Tous les articles sur le mot clé : opposition

Un sursis pour la forêt de Khimki

Par Aurialie le 26.08.2010 à 23h26

Il l’a twitté en anglais (capture d’image ci-dessous), il l’a twitté en russe, il l’a vidéo-bloggué : Medvedev a décidé de suspendre la destruction de la forêt de Khimki (pour la construction d’une autoroute entre Moscou et St Pétersbourg) et de procéder à des nouvelles expertises et discussions, suite aux nombreuses pétitions qu’il a reçues. Un bloggeur pense que c’est sa rencontre avec Bono (le chanteur de U2) et Iouri Chevtchouk (leader du groupe DDT) qui lui a fait changé d’avis. Quoiqu’il en soit, cette décision est semble-t-il sans précédent : un premier succès de la société civile russe face au pouvoir ?

Fermée pour travaux ?

Par Aurialie le 25.08.2010 à 23h29

C’est aujourd’hui que la place Triumphalnaïa est officiellement fermée pour travaux. La mairie de Moscou a prévu de construire un grand parking de 1000 places sous la place, dans le cadre d’un grand projet de réhabilitation de la prospekt Leningrad et de la rue Tverskaïa : "la Grande Leningradka" ("Большая Ленинградка"). Ce projet est depuis longtemps dans les cartons de la mairie, a été approuvé par le conseil de la ville en 2006, mais n’a pas pu sortir de terre faute d’argent.

La fermeture de la place en seulement sept jours (délai entre l’annonce de la fermeture et la fermeture effective) et à peine un an après une nouvelle déclaration de moyens financiers insuffisants, est donc louche pour l’opposition, qui considère que cette décision est politique. Ajoutés des délais de construction fluctuants et un financement opaque, pour Sergueï Mitrokhine, "la cause réelle de la fermeture de la place Triumphalnaïa n’est pas l’urgence de la construction, elle est tout autre - empêcher les actions de l’opposition dans le centre de la ville." La place Triumphalnaïa est notamment l’endroit où les membres de Stratégie 31, entre autres, se rassemblent chaque 31 du mois pour défendre la liberté de réunion. Alors politique ou économique, cette fermeture ?

Source image : Vedomosti via vvb2007

Encore un concert pour la forêt de Khimki

Par Aurialie le 16.08.2010 à 23h23

Le 22 août sur la place Pouchkine (à Moscou) un grand concert sera organisé pour protester contre la destruction de la forêt de Khimki. Le mouvement de défense de la forêt de Khimki, l’organisation WWF et le mouvement Solidarnost sont à l’origine de cette initiative et ont réussi à faire venir Iouri Chevtchouk et son groupe DDT, Televizor, Noize MC, Barto, ... Cette action n’a pas pour but de s’opposer une nouvelle fois aux autorités, mais de montrer que la société civile en Russie a mûri, qu’elle sait se mobiliser pour la défense de ses droits, et en particulier, le droit à un air respirable. Selon les défenseurs de la forêt, la construction de l’autoroute entre Moscou et Saint-Pétersbourg à l’origine de la destruction de Khimki a été obtenue par de nombreuses violations de laisser-passer.

La première affiche est l’oeuvre de Maria Kiseliova

Deux clips, un même combat

Il y a bien longtemps que je n’avais pas bloggué, par manque de temps, mais aussi par manque d’envie. Les mêmes manifestations, les mêmes arrestations, les mêmes slogans, ... agrémentés d’arrestations d’espions aux Etats-Unis, d’une visite du président Sarkozy à Saint-Pétersbourg, d’une onzième place de la Russie au Concours de l’Eurovision.

Et pourtant aujourd’hui, je vais parler d’un mouvement civique, appelé Strategy 31, dont le but est de défendre l’article 31 de la Constitution russe, garantissant aux citoyens le droit de se réunir pacifiquement. La 1e manifestation s’est tenue il y a près d’un an, le 31 juillet 2009 à Moscou. Depuis, les actions de Strategy-31 se sont développées dans plusieurs villes de Russie le 31 de chaque mois.

