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Attention à la grippe des légumes

Par Aurialie le 10.02.2010 à 00h43

Une nouvelle épidémie sévit, et en Russie certaines personnes tentent d’alerter la population avec un site d’informations et un affichage dans les rues : la grippe des légumes. Cette maladie virulente affecte les parties du cerveau responsables de la réflexion et de la prise de décisions indépendantes. Les symptômes de la grippe des légumes sont l’humilité, la passivité et l’indifférence. Dans les formes les plus graves, il y a des signes d’obséquiosité et de lâcheté ouverte. Sous sa forme extrême, on observe une atrophie complète du cerveau, une perte de l’aspect humain et une mutation en légume.

Le virus se répand par la télévision, la publicité et la presse people. Le mécanisme de transmission agit instantanément, infectant tous ceux qui entourent le malade. Les groupes à risque sont les enfants, les adolescents et les conformistes. Le traitement de la grippe des légumes nécessite l’élimination complète des feuilletons, presse people et publicités du régime du malade ; une diète rigoureuse de littérature russe classique et de dessins animés soviétiques. En prévention, il est conseiller de lire des classiques et d’avoir une action civile active.

A l’origine de cette initiative, on trouve les auteurs du site ovoscham.net (signifiant "non aux légumes"), des citoyens qui ne veulent pas être considérés comme des légumes, des personnes sans cerveau, par les autorités de leur pays. Le site a ouvert en novembre 2009 et recense quelques une de leurs actions, principalement sous forme d’affichage (voir par ex. celui de la publicité Google).

NTV a fait un reportage sur ces citoyens ordinaires, qui essaient de se faire entendre et/ou comprendre des autorités : une maman qui souhaite connaître le meurtrier de son fils ; Artiom Loskoutov, jeune artiste arrêté arbitrairement, dont j’ai déjà évoqué le cas ici ; la concierge d’un immeuble opposé au maire de sa ville...

Yota, le net russe avec ou sans filtre ?

Par Aurialie le 07.12.2009 à 01h14

Y a-t-il une affaire de censure chez Yota, opérateur mobile russe ayant déployé un réseau WiMAX à Moscou, St Petersbourg et Ufa ? C’est ce que certains bloggueurs russes insinuent depuis quelques jours (ici, ici, ou encore ), depuis qu’ils n’arrivent plus à aller sur les sites de l’opposition, tels que solidarnost.ru, kasparov.ru, newtimes.ru, nazbol.ru, namarsh.ru... Mais d’autres y ont toutefois accès. Là, où l’affaire se complique, c’est que l’accès au site kremlin.ru est également impossible pour certains utilisateurs. Étrange...

Afin d’avoir des explications, les bloggueurs mécontents ont appelé le service technique de l’opérateur, qui a confirmé qu’il avait bien une liste de 29 sites extrémistes, fournie par le ministère de la justice, pour lesquels l’accès était impossible. Mais les sites de l’opposition n’en font pas partie. Le mystère restait donc entier...

Finalement, le directeur général de Yota, Denis Sverdlov, s’est fendu d’un article sur le blog de la communauté de la compagnie pour expliquer le blocage de ces sites. Il a tenu à préciser tout d’abord qu’il n’y avait aucun dessein scélérat, aucune manœuvre intentionnelle, aucun filtrage du réseau. Le blocage vient d’un problème technique lors de l’exploitation de certaines adresses IP, à cause du nombre important de nouveaux clients chaque mois. Le succès de Yota a en effet été éclair : en 5 mois, la société est devenue rentable, avec plus de 200.000 clients inscrits sur son réseau.

Cette histoire de blocage devrait donc être maintenant résolue rapidement. Un problème soulevé le 3 décembre, une solution trouvée le 7, est-ce cela la force du réseau ?

