Tous les articles sur le mot clé : justice

Biélorussie - action choc pour décision irrémédiable

Cette photo a été prise à Varsovie, hier, par le journaliste biélorusse Pavel Sheremet : les deux jeunes hommes étendus sur le sol, une cagoule noire sur la tête, une corde autour du cou et une balle dans la cervelle, dénoncent l’exécution de deux condamnés à mort biélorusses, Dmitri Konovalov et Vladislav Kovalev, coupables d’avoir organisé les attentats dans le métro de Minsk le 11 avril 2011 et d’autres attentats, entre 2005 et 2008.

Le problème, c’est que la justice biélorusse n’a jamais pu prouver leur culpabilité et leur responsabilité dans l’organisation de ces attentats, faute de preuve matérielle. Condamnés à mort en novembre 2011, Dmitri Konovalov et Vladislav Kovalev n’auront pas eu le temps d’apporter de nouveaux éléments prouvant leur innocence et pouvant modifier leur peine. La vitesse avec laquelle la sentence a été exécutée est exceptionnelle, selon le politologue Victor Demidov.

L’Union européenne avait annoncé qu’elle renforcerait les sanctions à l’encontre de la Biélorussie si Minsk refusait de libérer les détenus politiques. Mais ce type de menace n’est pas du genre à impressionner un Alexandre Loukachenko, connu pour ses dérives autoritaires et ses déclarations surprenantes, la dernière en date étant "Mieux vaut être dictateur que pédé".

Source photo : Pavel Sheremet

Que cache la perquisition de la galerie Triumph ?

Par Aurialie le 15.02.2011 à 00h43

La galerie Triumph, située dans un ancien hôtel particulier de la rue Novokouznetsk au centre de Moscou, expose les travaux d’artistes modernes russes et étrangers, tels que AES+F ou Alexey Beliayev-Guintov. Dans la nuit de vendredi à samedi, la galerie a eu la visite d’agents du FSB, qui n’ont pas même permis au gardien de prévenir la direction. C’est donc par hasard, grâce au chauffeur de son ami qui se garait près de la galerie, qu’un des propriétaires, Emelian Zakharov, est prévenu par téléphone.

Au cours de la perquisition, les enquêteurs ont forcé des coffres-forts (alors qu’on leur a proposé de l’ouvrir avec les clés) et saisi plus de 150 objets : ordinateurs, disques, documents, argent, … sans qu’aucun motif n’ait été donné. Maintenant les propriétaires de la galerie savent que la perquisition a eu lieu dans le cadre de l’article 159 du code pénal "fraude de grande ampleur".

Emelian Zakharov pense qu’au-delà de la tentative d’intimidation, la perquisition visait principalement Ivan Nazarov, l’autre propriétaire de la galerie, arrêté d’ailleurs dimanche soir pour organisation supposée d’un réseau de casinos clandestins dans la banlieue de Moscou. D’après GZT.ru, les enquêteurs pensent qu’Ivan Nazarov a reçu la protection des chefs du ministère public et de l’administration municipale des affaires intérieures en échange du paiement de congés à l’étranger...

Ajouté à cela que des documents professionnels de Boris Berezovski et de sa fille ont été trouvés pendant la perquisition... et on se trouve dans une affaire plus complexe que prévue. Selon l’homme d’affaires, le but est de détourner l’opinion publique du procès Khodorkovski et des révélations de l’assistante du juge sur les pressions subies pour rendre un verdict conforme au désir du pouvoir.

Quoi qu’il en soit, Emelian Zakharov a décidé de porter plainte contre le ministère public pour demander une compensation pour le préjudice subi lors de la perquisition.

Source photo : Rian.ru

Dénoncer les intouchables

Par Aurialie le 16.07.2010 à 15h58

En novembre 2009, j’avais référencé un article du Monde sur Sergueï Magnitski, avocat du Fonds d’investissement britannique Hermitage Capital, décédé tragiquement en détention provisoire, faute de soin, dans une prison russe. Il était emprisonné depuis près d’un an pour fraude fiscale, alors que lui-même accusé des policiers russes d’avoir utilisé des documents du Hermitage Capital pour détourner 230 millions de dollars de fonds gouvernementaux.

