Tous les articles sur le mot clé : jeunesse

Boire ou conduire (2)

Par Aurialie le 20.12.2009 à 01h36

Du 11 au 16 décembre, les visiteurs de la galerie Vinzavod pouvaient voir l’exposition "What’s stopping you ?". Les thèmes : la consommation de bière par les jeunes, la vente de bière aux jeunes et la consommation de bière au volant. A l’origine de cette exposition, il y a la mise en place d’un concours de création de publicité sociale sur ces sujets, sous le parrainage du plus célèbre web-designer russe Artemiy Lebedev. Il a notamment organisé une master-class mi-novembre pour favoriser la création d’affiches et slogans. Sur 500 travaux présentés, 16 ont été retenus pour l’exposition (et seront ensuite affichés dans les rues de Moscou), j’en ai choisi moi-même 4.

Les 2 premières sont graphiques, je n’ai pas grand chose à dire.

Sur ces 2 autres, il est écrit sous le grand rectangle noir "Conscience des gens qui vendent de la bière aux adolescents" et sur l’affiche de droite "Chemin dangereux".

Vous vous demandez peut-être pourquoi ils s’attaquent ainsi à la bière et non pas à la vodka, au gin et autres alcools forts ? La réponse est à la fois simple et étrange : ce concours est organisé par un vendeur de bière néerlandais, qui souhaite "attirer l’attention sur un sujet que les autres marques de bière préfèrent ne pas évoquer" (l’alcoolisme des jeunes). Et par la même occasion, il peut se faire un peu de pub.

Le chiffre du jour : 340 millions

Par Aurialie le 01.07.2009 à 00h42

C’est en roubles la somme que le Fonds d’aide aux enfants en situation de détresse débloquera dans les 2 années qui viennent en faveur de la protection des enfants victimes de mauvais traitements. Une campagne nationale contre la maltraitance des enfants, intitulé "Protégeons les enfants contre la violence", débutera en 2010 avec un budget de 120 millions de roubles et se poursuivra en 2011 avec 220 millions de roubles.

Les résultats d’un sondage réalisé par l’Institut de sociologie de l’Académie russe des sciences ont montré qu’en Russie 52% des parents recouraient à la violence physique à des fins éducatives, cependant que 20% estiment que dans certains cas les châtiments corporels sont bénéfiques pour les enfants, et 5,6% sont persuadés qu’ils sont incontournables.

Source : Ria novosti

"Tu es son présent, son futur, son passé, son premier et dernier espoir"

Par Aurialie le 19.02.2009 à 00h02

Cette année en Russie, c’est l’année de la jeunesse et un grand projet est lancé pour imaginer la Russie en 2020. Quatre sujets sont déjà lancés : le succès (faire des jeunes des entrepreneurs), les projets Zvorykine (commercialiser les inventions des jeunes), le leadership (donner la possibilité à chaque jeune de réussir dans chaque domaine de sa vie) et la tolérance (garantir une coexistence pacifique des peuples vivant sur le territoire russe). D’autres sujets seront traités : la technologie du bien, le territoire, la tradition, ...

Le plan com’ du gouvernement sur ce projet est plutôt bon. En plus d’un site attractif montrant son évolution quotidienne, une vidéo très moderne, reprenant les codes utilisées ces derniers temps par les agences de communication et les webdesigners (comme par exemple pour la campagne présidentielle d’Obama) a été mise en ligne.

La question est de savoir qui est à l’origine de ce clip. Ce mode de communication direct, parfois troublant, serait assez étonnant pour une agence gouvernementale. Certains internautes pensent d’ailleurs que ce sont des jeunes de l’opposition qui ont fait cette vidéo. La phrase "Ты её Настоящее, Будущее, Прошлое, первая и последняя надежда" (Tu es son présent, son futur, son passé, son premier et dernier espoir) à 1 min. 52 rappelle en effet un slogan du Parti national-bolchevique. Mais cette vidéo ne semble pas être la leur, car ils en ont fait une, en "réponse à Chamberlain". Et pour amplifier le buzz, il se dit que cette vidéo a été interdite, mais on ne sait par qui... En tout cas, le marketing viral fonctionne parfaitement, selon Google, ce clip a été dans le top 3 des vidéos les plus citées dans les blogs le 17 février.