Ci-dessous, vous pouvez voir deux clips faisant référence aux actions de ce mouvement et montrant des images des précédentes manifestations. La 1e vidéo est une chanson du groupe Podpolnyi Front, projet musical de musiciens pétersbourgeois formé à l’occasion du combat contre la construction d’une tour de 400m dans le centre de Saint-Pétersbourg. Le groupe est composé de Vadim Kourylev, guitariste du groupe Elektritcheskie Partizany, de Mikhaïl Borzykine, leader du groupe Televizor, d’Alexandre Tchernetski de Raznye Lioudi, de Sergueï Parachtchouk, soliste du groupe NEP et des musiciens Mikhaïl Novitski et Iouri Roulev.

Vous pouvez retrouver la transcription des paroles ici.

Et pour qu’il y en ait pour tous les goûts et tous les styles, la 2e vidéo est un rap du groupe Noize FM, dont vous pouvez retrouver la transcription des paroles .

Voilà de quoi attirer du monde aux prochaines manifestations du 31 juillet, non ?

Chevtchouk vs Poutine

Par Aurialie le 03.06.2010 à 00h18

Suite aux récents échanges sur un précédent article, je poste la vidéo de la discussion entre Iouri Chevtchouk, chanteur du groupe DDT, critique envers la politique du gouvernement, et Vladimir Poutine, Premier ministre de la Russie (mais ai-je besoin de le préciser).

Pour faciliter la compréhension de l’échanges, voilà la transcription du dialogue. Et pour rire un peu, voilà un dessin de Sergueï Elkine illustrant la question de Vladimir Poutine à Iouri Chevtchouk "Pardon, mais comment vous vous appelez ?"

La diffusion de cette vidéo poursuit quels objectifs selon vous ? Montrer combien Poutine est ouvert aux critiques ? Réaffirmer que toute action doit se faire dans le cadre de la loi ("Все должны действовать в рамках закона.") ? Rappeler que ce n’est qu’une minorité qui manifeste et qu’il faut prendre en compte les besoins de la majorité ("Кроме тех людей, которые выходят на марш согласных или несогласных, есть и другие люди, о правах которых мы не должны забывать.") ? Pour des dizaines d’autres raisons ?

Appel pour la libération de Valentin Ourousov

Par Aurialie le 29.03.2010 à 00h34

Il y a bientôt un an, j’avais évoqué la condamnation du syndicaliste Valentin Ourousov. Cette semaine, j’ai reçu un appel pour sa libération, sa santé ne permettant pas un maintien en détention. Je vous le livre tel quel :

Le syndicaliste Valentin Ourousov est en prison depuis plus d’un an. Son crime ? Il avait fondé en 2007 un syndicat indépendant, « Prosvoboda », dans l’entreprise d’extraction de diamants ALROSA, sise dans la République de Sakha-Iakoutie.

ALROSA est une entreprise florissante : c’est le premier producteur russe de diamants. En 2009 ALROSA a vendu 25 % des diamants bruts achetés dans le monde. ALROSA a annoncé avoir devancé cette même année le bostwanais Debswana et le sud-africain De Beers dans la production de carats. Le conseil de surveillance d’ALROSA est présidé par le ministre russe des finances, Koudrine, flanqué du premier ministre de la république de Sakha-Iakoutie, Egor Borissov et du vice-premier ministre, Guennadi Alexeiev. En août 2009 le premier ministre Vladimir Poutine a fait attribuer par l’Etat russe un soutien d’un milliard de dollars à ALROSA.

Le syndicat de Valentin Ourousov a vite rassemblé près d’un millier de membres, et a soumis à la direction une liste de revendications portant sur les conditions de travail et de rémunération des ouvriers et employés de l’entreprise. La réaction ne s’est pas fait attendre.

Le 13 septembre 2008, Valentin Ourousov a été arrêté et accusé de « détention de narcotiques » qu’en réalité, selon un procédé éprouvé, les policiers lui fourrèrent dans la poche au moment même de son arrestation. L’un des deux officiers de police chargés de l’opération fut d’ailleurs arrêté peu après pour malversations.

