Tous les articles sur le mot clé : société

Made in Russia

Par Aurialie le 07.02.2010 à 02h08

Après la fabrique de pelmini et vareniki, voilà un magnifique reportage photo d’une fabrique de valenki, ces grosses bottes typiquement russes en feutre, à Kaliazine (entre Moscou et Iaroslavl). Selon l’auteur des photos, Igor Alekseev alias Impostors sur LiveJournal, les valenki, chaudes, pratiques et bon marché, sont de nouveaux populaires en Russie. Et si l’usine n’a pas de problème de commandes, les salariés ne profitent pas de sa prospérité : locaux usés, air mauvais, salaire moyen de 5.000 roubles.

A voir également, un reportage sur une fabrique de jouets en bois.

Source : Impostors.livejournal.com

Pouvoir et société-Autoportrait par Elkine

Par Aurialie le 05.02.2010 à 00h02

Après quinze jours sans dessin de Sergueï Elkine, il était difficile de ne pas publier cette caricature (cet autoportrait comme l’appelle Elkine) du pouvoir et de la société. On ne peut pas dire que Vladimir Poutine soit mis en valeur, ... la société non plus !

Source : Sergueï Elkine via son blog ellustrator

Qui se cache derrière Alexeï Dymovsky ?

Par Aurialie le 16.11.2009 à 21h52

Il y a près d’une semaine, le commandant Alexeï Dymovsky a mis en ligne, sur son blog, une vidéo dans laquelle il critique les conditions de vie des policiers, dénonce la corruption et les abus des forces de maintien de l’ordre russes, notamment de son chef à Novossibirsk Novorossisk (merci de la remarque Adeline), et lance un appel à Vladimir Poutine pour ouvrir une enquête. Cette vidéo n’a pas laissé indifférente la blogosphère et la société russes, qui cependant n’apprenaient pas grand-chose de nouveau sur certaines méthodes de leurs policiers. Le correspondant russe du Deutsche Welle a réuni quelques réactions d’internautes.

Beaucoup estiment que A. Dymovsky n’a pas agit de sa propre initiative. Bulochnikov pense que l’on souhaite discréditer le ministère de l’Intérieur ; Alexadov le ministre de l’Intérieur, Rachid Nourgaliev. Rinatzakirov y voit plutôt une action de communication du Kremlin ayant pour objectif de (re)créer une image positive du ministère de l’Intérieur aux yeux du peuple. Sur le forum vivre en Russie, suite à l’organisation d’une conférence de presse à Moscou, Anna fait remarquer qu’"avec son salaire de misère, ce brave policier arrive de financer : les gardes du corps, l’attaché de presse, le webmaster, pour entretenir son blog, un avocat-défenseur de droit de l’homme ....et il lui reste encore un peu de sous pour pouvoir s’acheter une si belle bague" (voir photo sur le forum).

Qui que soit l’instigateur de ce coup médiatique (peut être Alexeï Dymovsky lui-même volontairement), il doit être content de sa réussite : la vidéo a été vue près de 700.000 fois, reprise dans les médias traditionnels, arrivée jusqu’aux oreilles de Vladimir Poutine, qui ne souhaite pas faire de commentaires sans vérification. Le policier Dymovsky a quant à lui été démis de ses fonctions, sans surprises. Affaire à suivre...

Source image : BBC

Agenda : "Le Petit Prince" en faveur des jeunes sans-abris de Moscou

Par Aurialie le 03.11.2009 à 00h43

"Qu’est ce que signifie "apprivoiser" ?...  C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie "créer des liens".  Cette citation extraite du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry est en exergue sur la page de présentation du Samu social Moskva (version russe de l’association française), créé suite à une rencontre entre Iouri Loujkov et Xavier Emmanuelli. L’ouvrage emblématique de Saint-Exupéry doit avoir une grande signification pour cette association d’aide aux jeunes sans-abris de Moscou, puisque c’est le spectacle qu’elle a choisi de monter et montrer pendant 6 représentations au thèâtre Na Strastnom, pour récolter des fonds. Les deux premières ont eu lieu hier, les suivantes se tiendront aujourd’hui et demain à 17h et 20h, heure locale.