 Ce que tout révolutionnaire doit savoir sur la répression

Par Aurialie le 01.12.2009 à 00h27

Les éditions Zones ont décidé de rééditer l’ouvrage de Victor Serge Ce que tout révolutionnaire doit savoir sur la répression, petit guide pratique listant les différents procédés de la police secrète à l’encontre des révolutionnaires du début du XXe siècle. Et l’épluchage des dossiers et archives de l’Okhrana, accessibles après la révolution bolchevique de 1917, a vraiment été instructif : filature, infiltrations, suivi de la correspondance, agents provocateurs, … la police secrète utilisaient tous les moyens pour mieux connaître les révolutionnaires et mettre fin à leurs activités. En France, l’un des informateurs de l’Okhrana était un rédacteur du Figaro, Raymond Recouly, connu sous le surnom de Ratmir (p.40) : "Ratmir informait l’Okhrana sur ses collègues de la presse française. Il faisait au Figaro et ailleurs la politique de l’Okhrana. Il touchait 500 francs par mois. Ces faits sont notoires."

Mais cet ouvrage sorti en 1925 est d’une étonnante modernité, et c’est bien pour cela qu’il a été réédité. L’infiltration dans des mouvements de la gauche de la gauche, la filature de prétendus anarcho-autnomes, la provocation dans des manifestations alter-mondialistes, … la police d’aujourd’hui utilise encore les techniques d’hier (la postface de Francis Dupuis-Déri le montre bien). Les conseils d’hier sont donc encore valables aujourd’hui (p.73 à 80) : "Ne pas se rendre directement où l’on va ; faire un détour", "Écrire le moins possible. Ne pas écrire est mieux", "Ne pas désigner de tiers sans nécessité", "Se défier des téléphones", "Savoir se taire", "En cas d’arrestation (…). En principe : ne rien dire", "N’avouez-jamais !", "Une suprême recommandation : se garder de la manie de la conspiration"...

Pour finir, je vous livre cette citation de Victor Serge sur la crise (p.94), preuve de la contemporanéité de cette œuvre : "En un mot, le respect de l’anarchie capitaliste est la règle de l’État. Qu’on produise, vende, revende, spécule, sans mesure, sans souci de l’intérêt général : c’est bien. La concurrence est la loi du marché. Les crises deviennent ainsi les grandes régulatrices de la vie économique. Elles réparent, aux dépens des travailleurs, des classes moyennes inférieures et des capitalistes les plus faibles, les erreurs des chefs d’industrie."

A la mémoire d'Ivan Khoutorskoï

Par Aurialie le 24.11.2009 à 00h09

Les obsèques de l’antifasciste Ivan Khoutorskoï, tué le 16 novembre devant chez lui, se sont déroulées samedi dernier au cimetière Nikolo-Arkhangelskoe devant près de 300 personnes. Dimanche, à Moscou, ce sont des militants du mouvement antifasciste qui avaient planifié une procession en mémoire d’Ivan. Initialement les organisateurs avaient demandé à la mairie de Moscou l’autorisation de se réunir place Slavianskaïa, en partant du métro Tchistie Proudy. Cependant la mairie ne les y a pas autorisé, mais a accepté qu’ils déposent des fleurs sur la tombe du soldat inconnu, près de la Flamme éternelle, en la mémoire de l’antifasciste.

Près de 400 personnes sont venues aux portes du jardin Aleksandrovsky. Les policiers ont donc laissé passer les gens par petits groupes, mais seulement ceux qui avaient des fleurs (bougies et photos du défunt n’étaient pas autorisées).

Des photos de cet célébrations sont visibles sur le blog live-journal de ottenki-serogo (dont est issue la photo en illustration) et le site antifa.ru (où l’on peut notamment voir une très jolie photo d’un des soldats en faction rassembler les fleurs pour les mettre sur la tombe du soldat inconnu).

Elections, falsification, protestation

Par Aurialie le 14.10.2009 à 23h54

Sergueï Elkin avait vu juste lundi en imaginant ce dessin où il est écrit "12 octobre, tous à la falsification des élections" (il s’est trompé de date, il s’en est excusé). Car si Dmitri Medvedev a entériné le triomphe de Russie unie au lendemain des élections régionales et locales, aujourd’hui les trois partis "d’opposition" de la Douma d’Etat ont quitté la séance parlementaire pour protester contre les résultats des élections régionales. Le Parti libéral-démocrate (LDPR) de Jirinovski a ouvert les hostilités en demandant l’annulation des résultats et la démission des gouverneurs des régions concernées. Le parti Russie juste lui a emboîté le pas, tout comme les communistes, qui ont proposé la création d’une commission parlementaire pour le recomptage des voix dans la république des Maris. Par ailleurs ils exigent de rencontrer le président Dmitri Medvedev, ce qu’il a refusé pour le moment, pas avant 10 jours en tout cas. Lenta.ru souligne que le Parlement russe est devenu de nouveau un lieu de discussion, avec une "opposition parlementaire". Que ça dure !