Le tribunal a d’abord condamné Valentin Ourousov à 6 ans de prison. A la suite d’une campagne menée en Russie et à l’étranger cette condamnation a d’abord été cassée en appel. Mais le tribunal régional l’a à nouveau condamné à 6 années de prison, réduites à 5 lors d’un second appel.

En même temps, la direction d’ALROSA a licencié tous les responsables du syndicat « Profsvoboda », les a fait inscrire sur une « liste noire » destinée à les empêcher de retrouver du travail. Elle a obtenu ce qu’elle voulait : le syndicat décapité a perdu plus de la moitié de ses adhérents. Le gouvernement de la République de Sakha (Iakoutie) reste quant à lui sourd aux appels lancés en faveur d’Ourousov, et ne semble être sensible qu’aux exigences de la direction d’ALROSA.

Ourousov est atteint d’une maladie des reins qui a nécessité son hospitalisation bientôt suivie de son renvoi en cellule, où il est soumis au harcèlement de l’administration pénitentiaire.

Sa vie est en danger ! Son maintien en prison est une violation des libertés syndicales élémentaires.

Deux délégations de syndicalistes aux ambassades de Russie à Paris et à Berlin ont fait état de ces éléments, et ont réclamé sa libération, tout comme le syndicat des mineurs britanniques, et des militants ouvriers et démocratiques de Serbie. Pour sauver Ourousov et défendre les libertés syndicales cette exigence doit être largement reprise.

C’est pourquoi les soussignés réclament la libération immédiate de Valentin Ourousov.

Premiers signataires : Carine Clément, « Institut de l’Action collective » (IKD, Moscou), Jean-Jacques Marie, historien ;

Merci de renvoyer votre signature, en indiquant vos nom, prénom, et qualité, à Jean-Jacques Marie, jj.marie[at]club-internet.fr

L’appel en russe et ses signataires sont visibles ici.

Sauvons le Baïkal

Oulan-Oudé et Saint Pétersbourg hier, Moscou et Petrozavodsk aujourd’hui, des appels à la mobilisation pour sauver le Baïkal sont lancés dans de multiples villes de Russie. Depuis la réouverture d’une usine de cellulose sur les berges du lac, les protestations se font entendre dans la rue, sur le web (pétition sur SaveBaikal.ru, pétition d’un biologiste russe travaillant aux Etats-Unis) et même dans les urnes : le communiste Viktor Kondrachov a largement gagné l’élection municipale d’Irkoutsk, face au candidat de Russie unie.

Entre 200 et 800 personnes étaient présentes à la manifestation de Saint Pétersbourg. Outre les concerts, une collecte de papier toilette a été organisée dans le but de le transmettre à Vladimir Poutine, signataire de l’arrêté autorisant la réouverture de l’usine de pâte à papier et de cellulose à Baïkalsk, au bord du lac Baïkal.

Parallèlement, près de 700 personnes ont manifesté à Baïkalsk pour soutenir la décision de la réouverture de l’usine de cellulose car elle garantit environ 1.600 emplois.

Source photos : na6ludatelb

Attention à la grippe des légumes

Par Aurialie le 10.02.2010 à 00h43

Une nouvelle épidémie sévit, et en Russie certaines personnes tentent d’alerter la population avec un site d’informations et un affichage dans les rues : la grippe des légumes. Cette maladie virulente affecte les parties du cerveau responsables de la réflexion et de la prise de décisions indépendantes. Les symptômes de la grippe des légumes sont l’humilité, la passivité et l’indifférence. Dans les formes les plus graves, il y a des signes d’obséquiosité et de lâcheté ouverte. Sous sa forme extrême, on observe une atrophie complète du cerveau, une perte de l’aspect humain et une mutation en légume.

Le virus se répand par la télévision, la publicité et la presse people. Le mécanisme de transmission agit instantanément, infectant tous ceux qui entourent le malade. Les groupes à risque sont les enfants, les adolescents et les conformistes. Le traitement de la grippe des légumes nécessite l’élimination complète des feuilletons, presse people et publicités du régime du malade ; une diète rigoureuse de littérature russe classique et de dessins animés soviétiques. En prévention, il est conseiller de lire des classiques et d’avoir une action civile active.