Cette information m’a été envoyée par Arthur, dont vous pouvez parfois lire les commentaires ici. Il a accompagné le dossier de présentation de la pièce de magnifiques photos d’un renard blanc, prises à Khariaga à 15h30 samedi. Je ne pense pas qu’il m’en voudra d’avoir choisi celle de la tentative d’apprivoisement de ce renard en illustration de cette annonce.

L’adresse du théâtre est la suivante : м. Пушкинская, м. Чеховская, м. Тверская, Страстной бульвар, 8а

Répenser la ville russe post-socialiste

Par Aurialie le 28.07.2009 à 23h37

Depuis le mois d’avril, Future Faculty (plateforme interdisciplinaire de recherches et de design initiée par des étudiants), la Biennale internationale d’architecture de Rotterdam et les Facultés d’Architecture et de Design industrial de l’Université de technologie de Delft ont lancé un intéressant projet collaboratif ayant pour sujet : interventions micro-urbanistiques dans la ville russe post-socialiste.

Dans ce projet, étudiants et professionnels travaillent ensemble pour explorer l’environnement russe dans les blocs d’habitation pré-fabriqués. Les conflits, les possibilités à l’intérieur des espaces collaboratifs, les solutions pour améliorer la qualité de vie ont été les principaux sujets des tables-rondes, ateliers et discussions qui ont eu lieu entre avril et juillet 2009 aux Pays-Bas et en Russie. La phase finale du projet se tiendra à la Biennale d’architecture de Rotterdam en septembre ; un débat ouvert et un atelier permettront de réfléchir, repenser, critiquer l’expérience acquise et d’ouvrir la discussion sur les futurs développements, les applications possibles, les collaborations potentielles. Un blog permet de suivre l’évolution du projet.

Ce type de projet mêlant étudiants, chercheurs, designers, entrepreneurs, est de plus en plus utilisé en Europe (France, Royaume-Uni, Pays-Bas, …) et un bon moyen pour envisager les problèmes par un prisme différent de celui des collectivités ou grosses entreprises. Future Faculty pourrait ensuite se pencher sur les cités dortoirs françaises.

Source : Flickr Future Faculty

La transition du communisme à l'économie de marché aurait fait un million de morts (Courrier International)

Par Aurialie le 26.01.2009 à 20h24

Via Courrier international

Les privatisations massives qui ont caractérisé la transition des pays de l’ancien bloc soviétique du socialisme à l’économie de marché au cours des années 1989-2002 ont-elles eu une influence sur la forte augmentation de la mortalité constatée dans ces pays après la chute du mur de Berlin ? Oui, à en croire une étude publiée par la revue scientifique britannique The Lancet : la mortalité des hommes adultes (15-59 ans) aurait augmenté de 12,8 %, ce qui représente, calcule le Corriere della Sera, environ 1 million de personnes décédées prématurément.

Se basant sur des modèles mathématiques complexes et au terme de quatre années de travaux, les auteurs de la recherche ont par ailleurs remarqué que le taux de mortalité croît avec la vitesse à laquelle les privatisations ont été menées : là où une "thérapie de choc" a été appliquée, comme en Russie entre 1991 et 1994, l’espérance de vie s’est raccourcie de cinq ans. Dans les pays qui ont vécu une transition plus douce – comme la Slovénie, la Croatie ou la Pologne –, elle a augmenté de près d’un an. Un lien de cause à effet entre le chômage qui a suivi les privatisations, notamment en Russie, et l’augmentation du taux de mortalité est également établi, notamment à cause du fait qu’à l’époque soviétique les entreprises d’Etat assuraient le suivi médical des salariés. Avec leur fermeture ou leur privatisation, c’est une partie du système de santé qui a disparu.