Source principale : Courrier international

Agent Smith, au rapport !

Mercredi, la Russie célébrait la journée de l’Internet. La date du 30 septembre n’a pas été fixée par décret présidentiel, mais a été choisie suite à une initiative de la société Infoart Stars en 1998 qui a proposé aux entreprises du secteur informatique de fêter Internet le dernier jour de septembre et d’atteindre le million d’utilisateurs. Mais cette année, l’Internet russe a besoin d’être protégé (un peu comme ici en France).

Les médias ont en effet révélé que "le Ministère de la Justice de la Fédération de Russie élaborait un projet de loi, qui permettra aux structures de maintien de l’ordre et aux services secrets de déconnecter les citoyens d’Internet" (un peu comme pourra le faire notre Hadopi). A partir du 1er octobre, les personnes physiques et morales ayant un domaine en .ru auront l’obligation de fournir un document, confirmant leur identité (passeport, numéro d’enregistrement d’une société, …). À partir du 1er avril 2010, l’enregistrement des nouveaux noms domaines sur la zone "ru" ne sera autorisé qu’aux clients identifiés. Et les fournisseurs d’accès à Internet devront également donner toute information concernant les utilisateurs si les services secrets le leur demande. Officiellement, ce projet de loi a pour objectif de protéger les ressources Internet de l’État. Les peines pour le hack des sites des institutions publiques vont être renforcées et passer de 5 à 7 ans maximum. Selon Point.ru, "il semble que le pouvoir ait commencé à craindre sérieusement les conséquences de l’impact de cet espace (encore) libre de censure."

En signe de protestation, bloggeurs et militants des libertés civiles ont organisé un flashmob le 30 septembre 2009 sur la place du Manège à Moscou. Habillés tel l’agent Smith du film Matrix, les manifestants ont tourné autour du dôme du centre commercial de la place (photo). Selon les organisateurs de l’action, les agents ramèneraient la Russie dans le passé, au temps du contrôle total du pouvoir sur les citoyens. Ils veulent également que Skype reste gratuit et librement accessible. D’après eux, les agents des services secrets seraient embêtés depuis longtemps par cet outil car ils ne pourraient pas écouter les conversations.

En France aussi, on se bat pour la liberté et la neutralité du net.

Sources : Hro1.org et Iabloko Moscou (où il y a d’autres photos)

Haro sur Loujkov

Par Aurialie le 27.09.2009 à 22h38

Leonid Gozman, représentant du parti Pravoe delo, a écrit une lettre ouverte au président Medvedev pour demander la destitution du maire de Moscou Iouri Loujkov. La lettre a été publiée sur un site netlujkovu.net, voilà la traduction :

"Cher Dmitri Anatolievitch ! Selon la législation en vigueur vous avez droit de démettre de ses fonctions n’importe quel chef de région qui aurait perdu votre confiance. Nous vous appelons à faire valoir ce droit à l’encontre du maire de Moscou de Iouri M. Loujkov.

Iouri M. Loujkov se trouve en poste depuis déjà plus de 18 ans – plus longtemps que Brejnev. Au cours de ses mandats, il y a eu des succès et des échecs. De l’avis de plusieurs, la balance penche évidemment au profit des échecs – les problèmes de Moscou sont connus de tous – ce n’est pas cela qui nous incite à vous demander de destituer le maire de notre capitale.

