Tous les articles sur le mot clé : manifestation

Le phénomène Femen

Par Aurialie le 21.11.2009 à 02h23

Il est facile de dire que ces femmes n’ont pas froid aux yeux. Vêtues de tenue sexy, telles des jeunes filles embauchées pour promouvoir des boissons alcoolisées ou énergétiques dans les soirées, elles se sont mises ainsi en scène pour protester contre le harcèlement sexuel à l’université en Ukraine. Réunies devant le ministère des sciences et de l’éducation, situé au centre de Kiev, elles veulent montrer et dénoncer le comportement des professeurs persécutant les étudiantes pauvres.

Ces jeunes femmes sont des activistes du mouvement féministe FEMEN, dont la mission est de "créer les conditions les plus favorables pour des jeunes femmes souhaitant intégrer un groupe social dont l’idée générale est l’entraide mutuelle et la responsabilité sociale, contribuant ainsi à révéler les talents de chaque membre du Mouvement". Concrètement, elles souhaitent informer la société des problèmes et questions des femmes ukrainiennes, agir activement contre les tendances négatives mettant en danger la santé mentale et physique des femmes ukrainiennes, développer les qualités intellectuelles, morales et de leader des jeunes femmes en Ukraine, …

En août 2008, elles ont organisé une manifestation contre le tourisme sexuel où l’on pouvait lire, autour de jolies jeunes femmes couchées sur le sol entourées d’hommes et d’argent, le message "l’Ukraine n’est pas un bordel" en plusieurs langues. Leurs actions sont parfois en décalage avec leurs messages. Cet été, elles ont protesté contre le porno et exigé la fermeture de tous les accès au porno en Ukraine en manifestant le haut du corps totalement dénudé et le mot google (avec de multiples O) lisible sur leur dos. Il y a une dizaine de jours, elles ont mené l’action "Demarlezatsia" pour remontrer le morale des citadins "pendant cette difficile période d’épidémie" de grippe. Vêtues de sous-vêtements en gaze et d’imperméables ouverts, elles se promenaient dans le centre de Kiev en disant que le baiser était le meilleur moyen contre la dépression et qu’elles n’avaient pas peur de la grippe.

Les membres de Femen disent avoir créer une forme unique d’expression de soi basée sur le courage, la créativité, l’efficacité et le choc. Cette forme d’expression est en effet assez originale et montre qu’une femme peut être jolie, intelligente et féministe !

Source photo : Delfi

La rentrée de l'opposition en dessins

Par Aurialie le 06.09.2009 à 01h12

Lundi, à Moscou, différentes organisations mécontentes de la politique du gouvernement ont tenté d’organiser une manifestation pour la défense de l’article 31 de la Constitution russe sur la liberté de réunion. La manifestation étant interdite par la mairie, les forces de police étaient là en nombre pour garantir le maintien de l’ordre et arrêter les fauteurs de trouble.

Cette nouvelle n’aurait certainement pas fait l’objet d’un article (vu le manque de nouveauté), si je n’avais pas vu les peintures de Pavel Chevelev, qui a assisté à la manifestation (la preuve en image).

Ces dessins changent des habituelles photos et rendent bien compte de l’atmosphère du moment. Les quelques mots, publiés en complément de ses dessins, sont également un bon témoignage sur ce rassemblement : "J’ai eu une terrible impression. Il y avait beaucoup de kagébistes, des provocateurs, des agents travestis. Quelques personnes scandaient leur honte et on les arrêtaient, et les 60 autres prenaient des photos et se taisent. Si tu te tais, on ne te touchera pas. Il suffit que tu ouvres la bouche et ils te saisissent. Ce n’est pas très agréable, c’est effrayant. Je dessine les flics. Un vieillard s’approche et leur crie :
- Vous êtes les satrapes de Poutine, protégez Abramovitch, Khodorkovski !
- L’imbécile, ont dit les flics en hochant la tête.

Source image : Pavel Chevelev

Quelle peine pour les femmes enceintes emprisonnées ?