MAJ : Aujourd’hui (19/02/09, 23h21), le ministère du sport, du tourisme et de la jeunesse confirme ne pas être à l’origine du clip, mais aussi ne pas avoir interdit ce clip. Le mystère de l’auteur de la vidéo reste donc entier pour le moment.

4 agressions en 3 ans : hasard ou acharnement ?

Par Aurialie le 09.01.2009 à 22h42

Qui s’acharne ainsi sur Maxime Malychev, leader de la section pétersbourgeoise de l’Avant-garde de la jeune rouge (AKM) ? Depuis 2005, il a été agressé 4 fois par des inconnus mais la police n’a jamais réussi à trouver les auteurs.

  • Le 16 novembre 2005, il est attaqué dans la station de métro Tchernychevskaïa à 23h, après un concert organisé le Jour de la tolérance.
    Résultat : commotion cérébrale, contusion aux yeux, 22 jours de soins.
  • Le 9 janvier 2006, il est frappé à un arrêt de bus de la Perspective Nevski, après avoir récolté des signatures et vendu le journal Kontrolnyi vystrel.
    Résultat : traumatisme crânien, blessure à la pommette droite.
  • Le 10 juin 2006, à la veille du sommet du G8, lui et sa mère sont agressés devant leur logement.
    Résultat : fracture des 10e, 11e et 12e côtes, avec déplacement de fragments de la 10e côte dans le creux de l’aisselle, ecchymoses sur diverses parties du corps, long séjour à l’hôpital. Et pendant une semaine après l’agression, des menaces de mort...
  • Le 13 décembre 2008, à la veille d’une Marche du désaccord, il est encore une fois agressé.
    Résultat : nombreuses ecchymoses dans le dos, blessure à la bouche, fracture de la 10e côte.

Les représentants des organisations sociales et des groupes d’opposition de Saint-Pétersbourg sont sûrs que derrière ces attaques il y a des fonctionnaires haut placés corrompus, qui craignent que le peuple dise publiquement la vérité. C’est pourquoi dans une lettre ouverte, ils demandent qu’une enquête complète et objective de toutes les agressions de Maxime Malychev soit menée, que leurs auteurs soient punis, ainsi que les organisateurs de ces actions contraires à l’ordre social. Ensuite ils veulent que la sécurité de M. Malychev, en tant que personnalité publique de Saint-Pétersbourg, soit assurée conformément aux normes de la législation russe et des principes du droit international.

Les personnes qui veulent signer cet appel doivent envoyer un mail à l’adresse suivante lenakm-avangard[@]yandex.ru ou écrire directement au bureau du Procureur Sergueï Petrovitch Zaïtsev : Прокуратуры Санкт-Петербурга : 190000, Санкт-Петербург, ул. Почтамтская, д. 2/9, прокурору Санкт-Петербурга Зайцеву Сергею Петровичу, procspb@sp.ru, факс - 8 (812) 312-97-86.

La Jeune garde de Russie unie, bras armé du pouvoir ?

Par Aurialie le 18.12.2008 à 00h05

A lire les dernières actions de la branche jeune du partie Russie unie (Молодая Гвардия Единой России-la Jeune Garde de Russie Unie), le parti au pouvoir, on ne peut être que étonné de la haine qui s’en dégage.

