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La bureaucratie russe est-elle un cauchemar ?

Par Aurialie le 16.11.2008 à 22h49

Svobodanews a une émission hebdomadaire qui s’appelle "Le mot de la semaine" ("Ключевое слово"). Et cette semaine, le terme choisi est "кошмарит", utilisé par Dmitri Medvedev lors de l’allocution présidentielle annuelle devant le Parlement : "Бюрократия периодически кошмарит бизнес."

Selon Mikhaïl Gratchev, professeur à l’université de langue de Nijni-Novgorod, ce terme est apparu à la fin des années 90 dans les prisons. Il vient de "кошмар" terme littéraire signifiant "cauchemar", mais qui en argot signifie "obstacle à la perpétration d’un crime". Le verbe "кошмарить" a lui deux significations : 1- mettre en place des conditions insupportables pour le prisonnier et 2- intimider. On pourrait donc traduire la phrase de Medvedev par "La bureaucratie met périodiquement des bâtons dans les roues des entreprises."

La journaliste de Svobodanews souligne, un peu inutilement, que ce terme était tout à fait en désaccord avec l’ambiance solennelle dans laquelle Dmitri Medvedev a prononcé son discours : de l’argot de prisonnier dans une salle avec lustre et fanfare, ça fait tache.

Source : Svobodanews

Un avant-goût du prix Kandinsky 2008

Par Aurialie le 11.11.2008 à 19h19

Le 4 décembre 2007 avait lieu la remise du prix Kandinsky récompensant le meilleur projet de l’année, le meilleur jeune artiste (moins de 30 ans) et le meilleur projet Média-art de l’année. Cette année encore les 3 prix seront attribués aux meilleurs projets artistiques, 337 artistes ont proposé leurs travaux.

Depuis le 7 novembre, les œuvres des pré-sélectionnés pour l’année 2008 sont exposées à la Maison des artistes de Moscou ; Lenta.ru nous en présente 36 dans un diaporama intitulé Baisers parallèles.

Les trois œuvres choisies ici sont :

  • "Les ballerines s’embrassant", du groupe Cinnie nocy
  • "Apprenons à voler", de Sergueï Skatchkov
  • Bulletin de vote du projet "Âme en résine", de Diana Matchoulina

L’exposition est visible à la Maison des artistes jusqu’au 20 novembre.

Moussa Djalil honoré à Moscou

Par Aurialie le 27.10.2008 à 00h29

Ceux qui sont passés un jour à Kazan ont certainement vu près du Kremlin l’immense statue d’un homme les mains liées dans le dos et les jambes enroulés de fil barbelé. Ce monument, représentant le célèbre poète tatare Moussa Djalil (Муса Джалиль), décédé tragiquement en 1944, a été érigé en 1966 à l’occasion du 60e anniversaire de sa naissance.

Moussa Djalil est bien plus qu’un poète, c’est un héros de l’Union soviétique et de la Seconde guerre mondiale. Engagé volontaire dans l’Armée Rouge en 1941, sévèrement blessé en 1942, il est fait prisonnier et embrigadé de force dans une légion de la Wehrmacht, où il organise un groupe de résistance antifasciste. En août 1943, son projet est découvert, il est alors arrêté, torturé et incarcéré dans la prison de Moabit à Berlin. C’est là, quelques mois avant sa condamnation à mort, qu’il a écrit ses dernières poésies Les Cahiers de Moabit, où il raconte ses souffrances, le courage des soldats soviétiques, leur foi en la victoire sur l’ennemi.

Cependant, en 1946, les autorités soviétiques pensent qu’il se cache en Europe de l’Ouest et l’accusent d’avoir trahi la patrie et d’être un ennemi du peuple. C’est la découverte de ses Cahiers et les efforts des écrivains tatares qui permettent de laver l’honneur de Moussa Djalil. Il est élevé au grade de héros de l’Union soviétique à titre posthume en 1956. Vendredi, une statue en son honneur était inaugurée à Moscou, c’est la sixième en Russie.

Petite chronique sur le barde Galitch

Par Aurialie le 21.10.2008 à 00h37

Il y a quatre heures, je ne connaissais pas Alexandre Galitch, né il y a 90 ans à Ekaterinoslav. Et pourtant deux fois son nom avait résonné à mes oreilles, sauté à mes yeux. Récemment sur cette photo, témoignage d’une manifestation contre l’intrusion russe en territoire géorgien, on peut lire sur la banderole une citation de Galitch : "Citoyens ! La patrie est en danger ! Nos tanks sont en terre étrangère."

