Tous les articles sur le mot clé : art

Un avant-goût du prix Kandinsky 2008

Par Aurialie le 11.11.2008 à 19h19

Le 4 décembre 2007 avait lieu la remise du prix Kandinsky récompensant le meilleur projet de l’année, le meilleur jeune artiste (moins de 30 ans) et le meilleur projet Média-art de l’année. Cette année encore les 3 prix seront attribués aux meilleurs projets artistiques, 337 artistes ont proposé leurs travaux.

Depuis le 7 novembre, les œuvres des pré-sélectionnés pour l’année 2008 sont exposées à la Maison des artistes de Moscou ; Lenta.ru nous en présente 36 dans un diaporama intitulé Baisers parallèles.

Les trois œuvres choisies ici sont :

  • "Les ballerines s’embrassant", du groupe Cinnie nocy
  • "Apprenons à voler", de Sergueï Skatchkov
  • Bulletin de vote du projet "Âme en résine", de Diana Matchoulina

L’exposition est visible à la Maison des artistes jusqu’au 20 novembre.

Oleg Kulik n'a pas les faveurs de la douane française

Par Aurialie le 25.10.2008 à 18h37

Ria Novosti relaie une histoire qu’il est difficile de croire. Le lendemain de l’ouverture de la FIAC, plus de trente œuvres d’Oleg Kulik, ont été saisies par la police française à cause de leur caractère violent et pornographique. Parmi les travaux incriminés, il y a des photos et vidéos des performances de l’artiste pendant les années 90, notamment Mad dog, déjà évoqué ici.

Elena Selina, propriétaire de la Galerie XL qui expose les œuvres d’Oleg Kulik, et son mari ont passé cinq heures en garde à vue. Selon E. Selina, les problèmes sont apparus à la douane française, qui aurait déposé des réclamations sur le contenu des travaux. Y a-t-il d’autres raisons à cette censure artistique ? Pour le moment on ne le sait pas, mais on peut se demander, comme le fait la galériste, ce qu’il va être possible de faire, dans une société où l’on nous interdit de fumer, de caricaturer des religions, ect.

Photo : Ria Novosti

Tout ce que vous verrez au Cyberfest

Par Aurialie le 24.10.2008 à 00h13

Les organisateurs du Cyberfest, l’unique festival international d’art cybernétique de Russie, ont mis en ligne une vidéo montrant quelques installations et performances qui seront présentées au public du 25 au 30 novembre. On pourra notamment voir les nuages gris de Warhol, le bragofon de Mikhael a Crest, la marée de Brose Partington, la clinique des animaux-robots de Zlata Ponirovskaïa, ...

Ce festival se tiendra à Cyland, un média-laboratoire, résidence d’artistes de Saint Pétersbourg. Il vous reste un mois pour obtenir invitation et visa.

A la découverte du Bragofon

Par Aurialie le 16.10.2008 à 23h45

Des bonbonnes de verre remplies d’eau, des tuyaux, du sucre, tous les ingrédients et accessoires sont là pour permettre une bonne fermentation mais aussi de jolis sons. Car cette étrange installation, créée par l’artiste pétersbourgeois Mikhael a Crest, est un instrument de musique, le Bragofon.

Sous la pression, les gaz se mouvent dans les tubes et tombent dans des bouteilles avec différents gargouillements et glouglous. Un opérateur contrôle les sons en tournant 5 robinets différents se trouvant sur la bonbonne principale. Pour entendre les premiers accords du bragofon, qui vient du mot russe braga, signifiant alcool fait maison, avancez la vidéo à la 5e minute. Et si ça vous plait, vous pouvez télécharger le premier album bragofonesque ici.

Sauvons le patrimoine culturel russe !

Par Aurialie le 06.10.2008 à 00h32

La défense du patrimoine architectural est une nouvelle préoccupation de certains citoyens russes, inquiets de voir de vieux édifices disparaître. Entre autres initiatives, le mouvement de sauvegarde du patrimoine culturel de Saint-Pétersbourg et le Conseil civil pour les centres culturels de Moscou, qui souhaite unir les forces de la société civile dans la lutte contre la destruction de monuments architecturaux, et en particulier des endroits les plus remarquables de la ville de Moscou. Leur premier combat est la conservation de l’espace culturel se trouvant sur le quai Krymski de Moscou, composé du bâtiment de la Maison centrale des artistes (TsDKh), d’une partie de la Galerie Tretiakov et du parc des Arts.