Haine de l’opposition (ils ont distribué des "certificats d’acquisition d’une sépulture dans un cimetière lunaire" lors d’un congrès de l’opposition), haine des étrangers (ils veulent interdire l’immigration de travail et à l’occasion de la journée internationale des migrants, qui a lieu aujourd’hui, ils vont distribuer des prospectus invitant les travailleurs immigrés à rentrer chez eux, dans le cadre de leur opération "Notre argent à nos gens"), mépris de la vie animale (ils n’ont pas nié être à l’origine du lâcher de moutons aux pattes brisées, certains encore vivants, devant l’établissement où se tenait le congrès de Solidarnost), mépris des décisions des pays satellites (ils étaient parmi les plus virulents envers les autorités estoniennes quand elles ont déplacé la statue du Soldat libérateur, ce qui valut au Premier ministre estonien Andrus Ansip de faire partie de la liste d’ennemis du peuple de l’antenne de Vladivostok), animosité envers les homosexuels (lors d’une soirée de saint Valentin organisée par la Jeune garde, les gays n’ont pas été autorisés à entrer), ...

Les objectifs de la Jeune garde, fondée le 16 novembre 2005, sont, entre autres :

  • implication de la jeunesse dans les processus de construction d’une société démocratique, socialement juste ;
  • développement chez les jeunes du sentiment de patriotisme et de fierté pour le pays ;
  • création des conditions pour des relations interethniques et interconfessionnelles dans la jeunesse, en vue du renforcement de la structure de l’État russe ;
  • assistance dans la formation d’une culture jeune, augmentation de l’instruction, du niveau intellectuel et professionnel de la jeunesse ;
  • ...

Il semble que pour le moment certains objectifs sont loin d’être atteints... Ce mouvement est vraiment inquiétant, à mon goût en tout cas.

Source dessin : kasparov.ru

Une action de bien mauvais goût

Par Aurialie le 04.12.2008 à 00h18

Les actions du mouvement de jeunes Rossia Molodaïa (Rumol) avait déjà été évoquées ici, il semble que ses membres font toujours preuve de mauvais goût. Hier, sous les sons de la marche funèbre, ils ont organisé l’enterrement politique de Viktor Iouchtchenko en face de l’ambassade d’Ukraine de Moscou, avec tout le cérémonial lié à ce type d’évènement. Anton Demidov, militant de Rumol, a déclaré : "Aujourd’hui nous enterrons le cadavre politique de l’homme politique le plus odieux de la Place de l’Indépendance - Viktor Iouchtchenko. De quoi est-il mort ? Il est mort de chagrin, d’absurdes souffrances. Nous ne pouvons lui pardonner la démolition des monuments des vétérans de la Grande Guerre Nationale [Seconde guerre mondiale], la décoration des fusilleurs fascistes, le sang des soldats russes et ossètes versé par des baïonnettes ukrainiennes." Cette manifestation, autorisée, a tout de même mené à l’arrestation d’un des organisateurs.

La raison de cette haine : la volonté d’adhésion à l’Otan de l’Ukraine. Mais le président ukrainien est confiant et prédit une amélioration des relations avec la Russie.

Source photo : Communauté Live Journal de Rumol, d’autres photos sur Vzgliad.

L'opposition tente une nouvelle fois de s'unir

Par Aurialie le 24.11.2008 à 23h04

Entre 350 et 500 militants anti-kremlin se sont rassemblés ce week-end à l’hôtel Islmaïlovo pour former un (énième) mouvement d’opposition démocratique au nom à la fois lourd et prometteur : Solidarnost. Le lieu et l’heure de la conférence étaient restés secrets jusqu’au dernier moment afin d’empêcher toute tentative étatique de la faire échouer (par ex. refus de louer la salle). D’ailleurs, pour Garry Kasparov, le fait que ce congrès ait pu se tenir est déjà une victoire. Des activistes des mouvements jeunesses pro-Kremlin Russie jeune et la Jeune garde de Russie unie étaient tout de même présents pour railler l’initiative de l’opposition. Habillés en costumes d’extraterrestre, ils leur ont conseillé d’aller sur la Lune pour y construire une démocratie et leur ont donné "des certificats d’acquisition d’une sépulture dans un cimetière lunaire"... charmant !