Par Aurialie le 20.07.2009 à 23h44

Le 14 juillet dernier à Saint-Pétersbourg, des femmes, membres du Parti national-bolchévique, manifestaient pour demander l’amnistie des femmes enceintes et des mères emprisonnées. Pour elles, le système fédéral d’application des peines (FSIN) est une grande Bastille moderne construite pour humilier et détruire la dignité humaine, et non pour rééduquer les criminels. "Nous trouvons que le système pénitentiaire de la Fédération de Russie doit être réformé radicalement et placé sous le contrôle de la société et des organisations de défense des droits de l’homme."

Au cours de cette manifestation, qui n’a pas réuni grand-monde pour être honnête, elles ont notamment demandé la libération de Tatiana Kharlamova, natsbol enceinte de 4 mois, emprisonnée depuis début juin. Son crime : accompagnée d’Igor Chtchouk, elle a allumé des fumigènes et distribué des tracts demandant le retour à la Russie des îles Bolchoï, Tarabarov et Bolchoï Oussouriisk cédées le 14 septembre 2008 à la Chine, la fin d’une coopération militaire sino-russe, "suicidaire pour la Russie" et le jugement "des criminels d’État du Kremlin, qui, en ayant cédé les îles, ont foulé aux pieds la Constitution et ont porté atteinte à l’intégrité territoriale de la Russie". Pendant 6 mois, ils ont été enfermés dans une prison de Khabarovsk, libérés le 1er avril 2009, mais sous surveillance des services secrets. Après avoir quitté Khabarovsk, ils ont été de nouveau arrêtés début juin 2009 et se trouvent en prison depuis. Le plus triste dans cette histoire, c’est que l’on apprenait hier que Tatiana avait perdu son bébé.

L’amnistie des femmes enceintes emprisonnées est une question intéressante, car comme le fait remarquer un commentaire : tous les prisonniers doivent être égaux et effectuer leur peine indépendamment de leur sexe, nationalité ou situation familiale et patrimoniale. Toutefois, l’article 25 de la déclaration universelle des droits de l’homme rappelle que "la maternité et l’enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales". En France, malgré les peines alternatives (travail d’intérêt général, amende…) ou les aménagements de peine (libération conditionnelle, placement à l’extérieur…) environ une cinquantaine d’enfants naissent de femmes incarcérées chaque année.

Source photo : namarsh.ru

En souvenir du 22 juin 1941

Par Aurialie le 22.06.2009 à 21h32

Alors que les Russes célébraient leur victoire sur l’Allemagne nazie le 9 juin dernier, aujourd’hui ils commémoraient l’entrée de l’Union soviétique dans la Seconde guerre mondiale, suite au lancement de l’opération Barbarossa et l’invasion de l’armée hitlérienne à 3h du matin. Ainsi 2.000 personnes ont pris part à l’opération le Quart de la Mémoire à Moscou, un rassemblement de vétérans et de jeunes dans la nuit du 21 au 22 juin. Deux adjectifs/sentiments me viennent à l’esprit en voyant cela : l’empathie pour ces vieilles personnes qui ont dû vivre l’annonce de l’invasion allemande avec beaucoup d’inquiétude et qui méritent qu’on les honorent, la désuétude de ce type de commémoration (et pas qu’en Russie ; le 14 juillet français est tout aussi désuet avec son défilé militaire), dont on devrait supprimer tous les aspects patriotiques et nationalistes, tels les uniformes militaires (portés par les jeunes notamment) ou les drapeaux avec Saint-Georges.

La cérémonie organisée par le parti Iabloko, qui a allumé 1418 bougies, symbolisant les 1418 jours de guerre (photo), a donc ma préférence, pour son côté plus intime.

Du soutien et encore du soutien

Par Aurialie le 10.06.2009 à 00h34

Une carte avec une tête de mort dans la main d’Artiom Loskoutov, dont j’ai maintes fois raconté l’histoire, voilà un parfait hommage au député européen suédois, issus du Parti pirate, qui va bientôt siéger au Parlement européen (même s’il y a peu de chance qu’il y ait un rapport). Quoiqu’il en soit (désolée de divaguer ainsi), Artiom (ou Artem selon la translitération française ou anglaise) passe, aujourd’hui 10 juin, en cassation pour demander sa remise en liberté. Son comité de soutien, quant à lui, continue à se mobiliser : manifestation, pétition, journée de solidarité, désir d’internationaliser la campagne de soutien, poursuite de la grève de la faim d’artistes de Saint-Pétersbourg, ...