Pour les amis de Sergueï Magnitski, il ne fait aucun doute qu’il a été emprisonné pour contrer ses propres accusations ; les personnes l’ayant arrêté étant les mêmes qu’il accusait. Le site russian-untouchables.com a donc été créé pour faire connaître l’histoire de Sergueï Magnetsky, mais aussi pour que les responsables de sa mort soient connus et jugés. Une liste de 60 intouchables – officiers, juges, policiers – a été dressée par le sénateur américain Benjamin Cardin pour que des visas ne leur soient plus délivrés. Mais les 2 personnes qui sont plus précisément dans le collimateur des amis de Sergueï Magnitski sont le lieutenant-colonel Artiom Kouznetsov et l’officier Pavel Karpov. Ce sont les personnes que Sergueï Magnitski impliquait dans le détournement des 230 millions de dollars et qui l’ont arrêté en retour. Selon le site russian-untouchables.com, qui est vraiment très complet, montre de très nombreux documents et a diffusé une nouvelle vidéo cette semaine, les actifs immobiliers et mobiliers de ces fonctionnaires ne correspondent pas au niveau de leur salaire. Le premier a un salaire annuel de 10.200$, mais des actifs d’une valeur de plus de 3 millions de dollars, le second a un salaire annuel de 6.000$ et des actifs d’une valeur de 1,3 million de dollars.

L’ouverture d’une enquête sur le décès de Sergueï Magnitski, mais aussi sur la qualité des soins donnés aux détenus, avait été demandée par le président Medvedev, à l’époque. Mais huit mois après cette requête, les résultats ne semblent pas au rendez-vous, tant sur l’évaluation des responsabilités des personnes impliquées dans la mort de Sergueï Magnitski, que sur l’amélioration des soins aux prisonniers. Six mois après le décès de l’avocat de l’Hermitage Capital, une femme d’affaires russe, Vera Trifonova, arrêtée pour crime économique, mourrait faute de soin dans un centre pénitentiaire russe.

Photo : Sergueï Magnitski, source - ej.ru

Photos ou calomnie ?

Par Aurialie le 21.12.2009 à 00h09

Le 16 décembre dernier, un juge d’instruction ouzbek a inculpé la photographe Oumida Akhmedova de calomnie et d’offense au peuple ouzbek. La cause de cette accusation : son album consacré aux habitants de la république d’Ouzbékistan "Les femmes et les hommes : de l’aube au coucher", publié en 2007. Les 110 photos qui le composent (dont 2 que l’on trouve ici en illustration), montrent divers aspects de la vie quotidienne en Ouzbékistan.

La première convocation au ministère public a eu lieu il y a environ un mois. Aux questions du juge d’instruction sur ses photos, Oumida Akhmedova a tenté d’expliquer qu’elle faisait de l’ethnographie, qu’elle prenait en photos les rites nationaux et qu’elle ne voyait pas en quoi consistait ici la calomnie. Mais bien sûr, elle n’a pas obtenu de réponse et a été inculpée. Une pétition est en ligne pour demander que les poursuites soient levées.

D’autres photos sont visibles sur Fergana.info

Le dessin du jour de S. Elkine

Par Aurialie le 25.10.2009 à 03h21

Vladimir Poutine déclare : "La mort est dans l’oeuf, l’oeuf dans le canard, le canard dans le lapin, et ainsi de suite." Dans le canard, il est écrit "media", dans le lapin "tribunaux", et dans l’ours "Russie unie".

Je vois dans ce dessin de Sergueï Elkine, publié vendredi, une critique de la main-mise de la justice et des médias par Russie unie, le parti au pouvoir. Et vous ?

Le procès Khodorkovski comme si vous y étiez

Par Aurialie le 26.06.2009 à 00h22

Boris Joutovski a dessiné l’intérieur de la salle d’audience du 2e procès Khodorkovski qui se tient actuellement à Moscou. Le dessin est publié sur le site du journal Novaya gazeta, la légende également.