La première mention de la destruction du TsDKh a été faite en mars 2008. A sa place devrait se dresser un immense complexe, Apelsin ("orange" en russe), dont les desseins ne sont pas très clairs, mais il y a de fortes chances qu’ils soient principalement commerciaux. Les membres du Conseil ont prévu un certain nombre de mesures, notamment l’organisation d’auditions au conseil municipal de Moscou et la Douma d’État, l’installation de banderoles portant la mention "On nous expulse", la collecte de signatures des visiteurs du musée, le patronage de peintres contemporains des arbres du parc des Arts, ... "Nous agirons sur tous les fronts, tous les moyens sont bons, et nous avons droit de nous défendre", a ainsi déclaré un des membres du Conseil.

Sources : Kommersant et Gazeta

Faites l'amour ... et la guerre

Les artistes activistes du groupe Voïna ("guerre" en français) ont organisé une nouvelle action dimanche, à l’occasion de la Journée de la ville de Moscou. Ils ont voulu faire un cadeau à son maire, Iouri Loujkov, en lui offrant la pendaison de 5 personnes, que ce dernier n’aime habituellement pas voir évoluer dans sa ville : 3 ouvriers du bâtiment issus des minorités et 2 homosexuels. Le nombre cinq n’a pas été choisi par hasard, c’est un parallèle à la pendaison de 5 décembristes le 13 juillet 1826.

Le groupe n’en est pas à son premier coup d’éclat. Quelques jours avant l’élection présidentielle russe, cinq couples se sont réunis dans un musée d’histoire naturel et ont fait l’amour dans la salle "Métabolisme, énergie, nutrition, digestion" sous le slogan "Ебись за наследника медвежонка" (que l’on pourrait traduire par "Baisons pour l’héritier du petit ours"). Cette action était pour eux un moyen de faire un portrait de la Russie. Il voulait montrer "l’indécence des autorités russes" : "les élections sont un coït collectif réel, dans lequel les officiels trompent leur propre nation. La censure ne nous donne pas d’autre moyen d’exprimer nos vues pour être entendu", ont-ils déclaré. Avec beaucoup de justesse, puisque certains d’entre eux ont été renvoyés de la fac de philosophie où ils étudiaient.

Dernier exemple de performance : l’organisation d’un repas dans une rame de métro en activité, 40 jours après la mort de Dmitri Prigov, auteur et artiste dissident de l’ère soviétique, envoyé brièvement en hôpital psychiatrique en 1986.

A lire : leur manifeste en russe ou en anglais.

L'autre vie de Lénine

Par Aurialie le 11.08.2008 à 22h24

Rinat Voligamsi, membre de l’Union des artistes de Russie et lauréat du Prix d’Etat, a imaginé, dans une série de photos intitulée "Lénine est vivant, plus vivant que tous les vivants", la vie d’un Lénine qui ne serait pas mort en 1924, mais se serait retiré de la vie politique, puis converti à l’Islam.

Les fantaisies de l’auteur ne s’arrêtent pas là : après un pèlerinage à la Mecque, effectué avec son frère jumeau, il aurait écrit l’ouvrage "L’Islam comme dernier espoir de la révolution". Pendant la Seconde Guerre mondiale, Lénine se serait caché en Amérique latine, où il aurait consulté Castro et Trotsky sur différentes questions. Dans les derniers jours de sa vie, il aurait déménagé avec sa famille à Zurich, où il aurait ouvert une boutique d’antiquaire.

Les différentes parties de cette vie fantasmée ont été réalisées grâce à des photomontages. L’artiste, pour réaliser ce projet original, a utilisé des centaines de vraies photos anciennes.

Source photos : Rinat Voligamsi

Evgeny Parfenov, un graphiste moscovite

Par Aurialie le 06.07.2008 à 15h26

Depuis le début du mois de juin, les travaux graphiques de Evgeny Parfenov, illustrateur freelance à Moscou, font le tour de la blogosphère des designers, graphistes, dessinateurs, … Ces illustrations très stylisées des joueurs européens de foot (Cristiano Ronaldo, Michael Ballack, Andreï Archavine), chanteurs, acteurs, … y sont certainement pour beaucoup.

Mais Evgeny Parfenov a d’autres cordes à son arc esthétique : photos, films et projets artistiques. "Old and trash glasses", comme son nom l’indique, montre des vieilles lunettes, "Blow up/walls" - des fragments de murs moscovites, "street fonts" - des polices (types d‘écriture) trouvées dans la rue et "Moscow in numbers" - les chiffres 0 à 100 disséminés dans Moscou.