Iouri Loujkov porte à notre pays un dommage moral immense. Pendant les années de son administration, l’épouse du maire E.N.Batourina, de petit entrepreneur, est devenue la femme la plus riche de Russie, milliardaire en dollars, chef d’un empire économique immense. Iouri Mikhaïlovitch affirme qu’il n’a pas de relation avec les milliards de sa femme, avec ses hôtels particuliers à Londres et dans d’autres villes du monde, avec sa terre et ses usines. Mais une telle affirmation contredit le bon sens. En Russie il n’y a pas une personne, qui n’a pas compris que les milliards de Batourina sont apparus grâce au soutien constant de son mari qui a transformé la ville aux dix millions d’habitants en source d’enrichissement de sa famille.

La corruption, qui met en cause aujourd’hui l’existence même de notre État, s’épanouit notamment dans les conditions du mépris pour les normes élémentaires de la morale, quand le voleur non seulement vole, mais ne cache pas qu’il est un voleur, exhibe sa richesse et brave l’impunité. La complicité silencieuse sur la façon dont la famille du maire de Moscou – une des personnes les plus connues en Russie - a gagné sa vie est un signal aux dizaines de milliers de Loujkov. Ils regardent la capitale et comprennent que tout est permis.

Cher Dmitri Anatolievitch ! Il est très difficile d’attraper un fonctionnaire corrompu. Mais quand il s’agit d’un fonctionnaire corrompu se trouvant à la tête d’une région, vous pouvez assez simplement lui dire que vous n’avez plus confiance. Et si vous déclarez votre méfiance à une personnalité notable et symbolique pour toute la Russie, non seulement la région commencera à changer, mais le pays aussi. Commencez par Moscou !"

Depuis son ouverture, le site a subi plusieurs attaques DOS, il ne fonctionne pas actuellement, il n’est donc pas possible de savoir combien de personnes ont signé cette lettre. Mardi, Gozman déclarait que plus de 100.000 visiteurs l’avaient signé, ce que conteste Sergueï Tsoï, un porte-parole de Loujkov. Il estime que le nombre réel de signataires était de 8.155 lundi, alors que le compteur indiquait 170.000 selon Interfax. La différence de chiffres pourrait également être dû à des attaques. Mercredi,le maire ne souhaitait pas porter plainte si Gozman admettait que les chiffres étaient falsifiés et qu’il s’excusait publiquement, ce qu’il a refusé de faire.

Leonid Gozman n’est pas le seul à dénoncer la corruption de Iouri Loujkov. Boris Nemtsov, l’un des leaders du mouvement Solidarnost, a publié il y a quelques jours un dossier "Loujkov. Bilan", dans lequel il dresse les nombreuses violations du maire. Celui-ci a bien sûr déposé plainte pour diffamation. Les élections de la Douma municipale de Moscou sont prévues le 11 octobre 2009, ce qui explique l’agitation autour du maire.

Source image : aktau-business.com

Saint-Pétersbourg défiguré par Gazprom ?

Par Aurialie le 07.09.2009 à 01h05

La grande compagnie gazière Gazprom a l’ambition de construire l’Okhta centre, un important centre d’affaires sur les rives de la Néva, face à cathédrale Smolny à Saint-Pétersbourg, dans lequel se trouvera son siège social, une tour de 396m. A titre de comparaison, la tour Eiffel, avec son antenne, mesure 324m. Des voix s’élèvent à Saint-Pétersourg, mais aussi à l’Unesco, contre ce projet rompant l’harmonie architecturale de la ville et allant à l’encontre de la sauvegarde du centre historique.

Une pétition en ligne a donc été créée contre la construction de la tour Gazprom et rappelle les différentes violations du groupe en terme de respect des normes architecturales. Selon une loi de 2009, dans la zone où la tour sera construite, la hauteur maximale est fixée à 100m si la tour se trouve à l’intérieur de la zone et à 48m si elle se trouve à la limite de la zone. Et il n’est pas possible d’augmenter la taille d’un bâtiment par voie législative, ni de créer une commission civile officielle sans motif juste. Ce type de commission est organisé par la Commission d’exploitation du sol et de construction de Saint-Pétersbourg, et non pas par l’administration de la région.