1. Les inculpés — Khodorkovski et Lebedev sont dans une pièce derrière une vitre. Le verre reflète les fenêtres de la salle, c’est pourquoi on ne les voit pas. Ils communiquent avec leurs avocats à travers la porte noire.
2. Le soldat-gardien.
3. Le juge en tunique noire et à lunettes. Le juge s’ennuie !
4. La portière, d’où sort le juge. Et tout le monde se lève.
5. L’équipe du procureur. Sur la table des montagnes de papier. Nous comptons les heures. Celui du milieu lit. Les 2 sur les côtés se taisent.
6. Le Soldat-huissier. Avec téléphone et gilet.

D’autres dessins du procès par Boris Joutovski sont visibles sur le blog de Novaya Gazeta. Et grâce au fil twitter du Khodorkovski, vous pouvez suivre au jour le jour l’évolution du procès et ainsi apprendre qu’aujourd’hui c’est son anniversaire.

Dur dur d'être un blogueur

Par Aurialie le 24.06.2009 à 01h17

Ce n’est pas le 1er cas et ce ne sera certainement pas le dernier dans le monde : un blogueur russe de 30 ans,Dmitri Kirilin, est poursuivi pour appel "au renversement de l’ordre politique existant" et pour s’être exprimé de façon irrespectueuse envers les structures du pouvoir, et notamment envers le premier-ministre Vladimir Poutine. Pourquoi relayer cette information, qui n’a rien de nouveau par rapport aux précédents cas d’arrestation de blogueur ? Pour 4 raisons :
- les écrits incriminés dataient de 2006, ce qui me fait dire que la justice remonte parfois loin pour trouver un chef d’inculpation contre une personne ;
- pour cette déclaration d’Ilya Iachine, membre du mouvement Solidarnost : "Ces derniers temps le pouvoir réagit nerveusement et agressivement aux énonciations de tels ou tels blogueurs. L’affaire criminelle suivante provoque de sérieuses craintes. On pouvait penser que les premiers cas étaient dus au hasard. Mais il est évident maintenant qu’il y a une politique orientée d’intimidation des gens, s’exprimant sur la politique sur Internet."
- pour cette déclaration d’Oleg Kozlovski, coordinateur du mouvement Oborona : "Durant les 2 dernières années les affaires criminelles et arrestations de blogueurs sont devenues une pratique ordinaire. La raison en est souvent d’inoffensives inscriptions sur l’activité de la milice, du FSB. Ainsi les structures de mantien de l’ordre font savoir aux utilisateurs des blogs qu’ils les tiennent tous "dans leur crochet", et sur Internet il y a une autocensure. Il est difficile et cher d’établir une censure ordinaire, et le pouvoir tente d’obliger les blogeurs à se taire par le biais des procès publics."
- pour faire un parallèle avec la France (on évitera ainsi de dire que je donne des leçons à la Russie) avec l’histoire de la blogueuse qui a reçu une convocation de la brigade de répression de la délinquance pour avoir écrit "Hou la menteuse" à l’encontre de Nadine Morano. Alors un conseil à mon gouvernement : ne soyez pas moranoïaque (voilà un autre lien pour des plus amples explications) !

Arrêtez-moi, je suis un artiste

Par Aurialie le 29.05.2009 à 00h41

Dans différentes villes de Russie sont organisées des actions de soutien et de solidarité avec l’artiste Artiom Loskoutov, arrêté la semaine dernière par le département " ?", le centre de lutte contre l’extrémisme. Manifestation (d’une dizaine de personnes) à Moscou, invitation à dessiner et grève de la faim d’artistes à Saint-Pétersbourg, performance artistique de l’artiste britannique Kimbal Bumstead à Novossibirsk (vidéo).

Pour toutes les personnes présentes à ces différentes actions, une certitude : l’affaire de vente de narcotique et de violation de l’ordre public a été montée de toutes pièces par la police politique pour faire taire l’artiste, et par extension pour faire taire les artistes.

Les autorités de Novossibirsk enferment l'artiste A. Loskoutov

Par Aurialie le 22.05.2009 à 02h01

Artiom Loskoutov, jeune artiste contemporain de Novossibirsk, se trouve emprisonné depuis le 15 mai pour détention de marijuana et activité politique extrémiste. Connu comme un des leaders de la scène artistique underground de la première ville de Sibérie, Artiom Loskoutov a fondé le groupe Babouchka posle pokhroron (lit. Grand-mère avant après l’enterrement), est l’auteur de films et l’organisateur de nombreux festivals, performances, manifestations, dont la Monstration, un défilé artistique de jeunes qui se tient le 1er mai depuis 2004.

