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Lénine, l'art et la révolution

Par Aurialie le 06.08.2007 à 01h03

Envie de bronzer intelligemment ? Lénine, l’art et la révolution de Jean-Michel Palmier est pour vous. Ce livre de plus de 500 pages, premier tome d’une trilogie inachevé, retrace les questions et polémiques artistiques avant, pendant et après la Révolution de 1917. Les réflexions de Lénine sur ce sujet sont particulièrement mises en avant : critique des romans populistes, des doctrines des Constructeurs de Dieu et des Otzovistes, disputes avec Bogdanov et Lounatcharsky, (trop) longue étude de son œuvre Organisation du parti et littérature du parti, amitié avec Gorki… A cela s’ajoute une analyse intéressante des différents courants artistiques nés après les Révolution de 1905 et 1917 - futurisme, poésie prolétaire, imagisme ou encore acméisme - et des portraits, composés de très nombreux extraits de poésie, de Blok, Pasternak, Essenine et Maïakovski. La dernière partie, courte mais plutôt ennuyeuse, décrit le fonctionnement du Commissariat à l’Instruction publique et aux Beaux Arts (et ses nombreuses querelles administratives entre les différents organismes, union, commissions : Narkompros, Proletkult, TEO, RABIS, TST, ...) et les difficultés de rallier les artistes à l’idéologie soviétique.

Si dans son ensemble, l’essai est remarquable par le travail de recherches et le nombre important de citations, certaines parties accumulent les détails, les digressions et parfois mêmes les répétitions. Autre point diminuant la qualité de l’ouvrage : le manque d’unicité dans la translitération des noms russes, montrant la nationalité de l’auteur auquel JM Palmier s’est référencé. Enfin, dernière déception : l’auteur n’a pas poursuivi le travail d’écriture de sa trilogie, ce tome est donc la seule et unique partie. Les accroches dans les notes annonçant que ce sujet sera traité dans le 2e tome sont donc frustrantes.

Précis de révolution citoyenne (1)

Le mot "révolution" revient souvent dans les articles des journaux russes, du fait du pressing de la coalition L’Autre Russie et de la situation dans le pays : interdiction de manifester pour les opposants au régime poutinien, répression brutale des meetings et rassemblements, arrestation de dizaines d’"extrémistes", enrichissement de quelques personnes sur le dos de la population, censure d’artistes, …

La première exposition moscovite du photographe pétersbourgeoise, Ivan Ouchkov, a notamment été interdite fin janvier, car sa série "Bienvenu en Russie" ne correspondait pas vraiment à ce que souhaitait voir le président de l’Union des artistes russes, association subventionnée par l’État. Les photos d’Ivan Ouchkov sont satiriques, incisives - détournement de marques (MacDo, Ikea, Rousskoe Loto, Extra), exagération de certains traits de la société russe (prêtes orthodoxes armés de battes de base-ball, policiers violents, alcoolisme, …) - et peuvent choquer les esprits rigides. Ainsi, des membres du ministère de l’intérieur, qui l’avaient arrêté pour l’interroger, l’ont menacé de fermer son magasin d’équipement photographique s’il continuait à exposer.

Sa déclaration suivante résume bien l’avis de plus en plus de citoyens russes : "Je n’appelle pas à une nouvelle révolution, mais je veux que ma mère, qui vend des billets dans un bus, bénéficie d’une pension estimable comme tous les retraités. Je souhaite également que notre État pense plus à ses citoyens qu’à la reconquête de l’hégémonie mondiale."

Georgi Satarov, président de la fondation INDEM (Informatique pour la démocratie), publie dans Ejednevnyi Journal une série d’articles sur les nécessaires changements de mentalité dans la société. "Nous réclamons un nouveau type de révolution - la révolution des citoyens. Ce sont toujours les révolutions pacifiques par le bas qui détrônent les mythes enracinés, changent foncièrement les comportements des citoyens, leur activité politique." Selon lui, "il est temps de faire tomber les idoles ordinaires, ne plus placer d’espoir uniquement en eux, ne pas se reposer sur ses lauriers et prendre ses responsabilités." " Ces révolutions transforment des gens ordinaires en citoyens organisés, prêts à assumer des responsabilités pour changer le destin du pays. "

L’initiative populaire doit être à la base de cette révolution citoyenne. Le premier exemple d’initiative que chaque citoyen peut mettre en œuvre est le suivant : lorsque dans une émission de radio des bêtises sont proférées, téléphoner et intervenir à l’antenne. L’auteur estime que cela prend 20 minutes et que si 100 personnes téléphonent, l’atmosphère à l’antenne va changer progressivement, car le but n’est pas de briser un système. Et le moyen le plus efficace pour faire évoluer les esprits est de créer des réseaux informels d’action collective. Et les opposants à la xénophobie, les personnes choquées par l’assassinat de Politkovsaïa, les mécontents de la corruption politique, les partisans de la liberté d’expression ne manquent pas pour former des groupes de quelques centaines de personnes prêtes à agir ensemble.

L’organisation de flash mobs à caractère politique va sûrement être de plus en plus répandue en Russie. En effet, une étude du ministère de la défense britannique prévoit qu’en 2035 "l’invasion croissante des technologies de communication permettra aux Etats, aux terroristes ou aux criminels de mobiliser des flash mobs et de rassembler des forces rapidement dans un point donné." Le successeur de Vladimir Poutine aura donc bien besoin de lire la Psychologie des foules de Gustave Le Bon pour "tenir" son peuple.

Source images : Misslob pour la photo de la manifestation et Ivan Ouchkov via le site photosight.ru : 1e photo - parodie du Loft Story russe, 2e photo - MacDo et employés nazis, 3e image - Welcome to Russia.

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