Autre lieu, autre mobilisation qui mérite également d’être citée : les ouvriers au chômage de Pikalevo protestent pour réclamer la réouverture des usines de la ville et le règlement des arriérés de salaire. Le Premier ministre, V. Poutine, est intervenu en personne pour trouver une solution à la situation (ce qui a d’ailleurs inspiré ce dessin à Sergueï Elkin). On dit merci qui ? Merci Vladimir !

Source photo : Svobodanews

Le chiffre du jour : 116

Par Aurialie le 08.06.2009 à 01h09

C’est le nombre de kilos de vieux journaux et magazines apportés par un moscovite pour participer au premier écofestival de Moscou organisé par Greenpeace vendredi dernier, journée mondiale de l’environnement. L’entrée était gratuite, mais chaque participant devait apporter des papiers usagés pour pouvoir entrer. Au total, 3.000 personnes sont venues à l’écofestival et 2 tonnes de papier ont été collectées. Même le maire de Moscou, Iouri Loujkov, est venu avec 10 kilos de vieux papiers avant d’inaugurer le festival. Son intervention ne s’est pas faite sans difficultés, des membres du Parti national-bolchevik ayant scandé les slogans "Loujkov démission", "C’est notre ville", "Moscou n’est pas une décharge" (deux natsbols ont d’ailleurs été arrêtés pour "petit hooliganisme" et "meeting non-autorisé").

Pendant cette journée, différentes activités étaient organisées : concours créatifs, peinture sur des sacs en toile, origami avec le papier récolté, dessin de la "Ville, dans laquelle il fait bon vivre", questionnaire pour les enfants, concerts, … et pour finir la journée, projection du film Home de Yann Arthus-Bertrand. L’écologie est donc à la fête, comme le montre également le bon score du parti Europe écologie aux élections européennes.

Source photo : Greenpeace

Des artistes se mobilisent contre l'arbitraire

Par Aurialie le 06.06.2009 à 01h21

Voilà 9 jours que des artistes de Saint-Pétersbourg se sont mis en grève de la faim et tous les matins le directeur adjoint du Comité pour les questions de légalité, de droit et de sécurité, N.V. Stroumentov, passe les voir. Ce monsieur est notamment responsable de l’arrestation, illégale pour les artistes, de participants du défilé StreetParty du 1er mai. Mais d’autres forces de l’ordre viennent rendre visite aux grévistes, non pas pour prendre de leurs nouvelles, mais pour leur demander leurs papiers d’identité ou l’autorisation de faire ainsi une grève de la faim.

Pour rappel, cette action a débuté suite à l’incarcération de l’artiste Artiom Loskoutov (dont j’ai déjà parlé ici et ). Les artistes grévistes exigent des autorités fédérales la cessation des poursuites, mais aussi la création d’une commission publique de contrôle de l’activité du Centre de lutte contre l’extrémisme. Enfin, ils demandent aux autorités de Saint-Pétersbourg d’ouvrir une enquête pour arrestation illégale de participants lors d’une procession légitime (la StreetParty du 1e mai).

En illustration, vous voyez des tableaux peints lors de la grève de la faim. Tout le monde est invité à le rejoindre et à les soutenir.

Arrêtez-moi, je suis un artiste

Par Aurialie le 29.05.2009 à 00h41

Dans différentes villes de Russie sont organisées des actions de soutien et de solidarité avec l’artiste Artiom Loskoutov, arrêté la semaine dernière par le département "Э", le centre de lutte contre l’extrémisme. Manifestation (d’une dizaine de personnes) à Moscou, invitation à dessiner et grève de la faim d’artistes à Saint-Pétersbourg, performance artistique de l’artiste britannique Kimbal Bumstead à Novossibirsk (vidéo).

Pour toutes les personnes présentes à ces différentes actions, une certitude : l’affaire de vente de narcotique et de violation de l’ordre public a été montée de toutes pièces par la police politique pour faire taire l’artiste, et par extension pour faire taire les artistes.