Cependant, l’inculpation de détention de drogue n’est pas fondée pour ses amis et connaissances, ainsi que pour Artiom lui-même. En effet, l’arrestation ne s’est pas faite après que la drogue ait été trouvée, mais selon l’ami présent lors de l’arrestation, Artiom a été enlevé dans la rue par plusieurs personnes, emmené au poste et alors 11 grammes de marijuana ont été trouvés, Artiom a alors été inculpé. Ses partisans pensent donc qu’il a été arrêté pour son activité artistique et sociale.

A l’occasion de sa comparution mercredi (20 mai), la juge Elena Deviataïkina a déclaré qu’au vu des auditions et des écoutes téléphoniques, Loskoutov était impliqué dans la vente de narcotiques sur le territoire de Novossibirsk et de l’université, ainsi que dans l’organisation d’actions liées à la violation de l’ordre public (organisation de désordre massif, destruction de magasins, incendie criminel, ...). Elle a donc approuvé le maintien en détention. Ses amis vont maintenant recueillir des documents pour prouver qu’Artiom est un artiste et le faire sortir le plus rapidement de prison.

Source photo : Valery Titievsky.

Condamné pour son passé ou pour son activité présente ?

A notre époque, où les lois anti-terroristes outrepassent certains droits des citoyens (et pas qu’en Russie), il n’est pas bon d’appartenir ou d’avoir appartenu à un groupe d’opposition considéré comme extrémiste, terroriste, anarcho-autonome, ... C’est malheureusement, l’une des charges que le ministère public de la région de Sverdlovsk a retenu contre Alexeï Nikiforov (art 282.2 du code pénal : participation à l’activité d’un groupe social ou religieux pour lequel un tribunal a exigé la liquidation ou interdit son activité pour cause d’activité extrémiste). Le tort d’Alexeï Nikiforov est d’avoir était membre du Parti national-bolchevique avant que celui-ci ne soit interdit. Après son interdiction par la justice russe, Alexeï a continué d’être un opposant au pouvoir, en étant membre de l’Autre Russie, mais toujours en utilisant des méthodes non-violentes.

Alexeï est en prison depuis fin mars et risque 2 ans d’emprisonnement (son cas est d’autant plus délicat, qu’il a déjà été condamné en 2007 pour outrage au drapeau). Pour son Comité de soutien, cette nouvelle accusation n’a pas de fondement, cette affaire est montée de toute pièce pour annihiler tout esprit d’opposition en lui, mais aussi dans tout opposant au pouvoir. Le Comité estime que ces poursuites ressemblent aux répressions subies par les ennemis du peuple pendant la Grande terreur (dans les années 30) ou par les dissidents dans les années 70.

Les autorités judiciaires semblent continuer à exercer des pressions sur l’opposition locale, quatre membres du Comité de soutien d’Alexeï Nikiforov étaient convoqués aujourd’hui par le juge d’instruction. Va-t-il falloir créer le Comité de soutien du Comité de soutien d’Alexeï Nikiforov ?

Sources : Ekaterinbourg news et Hroniki.info

2 combats, 2 condamnations infondées

Un internaute au pseudo de Kasanski voksal m’a envoyé aujourd’hui deux informations qui ont tout à fait leur place ici : l’enfermement sans fondement d’un syndicaliste et d’un antifasciste russes.

Le 26 décembre 2008, le tribunal de district de Mirny de la République de Sakha (Iakoutie) a condamné Valentin Ourousov, électricien à l’URMSU Almazenergoremont de AK ALROSA et leader du syndicat Profsvoboda, à 6 ans de réclusion pour détention de drogues. Son avocat, Evgueny Chernousov, affirme que le tribunal n’a pas suffisamment étudié les preuves montrant l’innocence du syndicaliste, ni pris en considération sa version des faits. Lors de l’arrestation et de la confiscation des drogues, violence et menaces de mort ont été utilisées par les autorités, les déclarations des témoins à charge ont été déformées. De plus, l’arrestation de Valentin Ourousov a eu lieu à un moment essentiel de l’activité du syndicat : 2 jours avant la fin de la commission de conciliation créée pour résoudre les conflits de travail dans l’entreprise.

