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Habituelle journée du 4 novembre

Comme chaque année en ce 4 novembre, journée de l’Unité nationale, nationalistes de tout poil, environ 1.000 personnes, se sont rassemblés à Moscou sur les berges Taras Chevtchenko. D’autres se sont retrouvés dans le centre de ville, vers l’Arbat, pour une manifestation non autorisée, qui s’est terminée en bagarre avec la police et la détention de 400 personnes. En marge de ces rassemblements, des skinheads ont tué un Ouzbek.

Et comme chaque année, des contre-manifestations ont été organisées, notamment par le parti Iabloko pour protester contre la xénophobie et la nationalisme. Le mouvement pro-Kremlin Nachi avait réuni entre 6.000 et 10.000 jeunes pour déployer la "Couverture de la paix".

De l’amour, de l’haine, l’unité nationale va être difficile...

Source image : Lenta.ru

Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.

Eh oui, tout arrive, certaines sections du Parti national-bolchévique (notamment celle de Saint-Pétersbourg et de Moscou) soutiennent une décision de la Douma et du Conseil de la Fédération : celle de reconnaitre les deux républiques séparatistes de Géorgie (Ossétie du Sud et Abkhazie). Ils vont même plus loin en demandant de mettre en place une intégration plus forte avec ces républiques, mais aussi avec la République moldave de Transnistrie.

Les raisons de ce rapprochement impératif : garantir la sécurité de peuples frères, briser une politique étrangère nuisible (décidée depuis Gorbatchev et Eltsine) et donner ainsi une chance à la Russie de revenir une grande puissance. Et ils finissent par cette merveilleuse formule : La Russie c’est tout, le reste n’est rien.

Alors, je ne me prononce pas sur l’indépendance de ces républiques sessionistes (trop de causes historiques, géopolitiques, géographiques, ... rendent une décision difficile sur cette question), mais tant de nationalisme a de quoi dégouter. Donc, -10 sur l’echelle de sympathie !

Source image : AFP via Yahoo news
Citation de Romain Gary

Quelques chiffres sur le racisme

Par Aurialie le 06.08.2008 à 22h48

Natalia Rykova, directrice exécutive du Bureau moscovite pour les droits de l’homme a fait une analyse du racisme en Russie pour RIA Novosti. Dans cet article, intitulé Qui arrêtera les skinheads russes ?, on apprend qu’en six mois (de janvier à juin 2008) près de 170 agressions à caractère raciste ont été perpétrées sur le territoire russe et ont fait 72 morts et au moins 190 blessés. Il faut savoir qu’en 2007, on comptabilisait une cinquantaine de personnes victimes de meurtres à caractère raciste. Il y a donc un accroissement considérable des agressions mortelles.

Concernant l’indice ethnique, on trouve parmi les victimes de ces agressions des Ouzbeks (12 morts, 16 blessés), des Kirghiz (9 morts, 5 blessés), des Tadjiks (6 morts, 28 blessés) et des Azerbaïdjanais (6 morts, 9 blessés). La nationalité d’au moins 84 morts et blessés n’a pu être établie avec certitude.

La majorité des agressions racistes sont perpétrées par des skinheads. Leurs cibles sont le plus souvent des ressortissants d’Asie centrale et du Caucase, mais aussi des représentants de sous-cultures jeunes et des minorités sexuelles. D’après les données du Bureau moscovite pour les droits de l’homme, la Russie compte environ 70.000 skinheads et autres activistes appartenant à des organisations nationalistes radicales.

La suite de l’article est à lire ici.

Des ghettos moscovites pour travailleurs immigrés

Par Aurialie le 02.08.2008 à 18h03

Via Courrier International, article de Nikolaï Kireïev, paru dans Novyé Izvestia

Confronté au déficit de logement et de main-d’œuvre, la capitale russe envisage le regroupement d’ouvriers migrants dans des cités réservées. Ce projet fait craindre l’exacerbation de la xénophobie et des conflits interethniques.

Il est fort possible que Moscou se dote bientôt de cités provisoires afin de loger des immigrés de divers Etats de la CEI et pays plus lointains venus travailler dans la capitale russe. Ces logements devraient d’abord servir à abriter du personnel d’entretien des immeubles [nettoyage, plomberie, chauffage, électricité, etc.]. Telle est en tout cas la proposition lancée le 23 juillet par Vladimir Zotov, responsable de la zone administrative Sud-Est de Moscou. Il envisage de faire construire ces foyers pour travailleurs étrangers dans les quartiers de Lefortovo, Marino et Vykhino. Si cette idée est approuvée par la municipalité, les chantiers démarreront dès l’automne.