Autre moment, autre citation, dans le film Le Nouveau Russe de Pavel Lounguine :
- Tu te souviens du poème de Galitch : "Tu engendreras des loups sur terre. Tu leur apprendras à remuer la queue..." Tu te souviens de la suite ? (...)
- Comment finit le poème ?
- Lequel ?
- Celui avec les loups.
- "Tu engendreras des loups sur la terre. Tu leur apprendras à remuer la queue. Et s’il faut plus tard en payer le prix. Qu’importe : ce sera plus tard." (extrait de Еще раз о черте, 1969)

De son vrai nom Alexandre Ginzbourg, ce poète, scénariste, auteur est, avec Okoudjava et Vyssotki, un des grands bardes, un représentant de la chanson d’auteur russe. Critique envers le régime soviétique, il est exclu de l’Union des écrivains en 1971 et de l’Union des réalisateurs en 1972. Deux ans plus tard, les autorités l’expulsent d’URSS. Il meurt électrocuté en 1977 à Paris ; des rumeurs mettent en cause le KGB.

Source photo : Club Alexandre Galitch

Dans la peau d'un agent du FSB

Par Aurialie le 08.10.2008 à 00h37

Un internaute, varfolomeev6, a mis sans explication un lien menant vers le téléchargement d’un bien étrange fichier, intitulé Intelligentsia et pouvoir. Ce bloggeur poste assez souvent sur le blog des marches du désaccord, donc à priori, on ne peut pas l’accuser de connivence avec le pouvoir ou le FSB. Et pourtant, en ouvrant le fichier, on peut y trouver le nom de dizaines d’intellectuels et artistes russes et les actions politico-culturelles qu’ils ont menées entre 2000 et 2008.

Par exemple, si l’on prend le chanteur de DDT, Iouri Chevtchouk, on apprend qu’en 2000 il a signé une pétition contre l’hymne "stalinien", qu’en 2001 il a écrit une lettre pour la défense de la chaine NTV et une autre contre la réforme du système d’enseignement d’État, qu’en 2006 il a lancé un appel contre un monument en l’honneur de Staline, qu’en 2007 il a protesté contre la construction du gratte-ciel de l’entreprise Gazprom et qu’en 2008 il a participé aux marches du désaccord, a écrit une lettre pour la défense des monuments historiques de Saint Pétersbourg et lancé un appel pour la construction d’un mémorial en l’honneur des victimes des répressions politiques. A l’opposé, on trouve à la lettre P, la chanteuse Alla Pougatcheva, qui a également signé la lettre pour la défense de NTV en 2001, mais a fait de la propagande pour le parti de Poutine Edinaïa Rossia en 2007 et a voté devant la caméra pour Dmitri Medvedev en 2008.

Même si je ne connais pas la moitié des artistes et intellectuels présents dans ce fichier, sa lecture m’a dérangée : pendant quelques minutes, j’ai été dans la peau d’un agent du FSB. Brrrr...

Le plus étrange c’est que depuis que j’ai vu ce fichier, à savoir hier, le blog de cet internaute a été suspendu. Bizarre, hein ?

Légende dessin : "T’es qui ? Un tchékiste ?!!" (dessin d’Alekseï Mironov, via Moskovski Komsomolets)

Sauvons le patrimoine culturel russe !

Par Aurialie le 06.10.2008 à 00h32

La défense du patrimoine architectural est une nouvelle préoccupation de certains citoyens russes, inquiets de voir de vieux édifices disparaître. Entre autres initiatives, le mouvement de sauvegarde du patrimoine culturel de Saint-Pétersbourg et le Conseil civil pour les centres culturels de Moscou, qui souhaite unir les forces de la société civile dans la lutte contre la destruction de monuments architecturaux, et en particulier des endroits les plus remarquables de la ville de Moscou. Leur premier combat est la conservation de l’espace culturel se trouvant sur le quai Krymski de Moscou, composé du bâtiment de la Maison centrale des artistes (TsDKh), d’une partie de la Galerie Tretiakov et du parc des Arts.

La première mention de la destruction du TsDKh a été faite en mars 2008. A sa place devrait se dresser un immense complexe, Apelsin ("orange" en russe), dont les desseins ne sont pas très clairs, mais il y a de fortes chances qu’ils soient principalement commerciaux. Les membres du Conseil ont prévu un certain nombre de mesures, notamment l’organisation d’auditions au conseil municipal de Moscou et la Douma d’État, l’installation de banderoles portant la mention "On nous expulse", la collecte de signatures des visiteurs du musée, le patronage de peintres contemporains des arbres du parc des Arts, ... "Nous agirons sur tous les fronts, tous les moyens sont bons, et nous avons droit de nous défendre", a ainsi déclaré un des membres du Conseil.