Ainsi, il y a fort à parier que la condamnation de Valentin Ourousov est une attaque contre son activité syndicaliste, ce qui crée un précédent extraordinairement dangereux capable d’amener à une aggravation de la situation sociale dans un proche avenir. D’ailleurs, en janvier et février 2009, 13 militants du syndicat Profsvoboda ont été licenciés de l’entreprise AK ALROSA. Et ces militants se voient maintenant refuser tout emploi dans les autres entreprises de la ville puisque ces dernières sont toutes liées à la compagnie AK ALROSA. Le pourvoi en cassation d’Ourousov aura lieu dans la seconde moitié d’avril à la Cour suprême de la République de Sakha, vous pouvez leur envoyer une lettre demandant la libération de Valentin Ourusov (modèle sur le site ikd.ru).

Autre cas, autre demande de soutien : Depuis le 6 novembre 2008, Alexei Olesinov est en prison, en attente de son procès, poursuivi pour hooliganisme en groupe (article 213, al. 2 du code pénal de la Fédération de Russie). Précisément, il est accusé de s’être battu avec des agents de sécurité du club moscovite « Culte », le 30 août 2008. Il est arrêté deux mois après, bien que les agents n’aient même pas porté plainte (les bagarres se produisent quotidiennement à la sortie des clubs). Toutes les preuves montrent donc que l’affaire est entièrement fabriquée. L’appartenance d’Olesinov au mouvement informel Antifa a été révélée dans l’enquête, alors que ça n’avait rien à y faire.

L’histoire d’Alexeï Olesinov avait été racontée dans l’un des derniers articles d’Anastasia Babourova, Grani.ru l’a relaté également cette semaine. Une campagne internationale pour faire pression sur les autorités russes peut-elle servir à quelque chose ? Si vous le croyez, n’hésitez pas à écrire au ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie ou à organiser des actions près des ambassades russes dans vos pays, ce jeune homme de 23 ans risque 5 ans de prison pour des convictions politiques.
Tribunal :
Téléphone/Fax : +7 495 911-03-85 en écrivant “Konovalova N.V.”
Adresse : 109147, Russia, Moscow, Marksistskij per., 1/32
I.o. predsedatelya Taganskogo rajonnogo suda Konovalovoj N.V.
En russe : 109147, ??????, ??????, ???????????? ???., 1/32
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Ministère des Affaires étrangères :
Fax : +7 (499) 244-34-48 ministry@mid.ru
Adresse : Ministerstvo inostrannyx del RF
119200, Rossija/Russie, Moskva, Smolenskaja-Sennaja pl., 32/34

Sources photos : ikd.ru et grani.ru

Le chiffre du jour : 100.000

Par Aurialie le 15.04.2009 à 23h27

C’est le montant des dommages et intérêts en roubles pour préjudice moral que devrait recevoir le président de la République tchétchène Ramzan Kadyrov de la part du journal Novaïa gazeta, condamné en appel pour l’article de Viatcheslav Izmaïlov : "En Tchétchénie on enlève les amis de la famille Kadyrov". L’auteur devra également lui verser 10.000 roubles. L’avocat de Kadyrov avait demandé 1.290.000 roubles mais le tribunal a considéré que le préjudice moral était minime. D’ailleurs, en 1e instance la cours avait rejeté la plainte de Kadyrov.

Source : Lenta.ru

MAJ (16/04/2009) : Ah mais le président Kadyrov ne va pas garder l’argent pour lui, il va le reverser à une maison pour personnes agées, quelle gentillesse !

Vous avez dit "cynisme" ?

Par Aurialie le 09.04.2009 à 23h52


Demander aux familles des enfants ayant survécu à la prise d’otages de l’école de Beslan de payer entre 50.000 et 70.000 roubles d’impôts sur le revenu car leurs enfants étudient gratuitement dans un lycée "privé", voilà ce que l’on peut appeler du cynisme ou tout du moins un manque flagrant d’inhumanité de la part des autorités russes.