Selon la mairie de la capitale, le secteur du bâtiment et de l’entretien s’apprête à recruter plus de 8 000 ouvriers étrangers en 2009. Tous ces maçons et agents de nettoyage devront bien être logés quelque part. "Ce secteur emploie beaucoup de personnes venues d’ex-URSS et d’autres pays étrangers, explique Svetlana Govoroukhina, porte-parole de la zone administrative Sud-Est. Ces immigrés qui arrivent du Tadjikistan, d’Ouzbékistan ou de Moldavie doivent avoir un endroit où vivre pendant qu’ils travaillent ici. Il nous semble qu’ériger pour eux une cité provisoire permettrait de résoudre le problème."

Les experts indépendants jugent que cette idée n’est pas des plus heureuse. "A l’échelle d’une mégalopole, construire des cités à part pour les immigrés risque surtout de constituer une première étape vers la constitution de quartiers ethniques qui vivront en marge des règles communes", redoute Nikita Mkrttchian, spécialiste en chef des migrations au Centre de démographie et d’écologie de l’homme. "De tels foyers monoethniques pourraient se transformer en ghettos fermés, coupés du reste de la grande ville et centrés sur leur culture, leur économie et leurs relations sociales propres. Cela ne ferait que compliquer encore davantage le processus d’assimilation de ces immigrés au sein d’une société qui leur est étrangère."

Les représentants des intéressés sont du même avis. Pour Karomat Charipov, président du mouvement russe des migrants du travail du Tadjikistan, "le problème n’est pas seulement que ces enclaves risquent de devenir des réserves qui obéiront à leurs propres lois, mais aussi que ce genre de cités pourrait représenter un fort attrait pour divers groupes extrémistes. Les skinheads n’auraient plus à se demander où chercher leurs victimes, il leur suffirait de se rendre à une adresse officiellement connue. A mon avis, la mairie serait incapable, dans le contexte actuel, d’assurer une réelle protection des immigrés. Des conflits éclateraient forcément."

Cependant, on évoque dans Moscou des solutions encore pires pour loger ces travailleurs. "Les responsables de la zone Centre ont ainsi proposé de les installer dans des immeubles évacués ou en cours d’évacuation parce que destinés à être rasés, jusqu’à ce qu’ils soient effectivement démolis, confie Mme Govoroukhina. Il a aussi été question de les placer dans des bâtiments en travaux. Si la mairie accepte, il est possible que, dès ces prochaines années, les immigrés aient un toit au-dessus de la tête." Un toit, certes, mais sans doute avec des trous dedans…

Les experts pensent que ces idées empreintes de xénophobie sont à rejeter. Les travailleurs étrangers devraient être logés avec des personnes venues de différentes régions de Russie, et certainement pas dans de vieux immeubles abandonnés et promis à la démolition. "Pourquoi se limiter à construire juste pour les gens d’Asie centrale ? ajoute Nikita Mkrttchian. Moscou compte de très nombreux provinciaux venus travailler dans la capitale. Eux aussi ont besoin de meilleures conditions de logement. La ségrégation imaginée par les responsables administratifs risque d’encourager la haine interethnique."

Photo : Novyé Izvestia

Les nationalistes concluent un pacte

Par Aurialie le 08.06.2008 à 14h54

Ce que l’opposition dite "démocratique" n’a pas réussi à faire, à cause de leurs diversités de points de vue, les nationalistes l’ont réussi : se réunir dans un grand mouvement.

Lors de la conférence "Le nouveau nationalisme politique", le parti non-enregistré Velikaïa Rossia (Grande Russie), le Mouvement contre l’immigration illégale (DNPI), le mouvement Narod (Peuple) et le Mouvement social russe ont signé le "Pacte du 8 juin", entérinant leur rassemblement dans le Mouvement national russe. Car malheureusement, comme la remarquait Alexandre Belov, leader du DNPI, les organisations nationalistes ont trouvé un terrain d’entente.