Par ailleurs, la loi sur les zones de protection, entrée en vigueur le 15 mars 2009, inflige des restrictions à la construction encore plus rigides sur le territoire du quartier d’affaires de l’Okhta-centre. Selon elle, les bâtiments construits sur cette zone ne doivent pas être visibles des espaces municipaux ouverts, ne doivent pas excéder la hauteur des façades de la rue (dans le cas présent, 48 mètres), ne doivent pas dépasser les bâtiments municipaux dominants existants (par exemple, la cathédrale Smolny qui se trouve en face du chantier). La tour déformera donc inévitablement le panorama, protégé par la loi du centre historique de Saint-Pétersbourg. Et ceci est prouvé par des expertises indépendantes et des photomontages (dont un illustre le présent article).

Le groupe gazier ne respecte donc pas les lois ou règles votées récemment. Le projet semble toutefois soutenu par le gouverneur de la ville, Valentina Matvienko, sûrement plus intéressée par les entrées fiscales que par l’harmonie architecturale.

Une commission sur la hauteur de la tour s’est tout de même ouverte le 1er septembre pour 7 jours, il était donc important d’apposer sa signature sur la pétition et de faire entendre sa voix la semaine dernière. Résultat de la commission dans les jours à venir certainement.

Photo : Photomontage de la tour Gazprom à côté de la cathédrale Smolny (source Bashne.net)

A vos bombes, craies, pinceaux !

Par Aurialie le 03.06.2009 à 23h06

Si vous vous sentez l’âme d’un artiste graffeur contestataire, vous pouvez participer au concours du blog "Stop Poutine !", exigeant le départ du premier ministre russe. La seule condition de ce concours : la création graphique doit exister à la fois sur une forme virtuelle mais surtout dans le monde réel. Vous devez envoyer une photo de votre œuvre en indiquant sa situation géographique à l’adresse suivante : putler.kaput[@]gmail.com, ou bien la poster dans les commentaires du post annonçant le concours.

Les résultats seront connus le jour du départ de Poutine (humour) ou au plus tard le 30 décembre 2009. Le vainqueur, celui dont la création aura le plus de votes, recevra 25.000 roubles, les suivants entre 10.000 et 1.000 roubles. Les organisateurs ne disent pas, dans leur annonce, si cela sera suffisant pour payer l’amende pour détérioration du bien public.

Les autorités de Novossibirsk enferment l'artiste A. Loskoutov

Par Aurialie le 22.05.2009 à 02h01

Artiom Loskoutov, jeune artiste contemporain de Novossibirsk, se trouve emprisonné depuis le 15 mai pour détention de marijuana et activité politique extrémiste. Connu comme un des leaders de la scène artistique underground de la première ville de Sibérie, Artiom Loskoutov a fondé le groupe Babouchka posle pokhroron (lit. Grand-mère avant après l’enterrement), est l’auteur de films et l’organisateur de nombreux festivals, performances, manifestations, dont la Monstration, un défilé artistique de jeunes qui se tient le 1er mai depuis 2004.

Cependant, l’inculpation de détention de drogue n’est pas fondée pour ses amis et connaissances, ainsi que pour Artiom lui-même. En effet, l’arrestation ne s’est pas faite après que la drogue ait été trouvée, mais selon l’ami présent lors de l’arrestation, Artiom a été enlevé dans la rue par plusieurs personnes, emmené au poste et alors 11 grammes de marijuana ont été trouvés, Artiom a alors été inculpé. Ses partisans pensent donc qu’il a été arrêté pour son activité artistique et sociale.

A l’occasion de sa comparution mercredi (20 mai), la juge Elena Deviataïkina a déclaré qu’au vu des auditions et des écoutes téléphoniques, Loskoutov était impliqué dans la vente de narcotiques sur le territoire de Novossibirsk et de l’université, ainsi que dans l’organisation d’actions liées à la violation de l’ordre public (organisation de désordre massif, destruction de magasins, incendie criminel, ...). Elle a donc approuvé le maintien en détention. Ses amis vont maintenant recueillir des documents pour prouver qu’Artiom est un artiste et le faire sortir le plus rapidement de prison.

Source photo : Valery Titievsky.