Sources : Kommersant et Gazeta

A la découverte de territoires culturels expérimentaux

Par Aurialie le 03.10.2008 à 13h20

La curiosité a du bon, les gifs animés aussi. C’est une publicité vue sur le site d’informations Lenta.ru qui m’a fait découvrir Territoria, un festival-école moscovite original, organisé pour la 3e année consécutive. Cet évènement culturel dure 10 jours (du 30 septembre au 10 octobre) et s’adresse principalement à la jeune génération. Divisé en deux parties "l’art aujourd’hui" et "l’art demain", il est composé à la fois de spectacles de danse, musique, théâtre (dont Entracte du Français Josef Nadj), mais aussi de cours, donnés par de professeurs étrangers.

Dans un pays où l’État n’a pas de politique culturelle forte, le soutien de l’administration présidentielle à ce projet original apparaît comme un formidable coup de projecteur aux formes les plus radicales de la culture moderne. Sur le papier, tout ça a l’air très bien, dommage que je ne sois pas sur place pour voir si la qualité est réellement présente.

Faites l'amour ... et la guerre

Les artistes activistes du groupe Voïna ("guerre" en français) ont organisé une nouvelle action dimanche, à l’occasion de la Journée de la ville de Moscou. Ils ont voulu faire un cadeau à son maire, Iouri Loujkov, en lui offrant la pendaison de 5 personnes, que ce dernier n’aime habituellement pas voir évoluer dans sa ville : 3 ouvriers du bâtiment issus des minorités et 2 homosexuels. Le nombre cinq n’a pas été choisi par hasard, c’est un parallèle à la pendaison de 5 décembristes le 13 juillet 1826.

Le groupe n’en est pas à son premier coup d’éclat. Quelques jours avant l’élection présidentielle russe, cinq couples se sont réunis dans un musée d’histoire naturel et ont fait l’amour dans la salle "Métabolisme, énergie, nutrition, digestion" sous le slogan "Ебись за наследника медвежонка" (que l’on pourrait traduire par "Baisons pour l’héritier du petit ours"). Cette action était pour eux un moyen de faire un portrait de la Russie. Il voulait montrer "l’indécence des autorités russes" : "les élections sont un coït collectif réel, dans lequel les officiels trompent leur propre nation. La censure ne nous donne pas d’autre moyen d’exprimer nos vues pour être entendu", ont-ils déclaré. Avec beaucoup de justesse, puisque certains d’entre eux ont été renvoyés de la fac de philosophie où ils étudiaient.

Dernier exemple de performance : l’organisation d’un repas dans une rame de métro en activité, 40 jours après la mort de Dmitri Prigov, auteur et artiste dissident de l’ère soviétique, envoyé brièvement en hôpital psychiatrique en 1986.

A lire : leur manifeste en russe ou en anglais.

Les chiens ne font pas des chats

Par Aurialie le 07.09.2008 à 02h52

La Mostra de Venise a récompensé ce week-end le cinéma d’auteur russe en la personne d’Alexeï Guerman Jr et son film Soldat en papier. Et il n’a reçu un simple prix de consolation, mais a été doublement primé : Lion d’argent de la meilleure réalisation et prix Osella de la meilleure photographie pour ses deux chefs opérateurs, Alisher Khamidhojaev et Maxim Drozdov.

Le film relate la préparation des premiers cosmonautes envoyés dans l’espace par l’URSS et le cas de conscience d’un médecin anticonformiste, chargé de superviser l’entraînement de jeunes gens dont la vie risque d’être sacrifiée. Fils du grand réalisateur Alexeï Guerman, qui a fêté ses 70 ans cet année et termine le montage de son dernier film Il est difficile d’être un Dieu (adaptation d’un roman de science-fiction des frères Strougatski), Alexeï Guerman Jr semble avoir hérité de son père la volonté de faire des films profonds et soignés.

Mais l’héritage paternel n’est pas toujours aussi facile à porter. Tsotne Gamsakhourdia, fils du premier président post-soviétique de la Géorgie, Zviad Gamsakhourdia (chassé du pouvoir en 1992 par l’opposition de l’époque et retrouvé 7 mois plus tard mort dans des circonstances jamais élucidées), a été arrêté jeudi à l’aéroport de Tbilissi pour trahison. Il était recherché depuis novembre 2007 pour avoir rencontré un diplomate russe lors des manifestations antigouvernementales de novembre 2007. On ne peut que lui souhaiter de ne pas finir comme son père.