Et Alekseï Navalni, coprésident de Narod, a appelé d’autres mouvements politiques, de gauche et de droite, à venir les rejoindre : "Nous devons nous regrouper, aller aux prochaines élections, et les remporter. 70% de la population du pays se dit nationaliste."

Source : Lenta.ru

Les "ennemis du peuple" existent encore ... pour les nationalistes

Par Aurialie le 24.04.2008 à 22h51

Les défenseurs des droits de l’homme russe vont déposer une plainte auprès du Ministère public en raison de la publication sur des sites nationalistes d’une liste d‘"ennemis du peuple". Dessus, on peut y lire les nom, adresses, informations présentes sur les passeports, numéro de contribuable, lieu de travail de plusieurs défenseurs des droits de l’homme, mais aussi de policiers chargés d’enquêter sur des crimes racistes. Il y a de fortes chances pour que toutes ces données soient issues des fichiers des organes de sécurité.

Un institut rattaché au ministère de l’Intérieur a comptabilisé 40 passages à tabac lors de flashmobs organisés par des skinheads à Moscou et dans sa banlieue entre décembre 2007 et mars 2008. Sans se connaître au préalable, ils se donnent rendez-vous sur des forums à une station de métro et attaquent la première personne non slave qu‘ils rencontrent.. Le bureau moscovite de défense de droit de l’homme estime qu’il y a en Russie 70.000 skinheads et que 800 sites nationalistes et radicaux sont actifs sur le segment russe d’Internet. Des plaintes ont déjà été déposées, mais les organes de sécurité ont déclaré ne pas avoir les moyens techniques nécessaires pour faire cesser l’activité des ces sites.

Espérons qu’il n’y ait pas une énième attaque ce week-end lors de la marche nationaliste moscovite organisée pour la Pâque orthodoxe.

Source imge : Wikimedia

Record de meurtres racistes en ce début 2008

Par Aurialie le 21.03.2008 à 21h55

Suite au meurtre d’Alekseï Krylov par un néonazi la semaine dernière, des chiffres sur les meurtres à caractère raciste ou pour motif nationaliste sont sortis. Et l’année commence par un bien triste record : 26 personnes tuées, 71 blessées.

Stanislav Markelov, président de l’Institut pour la prééminence du droit, estime qu’en Russie a débuté une guerre civile sur des bases nationalistes. "Après la désagrégation partielle de la partie modérée du mouvement nationaliste, les néonazis sont partis dans la clandestinité." Il explique que le mouvement reprend de l‘ampleur, les leaders de 30-40 ans, recrutant parmi les jeunes de 14-18 ans. Ils se réunissent entre amis pour discuter et boire des bières, leur premier acte nationaliste commence souvent par un tabassage à tabac d’un Caucasien, qui a malheureusement croisé leur route. Mais maintenant, "il y a des équipes entières, qui ne s’occupent pas d’idéologie, mais organisent des attaques et des combats. "

Et le pire est à venir, puisque le printemps a de nombreuses significations pour les nazillons (anniversaire de Hitler et Adolf Hess, meurtre d’un des leurs, G. Borovikov).

Sinon, aujourd’hui c’est la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. La date du 21 mars a été choisie par l’ONU en 1966, en mémoire des violences policières en Afrique du Sud en 1960. Les policiers avaient tiré sur une manifestation pacifique contre les lois de l’Apartheid, tuant 69 personnes.

Source : Svoboda news (photo - lieu du meurtre de Krylov)

Une pensée pour Alekseï Krylov

Par Aurialie le 20.03.2008 à 00h05

Deux cent à deux cent cinquante membres du parti antifasciste Antifa ont manifesté aujourd’hui en mémoire de l’un des leurs, Alekseï Krylov, assassiné dimanche dernier par un nazillon près du métro Kitaï Gorod.

Tous les ans, les jeunes fachos au couteau facile s’entraînent au maniement de leur arme préférée sur une proie vivante : Timour Katcharava, 20 ans, tué de cinq coups de couteaux dans la gorge le 13 novembre 2005 ; Alexandre Rioukhine, assassiné le 16 avril 2006 ; Ivan Eline, 21 ans, achevé par 20 coups de couteaux le 14 janvier 2007. D’où ce prospectus "Combien faut-il encore de victimes pour arrêter les assassins nazis ?" et ces slogans : "le fascisme ne passera pas", "la couleur de peau n’est pas importante - nous disons non au fascisme", "notre patrie - l’humanité", …

Cette manifestation n’était bien sûr pas autorisée par la ville de Moscou (ce qui explique les masques et écharpes couvrant les visages), au moins 13 personnes ont été arrêtées.