Le chiffre du jour : 4

C’est le nombre de personnes arrêtées, non pas lors des célébrations du 1er mai, mais lors d’une manifestation contre l’interdiction des rassemblements publiques à Saint Pétersbourg ce dimanche. Trois sont membres du mouvement Solidarnost, un du parti Iabloko.

Selon les organisateurs, ce type de manifestation publique se déroule chaque semaine à Saint Pétersbourg. Ils demandent l’autorisation à la la mairie de manifester, mais celle-ci refuse toujours de la leur donner (Cette fois-ci, la raison pour laquelle la mairie n’a pas autorisé l’action de protestation était la présence d’un passage sous-terrain à l’endroit où devait se tenir les opposants et la tenue d’actions antiterroristes). Les activistes viennent tout de même, les policiers également.

Source : Lenta.ru

Jesus est un pirate (ce n'est pas moi qui le dis)

Par Aurialie le 20.04.2009 à 00h36

Un jour avant le résultat du jugement contre la plateforme d’échanges de fichiers The Pirate Bay, symbole de la violation du droit d’auteur pour les grandes entreprises de l’industrie du disque, du cinéma et du jeu vidéo, près de 400 Russes se sont rassemblés sur la place Pouchkine pour soutenir les créateurs du site mis en accusation. Ces derniers ont bien besoin de soutien car ils ont été condamnés à 1 an de prison ferme et 2,7 millions d’euros de dommages et intérêts le 17 avril 2009.

La manifestation de solidarité à Moscou était autorisée par les autorités locales, mais il n’est pas étonnant de voir des portiques de sécurités installées sur la place et des policiers filmer la scène. La "fête" s’est toutefois déroulée sans ennuis, avec du wifi gratuit et une performance live des musiciens indépendants Simon et Shlimmer.

Les organisateurs de cette Street Pirate Party ont expliqué que "le procès contre The Pirate Bay montre combien les stupides et affreuses sociétés sont seulement motivées par leur avarice et l’inertie, veulent empêcher les personnes de partager de la musique, des films et autres fichiers sur des bases purement altruistes." Il faut dire que les internautes du monde entier ont du souci à se faire, les législations sur le respect du droit d’auteur se renforçant un peu partout (notamment en France avec la loi Hadopi, mais aussi en Angleterre) ; et les majors attaquant de plus en plus souvent les sites qu’ils considèrent comme dangereux pour leur business (menace d’action en justice contre les sites de sous-titrage, campagne de Microsoft contre les sites d’enchères, fermeture d’un site de partage en Afrique du Sud, …). En France, la prochaine manifestation contre Hadopi est prévu le 25 avril.

N. Belikh face aux droits des minorités sexuelles

Les organisateurs de la gay-pride moscovite ont tous les ans des difficultés pour organiser cette manifestation en faveur des droits des minorités sexuelles. Moscou et Tambov ayant déjà refusé sa tenue, ils envisagent de demander l’autorisation de manifester à Kirov. Cette ville n’a pas été choisie par hasard, le gouverneur de la région de Kirov est Nikita Belikh, ancien leader de l’Union des forces de droite et ancien membre de l’opposition (avant de rencontrer Vladimir Poutine et d’accepter le poste de gouverneur).

Bien sûr, la nouvelle n’enchante pas tout le monde au niveau local, et notamment le prête Evgueni Smirnov. Selon lui, "la tenue d’un tel défilé offense les sentiments des croyants de toutes les confessions traditionnelles de la ville – les orthodoxes, les musulmans, les juifs, les protestants. Il est évident que tous les droits et exigences demandés par les homosexuels sont des souhaits exotiques et ils ne peuvent pas être fixés législativement, ils sont juridiquement mal fondés et même absurdes et inacceptables dans un État de droit démocratique." Le père Evgueni n’a toutefois pas été soutenu par le diocèse local et a même été rappelé à l’ordre par le secrétaire du diocèse de Viatski, le père Alexandre Balyberdin.