Dans une lettre au Financial Times, l’économiste Jeffrey Sachs, qui avait conseillé de nombreux gouvernements ex-communistes à l’époque, estime que le taux de mortalité en Pologne n’a pas augmenté, et que le taux de mortalité en Russie est davantage dû au régime alimentaire russe ou bien aux aides refusées par l’Occident.

Scénario de crise (2)

Par Aurialie le 03.12.2008 à 00h42

Autre organisme, autre scénario : l’Institut de stratégie nationale, par le biais de son agence (en ligne) de nouvelles politiques Nord-Ouest a établi cinq scénarios de crise. Mais avant le journaliste, Victor Nesoglasni (dont ça ne doit pas être le vrai nom, "nesoglasni" voulant dire "en désaccord"), dresse un tableau (noir) de la situation en Russie :

Les experts estiment que la population active en Russie représente 45 à 50% de la population, soit 73 millions de personnes. En enlevant les prisonniers, les alcooliques, les drogués et les sans-abris, l’auteur estime que l’on ne peut compter que sur 60 millions de personnes pour assurer la stabilité économique de la Russie et nourrir tout le pays. Il enlève encore 1,5 million de soldats et officiers, dont l’activité productrice, à l’exception de la construction des datchas des supérieurs, est nulle. Mais il ne s’arrête pas là et rajoute que selon les données de l’Institut de sociologie RAN, la catégorie de citoyens la plus importante est celle qui "est dans le besoin", "n’a pas beaucoup de moyens" (43% de la population). Et 70% de ces personnes sont celles qui vivent dans de petites villes ou à la campagne et qui ont, selon les sociologues, le niveau le plus élevé d’apathie et de passivité sociales. Mikhaïl Gorchkov, directeur de l’Institut de sociologie RAN, a ainsi déclaré : "On remarque chez les couches démunies de la population une absence de conscience des intérêts de groupe. Surtout chez les jeunes. Ils n’ont pas de compréhension de la solidarité sociale, d’auto-identification politique. Ils vivent selon le principe "ma maison – ma forteresse". Une telle approche freine le développement de la société civile en Russie."

C’est pourquoi, Victor Nesoglasni pense, qu’en prenant en considération cette particularité, on ne peut considérer comme réaliste le scénario décrit par Evgueni Gontmakher.

La Russie compterait actuellement 4,6 millions de chômeurs. En 2009, il devrait y en avoir entre 200.000 et 350.000 de plus, selon les chiffres les plus optimistes ; entre 1,5 et 2 millions dans les scénarios les plus pessimistes. La question centrale est donc de savoir quelles conséquences politiques et sociales engendrait une hausse si importante de sans-emplois. Guennadi Goudkov, député, a déclaré en octobre : "Le plus dangereux serait un accroissement de la tension sociale dans la société, non seulement pour des raisons économiques, mais aussi à cause de l’incapacité des fonctionnaires qui, possédant les pleins pouvoirs, ne feraient absolument rien. En plus, nous sommes obligés d’arrêter la hausse incontrôlable des prix, autrement cela provoquera également des tensions et des conflits. Et la question du logement pour les couches nécessiteuses de la population n’est toujours pas résolue ; le fonctionnement du système de protection des droits et de la justice ne s’améliore pas ; la corruption, qui est devenue le mode de vie de millions de gens, triomphe dans tout le pays ; on va droit dans le mur. Dans ces conditions, les idées radicales et extrémistes, qui sont le plus grand danger pour la Russie, continueront de prospérer. Si nous n’éliminons pas ces phénomènes dans l’immédiat, plus tard, par exemple en 2009, nous pourrons déjà nous heurter au début d’une crise systémique, qui touchera les fondements économique, politique et sociaux de notre société."

Après toutes ces très bonnes nouvelles, Victor Nesoglasni élabore 5 scénarios de crise.
1- Les retards dans le règlement des salaires et les licenciements massifs provoquent d’importantes manifestations, grèves, … mais aussi de nombreuses arrestations, poursuites, fermetures de médias, morts… Le peuple éprouve de la haine pour le régime en place, celui-ci émet la possibilité de provoquer des élections présidentielle et législatives. Le retour de Vladimir Poutine est accueilli avec l’allégresse par le peuple.