Poutine/Hitler : même combat ?

Igor Averkiev, représentant de la chambre citoyenne de Perm, membre de la direction régionale de Perm du centre des droits de l’homme et rédacteur en chef de Litchnoe Delo, a écrit un très long article (20.000 signes) intitulé Poutine, notre gentil Hitler. Explications :

- Poutine, commeHitler, n’est pas une personne mauvaise au plus profond de lui-même, il a une représentation normale de l’honneur, de la dignité, du devoir. C’est sous le joug de sa mission de "Sauveur de la Patrie", sous le flux des flatteries et de l’encensement que la personnalité dégénère, perd ses normes et ses mesures humaines du bien et du mal. Ternes, calmes, disciplinés dans leur jeunesse, Poutine et Hitler se sont épanouis soudainement, avec talent, en utilisant avec génie les évènements extérieurs pour augmenter leur grandeur personnelle. Malgré leurs différences essentielles de tempérament, Poutine et Hitler sont des populistes passionnés, qui arrivent à plaire au plus grand nombre. Ils ne sont ni de droite, ni gauche, ni des libéraux, ni des socialistes, ni pour la liberté, ni pour la justice. Ils sont pour le peuple, pour les intérêts nationaux et contre les ennemis du pays. Ils sont presque au-dessus de la politique et insistent sur le fait que leur pouvoir ne provient pas de l’argent ou d’une lutte personnelle pour le pouvoir mais du peuple lui-même. Poutine, comme Hitler, sauvegarde le pays des ennemis extérieurs et intérieurs, il assure personnellement le bien-être et la prospérité de chacun dans la représentation du plus grand nombre. Le régime de Poutine a des tendances fascistes : violence morale, sociale, physique, chantage électorale, arrestations d’activistes de l’opposition, confiscation de matériel de propagande, ... La lutte du Président Poutine contre la corruption et le domptage des oligarques suivent également la politique intérieure et sociale du jeune État fasciste d’Adolf Hitler.

- La situation en Russie post-soviétique est très semblable à celle de l’Allemagne d’après-guerre : la Russie avant Poutine, comme l’Allemagne avant Hitler, végétait dans l’humiliation nationale du fait de leur défaite dans les conflits internationaux (Première guerre mondiale pour l’Allemagne, guerre froide pour la Russie). Les projets politiques proposés par les communistes, socialistes, les libéraux ou les démocrates n’attiraient pas le peuple, ne répondaient pas à leurs attentes.

- Le peuple russe du XXIe siècle ressemble au peuple allemand des années 20 et 30. L’essentiel pour le simple citoyen russe est d’être pour Poutine (comme les Allemands simples étaient pour Hitler). Poutine, comme Hitler, est l’idole de la partie la plus impuissante mais aussi la plus agressive du peuple - la jeunesse. Ils donnent à une jeunesse dépendante et peu sûre d’elle des notions de socialisation par le biais d’organisations, telles les Nachis en Russie.

Pour l’auteur, Poutine n’est qu’au début d’un chemin, qui s’assombrira de plus en plus si le pays poursuit sur cette voie. Mais il pense que le président russe peut encore stopper le processus de fascisation du pays, que la verticalisation du pays n’est pas accomplie, que l’État est encore faible, que le peuple est plus informée qu’à l’époque de l’Allemagne hitlérienne, que l’union des forces de l’opposition (20 à 30% de la population) pourra renverser la vapeur, la Russie reprendra alors un chemin "clair".

L’article étant très long, une partie seulement de l’argumentation est reprise.