PS : En russe, l’expression du titre se dit "яблоко от яблони недалеко падает".

Lectures spoutnitsiennes

Par Aurialie le 01.09.2008 à 03h09

L’été se termine, ma pile de livres commence à diminuer progressivement, petite revue de romans et essais, lus ou à lire.

L’année à commencer avec la lecture du formidable pavé d’Orlando Figes (la Révolution russe,1891-1924, la tragédie d’un peuple) qui m’a bien demandé 5 mois pour arriver à la 1106e page. La genèse de la Révolution russe de 1917 (la situation sociale, la vie dans les campagnes, l’autoritarisme de Nicolas II, opposé à toutes réformes et démocratisation de la société, la révolution de 1905) est décrite avec beaucoup de précisions et de détails fort intéressants. On suit ensuite les évènements de 1917 presque au jour le jour : les premières manifestations de février, la mise en place du gouvernement transitoire de Kerensky, l’instabilité politique de l’été 1917, la prise de pouvoir par les bolchéviques, ... Et enfin, troisième grand moment : les premiers années au pouvoir de Lénine et ses acolytes, la longue période de guerre civile (racontée avec trop de précisions, à mon goût), la détérioration de l’état de santé de Lénine et l’arrivée au pouvoir de Staline.

La lecture de cet ouvrage très riche m’a donné envie de lire deux autres livres : Nous autres, roman de science-fiction, écrit en 1920 par Evguéni Zamiatine (que je n’ai pas encore lu) et Vie et mort de Léon Trotsky de Victor Serge. Cette biographie de Trotsky, dont l’importance dans la "réussite" de la révolution russe a été quelque peu occultée dans mes années d’études, est un bon début pour en savoir plus sur ce théoricien, victime de la tyrannie stalinienne, avant d’entamer, un jour, son autobiographie (Ma vie).

Enfin, je viens de finir Adriana, 3e roman de l’auteure bulgare Théodora Dimova, qui sortira en France le 11 septembre prochain, en pleine rentrée littéraire. Il traite de la vieillesse et du besoin de partage. Adriana est une vieille femme de 93 ans qui engage, au crépuscule de sa vie, une jeune fille, Ioura. Elle lui raconte alors sa vie et notamment les tragiques évènements de sa jeunesse. L’intérêt de ce roman, ce qui donne envie de poursuivre sa lecture, réside dans la découverte de cette tragédie (un conseil, ne lisez pas le résumé de l’éditeur, tout y est révélé). Un bémol : le côté trop parfait de l’héroïne, Ioura, étudiante brillante sans étudier, dont tous les hommes sont amoureux (notamment son cousin Teodor, auteur à qui elle demande d’écrire la vie d’Adriana ; et l’homme qui veille aux intérêts de la vieille dame, Simeon, qui la demande en mariage 5 minutes après l’avoir rencontrée).

Il me reste donc maintenant à lire :
- Nous autres de Evgueni Zamiatine
- L’Apocalypse russe - Dieu au pays de Dostoïevski de Jean-François Colosimo
- Projet : Russie (auteur anonyme), dont la particularité selon l’éditeur est la suivante : antinomie totale avec ce qui se dit et s’écrit en France et en Europe aujourd’hui ; écriture claire et transparente ; matière riche à polémique et réflexion à tous les échelons ; information percutante et pertinente, particulièrement d’actualité à la lumière des toutes récentes élections présidentielles en Russie.
- La Russie et l’idée européenne d’Alexandre Tchoubarian, sortie en octobre
- Ma vie de Léon Trotsky
- La Maison des Feuilles de Mark Z. Danielewski (roman qui n’a rien à voir avec la Russie, mais parfois, il faut bien changer de sujet et se reposer les méninges !)

Un point sur le concours Imia Rossii

Par Aurialie le 05.08.2008 à 23h56

Un jour après l’annonce de la mort d’Alexandre Soljenitsyne, les organisateurs du concours Imia Rossii ont décidé de le rajouter dans le Panthéon des héros... avec les 488 autres personnalités culturelles et historiques russes, qui ne sont plus en lice pour être le représentant de la Russie. Cela signifie donc que ce prix Nobel de littérature n’y avait pas sa place à l’origine du projet ?