Evgeny Parfenov, un graphiste, illustrateur, artiste complet à découvrir.

Images : portrait d’Egor Letov, décédé le 19 février dernier, et photos du projet "Moscow in numbres"

Qu'est ce que l'art interdit en Russie ?

Par Aurialie le 29.05.2008 à 23h38

A gauche : Ikona-ikra (icône-caviar) d’Alexandre Kosolapov (1995)
A droite : photocollage Sans nom de Vagritch Bakhtchaniane (milieu des années 80).

D’autres images de l’exposition qui ont valu à Iouri Samodourov, directeur du musée Sakharov, une mise en examen et des manifestations des religieux, sur ru_art_free

Une Fête de la liberté sans beaucoup de liberté

Le dimanche du 3e week-end de mai est le jour choisi pour célébrer la Fête de la Liberté, à savoir l’anniversaire du Prix Nobel de la paix, Andreï Sakharov, né le 21 mai 1921. Quatre cent personnes étaient présentes dans le square près de la station de métro Kourskaïa, pour rappeler qu’il est important de protéger les droits des citoyens.

Cette célébration est d’autant plus importante cette année que le directeur du musée Sakharov, Iouri Samodourov, se voit mis en examen pour l’organisation d’une exposition en mars 2007 intitulée "l’Art interdit - 2006" et dont les œuvres offenseraient les sentiments des croyants et contribueraient à l’attisement de la haine religieuse (art. 282 du code pénal). C’est le mouvement patriotico-orthodoxe Narodnyi Sobor (la Cathédrale du peuple), réunissant plus de deux cents organisations orthodoxes, associations de vétérans et de jeunes, qui a demandé que la responsabilité pénale des organisateurs de l’exposition soit mise en cause.

Celle-ci portait bien son nom, puisque les travaux montrés n’avaient pas passé le "comité de censure" des autres musées et galeries moscovites. Il y avait, par exemple, le tableau de l’Ere de la Miséricorde, représentant deux policiers en train de s’embrasser. Cette œuvre offenserait l’uniforme militaire, selon les organisations orthodoxes.

Iouri Samodourov a déjà été condamné à une amende en 2003 pour l’exposition "Attention : religion !", alors que celle-ci avait été en partie détruite par six paroissiens de l’Eglise Saint Nicolas de Pyji.

Ne serait-on pas devant une nouvelle restriction de la liberté d’expression des artistes et des associations de défense des droits civils ?

Source image : Novaya Gazeta

Art national primitif ukrainien par Polina Raïko

Par Aurialie le 09.05.2008 à 03h21

Polina Raïko, sans le savoir, a fait de sa maison un musée d’art primitif ukrainien. Après une vie pas toujours heureuse (mort de sa fille et de son mari, alcoolisme envahissant d’un fils qui a fini en prison), Polina a commencé à dessiner sur les murs de sa maison très dépouillée, alors qu’elle avait 69 ans. Jusqu’à sa mort (à 76 ans), elle a dépensé l’argent de sa retraite en peinture pour embellir sa demeure.

Pour le centre culturel de la ville de Kherson, qui a souhaité préservé cet héritage unique, les dessins de Polina reflètent la bonté, l’humanisme, la chaleur de la peinture primitive ukrainienne. Un ouvrage de photos a même été publié, et il faut mieux avoir un livre que l’avoir en vrai chez soi, car c’est tout de même un peu chargé !

Internet, "l'académie du terrorisme" (Torchine)

Par Aurialie le 14.04.2008 à 22h51

Le ministère public russe général a proposé à la Douma de durcir le degré de responsabilité des médias et des sites Internet. Côté médias, le projet du Ministère public général prévoit la création d’un nouveau délit : le refus non fondé de démenti. Jusqu’à présent, seuls les citoyens et les organisations pouvaient demander à publier un démenti. Le Parquet souhaite l’étendre aux organismes d’État de tous niveaux, au procureur général de la Fédération de Russie, à ses assistants et aux procureurs qui lui sont soumis.

Côté Internet, la loi "sur la répression de l’activité extrémiste" va être renforcée. Si un article est reconnu extrémiste par une cour, l’accès à cet article doit être bloqué. En cas de répétition de ce type d’articles, le site sera fermé. La liste des sites extrémistes sera publiée régulièrement et les fournisseurs d’accès devront arrêter le service du site au cours du mois.