Source photos : Svobodnoe slovo et Eremenko (2e photo déjà utilisée dans un précédent post)

La Marche russe en photos

Par Aurialie le 05.11.2007 à 00h45

Voilà à quoi ressemble la Marche russe (à ne surtout pas confondre avec la Marche du désaccord) du 4 novembre 2007, jour de l’Unité nationale : des prêtes orthodoxes, des hommes en uniformes militaire ou noire, des jeunes (parfois même très jeune) qui font le salut nazi, des slogans nationalistes et racistes ("Manifestation contre l’invasion du Tiers monde", "La tolérance c’est un état immunologique de l’organisme, dans lequel il n’est pas capable de former des anticorps, en bref, c’est le sida", "Terre russe – ordre russe"). Quatre mille personnes remplies d’amour pour leurs prochains (blancs et russes) ont ainsi défilé sur les berges Taras Chevtchenko, tandis que quatre cents autres ont assisté au contre-rassemblement "pour l’Amitié entre les peuples et l’internationalisme, contre le fascisme et la xénophobie", pour lequel malheureusement je n’ai pas encore trouvé de photos.

Photos de Anna Karpiouk pour Grani.ru

4 novembre : jour de l'unité nationale

Par Aurialie le 04.11.2007 à 01h26

Grande journée de fête aujourd’hui en Russie : le Jour de l’unité nationale, commémorant depuis 2005 la révolte populaire de 1612 à Moscou contre l’occupant polonais, marquant le début de la fin du Temps des troubles. Cet évènement, célébré de 1649 à 1917 le 22 octobre, selon le calendrier julien, a été choisi par Vladimir Poutine pour remplacer la célébration du 7 novembre, jour anniversaire de la Révolution d’octobre 1917 (qui va fêter ses 90 ans cette année), qui était déjà devenu en 1996 le jour de la concorde et de la réconciliation.

Pour cette occasion, 38 manifestations et meetings de toutes sortes vont être organisés rien qu’à Moscou, notamment la grande Marche russe des ultra-nationalistes russes, contrebalancée par la manifestation contre la xénophobie et la racisme organisée par le parti Iabloko.

Tableau : Le Temps des troubles, de Sergueï Vassilievich Ivanov

Un nationaliste à l'OTAN ?

Par Aurialie le 25.10.2007 à 00h35

Il se dit dans la presse que le nouveau représentant permanent de la Russie à l’OTAN serait Dmitri Rogozine. Il ne manquerait plus que la publication du décret, déjà signé par le président Poutine, pour que cette nomination soit officielle.

Dmitri Rogozine est :
- l’actuel leader de Russie juste (union de Rodina –Patrie- dont il était déjà le représentant, le Parti des retraités et le Parti russe de la vie) et de la nouvelle coalition patriotique Grande Russie,
- président depuis décembre 2006 du Congrès des communautés russes
- membre du conseil de la Marche russe (marche nationaliste qui n’a rien à voir avec les Marches du désaccord), dont la prochaine se déroulera le 4 novembre, jour de l’unité nationale.

Pourquoi Poutine souhaite avoir cet homme comme représentant à l’OTAN ? Deux hypothèses sont avancées, l’une n’excluant pas l’autre : montrer qu’ il est un homme d’ouverture qui ne donne pas les bonnes places qu’aux membres de son partie (comme notre cher président) et ne pas évincer Rogozine de l’arène politique suite au non-enregistrement de sa nouvelle coalition nationaliste Grande Russie par la Commission centrale électorale.

Pour le moment, Rogozine ne confirme, ni infirme cette nouvelle, tel Martinon, il n’a "aucun commentaire à faire sur cette question."

Source : Gazeta.ru

Au nom de dieu, du tsar et de la patrie

Par Aurialie le 09.10.2007 à 23h27

Question : Où peut-on entendre des phrases telles que "Avec des gaillards comme nous, l’OTAN ne passera pas", "Comme nous sommes bien ici, pendant que les travailleurs de l’Ouest pourrissent" ou "La démocratie ce n’est pas pour nous. Nous n’en avons pas besoin" ?

Réponse : Dans un reportage de Nino Kirtadzé, diffusé ce soir sur Arte, intitulé "Au nom de dieu, du tsar et de la patrie". Le sujet de ce documentaire : Mikhaïl Morozov, un Russe dirigeant d’une main de fer un village et ses habitants qui souhaitent sauver leur âme en rompant avec la vie moderne et ses tentations. Les concepts mis en avant pour atteindre ce but : le respect dû au maître (le Tsar Poutine) et à son autorité, la religion orthodoxe, le nationalisme russe, la résurrection de l’âme russe, ... C’est pourquoi, l’ennemi c’est l’OTAN et les Etats-Unis (qui après l’Afghanistan et l’Irak pourrait envahir la Russie pour son pétrole) ; l’Europe, "qui se prend trop au sérieux", est jugée marginale ; le Venezuela et l’Iran sont considérés comme des alliers potentiels ; et la démocratie c’est pour les autres ! Le maître pense, le peuple agit : voilà ce qu’est la démocratie dirigée.