Ce nouveau mouvement veut se battre pour des règles du jeu honnêtes et proposer une alternative au régime actuel. Ilia Iachine, leader des Jeunes Iabloko, a déclaré que les participants de la conférence avaient devant eux l’ambitieuse mission de fonder le plus grand mouvement d’opposition démocratique. Vladen Maksimov, ancien leader de la section moscovite de l’Union des forces de droite (SPS), a remarqué qu’il devait y avoir à Moscou la plus forte organisation de Solidarnost : "Nous devons faire en sorte que dans 6 mois personne ne sache plus qui est dans quelle organisation." Lev Ponomarev a rajouté que la principale tâche de celle-ci devait être de trouver une langue commune entre entre les activistes politiques et les citoyens, venant de mouvements et partis différents.

Boris Nemtsov, fondateur et ancien membre du SPS, était également présent et a déclaré que les remarques sceptiques à l’adresse du nouveau groupement ne sont pas justifiées : "On nous dit : vous vous querellez, vous voulez tous être des chefs. Cependant nous tirons les leçons de nos erreurs. Nous n’aurons pas de leader, nous aurons une direction collégiale." Espérons que M. Nemtsov ait raison car les annonces d’union pour former un grand parti d’opposition sont légion (entre autres, ici et ). Mais cette fois, l’opposition de gauche et d’extrême gauche n’a pas été conviée et la modification récente de la Constitution, passant le mandat présidentiel de 4 à 6 ans, est un premier combat qui fait l’unanimité dans les rangs de l’opposition démocratique.

Prochaine étape le 13 décembre avec la réunion statutaire de Solidarnost.

Sources : Newsru.com et Voine net

La jeunesse s'active toujours et encore

Aujourd’hui, c’est la journée internationales des étudiants, célébrée la première fois en 1946 en mémoire des répressions des manifestations étudiantes contre l’occupation allemande à Prague en 1939 (9 morts, 1200 étudiants envoyés en camp). Cette journée n’est pas vraiment commémorée en Russie, qui ont déjà une fête des étudiants, le 12 janvier, à la Sainte Tatiana.

Cependant, cette journée résonne avec deux autres évènements en Russie. Tout d’abord, des étudiants russe (tendance gauche) ont créé hier l’Union des étudiants dans le but de lutter pour un système d’enseignement, qui "forgera, au sens propre, l’élite intellectuelle de la nation". Les membres de cet Union déclarent dans leur manifeste vouloir le retour de l’étudiant au sens dostoïevskien : "un esprit éveillé personnifiant la droiture de l’âme, l’indépendance de jugement et le dévouement aux intérêts de l’ordre public". Plus concrètement, ils exigeront une augmentation des bourses, l’augmentation du nombre des postes budgétaires (1), l’amélioration des conditions de vie dans les logements universitaires, l’augmentation du budget d’État en faveur de l’éducation. Comme le montre une infographie de Ria novosti, les bourses des étudiants sont en effet très faibles (entre 400 et 1000 roubles) et ne permettent donc pas de faire des folies (13 repas ou 8 repas et un coupon mensuel de transport en commun ou 3-4 manuels ou 55 pirojki ou un clavier et une souris et ce pour la bourse la plus élevée).

Autre époque, autres jeunes, même combat contre le fascisme (l’intolérance, le racisme), ce sont les Antifas (pour antifascistes). Ils se sont réunis le 13 novembre en mémoire de l’un des leurs, Timour Katcharava, assassiné par un skinhead en 2005. Cette année encore, des commémorations ont eu lieu dans plusieurs villes russes (Saint Pétersbourg, Voronej, Nijni Novgorod), mais aussi à Minsk. A partir du 23 novembre, des soirées de soutien seront également organisées en France par le SRA (Solidarité, Résistance, Antifa – collectif de solidarité antifasciste) dans le cadre d’une tournée d’une semaine : projection sur les antifas russes, débats avec des militants russes et concerts.