A l’origine de cette initiative, on trouve les auteurs du site ovoscham.net (signifiant "non aux légumes"), des citoyens qui ne veulent pas être considérés comme des légumes, des personnes sans cerveau, par les autorités de leur pays. Le site a ouvert en novembre 2009 et recense quelques une de leurs actions, principalement sous forme d’affichage (voir par ex. celui de la publicité Google).

NTV a fait un reportage sur ces citoyens ordinaires, qui essaient de se faire entendre et/ou comprendre des autorités : une maman qui souhaite connaître le meurtrier de son fils ; Artiom Loskoutov, jeune artiste arrêté arbitrairement, dont j’ai déjà évoqué le cas ici ; la concierge d’un immeuble opposé au maire de sa ville...

Yota, le net russe avec ou sans filtre ?

Par Aurialie le 07.12.2009 à 01h14

Y a-t-il une affaire de censure chez Yota, opérateur mobile russe ayant déployé un réseau WiMAX à Moscou, St Petersbourg et Ufa ? C’est ce que certains bloggueurs russes insinuent depuis quelques jours (ici, ici, ou encore ), depuis qu’ils n’arrivent plus à aller sur les sites de l’opposition, tels que solidarnost.ru, kasparov.ru, newtimes.ru, nazbol.ru, namarsh.ru... Mais d’autres y ont toutefois accès. Là, où l’affaire se complique, c’est que l’accès au site kremlin.ru est également impossible pour certains utilisateurs. Étrange...

Afin d’avoir des explications, les bloggueurs mécontents ont appelé le service technique de l’opérateur, qui a confirmé qu’il avait bien une liste de 29 sites extrémistes, fournie par le ministère de la justice, pour lesquels l’accès était impossible. Mais les sites de l’opposition n’en font pas partie. Le mystère restait donc entier...

Finalement, le directeur général de Yota, Denis Sverdlov, s’est fendu d’un article sur le blog de la communauté de la compagnie pour expliquer le blocage de ces sites. Il a tenu à préciser tout d’abord qu’il n’y avait aucun dessein scélérat, aucune manœuvre intentionnelle, aucun filtrage du réseau. Le blocage vient d’un problème technique lors de l’exploitation de certaines adresses IP, à cause du nombre important de nouveaux clients chaque mois. Le succès de Yota a en effet été éclair : en 5 mois, la société est devenue rentable, avec plus de 200.000 clients inscrits sur son réseau.

Cette histoire de blocage devrait donc être maintenant résolue rapidement. Un problème soulevé le 3 décembre, une solution trouvée le 7, est-ce cela la force du réseau ?

 Ce que tout révolutionnaire doit savoir sur la répression

Par Aurialie le 01.12.2009 à 00h27

Les éditions Zones ont décidé de rééditer l’ouvrage de Victor Serge Ce que tout révolutionnaire doit savoir sur la répression, petit guide pratique listant les différents procédés de la police secrète à l’encontre des révolutionnaires du début du XXe siècle. Et l’épluchage des dossiers et archives de l’Okhrana, accessibles après la révolution bolchevique de 1917, a vraiment été instructif : filature, infiltrations, suivi de la correspondance, agents provocateurs, … la police secrète utilisaient tous les moyens pour mieux connaître les révolutionnaires et mettre fin à leurs activités. En France, l’un des informateurs de l’Okhrana était un rédacteur du Figaro, Raymond Recouly, connu sous le surnom de Ratmir (p.40) : "Ratmir informait l’Okhrana sur ses collègues de la presse française. Il faisait au Figaro et ailleurs la politique de l’Okhrana. Il touchait 500 francs par mois. Ces faits sont notoires."

Mais cet ouvrage sorti en 1925 est d’une étonnante modernité, et c’est bien pour cela qu’il a été réédité. L’infiltration dans des mouvements de la gauche de la gauche, la filature de prétendus anarcho-autnomes, la provocation dans des manifestations alter-mondialistes, … la police d’aujourd’hui utilise encore les techniques d’hier (la postface de Francis Dupuis-Déri le montre bien). Les conseils d’hier sont donc encore valables aujourd’hui (p.73 à 80) : "Ne pas se rendre directement où l’on va ; faire un détour", "Écrire le moins possible. Ne pas écrire est mieux", "Ne pas désigner de tiers sans nécessité", "Se défier des téléphones", "Savoir se taire", "En cas d’arrestation (…). En principe : ne rien dire", "N’avouez-jamais !", "Une suprême recommandation : se garder de la manie de la conspiration"...