Rediffusion le 13 octobre à 15h50.

MAJ (10/10/2007) : Heureusement, Professeur Sarkozy est venu aujourd’hui donner un cours de démocratie à des étudiants russes.

Source photo : Arte.
A lire également : la critique de Télérama.

Lougovoï bientôt sauvé par le nationalisme russe ?

Par Aurialie le 17.09.2007 à 23h35

Vladimir Jirinovski, leader du parti du LDPR (droite nationaliste), a proposé à Andreï Lougovoï, principal suspect dans la mort de l’ancien espion d’Alexandre Litvinenko, d‘être son second sur la liste qu’il présentera à l’élection législative du 2 décembre 2007. Le but : répondre à l’impudence de l’Angleterre qui a exigé l’extradition de l’entrepreneur russe et donc permettre à Lougovoï de disposer de l’immunité parlementaire, s’il est élu.

Lougovoï n’avait pas besoin de cela pour échapper à une inculpation pour empoisonnement entraînant la mort, puisque les autorités russes refusent de l’extrader. Mais il assure ainsi ses arrières et peut même envisager de se présenter à la présidence de la Fédération de Russie, comme l’envisage "tout citoyen russe". Pour cela, il va devoir tout de même s’entendre avec Jirinovski, l’indétrônable président du LDPR, qui a placé en numéro trois sur sa liste, son propre fils, Igor Lebedev, dirigeant déjà la fraction du parti à la Douma.

Source : Newsru.com

La violence des skins n'a pas de limite

Par Aurialie le 13.08.2007 à 21h56

Les skinheads russes ne semblent pas avoir de limites dans leurs attaques contre les populations d’Asie centrale. Gazeta.ru révèle aujourd’hui qu’une vidéo intitulée très sobrement " Opération du NCPR (Parti national-socialiste de Russie) - arrestation et exécution de deux colons du Daguestan et du Tadjikistan – année 2007" a circulé quelques heures sur des blogs russes, avant d’être retirée. Sur ce film, qui commence par un joli paysage estival, des hommes en habit de camouflage assassinent froidement deux jeunes dans une forêt.

La vidéo, qui se trouve toujours sur un site national-socialiste hébergé aux États-Unis, est accompagnée de la mention suivante (en russe) : "Notre temps est venu ! Maintenant, les nationalistes russes vont prendre leur revanche sur les occupants. Maintenant, ça va en effet être violent et exemplaire. Notre lutte est montée d’un cran supplémentaire !"

Devant un tel déchainement de violence, on ne peut que saluer la déclaration du footballeur Andreï Tikhonov dans le journal Tvoï den’. Le sportif s’est indigné contre l’utilisation de son nom par des supporters racistes des clubs du Krylia Sovetov de Samara et du Spartak Moscou. Ces derniers ont déployé une banderole où il était écrit : "le n°11 n’est que pour Tikhonov. Les singes rentrent chez eux !"

Tikhonov a joué dans les deux équipes citées ci-dessus avec le n°11. Or aujourd’hui, ce maillot est porté au Spartak par le Brésilien Wellington et à Samara par le Colombien Kintero. Tikhonov a déclaré : "Des choses, comme le racisme, ne me plaisent pas. En ce qui me concerne, j’ai besoin du soutien des supporters du Spartak, qui me comprennent et m’aiment. Mais quand ce soutien implique des insultes envers des footballeurs d’une autre couleur de peau, cela me révolte. Je n’ai jamais été fasciste et il m’est désagréable de savoir que mon nom soit mêlé de gré ou de force dans ce scandale." Il a rajouté : "Je ne permettrai jamais à personne d’appeler un autre footballeur "nègre", "noir" ou "singe". De tels précédents dans notre football existent - rappelons nous les offenses, les bagarres, les crachats. Nous devons lutter contre cela." Six points en moins et une amende de 500.000 euros ne seront surement pas suffisants pour régler le problème des supporters hooligans, la France, l’Angleterre, l’Italie, l’Allemagne et bien d’autres pays en savent quelque chose.

Source image : wcc-coe.org

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