de la musique, de la mode, de la consommation, des moyens de communication et de toutes les libertés qui en découlent. Mais ils ne sont pas pour autant aussi apolitiques ou inconscients que ce que pensent leurs aînés", écrit le journal.

Cette nouvelle génération se retrouve bien sûr face à un contexte qui n’a plus rien à voir avec celui des années 1960, aussi bien sur le plan économique que politique. Mais le journal estime qu’elle ne vit pas pour autant dans un paradis hérité des combats du passé. "La génération mondialisée a grandi en affrontant ses propres périls. Comme la précarité, qui pèse lourdement sur les choix de vie. Comme l’autoritarisme, qui fleurit aussi dans les démocraties et les économies de marché, en menaçant les libertés d’une tout autre façon. Et tant que le capitalisme triomphant se développera, les mouvements de protestation ne disparaîtront pas."

Poutine, président ? Non, juste 1e ministre !

Par Aurialie le 09.08.2008 à 23h55

En voyant Poutine à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, puis faire une déclaration à Vladikavkaz sur la guerre georgo-osseto-russe, j’ai repensé à la 2e animation d’Oleg Kozyrev, intitulé "Kak president" ("Comme le président").

Traduction
Di : Allons voir ce qui ce dit d’intéressant sur moi sur les blogs
Vo : Salut Roulitik Di
Di : Salut Roulitik Vo. Je travaille sur des documents. Que veux-tu ?
Vo : Et Di, je peux m’asseoir à ton bureau ? Le bureau présidentiel... Il me manque...
Di : Bon d’accord, tu peux t’y asseoir, mais ne m’embête plus.
Vo : Di, je peux renvoyer l’ambassadeur d’Amérique ? Comme avant quand j’étais président. Ça me manque.
Di : D’accord, mais ne me dérange plus. Je travaille sur des documents.
Vo : Ecoute Di, je peux...
Di : Ecoute, fais ce que tu veux. Je t’ai déjà dit de ne pas m’embêter.
Vo : Ok merci, j’y vais alors. En France, comme quand j’étais président.
Di : Oï, où est-t-il allé, comme quand il était président ? Et attends, Vo, attends !

De l'importance de lutter contre la corruption

Par Aurialie le 21.07.2008 à 00h49

Je ne me lasse pas de ces petits clips d’Oleg Kozyrev, mettant en scène des marionnettes à l’effigie de Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev. Le 4e épisode des Roulitiki traite de la corruption.

Di : Salut, roulitik Vo !
Vo : Salut, roulitik Di !
Di : Ecoute, Vo, et si nous luttions contre l’inflation
Vo : Allez, il y a longtemps que je le voulais, mais comment ?
Di : Avec une commission d’enquête nous pourrons tout nettoyer !
Vo : Non, non, non, j’ai peur
Di : Avec le FSB peut être ?
Vo : Non, non, non, j’ai peur
Di : Mais pourtant il faut se battre contre la corruption
Vo : Ah, et si nous commencions loin ? A Kaliningrad, à la douane, c’est une façon de se battre.
Di : Loin ? C’est une solution. Ainsi, nous ne serons pas d’ici tôt à Moscou
Vo : Dans la corruption, l’important c’est quoi ? L’important n’est pas de gagner, l’important c’est de participer !
Di : Voilà une idée à double sens

L'inflation version Roulitiki

Par Aurialie le 10.07.2008 à 00h28

Dans le 3e épisode de Roulitiki d’Oleg Kozyrev, mis en ligne il y a deux jours sur le site Grani-tv.ru, la marionnette Roulitik Di demande à Roulitik Vo de lui montrer l’inflation en Russie, un problème économique majeur qui pourrait obscurcir la croissance russe.

- Salut Roulitik Vo !
- Salut Roulitik Di !
- Dis, Vo, montre moi ton inflation ! Est-elle petite ou bien grande ?
- Je ne peux pas te la montrer. J’ose pas.
- Vas-y montre !
- J’ose pas.
- Allez, montre la moi !
- D’accord, regarde. Voilà comment est mon inflation.
- Eh, elle est grande. Tu avais promis qu’il y aurait de la stabilité.
- Mais il y a de la stabilité. Hier, il y a eu de l’inflation ?
- Il y en a eu.
- Et aujourd’hui, il y en a eu ?
- Il y en a eu.
- Et demain, il y en aura aussi ! Voilà de la STABILITE !
- Eh, Vo, comment est notre transparence et notre liberté d’expression ?
- J’ose pas dire

Pour revoir le 1e, c’est ici et pour découvrir le 2e, c’est .