2- La crise étant profonde, Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine commencent un "nettoyage" du sommet. Ils "nettoient" le parti Russie Uni, arrêtent certains oligarques, les autres s’enfuient à l’étranger. Une vague de procès semi-politiques déferle dans le pays, provoquant l’allégresse des démunis, des travailleurs et des chômeurs. Les oligarques alimentent secrètement des groupes extrémistes et autres mouvements de citoyens en colère, mais ces tentatives échouent. Résultat : retour triomphal du favori du public, Vladimir Poutine.

3- Dans les petites villes apparaissent des "révolutions locales", puis le "syndrome de Novotcherkassk" se répand dans de grandes mégalopoles. À Saint-Pétersbourg les citoyens furieux prennent Smolny, les OMON affamés n’interviennent pas. Les insurgés sont soutenus par certaines troupes, qui sont commandées par des officiers mécontents de la réforme de l’armée. Moscou bouillonne. Le président, le gouvernement et le parlement donnent de concert leur démission. De nouveaux leaders apparaissent, ceux qui sont connus font également parler d’eux. Une ère nouvelle arrive.

4- Ce scénario a été décrit par le politologue Mikhaïl Leontev : "... la seule sortie de crise est une guerre globale. Qui et comment elle se déclenchera n’est qu’une question purement technique. Je ne vais pas conjecturer sur le prétexte de cette guerre - complication des relations entre la Russie et l’Ukraine ou la Géorgie, la question iranienne, le Pakistan. La lourde situation économique va inévitablement déborder sur le plan politique." On peut donc supposer, connaissant les "mœurs" des maîtres du Kremlin, que la Russie, sous prétexte de protéger ses compatriotes, introduira des troupes en Géorgie, Ukraine ou dans les pays Baltes. Comment l’Ouest répondra à cela, on peut facilement l’imaginer.

5- Enfin, le scénario préféré de l’auteur. Ni les banques s’effondrant, ni le retard dans le règlement des salaires, ni les licenciements massifs, ni l’augmentation de la criminalité, ni aucunes autres conséquences de la crise économique n’influenceront, et ce en aucune manière, l’apolitisme infantile du citoyen russe. Année après l’année, le pays se dégradera avec sa population, qui restera à la maison en se taisant.

De bien réjouissantes perspectives...

Source image : 1- APN / 2- Waking life

Le chiffre du jour : 5 millions

Par Aurialie le 15.11.2008 à 17h12

Le vice-responsable de l’agence fédérale pour la jeunesse, Alexandre Povalko, a déclaré hier qu’il y aurait en Russie entre 2 et 5 millions d’enfants des rues, vivant d’une activité criminelle. Plus d’un tiers des crimes est accompli sous les ordres directs d’un adulte, et plus des 70% en groupe.

Povalko rajoute qu’il n’existe pas de prévention de récidive des infractions, ni de système de resocialisation des enfants délinquants. Le niveau moyen de récidive des jeunes se situe entre 30 et 70% dans le pays, notamment à cause de l’absence de réhabilitation.

Source : Lenta.ru

Inquiétude sur l'état de santé psychologique russe

Par Aurialie le 09.06.2008 à 18h43

Des spécialistes de l’Institut de psychologie de l’Académie des sciences russe ont évalué l’état psychologique de la société russe. Pour l’évaluer, les chercheurs ont élaboré un indice composite, à partir de différents indices statistiques : nombre de suicides, d’affections psychiques, de meurtres et de divorces, orphelinage social (enfants abandonnés), taux de mortalité imputable à des affections du système nerveux et des organes sensoriels.