Pour le moment, nous ne connaissons pas l’opinion de Nikita Belikh sur la tenue de la gay-pride à Kirov. Cependant, Maria Gaidar, conseillère du gouverneur, également membre de l’opposition, a déclaré que la demande "ressemblait à une provocation. La constitution n’interdit pas la tenue de gay-prides, mais l’organisation d’une telle action à Kirov n’est pas la meilleure des idées", car dans la région "il y a de nombreux croyants et conservateurs."

Suite à cette déclaration, le principal organisateur moscovite de la gay-pride, Nikolaï Alekseev, a précisé vendredi dernier qu’initialement ils n’avaient pas planifié la tenue de quelque action à Kirov, mais que les mots de Mme Gaidar leur a servi de catalyseur. "Nous en avons marre de voir que les droits des minorités sexuelles sont utilisés dans les jeux et provocations politiques, alors que les gays et les lesbiennes doivent avoir les mêmes droits, que les autres citoyens, y compris le droit à la tenue des manifestations publiques." Il a rajouté : "la conseillère du gouverneur reconnaît que le droit à la liberté de réunion est garanti par la Constitution russe, y compris pour les homosexuels. Mais elle propose aux minorités sexuelles de mener d’abord, on ne sait pas pourquoi, l’action à Moscou. Je veux rappeler à Maria Gaidar l’intégrité territoriale de la Fédération de Russie et l’unité de son espace juridique. La constitution de la Russie a la même force à Moscou qu’à Kirov." C’est pourquoi, Nikolaï Alekseev va déposer un avis de manifestation des minorités sexuelles à Kirov. En cas de refus, il s’adressera aux organismes judiciaires et est prêt à aller jusqu’à la Cour Européenne des droits de l’Homme, où il y a déjà dix plaintes contre les interdictions des manifestations homosexuelles à Moscou et Tambov. Nikolaï Alekseev a remarqué que "la réponse des autorités de Kirov jettera une lumière sur le caractère démocratique du pouvoir régional actuel, y compris sur le gouverneur Nikita Belikh, qui s’est heurté plus d’une fois aux interdictions d’actions publiques de l’opposition à Moscou. Le problème de la liberté de l’expression en Russie lui est parfaitement familier."

Quand un membre de l’opposition est passé de l’autre côté du pouvoir, oublie-t-il toutes ses convictions passées ? Le défilé est prévu pour le 16 mai, date de la finale de l’Eurovision, il sera alors intéressant de voir s’il aura lieu, dans quelle ville (des demandes vont être déposées dans d’autres villes), et si le gouverneur Belikh y prendra part (comme l’espère Alekseev).

Source : Kontoury.info
Photo : Nikita Belikh et Maria Gaidar (Ria Novosti)

Deux semaines contre les discriminations

Dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination des discriminations raciales, commémorée annuellement le 21 mars depuis 1966, la coalition pétersbourgeoise Ksenofobii.net va organiser une vingtaine de manifestations, forums de discussions, présentations de films contre le nationalisme, l’intolérance, et l’homophobie. Les 1ers événements ont eu lieu dimanche 15 mars sur la place Vladimirskaïa : théâtre de rue contre l’homophobie et action "De la nourriture à la place des bombes".

Vous pouvez participer aux différentes manifestations jusqu’au 29 mars (programme sur le blog de Ksenofobii.net)

Source photo : piter.indymedia

Manifestation pour la libération de Zara Mourtazalieva

Par Aurialie le 06.03.2009 à 00h01

Samedi à 13h30, près de la station "Чистые пруды" à Moscou, aura lieu un rassemblement pour demander la libération de Zara Mourtazalieva, une jeune tchétchène condamnée à 9 ans d’emprisonnement pour participation à des activités terroristes. Après plusieurs mois sous écoute, la police l’arrête, contrôle ses papiers et l’emmènent au poste. Ils lui prennent ses empreintes, elle va se laver les mains et à son retour, son sac est plus volumineux, elle refuse d’y toucher, les policiers fouillent son sac et y trouvent des explosifs et du plastique. Ses empreintes ne sont révélées sur aucun de ces objets. Voilà donc 5 ans qu’elle est enfermée pour une affaire montée de toute pièce. C’est pourquoi les associations de droits de l’homme russes et internationales (telle Amnesty international) souhaitent faire connaître son histoire.