Les dates des soirées sont les suivantes : 23/11 à Paris, 24/11 à Angers, 25/11 à Bordeaux, 26/11 à Limoges, 27/11à Saint-Étienne, 28/11 à Dijon et le 29/11 à Strasbourg.

Source photo : Lenta.ru

(1) Dans les établissements d’Etat la structure d’offre d’éducation est définie par la structure des places budgétaires, des départements organisationnels (facultés, chaires) et des postes d’enseignants, information tirée d’un rapport d’étudiante Éducation en Russie.

Le chiffre du jour : 5 millions

Par Aurialie le 15.11.2008 à 17h12

Le vice-responsable de l’agence fédérale pour la jeunesse, Alexandre Povalko, a déclaré hier qu’il y aurait en Russie entre 2 et 5 millions d’enfants des rues, vivant d’une activité criminelle. Plus d’un tiers des crimes est accompli sous les ordres directs d’un adulte, et plus des 70% en groupe.

Povalko rajoute qu’il n’existe pas de prévention de récidive des infractions, ni de système de resocialisation des enfants délinquants. Le niveau moyen de récidive des jeunes se situe entre 30 et 70% dans le pays, notamment à cause de l’absence de réhabilitation.

Source : Lenta.ru

Autorise, autorise pas ?

Par Aurialie le 23.10.2008 à 00h02

Le 25 octobre est déclaré Jour de la colère populaire par les mouvements d’opposition russe. L’objectif de l’action : exiger de façon solidaire que le pouvoir reconnaisse sa responsabilité dans la politique antisociale et antidémocratique et exprimer des exigences communes sur les principaux problèmes sociaux et politiques. Le slogan : "le pouvoir sous le contrôle citoyen".

Mais pour toute manifestation, même pour un rassemblement de moins de 500 personnes, il faut une autorisation du pouvoir local. Sergueï Oudaltsov, du mouvement de l’Avant-garde de la jeunesse rouge, déclarait à 15h que la mairie de Moscou avait accepté la tenue de cet évènement, place Triumfalnaïa à 17h.

Mais quelques heures plus tard, la mairie a démenti cette déclaration, en disant qu’elle n’avait pas donné l’autorisation. Les autorités ont reconnu avoir donné leur accord à quatre meetings, réunissant en tout 1800 personnes, dont deux place Triumfalnaïa, mais pas à cette Journée de la Colère nationale.

Qui dit vrai, qui dit faut ? Où est l’embrouille ? Mystère...

Tranche de vie humaine

Par Aurialie le 04.10.2008 à 01h30

Dans la semaine végétarienne, je veux la Journée mondiale de l’animal (organisée aujourd’hui) et la Journée mondiale végétarienne (organisée le 1er octobre). On ne peut pas dire qu’il y ait surabondance d’informations sur ces sujets, la crise économique polarisant l’attention de tous les médias.

L’Ukraine, et plus particulièrement quelques jeunes de la ville de Lviv, ont semblé plus concernés par ces questions. La preuve : ce rassemblement d’une vingtaine de personnes sous le slogan "Sauvez les vaches, mangez de la viande humaine". Allez, vous prendrez bien une petite tranche de cuissot humain pour sauver Marguerite et Azalée !

Source photo : Zaraz.org

De moins en moins de liberté d'expression sur le web ?

Dmitri Soloviev, alias dimon77, coordinateur de la branche régional du mouvement Oborona à Kemerovo, est le 2e bloggueur russe à encourir une peine de prison (deux ans) pour des propos diffamatoires, incitant à la haine, envers des agents du ministère de l’Intérieur et du FSB (Le 1er était Savva Terentiev).