Pour finir, je vous livre cette citation de Victor Serge sur la crise (p.94), preuve de la contemporanéité de cette œuvre : "En un mot, le respect de l’anarchie capitaliste est la règle de l’État. Qu’on produise, vende, revende, spécule, sans mesure, sans souci de l’intérêt général : c’est bien. La concurrence est la loi du marché. Les crises deviennent ainsi les grandes régulatrices de la vie économique. Elles réparent, aux dépens des travailleurs, des classes moyennes inférieures et des capitalistes les plus faibles, les erreurs des chefs d’industrie."

A la mémoire d'Ivan Khoutorskoï

Par Aurialie le 24.11.2009 à 00h09

Les obsèques de l’antifasciste Ivan Khoutorskoï, tué le 16 novembre devant chez lui, se sont déroulées samedi dernier au cimetière Nikolo-Arkhangelskoe devant près de 300 personnes. Dimanche, à Moscou, ce sont des militants du mouvement antifasciste qui avaient planifié une procession en mémoire d’Ivan. Initialement les organisateurs avaient demandé à la mairie de Moscou l’autorisation de se réunir place Slavianskaïa, en partant du métro Tchistie Proudy. Cependant la mairie ne les y a pas autorisé, mais a accepté qu’ils déposent des fleurs sur la tombe du soldat inconnu, près de la Flamme éternelle, en la mémoire de l’antifasciste.

Près de 400 personnes sont venues aux portes du jardin Aleksandrovsky. Les policiers ont donc laissé passer les gens par petits groupes, mais seulement ceux qui avaient des fleurs (bougies et photos du défunt n’étaient pas autorisées).

Des photos de cet célébrations sont visibles sur le blog live-journal de ottenki-serogo (dont est issue la photo en illustration) et le site antifa.ru (où l’on peut notamment voir une très jolie photo d’un des soldats en faction rassembler les fleurs pour les mettre sur la tombe du soldat inconnu).

Elections, falsification, protestation

Par Aurialie le 14.10.2009 à 23h54

Sergueï Elkin avait vu juste lundi en imaginant ce dessin où il est écrit "12 octobre, tous à la falsification des élections" (il s’est trompé de date, il s’en est excusé). Car si Dmitri Medvedev a entériné le triomphe de Russie unie au lendemain des élections régionales et locales, aujourd’hui les trois partis "d’opposition" de la Douma d’Etat ont quitté la séance parlementaire pour protester contre les résultats des élections régionales. Le Parti libéral-démocrate (LDPR) de Jirinovski a ouvert les hostilités en demandant l’annulation des résultats et la démission des gouverneurs des régions concernées. Le parti Russie juste lui a emboîté le pas, tout comme les communistes, qui ont proposé la création d’une commission parlementaire pour le recomptage des voix dans la république des Maris. Par ailleurs ils exigent de rencontrer le président Dmitri Medvedev, ce qu’il a refusé pour le moment, pas avant 10 jours en tout cas. Lenta.ru souligne que le Parlement russe est devenu de nouveau un lieu de discussion, avec une "opposition parlementaire". Que ça dure !

Source principale : Courrier international

Agent Smith, au rapport !

Mercredi, la Russie célébrait la journée de l’Internet. La date du 30 septembre n’a pas été fixée par décret présidentiel, mais a été choisie suite à une initiative de la société Infoart Stars en 1998 qui a proposé aux entreprises du secteur informatique de fêter Internet le dernier jour de septembre et d’atteindre le million d’utilisateurs. Mais cette année, l’Internet russe a besoin d’être protégé (un peu comme ici en France).