Les chiffres qu’ils citent sont accablants :
- nombre de meurtres : 1e place en Europe et dans la Communauté des États indépendants
- nombre de suicides : 2e derrière la Lituanie
- taux de mortalité dû à l’alcoolisme : 1e
- accidents de la route : 3e
- nombre de divorces : 1e place
- longévité : la Russie est située au dernier rang des pays développés et à économie de transition.
- accroissement naturel de la population : la Russie occupe une des dernières places en Europe
- indice de corruption : la Russie est située au 143e rang mondial (sur 180).

Les chercheurs ont établi que les principaux problèmes psychologiques de la société russe contemporaine ont pour cause le sentiment d’injustice sociale, le manque de protection sociale et physique, l’incertitude, la perte du sens de la vie et des perspectives vitales (qui est l’une des causes majeures de suicide). L’inquiétude, la dépression, la phobie, l’apathie, l’indifférence, l’agressivité élevée, la dégradation morale, la criminalisation du savoir, les conflits entre générations, la liberté perçue comme la possibilité de faire n’importe quoi, etc. sont également largement répandus dans la société. A cela s’ajoutent la destruction de la psychologie rationaliste, la progression de l’ésotérisme et de la foi dans la magie, la sorcellerie et l’extrasensoriel, qui posent de sérieux problèmes (les chercheurs ont établi qu’il y avait dans le pays quelque 300.000 mages, astrologues et sorciers).

Les auteurs de cette étude estiment qu’une amélioration fondamentale de la situation pourrait être favorisée par la suppression des disproportions entre les niveaux de revenus, la décriminalisation de la société, la renaissance d’une morale, notamment en conférant aux normes morales de base le statut de lois.

Source : Ria Novosti

Protestation en musique

Par Aurialie le 10.03.2008 à 20h07

Aujourd’hui, une centaine d’étudiants de l’Académie de Musique Gnessine ont organisé un flash-mob, pour protester contre une décision de justice exigeant l‘expulsion de près de 1000 étudiants de leur foyer. Ils se sont réunis pendant quelques minutes dans le centre commercial Atrium de Moscou, ont chanté, dansé, joué de la musique et ainsi tenté d’attirer l’attention sur leur situation.

Les étudiants ont été informés le mercredi 5 mars de leur expulsion, prévue pour le 11 mars. La raison officielle : des problèmes de sécurité dans le bâtiment, ce que réfute l’administrateur. Quelle que soit la raison de cette décision, la rapidité d’exécution est totalement dommageable pour les étudiants, puisqu’aucune solution de remplacement n’a encore été trouvée.

Un concert pour les sans-abris

L’action en faveur des droits de l’homme du chanteur d’Akvarium, Boris Grebenchtchikov, avait déjà été citée ici lors de sa participation à un programme d’Amnesty International. Il y a deux jours, accompagné des groupes Spleen (rock), Markscheider Kunst (latino, ska) et Billy’s Band (alkojazz), il a organisé un concert en faveur des sans-abris de Saint-Pétersbourg.

L’association Notchlejka (Abri de nuit) estime que chaque nuit, dans cette ville, huit mille personnes dorment dans la rue. Mais les spécialistes estiment que ce n’est que le sommet de l’iceberg. Le dernier dénombrement de la population a révélé qu’il y avait plus de 28 mille personnes sans enregistrement, qui à tout moment peuvent compléter l’armée de sans-logis.

Les organisateurs du concert espèrent recueillir près de 500 mille roubles. Cet argent ira à l’installation d’une deuxième tente pour se réchauffer l’hiver et à l’achat d’un deuxième autobus de nuit, qui livrera la nourriture aux sans-logis dans les régions sud de la ville. Mais comme le précise le directeur de l’association Notchlejka, Maxime Egorov, cela ne remplace malheureusement pas un toit. "Pour avoir un logement social et recevoir quelque chose, il faut être enregistré. Cela signifie que les sans-logis sont automatiquement coupés du système." Il pense qu’il ne faut pas créer de nouveaux programmes spéciaux pour le logement des sans-logis, mais simplement insérer les gens sans enregistrement dans les systèmes sociaux (assistance médicale et emploi) existants.