Pour Oleg Kozlovski, leader d’Oborona, le côté politique de cette affaire ne fait aucun doute : "C’est une tentative de faire pression sur Oborona, aux niveaux local et fédéral." Possédant une copie de l’acte d’accusation mais préférant ne pas le diffuser pour ne pas compromettre plus Dmitri, il cite l’un des articles mis en cause. Intitulé "Les hommes en gris ne feront pas plier Oborona", ce billet reprend les propos d’un autre bloggueur, accusant le ministère de l’Intérieur et les agents du FSB de faire taire l’opposition, de rendre des verdicts injustes, d’enfermer les dissidents dans des asiles psychiatriques et d’employer toutes sortes de méthodes d’intimidation.

Anton Nosik, directeur de SUP (administrant la section russe de LiveJournal.com), a déclaré qu’une condamnation de Soloviev mettrait en danger la liberté d’expression sur le web : "Ce serait effrayant qu’un tribunal ne se rende pas compte qu’il n’y a aucun crime dans cette affaire."

De plus en plus, les gens vont avoir peur d’exprimer leur opinion. C’est pourquoi une communauté essaie de se fédérer autour de Dmitri Soloviev pour faire connaître son cas et le défendre.

Propos repris sur The Moscow Times

Faites l'amour, pas la guerre !

Par Aurialie le 15.08.2008 à 23h28

Parce que la guerre est sur le point de se terminer (la Russie et la Géorgie sont prêts à signer l’accord de paix proposé par Sarkozy), les jeunes de mouvement Oborona ont décidé d’organiser un flashmob pacifiste de bisous. L’appel est le suivant : Embrassons-nous les uns les autres ! Une embrassade massive est capable de réduire les humeurs militaristes de la société. Amenez tous vos proches et êtres aimés, dimanche 17 août, boulevard Gogol (métro Kropotkinskaïa - Moscou) à 13h.

Haro sur la jeunesse

Par Aurialie le 08.07.2008 à 00h39

Les médias de Krasnoïarsk semblent préparer la population locale à un prochain projet de loi dirigée contre les subcultures émo, gothique, punks... C’est en tout ce qu’affirme l’un des musiciens de ce reportage.

Les autorités souhaitent déposer en automne une loi interdisant les subcultures. Pas plus d’informations pour le moment, mais ces jeunes et moins jeunes (le psychologue) ne voient pas le mal qu’il y a dans leur tenue.

Crânes rasés et idées courtes (Courrier International)

Par Aurialie le 05.06.2008 à 17h06

Cette semaine, Courrier international fait sa une sur les gangs de jeunes et leur violence. La Russie y a sa place, par la multiplication des actions de groupes de jeunes néonazis. Ci-dessous la traduction d’un article de Evguenia Zoubtchenko publié dans Novoïé Vremia

Dans les grandes villes russes, des groupuscules néonazis recrutent des ados de plus en plus jeunes. Leur jeu favori : agresser ceux qui ne sont pas blancs.

Tous les jours, nous sommes informés de nouvelles agressions visant des étrangers, au point que nous en sommes devenus blasés. Pour les défenseurs des droits de l’homme, toutefois, ces attaques ne sont pas une simple succession de cas isolés. Sous l’égide du Bureau des droits de l’homme de Moscou sera bientôt publié un rapport sur l’implication de jeunes dans ce qu’il faudra bien appeler des organisations terroristes. Ce document an­nonce que de nombreux groupuscules d’extrême droite pourraient à court terme se transformer en véritables organisations de combat, et que ces mouvements effectuent un véritable travail de sape. Les militants des droits de l’homme qui surveillent les activités de ces nationalistes affirment que nous avons d’ores et déjà affaire à un mouvement clandestin néonazi structuré.

