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Medvedev, bilan d'un an de présidence

Par Aurialie le 08.05.2009 à 19h09

Un an après l’élection de Dmitri Medvedev à la présidence russe, journaux nationaux et étrangers ont fait un bilan de son activité. Et en un an, il s’en est passé des choses : lutte contre la corruption, changement dans la constitution, opération militaire en Ossétie du sud, conflit gazier avec l’Ukraine, remplacement des gouverneurs, crise financière mondiale, ...

Courrier international a fait une intéressante revue de presse des journaux russes avec pour titre "En un an, Medvedev a imposé son style" : Le 7 mai 2008, Dmitri Medevedev, prenait, à 42 ans et demi, ses fonctions de troisième président de Russie. Dauphin de Vladimir Poutine, il avait été élu, le 2 mars, au premier tour, avec 70 % des voix. Le quotidien populaire Moskovski Komsomolets affirme que "la Russie s’est dotée d’un président responsable, travailleur, capable de prendre des décisions, différent de son prédécesseur, mais qui peut travailler efficacement avec le Premier ministre, Vladimir Poutine". Tel est le "principal résultat" de l’année écoulée, poursuit le quotidien, acquis "non négligeable", étant donné le contexte dans lequel il est arrivé au pouvoir. "Il a succédé non seulement à un leader populaire et talentueux, mais plus fondamentalement, il a succédé à son propre maître. L’homme sous la direction duquel il avait travaillé une grande partie de sa vie active, dont l’influence était inestimable, et sans l’aide de qui, Dmitri Anatolevitch aurait eu beaucoup de mal à devenir président, si tant est qu’il ait pu y parvenir."

Le quotidien libéral Kommersant considère, pour sa part, que Dmitri Medvedev a "pour l’instant rempli les deux missions" qu’il s’était fixées, à savoir, "rester fidèle à la ligne imposée par Vladimir Poutine et trouver son propre style politique". Plus dans la psychologie, le quotidien Izvestia (pro-kremlin) affirme que "Dmitri Medvedev a changé, en douze mois, aussi bien comme personne, que comme dirigeant." D’après Elena Chestopal, la présidente de la chaire de psychologie politique de l’Université d’Etat de Moscou, interviewée par le journal, Medvedev est "l’un des rares hommes politiques à ne pas avoir de complexes. Pour lui, le pouvoir est un instrument à l’aide duquel on peut résoudre des problèmes concrets, non pas ses problèmes personnels. Le plus grand succès pour un pays est d’être dirigé par une personne décomplexée."

A l’occasion de cet anniversaire, le quotidien Vzgliad a interrogé des experts de tous bords qui insistent tous sur l’apport bénéfique du président. Le journal revient notamment sur la modification de la Constitution qui rabaisse le nombre minimum d’adhérents qu’un parti doit rassembler pour pouvoir se présenter aux élections et permet d’accorder des mandats individuels à la proportionnelle aux candidats dont le parti n’a pas atteint les 7 % requis, mais a passé la barre des 5 %. D’après Sergueï Markov, député et directeur de l’Institut d’Etudes politiques, elle va dans le sens d’un "renforcement du pluralisme et de la concurrence". Pour lui, Medvedev agit dans l’esprit de son slogan de campagne : "La liberté, c’est mieux que pas de liberté". Vremia Novostieï estime cependant que l’"erreur grave" de Dmitri Medvedev au cours de ces derniers mois, aura été sa "négligence à l’égard des conséquences des conflits que la Russie a eu avec la Géorgie d’une part et l’Ukraine d’autre part". En effet, les dirigeants qui "estimaient la légitimité de l’action entreprise par la Russie évidente, ne s’attendaient visiblement pas à une réaction négative aussi brusque de la communauté internationale." Le quotidien estime qu’"il aurait non seulement fallu prévoir une réaction anti-russe, mais aussi la prévenir".

A noter dans les critiques, celle du syndicat des entrepreneurs russes, le RSPP, qui estime dans Vremia Novostieï que "si Poutine et Medvedev arrivent à travailler ensemble, ils n’arrivent à rien d’autre", songeant notemment à leur gestion de la crise économique. En conclusion, Kommersant souligne la stabilité de la côte de popularité de Dmitri Medvedev, qui, d’après un sondage du Centre Levada, se maintient à 68 % d’opinions favorables, contre 70 % de voix à la présidentielle de 2008.

Mais selon ce même sondage, 30% des Russes estiment que c’est Vladimir Poutine, aujourd’hui Premier ministre, qui détient le pouvoir véritable. D’où ce dessin de Chappatte, publié sur Yahoo news.