Quelques jours auparavant, le vice-speaker du Conseil de la Fédération, Alexandre Torchine, avait publiquement déclaré que le rôle d’Internet "comme moyens de propagande de la terreur" a augmenté tellement qu’on "l’appelle, non sans raison, l’académie du terrorisme", "les terroristes répandent sans difficultés ses idées, en embauchant de nouveaux partisans, achètent des armes et des équipements, communiquent l’un avec l’autre." C’est pourquoi, le sénateur insiste sur le fait qu’il faut "élaborer des critères communs de reconnaissance des sites terroristes, former des méthodes de leur détection, mettre en place un monitoring constant, national et international, de leur activité, ainsi qu’un mécanisme de clôture de tels sites."

Bonne nouvelle tout de même : les autorités russes ne sont pas encore prêts à fermer l’accès aux sites étrangerss (comme en Chine), à cause de... la complexité technologique !

Mais n’est-ce pas avec ce genre de loi que l’on fait fermer l’exposition (Prison, folie, égalité et justice) d’une artiste (Natalia Tchernova), ancienne prisonnière condamnée pour sa participation à une action de l’opposition ?

Image : Polit.ru (en russe l’arobase se dit "sobaka", ce qui signifie également "chien")

Un concentré de Russie

Par Aurialie le 07.04.2008 à 23h56

Andreï Gordeev, alias Gordeï, est un illustrateur qui propose des dessins naïfs jouant sur les clichés. Il avait ainsi proposé en début d’année un calendrier, représentant les chauffeurs de taxi de différents pays. Le Français (3e mois) tient une rose, a un Cupidon pendu à son rétroviseur, des croissants et des bouteilles de vin dans sa voiture ; l’Anglais (dernier mois) tient une tasse de thé, a un ballon de foot à son rétroviseur, regarde un match de foot sur une petite télé, dehors par la fenêtre on voit des personnes avec un parapluie.

Gordeï s’attaque cette fois à la Russie en cinq planches. De nombreux personnages issus de l’imaginaire lié à son pays sont dessinés : les alcooliques, les grands-mères faisant la manche, les Tchétchènes jouant dans le championnat de foot russe, le journaliste télé bien dressé, les filles faciles et même le Kosovo (partie droite du 1e dessin) et la fête idiote (dixit Gordeï) de la Saint Patrick (5e planche). Des illustrations riches, remplies de détails, à la fois culturels, sociaux et historiques.

Hommage à Tarkovski

Par Aurialie le 05.04.2008 à 23h50

Le 4 avril 1932 naissait Andreï Tarkovski. Ce célèbre réalisateur, souvent considéré par la critique comme un des maîtres du Septième Art, à l’égal d’Ingmar Bergman, Luis Bunuel, Robert Bresson, Michelangelo Antonioni ou Federico Fellini, est à l’origine de quelques uns des meilleurs films soviétiques (et internationaux) : Solaris, Andreï Roublev, le Sacrifice et Stalker (que vous pouvez voir ci-dessous en entier).

Les thèmes chers à Tarkovski étaient la spiritualité, la présence de la terre et son union prophétique avec les trois autres éléments de la vie (eau, feu et air), la solitude des êtres, leurs rêves, leurs fantasmes, leur imagination et leurs tourments existentiels, sujets éloignés des impératifs artistiques du régime soviétique, qui lui ont valu quelques difficultés.

A lire : sa dernière interview, donnée 8 mois avant sa mort (en 1986) au magazine Nouvelles clés.

Dans l'intimité de Tsvetaeva

Par Aurialie le 06.03.2008 à 23h38

Les éditions Syrtes, déjà à l’origine de la sortie française de Pathologies de Zakhar Prilepine, rendent aujourd’hui hommage à Marina Tsvetaeva en sortant deux ouvrages : les Carnets de la poétesse et le témoignage de sa fille Ariadna Efron (Marina Tsvetaeva, ma mère), véritable ode à sa mère, qu’elle semble idolâtrer. Chaque mot témoigne de son attachement, son amour, son admiration, rendant le portrait de la poétesse partiel.

Les Carnets de Marina Tsvetaeva sont quant à eux des documents exceptionnels sur sa vie artistique et intellectuelle. Ils retracent l’intégralité des 26 années de sa création poétique (1913-1939) et permettent de rentrer dans l’intimité de la poétesse. Un ouvrage riche et inédit pour tous ceux qui souhaitent mieux connaître cette auteure considérée comme un des poètes les plus originaux de langue russe du XXe siècle et qui a même inspiré une chanson à Dominique A.

Photo : Esprits nomades, site sur lequel vous pourrez lire quelques vers de la poétesse.

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