Toujours difficile d'être une ONG en Russie

Par Aurialie le 12.05.2009 à 00h57

L’avocate Olga Gnezdilova a publié sur article20.org un bilan de la situation des ONG en Russie suite à la nouvelle législation les concernant en avril 2006. Pour rappel, depuis 3 ans, l’activité de toute ONG peut être stoppée si elle représente une menace à "la souveraineté de la Russie, l’indépendance, l’intégrité territoriale, l’unité et l’originalité nationales, l’héritage culturel ou les intérêts nationaux". Les ONG, qui ont des financements étrangers, sont particulièrement visés par cette loi.

En mai 2008, les organisations civiles ont espéré que la situation allait changer, lorsque les fonctions d’enregistrement et de contrôle ont été transmises du service fédéral d’enregistrement au ministère de la Justice et à ses directions régionales. Mais au quotidien, ce sont les mêmes personnes qui assurent ces fonctions, donc l’espoir a été de courte durée.

En 3 ans, de nombreux contrôles ont ainsi été menés dans les ONG, et aucune ne s’est vue accusée d’activité terroriste ou extrêmiste. Olga Gnezdilova souligne le refus des autorités de Tioumen d’enregistrer l’organisation Radoujni dom, défendant les droits des gays, lesbiennes et transexuels, pour "atteinte à la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Russie en vertu de la réduction de sa population".

Toutefois, même si aucun terroriste n’a été découvert dans les ONG, les organisations ont de grandes difficultés à valider leur enregistrement ou les modifications de statuts (changement d’adresse, de responsable, ..) ce qui paralysent leur activité. A cela s’ajoutent le durcissement du régime d’imposition, la multiplication des perquisitions et poursuites et un certain discrédit des ONG dans les médias.

En 2008, par exemple, le ministère de la Justice de la région de Nijni-Novrogod a notifié 2.541 avis de violation de la législation de la Fédération de Russie, soit 452 % de plus qu’en 2007 : 961 à l’encontre d’organisations publiques, 311 à des organisations religieuses, 1.246 à des organisations non commerciales, 23 à des branches régionales de formations politiques. J’avais notamment cité le cas du Mouvement jeunesse de défense des droits de l’Homme en août 2007.

Selon le Messager du service de l’enregistrement auprès de l’État au 1er janvier 2009, en Russie, 219.802 ONG ont été exclues des registres selon diverses raisons. Plus de 44.000 ont en été exclues suite à une décision de justice reconnaissant la cessation de l’activité Mais la principale raison d’exclusion a été la non présentation des comptes financiers selon la comptabilité introduite en 2006.

En conclusion, Olga Gnezdilova souligne que malgré les espoirs dans le nouvel organe de gestion et contrôle (le Ministère de la Justice de la Fédération de Russie), sans changement important de la législation réglementant l’activité de divers organismes de contrôle, et sans révision de la position des principaux hommes politiques sur les ONG, on ne peut pas parler de croissance et du développement du secteur civil, sa principale tâche étant de lutter pour sa survie.

Source image : International society for human rights

Le chiffre du jour : 4

C’est le nombre de personnes arrêtées, non pas lors des célébrations du 1er mai, mais lors d’une manifestation contre l’interdiction des rassemblements publiques à Saint Pétersbourg ce dimanche. Trois sont membres du mouvement Solidarnost, un du parti Iabloko.

Selon les organisateurs, ce type de manifestation publique se déroule chaque semaine à Saint Pétersbourg. Ils demandent l’autorisation à la la mairie de manifester, mais celle-ci refuse toujours de la leur donner (Cette fois-ci, la raison pour laquelle la mairie n’a pas autorisé l’action de protestation était la présence d’un passage sous-terrain à l’endroit où devait se tenir les opposants et la tenue d’actions antiterroristes). Les activistes viennent tout de même, les policiers également.

Source : Lenta.ru

Condamné pour son passé ou pour son activité présente ?