Source : Svoboda news

Quels prénoms en 2008 ?

Par Aurialie le 10.11.2007 à 19h44

En l’honneur de la révolution soviétique, de ses grands noms et des grands progrès qu’elle a apportés, de nouveaux prénoms ont été inventés, comme la Révolution française en son temps. Ainsi, les petits garçons nés à cette époque, avaient la chance de pouvoir s’appeler Maels (pour MArx, Engels, Lénine et Staline), Lounio (Lénine OUmer, No Ideï Ostalis’ - Lénine est mort, mais ses idées restent), Avangard (l’avant-garde), Selsoviet (SELskiï SOVIET - le soviet du village) ou encore Ouriourvkos (OURa, IOURa V KOSmossie ! - hourra, Iouri [Gagarine] est dans l’espace !" Et les filles : Elektrifikatsia (électrification), Dekabrina (décembre), Dazdraperma (DA ZDRAvstvouïet PERvoïe MAïa ! - vive le 1er Mai !), Lenora (LENin - Nache ORoujie - Lénine est notre arme), etc.

Sur le même principe, Freedomcry a inventé des prénoms rendant hommage à l’ère Poutine, lançant une nouvelle mode sur l’Internet russe. Pour les garçons, on obtient : Bykap (Byt’ KAk Poutine - être comme Poutine), Morgozedir (MOi Roditeli GOlocouiout’ Za EDInouiou Rossiiou - Mes parents votent pour Russie Unie), Vertivlas (VERTIkal’ VLASti - vertical du pouvoir), … Et pour les filles : Dvina (DVIjenie NAchi - Mouvement Nachi, jeunesse poutinienne), Moumeramka (MOUjtchina MEtchty - RAMzan KAdyrov - l’homme de mes rêves est Ramzan Kadyrov) ou encore Nepremesta (NEvestoï PREzidenta MEtchtaiou CTAt’- je rêve de devenir la fiancée du président). Tout cela est bien plus original qu’Emma, Camille, Lucas ou Mathis !

L'URSS en affiches

Par Aurialie le 23.09.2007 à 16h15

Découvrir chaque jour un aspect de la culture ou de l’histoire soviétiques par le biais des affiches de l’époque, c’est ce que propose le blog A Soviet poster a day. Publicité pour le zoo ou le GOuM, grand magasin d’État sur la place Rouge, affiche de propagande contre l’armée Nazi, incitation à faire du sport, à avoir une bonne hygiène ou à arrêter de fumer, slogan politique, … tous les thèmes sont abordés, avec une multitude de détails intéressants sur le fond et la forme. Une très belle initiative !

Légende :
- Affiche de gauche : publicité pour le GOuM, graphisme de Rodtchenko et texte de Maïakovski
- Affiche de droite : "Papa, tue les Allemands" de Nesterova

Confiscation des futures terres olympiques

Par Aurialie le 16.09.2007 à 02h55

Vedomosti a dévoilé vendredi un nouveau projet de loi "Sur l’apport de modifications dans les actes particuliers législatifs de la Fédération de Russie en raison de l’organisation et la tenue des XXIIe Jeux Olympiques d’hiver dans la ville de Sotchi". Cette loi pourrait mener à une véritable révolution dans les relations à la propriété en Russie, puisque les corrections proposées dans les codes fonciers et civils seront appliquées non seulement à Sotchi, mais dans tout le pays, pour des raisons juridiques (les autorités ne pouvaient créer une loi locale uniquement pour Sotchi).

Actuellement, la législation permet la confiscation des terres sur simple décision des organes exécutifs fédéraux ou locaux, si l’État en a besoin pour construire des infrastructures militaires ou permettre l’accès à des gisements de minéraux. Le propriétaire a tout de même une année pour convenir avec les autorités des conditions de la confiscation. C’est seulement si les négociations n’aboutissent pas que le pouvoir peut obtenir son expulsion.