La voix de ceux qui m’accusent de ne montrer que le côté négatif de la Russie (en relatant l’activité des personnes ayant une résonance marginale dans la société russe ou en me faisant l’écho d’actions d’associations de droits de l’homme internationales soulignant le manque de libertés en Russie, ...) m’a fait me demander quel serait l’intérêt de monter une affaire pour faire condamner une jeune Tchétchène ? Et puis, ces voix ont finalement été rapidement balayées par le souvenir des actualités de la semaine : affaire Florence Cassez ou comment la justice mexicaine accuse sans preuve une Française d’enlèvement, en mettant en scène son arrestation ; affaire Colonna ou comment le président de la république a désigné comme coupable de l’assassinat du préfet Erignac un berger corse, qui est trop petit pour être l’assassin, et dont le dossier, l’enquête et le procès soulèvent pas mal d’interrogations.

Alors pourquoi monter des affaires de toutes pièces ? Pour montrer que la police et la justic de son pays travaillent et protègent les citoyens, pour détourner l’attention du peuple d’autres problèmes, pour se débarrasser d’une personne gênante, ... bref, il y a pas mal de raisons finalement de vouloir condamner une personne. Il n’est donc pas inutile de relater le cas de Zara Mourtazalieva, qui, à 25 ans, a déjà passé 5 ans de trop en prison.

Source image : Grani.ru

Chaque pays a-t-il l'opposition qu'il mérite ?

En accompagnement de la nouvelle version de son site web, Svobodanews.ru s’est alloué les services du dessinateur Igor Gontcharouk, qui officiait précédemment à Ogoniok. Sur internet il y a peu d’informations sur le personnage : "né en 1945, il est membre d’un syndicat, aime boire de la bière et dessiner pour les magazines et livres". Son style est facilement reconnaissable : il dessine à l’aquarelle. Ses dessins, au nombre de deux pour le moment, font partie de la rubrique "Суверенный смех" (le rire souverain), réservée "à ceux qui sont prêts à une lutte acharnée pour les droits des citoyens de la Fédération de Russie par l’humour".

Le dessin publié cette semaine s’intitule "Le régime antinational est tombé", avec le sous-titre "Chaque pays a l’opposition qu’il mérite". Sur le mausolée de Lenine, on voit, de gauche à droite, Garry Kasparov, Valeria Novodvorskaïa, Edouard Limonov et Boris Berezovski devant une foule de manifestants tenant des pancartes où il est écrit : "Le KGB doit être exsangue", "Il faut partager tout !", "Judo, go home !" (Judo doit certainement signifier Poutine, grand amateur de judo), "Vive le régime anti-antinational !" et "Nous t’aimons BAB" (BAB = Boris Berezovski).

Quatre internautes qui ont commenté le dessin ne l’apprécient pas vraiment, ils le considèrent comme très offensant, particulièrement pour Valeria Novodvorskaïa, dissidente soviétique et femme politique libérale russe. Et c’est vrai que dans un média d’opposition, il peut être déconcertant de trouver une critique de .. l’opposition. Mais cette dernière est assez disparate, sans réel programme commun, et sans légitimité dans la population russe. Alors, chaque pays a-t-il l’opposition qu’il mérite ? Peut être bien. Celle à Sarkozy en France n’a pas donné une image éclatante ces derniers temps.

112.520 personnes contre 6 nouveaux incinérateurs à Moscou

Depuis quelques mois, Greenpeace Russie s’inquiète du futur destin de la capitale russe, qui deviendra prochainement un des centres mondiaux d’incinération des déchets. Pour régler le problème "des ordures", les autorités moscovites ont l’intention de bâtir six nouveaux incinérateurs, menant ainsi leur nombre à 10 (cf carte).

L’association écologiste a donc mené une campagne de collecte de signatures contre ce projet : c’est ainsi 112.520 signatures qui ont été transmises aujourd’hui à l’administration présidentielle. Mais comme le montre ces photos, le Monsieur Conteneur de Greenpeace a été embarqué par la police. Maintenant il ne faut pas que les signatures prennent le même chemin...

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