Par Aurialie le 28.04.2009 à 00h08

A notre époque, où les lois anti-terroristes outrepassent certains droits des citoyens (et pas qu’en Russie), il n’est pas bon d’appartenir ou d’avoir appartenu à un groupe d’opposition considéré comme extrémiste, terroriste, anarcho-autonome, ... C’est malheureusement, l’une des charges que le ministère public de la région de Sverdlovsk a retenu contre Alexeï Nikiforov (art 282.2 du code pénal : participation à l’activité d’un groupe social ou religieux pour lequel un tribunal a exigé la liquidation ou interdit son activité pour cause d’activité extrémiste). Le tort d’Alexeï Nikiforov est d’avoir était membre du Parti national-bolchevique avant que celui-ci ne soit interdit. Après son interdiction par la justice russe, Alexeï a continué d’être un opposant au pouvoir, en étant membre de l’Autre Russie, mais toujours en utilisant des méthodes non-violentes.

Alexeï est en prison depuis fin mars et risque 2 ans d’emprisonnement (son cas est d’autant plus délicat, qu’il a déjà été condamné en 2007 pour outrage au drapeau). Pour son Comité de soutien, cette nouvelle accusation n’a pas de fondement, cette affaire est montée de toute pièce pour annihiler tout esprit d’opposition en lui, mais aussi dans tout opposant au pouvoir. Le Comité estime que ces poursuites ressemblent aux répressions subies par les ennemis du peuple pendant la Grande terreur (dans les années 30) ou par les dissidents dans les années 70.

Les autorités judiciaires semblent continuer à exercer des pressions sur l’opposition locale, quatre membres du Comité de soutien d’Alexeï Nikiforov étaient convoqués aujourd’hui par le juge d’instruction. Va-t-il falloir créer le Comité de soutien du Comité de soutien d’Alexeï Nikiforov ?

Sources : Ekaterinbourg news et Hroniki.info

Sotchi garde son maire

Par Aurialie le 27.04.2009 à 00h40

A Sotchi, les bureaux de vote sont fermés depuis quelques heures, et après le dépouillement de près de 80% des bulletins, sans surprise, c’est Anatoli Pakhomov, membre du parti Russie Unie, qui a été largement réélu. Boris Nemtsov, candidat de l’opposition, arrivé 2e, a déjà déclaré qu’il allait contesté les résultats. Car, à la fois avant et pendant les élections, des irrégularités ont été constatées.

Il faut dire que l’élection du maire de Sotchi a une certaine importance, la ville a été choisie par le Comité Olympique pour organiser les Jeux olympiques d’hiver en 2014. Le projet de constructions des infrastructures sportives et touristiques est estimé à plus de 9 milliards d’euros (12 milliards de dollars), Sotchi ne doit donc pas tomber dans les mains de n’importe qui. Bien que Medvedev ait estimé que ce scrutin était "utile pour la démocratie", car "le système électoral et la démocratie dans le pays se renforcent grâce à ces événements marquants", les candidats se sont tous plaints de ne pas avoir accès aux médias pour faire connaître leurs idées aux électeurs. Boris Nemtsov a fait en plus l’objet d’une campagne de diffamation l’accusant de tous les maux possibles : d’être un espion des Coréens (qui avait également déposé un dossier pour organiser les JO), d’être homosexuel (c’est un défaut pour une majorité des Russes), d’avoir eu une part active dans la campagne de l’actuel président ukrainien Viktor Iouchtchenko, ...

Au cours du scrutin, des violations ont notamment pu avoir lieu lors du vote anticipée des fonctionnaires, censés travailler le dimanche. Selon Nemtsov, la commission électorale de Sotchi a déclaré le 25 avril que 14.000 personnes avaient voté pendant les élections anticipées (dont 90% pour le candidat de Russie unie), et le lendemain que 30.000 personnes avaient déjà voté, ce qui signifie que 16.000 personnes auraient voté en une journée, pour lui il y a un mystère derrière ces chiffres. Et il y a encore plus tendancieux : les autorités ont autorisé des résidents de l’Abkhazie voisine (république sécessionniste de Géorgie), ayant des passeports russes, à prendre part au vote. La porte-parole du maire n’a pas démenti, ne voyant pas le mal qu’il pourrait y avoir dans cela. Si au final il n’y a que 4 abkhazes qui ont voté, il n’en reste pas moins que ce n’est pas très juste.