Il faut dire aussi que ces familles sont membres de l’association la Voix de Beslan, accusée précédemment d’extrémisme par les autorités judiciaires. Et surtout que les enfants des familles qui ont reçu cette demande de l’inspection fiscale russe étudient dans le lycée Koralova, géré par les parents de Mikhaïl Khodorkovski, l’ancien patron de Ioukos, dont le 2e procès pour détournement de fonds et évasion fiscale est en cours. Mais ni les parents, ni les enfants ne reçoivent de l’argent de l’institution Koralova, mais juste une aide bienveillante et un enseignement bénévole pour aider ces jeunes à se construire une vie après la tragédie de Beslan.

Alors cette attaque est-elle un moyen de récupérer de l’argent pour renflouer les caisses de l’Etat russe ou bien une tentative de pression supplémentaire sur l’association la Voix de Beslan et/ou sur la famille Khodorkovski ?

Source photo : La Voix de Beslan

Le chiffre du jour : 300

Par Aurialie le 02.04.2009 à 00h22

300, c’est le nombre de dirigeants russes, actuels et anciens, que souhaitent entendre en tant que témoins les avocats de Khodorkovski. Et parmi les noms présents sur cette liste, on trouve celui de Vladimir Poutine, non pas en tant qu’ancien président, mais qu’ancien responsable du FSB, "qui a acheté des produits énergétiques à Ioukos à des prix qui sont maintenant qualifiés de criminellement sous-évalués".

Selon un des avocats de Khodorkovski, il faut savoir si Poutine avait conscience à l’époque de ce qu’il faisait, car s’il en avait conscience, alors en principe il serait un complice. Hier, les procureurs et leurs familles ont également entendu ses accusations de profit quelque peu malhonnêtes grâce aux avantageux tarifs de l’énergie (vidéo de la déclaration de Khodorkovski). Le 2e procès Khodorkovski réserve encore des surprises.

Source : Nezavissimaïa Gazeta

Manifestation pour la libération de Zara Mourtazalieva

Samedi à 13h30, près de la station " ?????? ?????" à Moscou, aura lieu un rassemblement pour demander la libération de Zara Mourtazalieva, une jeune tchétchène condamnée à 9 ans d’emprisonnement pour participation à des activités terroristes. Après plusieurs mois sous écoute, la police l’arrête, contrôle ses papiers et l’emmènent au poste. Ils lui prennent ses empreintes, elle va se laver les mains et à son retour, son sac est plus volumineux, elle refuse d’y toucher, les policiers fouillent son sac et y trouvent des explosifs et du plastique. Ses empreintes ne sont révélées sur aucun de ces objets. Voilà donc 5 ans qu’elle est enfermée pour une affaire montée de toute pièce. C’est pourquoi les associations de droits de l’homme russes et internationales (telle Amnesty international) souhaitent faire connaître son histoire.

La voix de ceux qui m’accusent de ne montrer que le côté négatif de la Russie (en relatant l’activité des personnes ayant une résonance marginale dans la société russe ou en me faisant l’écho d’actions d’associations de droits de l’homme internationales soulignant le manque de libertés en Russie, ...) m’a fait me demander quel serait l’intérêt de monter une affaire pour faire condamner une jeune Tchétchène ? Et puis, ces voix ont finalement été rapidement balayées par le souvenir des actualités de la semaine : affaire Florence Cassez ou comment la justice mexicaine accuse sans preuve une Française d’enlèvement, en mettant en scène son arrestation ; affaire Colonna ou comment le président de la république a désigné comme coupable de l’assassinat du préfet Erignac un berger corse, qui est trop petit pour être l’assassin, et dont le dossier, l’enquête et le procès soulèvent pas mal d’interrogations.

Alors pourquoi monter des affaires de toutes pièces ? Pour montrer que la police et la justic de son pays travaillent et protègent les citoyens, pour détourner l’attention du peuple d’autres problèmes, pour se débarrasser d’une personne gênante, ... bref, il y a pas mal de raisons finalement de vouloir condamner une personne. Il n’est donc pas inutile de relater le cas de Zara Mourtazalieva, qui, à 25 ans, a déjà passé 5 ans de trop en prison.

Source image : Grani.ru

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