Les médias ont en effet révélé que "le Ministère de la Justice de la Fédération de Russie élaborait un projet de loi, qui permettra aux structures de maintien de l’ordre et aux services secrets de déconnecter les citoyens d’Internet" (un peu comme pourra le faire notre Hadopi). A partir du 1er octobre, les personnes physiques et morales ayant un domaine en .ru auront l’obligation de fournir un document, confirmant leur identité (passeport, numéro d’enregistrement d’une société, …). À partir du 1er avril 2010, l’enregistrement des nouveaux noms domaines sur la zone "ru" ne sera autorisé qu’aux clients identifiés. Et les fournisseurs d’accès à Internet devront également donner toute information concernant les utilisateurs si les services secrets le leur demande. Officiellement, ce projet de loi a pour objectif de protéger les ressources Internet de l’État. Les peines pour le hack des sites des institutions publiques vont être renforcées et passer de 5 à 7 ans maximum. Selon Point.ru, "il semble que le pouvoir ait commencé à craindre sérieusement les conséquences de l’impact de cet espace (encore) libre de censure."

En signe de protestation, bloggeurs et militants des libertés civiles ont organisé un flashmob le 30 septembre 2009 sur la place du Manège à Moscou. Habillés tel l’agent Smith du film Matrix, les manifestants ont tourné autour du dôme du centre commercial de la place (photo). Selon les organisateurs de l’action, les agents ramèneraient la Russie dans le passé, au temps du contrôle total du pouvoir sur les citoyens. Ils veulent également que Skype reste gratuit et librement accessible. D’après eux, les agents des services secrets seraient embêtés depuis longtemps par cet outil car ils ne pourraient pas écouter les conversations.

En France aussi, on se bat pour la liberté et la neutralité du net.

Sources : Hro1.org et Iabloko Moscou (où il y a d’autres photos)

Haro sur Loujkov

Par Aurialie le 27.09.2009 à 22h38

Leonid Gozman, représentant du parti Pravoe delo, a écrit une lettre ouverte au président Medvedev pour demander la destitution du maire de Moscou Iouri Loujkov. La lettre a été publiée sur un site netlujkovu.net, voilà la traduction :

"Cher Dmitri Anatolievitch ! Selon la législation en vigueur vous avez droit de démettre de ses fonctions n’importe quel chef de région qui aurait perdu votre confiance. Nous vous appelons à faire valoir ce droit à l’encontre du maire de Moscou de Iouri M. Loujkov.

Iouri M. Loujkov se trouve en poste depuis déjà plus de 18 ans – plus longtemps que Brejnev. Au cours de ses mandats, il y a eu des succès et des échecs. De l’avis de plusieurs, la balance penche évidemment au profit des échecs – les problèmes de Moscou sont connus de tous – ce n’est pas cela qui nous incite à vous demander de destituer le maire de notre capitale.

Iouri Loujkov porte à notre pays un dommage moral immense. Pendant les années de son administration, l’épouse du maire E.N.Batourina, de petit entrepreneur, est devenue la femme la plus riche de Russie, milliardaire en dollars, chef d’un empire économique immense. Iouri Mikhaïlovitch affirme qu’il n’a pas de relation avec les milliards de sa femme, avec ses hôtels particuliers à Londres et dans d’autres villes du monde, avec sa terre et ses usines. Mais une telle affirmation contredit le bon sens. En Russie il n’y a pas une personne, qui n’a pas compris que les milliards de Batourina sont apparus grâce au soutien constant de son mari qui a transformé la ville aux dix millions d’habitants en source d’enrichissement de sa famille.

La corruption, qui met en cause aujourd’hui l’existence même de notre État, s’épanouit notamment dans les conditions du mépris pour les normes élémentaires de la morale, quand le voleur non seulement vole, mais ne cache pas qu’il est un voleur, exhibe sa richesse et brave l’impunité. La complicité silencieuse sur la façon dont la famille du maire de Moscou – une des personnes les plus connues en Russie - a gagné sa vie est un signal aux dizaines de milliers de Loujkov. Ils regardent la capitale et comprennent que tout est permis.