En trois semaines, le nombre de votes a grandement augmenté, les résultats pas mal changé (sauf pour deux). Pour rappel, le classement du 15 juillet était le suivant : Nicolas II (275.065 voix), Staline (273.877), Lénine (188.372), Vladimir Vissotski (151.518) et Pierre Ier (116.014). Aujourd’hui, plus de 15 millions de voix plus tard, le quinté de tête est le suivant : Saint Serge de Radonège (1.501.108 voix), Staline (1.448.775), Lénine (1.330.942), le maréchal Gueorgui Joukov (1.290.609) et le cosmonaute Iouri Gagarine (1.175.782). On trouve ensuite : le prince (et saint) Alexandre Nevski, le poète Mikhaïl Lomonossov, Alexandre Pouchkine, Nikita Krouchtchev, l’ingénieur Sergueï Korolev. Nicolas II n’est plus qu’à la 13e place avec 509.510 voix.

Nouveau point en septembre pour la dernière étape de l’élection.

Décès d'Alexandre Soljenitsyne

Par Aurialie le 04.08.2008 à 00h00

Les cercles littéraires russes, par l’intermédiaire d’Interfax, ont annoncé il y a quelques minutes le décès du grand écrivain russe Alexandre Soljenitsyne. Prix Nobel de littérature en 1970, il était notamment connu pour sa description du système concentrationnaire soviétique, que l’on retrouve, par exemple, dans l’Archipel du goulag, le Pavillon des Cancéreux, Une journée d’Ivan Denissovitch ... Décédé d’une attaque cérébrale dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 août, Il allait fêter ses 90 ans le 11 décembre. Une biographie plus riche sur Wikipedia.

Source : Lenta.ru

Un symbole, pas un héros

Par Aurialie le 15.07.2008 à 23h24

Depuis quelques semaines, la chaîne de télévision Rossia a lancé le projet "Imia Rossii", qui consiste à choisir le héros historique personnifiant le mieux la Russie. Il y avait au début 500 personnages historiques issus principalement des sphères politique et culturelle. Le 9 juin, une première sélection de 50 noms était dévoilée, avec deux exclusions toutefois : l’anarchiste ukrainien Nestor Makhno et le cosaque ukrainien Bogdan Khmelnitski, leur score élevé ayant pour origine des attaques de hackers ukrainiens, selon les organisateurs.

En septembre, les noms des 12 personnes arrivant en tête des votes seront connus. Pour le moment, la bataille fait rage entre les 5 premiers. Le 10 juillet, Staline était largement en tête avec 188.581 voix. Il était suivi de Vladimir Vissotski (145.392) , Lénine (116.718), Nicolas II (95.565) et Sergueï Essenine (73.035). Aujourd’hui, cinq jours après, le classement est le suivant : Nicolas II (275.065 voix), Staline (273.877), Lénine (188.372), Vladimir Vissotski (151.518) et Pierre Ier (116.014).

Quelques remarques sur cet étonnant classement :
- Staline, symbole de la Russie, voilà qui a de quoi faire froid dans le dos. Son ombre planerait-elle toujours sur la Russie et sur les Russes ?
- Nicolas II n’a rien fait d’exceptionnel pendant son règne, la rivalité avec son prédécesseur serait-elle un relent de guerre entre Blancs et Rouges ?
- Lénine a sans contexte modifié en profondeur le cours de l’histoire russe, mais certainement pas de la meilleure façon, mérite-t-il le titre de symbole de la Russie ?

En fait, ce concours, en cherchant à savoir quel personnage historique incarne la Russie, a le mérite de poser une question : la Russie n’a jamais été une démocratie, elle a été gouvernée par des hommes despotiques et autoritaires, donc le "héros" qui la représentera peut-il être positif ?

Haro sur la jeunesse

Par Aurialie le 08.07.2008 à 00h39

Les médias de Krasnoïarsk semblent préparer la population locale à un prochain projet de loi dirigée contre les subcultures émo, gothique, punks... C’est en tout ce qu’affirme l’un des musiciens de ce reportage.

Les autorités souhaitent déposer en automne une loi interdisant les subcultures. Pas plus d’informations pour le moment, mais ces jeunes et moins jeunes (le psychologue) ne voient pas le mal qu’il y a dans leur tenue.

Encore des récompenses

Par Aurialie le 02.06.2008 à 00h03

La ville de Kazan a eu l’honneur d’apprendre hier qu’elle avait été choisie pour l’organisation des Universiades d’été en 2013. Peu connu en France, cette compétition internationale universitaire multi-sports est organisée par la Fédération internationale du sport universitaire (FISU). La France a accueilli une seule fois ces jeux, en 1960 à Chamonix.

Celle-ci a d’ailleurs également reçu ce week-end une récompense lors de IIe festival international André Tarkovski "Zerkalo", qui se tenait à Ivanovo. Plus précisément c’est le film Les toits de Paris d’Hiner Saleem qui a obtenu le Grand Prix pour le meilleur film dramatique.

Source : Lenta.ru

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