Haro sur la jeunesse

Par Aurialie le 08.07.2008 à 00h39

Les médias de Krasnoïarsk semblent préparer la population locale à un prochain projet de loi dirigée contre les subcultures émo, gothique, punks... C’est en tout ce qu’affirme l’un des musiciens de ce reportage.

Les autorités souhaitent déposer en automne une loi interdisant les subcultures. Pas plus d’informations pour le moment, mais ces jeunes et moins jeunes (le psychologue) ne voient pas le mal qu’il y a dans leur tenue.

L'hymne soviétique pour les nuls

Par Aurialie le 15.06.2008 à 19h39

Voilà une vidéo plutôt drôle, permettant aux non-russophones de chanter l’hymne soviétique.

Et pour les russophones, les vraies paroles !

Союз нерушимый республик свободных
Сплотила навеки Великая Русь.
Да здравствует созданный волей народов
Единый, могучий Советский Союз !

Припев
Славься, Отечество наше свободное,
Дружбы народов надёжный оплот !
Знамя советское, знамя народное
Пусть от победы к победе ведёт !

Сквозь грозы сияло нам солнце свободы,
И Ленин великий нам путь озарил.
Нас вырастил Сталин — на верность народу
На труд и на подвиги нас вдохновил.

Припев

Мы армию нашу растили в сраженьях,
Захватчиков подлых с дороги сметём !
Мы в битвах решаем судьбу поколений,
Мы к славе Отчизну свою поведём !

Припев

Et pour la traduction c’est ici.

Apprendre le russe avec Iouri Chevtchouk

Par Aurialie le 10.06.2008 à 23h08

Ce week-end Saint-Pétersbourg accueillait le Forum économique international, endroit où l’on a l’habitude de croiser des hommes d’affaires et plein de personnes en costumes sombres. Hors, au détour d’une table ronde, les participants ont pu entendre Iouri Chevtchouk, leader du groupe rock DDT. Il a voulu attiré leur attention sur certains problèmes russes : la destruction des monuments historiques, l’omniprésence de la culture de masse, l’augmentation du nationalisme et du chauvinisme, l’absence de démocratie, …

Il a très joliment déclaré : "si la Russie souriait, le monde respirerait et vivrait plus légèrement." A la fin, à une personne, qui avait dit en plaisantant qu’il portait préjudice à l’image de Russie, il a répondu : "vous connaissez le vieux mot "ritualisme". Il y en a maintenant beaucoup en Russie. Nous montrons seulement le bon côté de la Russie, mais il faut être plus sincère, plus honnête, et montrer tous les côtés, alors les gens cesseront d’avoir peur."

J’encourage donc tout le monde à écouter son allocution, et en particulier les personnes qui apprennent le russe (qui peuvent même d’essayer de la prendre en dictée), car personnellement je trouve sa prononciation très bonne. Et en plus, certains journaux en ligne ont retranscris en entier son discours. Donc un bon moyen d’améliorer son russe, avec un texte très intéressant !

Le secret de la victoire

Par Aurialie le 28.05.2008 à 20h18

Comme je le disais ici, le mois a été plutôt bon pour la Russie sur le plan sportif et culturel. Oleg Kozyrev nous explique le secret de ces victoires, grâce à cette petite vidéo.

Traduction pour les non russophones :
Poutine : Bonjour Di !
Medvedev : Bonjour Bo !
Poutine : Eh, Di, explique-moi, quand je les dirigeais tous, nous n’avions pas de telles victoires, mais toi, tu as eu le hockey, le foot, et maintenant même Bilan a gagné. Qu’est ce que tu as fait pour que Bilan se donne tant de peine ? Explique-moi
Medvedev : C’est très simple, je leur ai tous dit la vérité.
Poutine : La vérité ?
Medvedev : La vérité. Que s’ils ne commençaient pas à gagner, tu reviendrais !
Poutine : Je ne savais pas que c’était tellement avantageux de dire la vérité !

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