Cher Dmitri Anatolievitch ! Il est très difficile d’attraper un fonctionnaire corrompu. Mais quand il s’agit d’un fonctionnaire corrompu se trouvant à la tête d’une région, vous pouvez assez simplement lui dire que vous n’avez plus confiance. Et si vous déclarez votre méfiance à une personnalité notable et symbolique pour toute la Russie, non seulement la région commencera à changer, mais le pays aussi. Commencez par Moscou !"

Depuis son ouverture, le site a subi plusieurs attaques DOS, il ne fonctionne pas actuellement, il n’est donc pas possible de savoir combien de personnes ont signé cette lettre. Mardi, Gozman déclarait que plus de 100.000 visiteurs l’avaient signé, ce que conteste Sergueï Tsoï, un porte-parole de Loujkov. Il estime que le nombre réel de signataires était de 8.155 lundi, alors que le compteur indiquait 170.000 selon Interfax. La différence de chiffres pourrait également être dû à des attaques. Mercredi,le maire ne souhaitait pas porter plainte si Gozman admettait que les chiffres étaient falsifiés et qu’il s’excusait publiquement, ce qu’il a refusé de faire.

Leonid Gozman n’est pas le seul à dénoncer la corruption de Iouri Loujkov. Boris Nemtsov, l’un des leaders du mouvement Solidarnost, a publié il y a quelques jours un dossier "Loujkov. Bilan", dans lequel il dresse les nombreuses violations du maire. Celui-ci a bien sûr déposé plainte pour diffamation. Les élections de la Douma municipale de Moscou sont prévues le 11 octobre 2009, ce qui explique l’agitation autour du maire.

Source image : aktau-business.com

Saint-Pétersbourg défiguré par Gazprom ?

Par Aurialie le 07.09.2009 à 01h05

La grande compagnie gazière Gazprom a l’ambition de construire l’Okhta centre, un important centre d’affaires sur les rives de la Néva, face à cathédrale Smolny à Saint-Pétersbourg, dans lequel se trouvera son siège social, une tour de 396m. A titre de comparaison, la tour Eiffel, avec son antenne, mesure 324m. Des voix s’élèvent à Saint-Pétersourg, mais aussi à l’Unesco, contre ce projet rompant l’harmonie architecturale de la ville et allant à l’encontre de la sauvegarde du centre historique.

Une pétition en ligne a donc été créée contre la construction de la tour Gazprom et rappelle les différentes violations du groupe en terme de respect des normes architecturales. Selon une loi de 2009, dans la zone où la tour sera construite, la hauteur maximale est fixée à 100m si la tour se trouve à l’intérieur de la zone et à 48m si elle se trouve à la limite de la zone. Et il n’est pas possible d’augmenter la taille d’un bâtiment par voie législative, ni de créer une commission civile officielle sans motif juste. Ce type de commission est organisé par la Commission d’exploitation du sol et de construction de Saint-Pétersbourg, et non pas par l’administration de la région.

Par ailleurs, la loi sur les zones de protection, entrée en vigueur le 15 mars 2009, inflige des restrictions à la construction encore plus rigides sur le territoire du quartier d’affaires de l’Okhta-centre. Selon elle, les bâtiments construits sur cette zone ne doivent pas être visibles des espaces municipaux ouverts, ne doivent pas excéder la hauteur des façades de la rue (dans le cas présent, 48 mètres), ne doivent pas dépasser les bâtiments municipaux dominants existants (par exemple, la cathédrale Smolny qui se trouve en face du chantier). La tour déformera donc inévitablement le panorama, protégé par la loi du centre historique de Saint-Pétersbourg. Et ceci est prouvé par des expertises indépendantes et des photomontages (dont un illustre le présent article).

Le groupe gazier ne respecte donc pas les lois ou règles votées récemment. Le projet semble toutefois soutenu par le gouverneur de la ville, Valentina Matvienko, sûrement plus intéressée par les entrées fiscales que par l’harmonie architecturale.

Une commission sur la hauteur de la tour s’est tout de même ouverte le 1er septembre pour 7 jours, il était donc important d’apposer sa signature sur la pétition et de faire entendre sa voix la semaine dernière. Résultat de la commission dans les jours à venir certainement.

Photo : Photomontage de la tour Gazprom à côté de la cathédrale Smolny (source Bashne.net)

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