Leur étude porte un long intitulé : “L’implication des jeunes dans les activités d’organisations terroristes de combat : un facteur de déstabilisation des relations interethniques dans la Russie contemporaine”. Elle a été rédigée par l’avocat Sergueï Belikov, déjà auteur de plusieurs ouvrages sur les “crânes rasés” en Russie. Cet expert note qu’il y a encore quinze ans la xénophobie concernait surtout les personnes âgées. C’est au milieu des années 1990 que la situation a basculé. La jeune génération s’est révélée très réceptive aux idées radicales d’extrême droite. Dès le début des an­nées 2000, le niveau de xénophobie de la jeunesse dépassait nettement celui de la plupart des autres tranches d’âge.

La situation sociale et politique de la Russie a contribué à politiser les jeunes. D’une masse amorphe de fans de contre-culture et d’autres courants informels ont émergé un certain nombre de groupes dotés d’une idéologie propre. Le mouvement des skinheads, vieux d’une dizaine d’années, exerce sur les relations interethniques une influence négative dont on constate partout les effets. Selon les chercheurs, la Russie comptait en 2007 pas moins de 141 groupuscules de jeunes extrémistes.

Ces “crânes rasés” ont de plus en plus recours à la violence physique directe à l’encontre de leurs adversaires idéologiques : cela va de l’insulte jusqu’au meurtre, en passant par toutes sortes d’agressions. Leur tactique habituelle consiste à s’attaquer en bande à une victime isolée. Ce genre de bandes existe dans la majeure partie des grandes villes. Pour l’instant, les violences se limitent à des attaques de rue, mais M. Belikov estime que, si cela continue, certains fanatiques seraient capables de planifier des “agressions systématiques dirigées contre des groupes de personnes”. Les bandes de jeunes se transformeraient ainsi en organisations terroristes. Les faits montrent que de tels groupes existent déjà.

Sergueï Belikov cite plusieurs exemples, dont le groupe Borovikov, une bande d’extrémistes responsables de meurtres d’étrangers dirigée par Dmitri “Kisly” Borovikov, qui a été tué en 2006 par les forces de l’ordre. Ce groupe rappelle les exactions de la fameuse “légion Werwolf” [en allemand, “loup-garou” ; nom d’unités nazies de lutte clandestine à la fin de la Seconde Guerre mondiale], démantelée par la police en 1994. Cette organisation conspiratrice néonazie sévissait dans les régions de Moscou et de Iaroslav. Belikov rappelle également l’attentat du marché de Tcherkizovo.

Galina Kojevnikova, vice-directrice du centre d’information et d’analyse Sova, nous confirme que ces drames ne font pas partie d’un avenir hypothétique, mais bel et bien de notre terrible quotidien. “Dès aujourd’hui, nous avons affaire à une mouvance néonazie clandestine organisée. Pendant trop longtemps, personne n’a prêté attention au phénomène, et voilà le résultat. Maintenant, le parquet de Moscou s’occupe vraiment des skinheads, mais il aurait fallu réagir il y a quatre ans, dès les premiers raids de ces bandes sur les marchés de Iassenevo et d’Orekhovo.” Les skinheads sont pour l’essentiel des mineurs. Fait inquiétant, si les adolescents viennent de plus en plus jeunes grossir les rangs de ces mouvements, les plus âgés ne décrochent pas. Auparavant, après s’être “amusés” un moment, ils arrêtaient de participer. Aujourd’hui, ils restent et, pis encore, reviennent parfois après leur sortie de prison. Pour Mme Kojevnikova, c’est un indice de profonds changements chez les néonazis. Or cette vague de terreur ne pourra pas être stoppée par les moyens habituels, tels que les arrestations en flagrant délit. “Lutter contre ces groupuscules passe par un vrai travail de renseignement, qui n’est pas mené à ce jour. Ce qui complique la situation avec les skinheads, c’est leur âge : comment trouver des adolescents pour infiltrer ces organisations ? C’est tout simplement illégal.”

Alexandre Brod, directeur du Bureau des droits de l’homme de Moscou, souligne lui aussi l’imminence du danger : “Ils sont bien armés, suivent un entraînement spécial et fabriquent des explosifs. Ils représentent une sérieuse menace pour la sécurité publique.

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