Ce n’est donc pas avec ces élections que les Russes vont avoir plus d’intérêt pour ce genre d’évènement.

Photo : Plan de l’île de la Fédération, future construction de Sotchi, dessiné par cabinet d’architecture Erick van Egeraat (source : Techno-science.net)

2 combats, 2 condamnations infondées

Un internaute au pseudo de Kasanski voksal m’a envoyé aujourd’hui deux informations qui ont tout à fait leur place ici : l’enfermement sans fondement d’un syndicaliste et d’un antifasciste russes.

Le 26 décembre 2008, le tribunal de district de Mirny de la République de Sakha (Iakoutie) a condamné Valentin Ourousov, électricien à l’URMSU Almazenergoremont de AK ALROSA et leader du syndicat Profsvoboda, à 6 ans de réclusion pour détention de drogues. Son avocat, Evgueny Chernousov, affirme que le tribunal n’a pas suffisamment étudié les preuves montrant l’innocence du syndicaliste, ni pris en considération sa version des faits. Lors de l’arrestation et de la confiscation des drogues, violence et menaces de mort ont été utilisées par les autorités, les déclarations des témoins à charge ont été déformées. De plus, l’arrestation de Valentin Ourousov a eu lieu à un moment essentiel de l’activité du syndicat : 2 jours avant la fin de la commission de conciliation créée pour résoudre les conflits de travail dans l’entreprise.

Ainsi, il y a fort à parier que la condamnation de Valentin Ourousov est une attaque contre son activité syndicaliste, ce qui crée un précédent extraordinairement dangereux capable d’amener à une aggravation de la situation sociale dans un proche avenir. D’ailleurs, en janvier et février 2009, 13 militants du syndicat Profsvoboda ont été licenciés de l’entreprise AK ALROSA. Et ces militants se voient maintenant refuser tout emploi dans les autres entreprises de la ville puisque ces dernières sont toutes liées à la compagnie AK ALROSA. Le pourvoi en cassation d’Ourousov aura lieu dans la seconde moitié d’avril à la Cour suprême de la République de Sakha, vous pouvez leur envoyer une lettre demandant la libération de Valentin Ourusov (modèle sur le site ikd.ru).

Autre cas, autre demande de soutien : Depuis le 6 novembre 2008, Alexei Olesinov est en prison, en attente de son procès, poursuivi pour hooliganisme en groupe (article 213, al. 2 du code pénal de la Fédération de Russie). Précisément, il est accusé de s’être battu avec des agents de sécurité du club moscovite « Culte », le 30 août 2008. Il est arrêté deux mois après, bien que les agents n’aient même pas porté plainte (les bagarres se produisent quotidiennement à la sortie des clubs). Toutes les preuves montrent donc que l’affaire est entièrement fabriquée. L’appartenance d’Olesinov au mouvement informel Antifa a été révélée dans l’enquête, alors que ça n’avait rien à y faire.

L’histoire d’Alexeï Olesinov avait été racontée dans l’un des derniers articles d’Anastasia Babourova, Grani.ru l’a relaté également cette semaine. Une campagne internationale pour faire pression sur les autorités russes peut-elle servir à quelque chose ? Si vous le croyez, n’hésitez pas à écrire au ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie ou à organiser des actions près des ambassades russes dans vos pays, ce jeune homme de 23 ans risque 5 ans de prison pour des convictions politiques.

Tribunal :
Téléphone/Fax : +7 495 911-03-85 en écrivant “Konovalova N.V.”
Adresse : 109147, Russia, Moscow, Marksistskij per., 1/32
I.o. predsedatelya Taganskogo rajonnogo suda Konovalovoj N.V.
En russe : 109147, Россия, Москва, Марксистский пер., 1/32
Исполняющей обязанности председателя Таганского районного суда
Коноваловой Наталье Владимировне

Ministère des Affaires étrangères :
Fax : +7 (499) 244-34-48 ministry@mid.ru
Adresse : Ministerstvo inostrannyx del RF
119200, Rossija/Russie, Moskva, Smolenskaja-Sennaja pl., 32/34

Sources photos : ikd.ru et grani.ru

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