Le nouveau projet de loi va simplifier la procédure et réduire les délais. En à peine trois mois, les formalités pourront être bouclées, puisque le propriétaire de la terre ne pourra pas contester la décision de la confiscation des autorités devant la cour, il aura juste le droit de discuter le montant et la forme de la compensation. Actuellement, le pouvoir doit accorder une autre terre, la nouvelle loi, si elle est adoptée, permettra d’accorder au propriétaire un bien, autre qu’une terre.

Des juristes interrogés par le journal ont déclarés qu’il sera aisé de contester la constitutionnalité de la loi, si elle est adoptée sous une telle forme.

Source : Vedomosti et Grani.ru.
Image : Ruvr.ru

Sans alcool (3)

Par Aurialie le 03.09.2007 à 22h06

Après Sans alcool et Sans alcool suite, voilà un nouvel article sur les initiatives populaires pour lutter contre l’alcoolisme en Russie. Ci-dessous, la traduction d’un article de Novye Izvestia, traduit par Courrier International.

Dans le courant de l’été, quinze militants du mouvement "Pour un Altaï sans alcool" ont débarqué sur l’île Ioubilieïny, au milieu du fleuve Ob. Ils se sont régalés de jus de tomate, ont chanté un hymne à la défaite du monstre vert [l’alcool] et installé un panneau proclamant l’île "zone sans alcool".

"Nous avons eu beaucoup de chance avec la météo, il a fait chaud, le soleil brillait, comme si la nature avait voulu montrer qu’elle nous approuvait", nous a déclaré Alexeï Braguine, à l’origine de cette action. "A partir de maintenant, ce n’est plus l’île Ioubilieïny [de l’Anniversaire], mais l’île Trezvosti [de la Sobriété]. Nous pensons que notre démarche fera croître le nombre d’adversaires déclarés de l’alcool dans la région."

A la mairie de Barnaoul, on nous a précisé que, sur les cartes, l’île continuerait à porter son ancien nom, mais que sa nouvelle appellation, non officielle, serait employée au même titre que l’autre, "dans le but de lutter contre l’alcoolisme". "C’est une grande première en Russie, nous a-t-on expliqué à la Société nationale de sobriété et de santé. On sait depuis longtemps que les simples injonctions morales sont impuissantes à vaincre le problème. Il faut de l’originalité, de bonnes idées. Ces dernières années, nous nous sommes efforcés de présenter à la génération montante une idée juste de ce que doit être un mode de vie sain, mais pour l’instant cela n’a pas donné grand-chose. Reste à espérer que l’île de la Sobriété soit plus efficace. Elle semble avoir toutes ses chances."

Pourtant, les experts ne sont pas tous emballés par cette initiative. Beaucoup estiment qu’elle n’a pas de sens, et que rebaptiser l’île n’aura été qu’une perte de temps. Pour Sergueï Poliatykine, directeur des programmes médicaux de la fondation "Non à la drogue et à l’alcoolisme", "c’est une action médiatique vouée à l’échec. Ces quinze malheureux antialcooliques veulent sans doute se démarquer de l’immense majorité de la population, mais ils vont juste se poser sous leur panneau et attendre le résultat. Même s’il est fort probable qu’ils soient animés de bonnes intentions, ce n’est pas ainsi qu’ils changeront les choses. Rien n’avance jamais tout seul. On pourrait les approuver s’ils avaient réussi à attirer l’attention de l’opinion sur le problème. Si leur action s’appuyait effectivement sur un arrière-plan solide, on pourrait en parler de façon sérieuse. Mais nous avons simplement assisté à un joyeux vaudeville. Dommage qu’ils n’aient pas vendu de billets."

Je n’ai qu’un commentaire : ce monsieur serait-il déçu de ne pas avoir eu cette idée en premier ? Et même si cette initiative est l’œuvre d’illuminés, qui n’aura pas beaucoup d’influence sur le comportement général de la population, l’intention est bonne et l’article de Novyé Izvestia a été bien relayé dans les journaux en ligne, c’est un bon début !

Source photos : Novye Izvestia

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