Lounatcharski, un révolutionnaire dans la culture

Par Aurialie le 23.11.2008 à 19h33

Des bolcheviks qui ont fait les révolutions de 1917 on retient essentiellement les hommes politiques, notamment Lénine, Staline, Trotsky, Kamenev, Boukharine, Zinoviev et Dzerjinski. Anatoli Lounatcharski, révolutionnaire, philosophe et écrivain né le 23 novembre 1875, est très rarement cité, surement parce qu’il s’occupait moins de politique que de culture. Varlam Chalamov dans son livre Les années vingt en fait le portrait suivant :

"Lounatcharski avait beau de démener en faveur des artistes, des monuments d’art, il avait beau parler de « son théâtre » et de « ses drames », en vérité Don Quichotte libéré, Velours et guenilles, le Charpentier et le Chancelier, toutes ces pièces n’étaient jamais que du théâtre lyrico-philosophique, et il avait beau conduire des missions diplomatiques dans les conférences internationales, ce n’était pas un homme politique. Ce n’était ni un grand théoricien, ni un leader. Mais sa nature émotive, son énorme bagage intellectuel, la diversité de sa formation, son très grand talent de vulgarisateur et d’éducateur, sa vie enfin si riche, tout cela lui attirait la sympathie des jeunes. Les jeunes avaient à son égard une attitude à peine ironique, mêlée de respect et de tendresse. Et lui-même se plaisait à les rencontrer. On tenait compte de ses goûts en littérature, mais ce n’était pas lui, Lounatcharski, qui faisait de la haute politique." (p.76)

Eduqué par un beau-père opposé au régime tsariste, Lounatcharski développe très tôt des idées révolutionnaires et devient membre du parti bolchevique dès 1903. Vivant en exil à l’étranger, il est très proche de Gorki, avec qui il fonde l’école de Capri, mais s’oppose parfois à Lénine sur certaines théories. Ce dernier, admirant son esprit et sa culture, le nomme commissaire du peuple à l’Instruction publique (Narkompros) en 1917. En cette année mouvementée, il joue un rôle important dans la révolution en s’adressant quotidiennement aux foules d’ouvriers, soldats et marins en colère, mais aussi en sauvant de la destruction de nombreux bâtiments publics au titre de leur importance historique et architecturale. Selon diverses sources, il donne même sa démission au Parti en novembre 1917 parce que lui parvient de Moscou la rumeur de la destruction de la cathédrale Saint-Basile, rumeur qui s’avère fausse.

Commissaire au Narkompros jusqu’en 1929, Lounatcharski lutte vigoureusement contre l’analphabétisme, favorise la littérature prolétarienne et l’essor de nouveaux courants artistiques (constructivisme, cubo-futurisme, cinéma) et soutient de nombreux artistes (parmi les plus connus, Maïakovski, Malevitch, Kandinski, Medvedkine, Eisenstein).

Son rôle pendant le début du vingtième siècle et ses idées sont assez longuement décrits dans Lénine, l’art et la Révolution.

Images : 1- Lounatcharski et Gorki (source Ria Novosti)
2 - Lounatcharski et Lénine lors de l’inauguration du monument "Emancipation des travailleurs" le 1er mai 1921 (source Wikipedia)

Jamais deux sans trois !

Par Aurialie le 18.11.2008 à 00h24

Et voilà aujourd’hui s’achève une deuxième année de Spoutnitsi, synonyme de rédaction de 305 articles, d’ajout d’un fil de veille et d’un agenda, et de beaucoup d’heures devant mon ordinateur.

Et donc, une nouvelle année commence avec quelques modifications dans le design (un blog plus large et plus aéré pour une lecture facilitée et des images plus visibles, moins de rouge pour plus de sobriété, de nouvelles vignettes entre les deux colonnes pour un peu de changement, la possibilité de s’inscrire au fil RSS des commentaires, ...=> un grand merci à mon webmaster préféré pour ce travail superbe) et toujours la même envie de faire découvrir ce qu’il se passe en Russie (et dans les pays aux alentours) du côté de la société civile, de la jeunesse, des associations des droits de l’homme, de l’opposition politique, des artistes et écrivains. D’autant plus que les messages de sympathie que je reçois parfois m’encouragent à continuer sur cette voie. Donc, en route pour une 3e année !

Une Fête de la liberté sans beaucoup de liberté

Le dimanche du 3e week-end de mai est le jour choisi pour célébrer la Fête de la Liberté, à savoir l’anniversaire du Prix Nobel de la paix, Andreï Sakharov, né le 21 mai 1921. Quatre cent personnes étaient présentes dans le square près de la station de métro Kourskaïa, pour rappeler qu’il est important de protéger les droits des citoyens.

Cette célébration est d’autant plus importante cette année que le directeur du musée Sakharov, Iouri Samodourov, se voit mis en examen pour l’organisation d’une exposition en mars 2007 intitulée "l’Art interdit - 2006" et dont les œuvres offenseraient les sentiments des croyants et contribueraient à l’attisement de la haine religieuse (art. 282 du code pénal). C’est le mouvement patriotico-orthodoxe Narodnyi Sobor (la Cathédrale du peuple), réunissant plus de deux cents organisations orthodoxes, associations de vétérans et de jeunes, qui a demandé que la responsabilité pénale des organisateurs de l’exposition soit mise en cause.

Celle-ci portait bien son nom, puisque les travaux montrés n’avaient pas passé le "comité de censure" des autres musées et galeries moscovites. Il y avait, par exemple, le tableau de l’Ere de la Miséricorde, représentant deux policiers en train de s’embrasser. Cette œuvre offenserait l’uniforme militaire, selon les organisations orthodoxes.

Iouri Samodourov a déjà été condamné à une amende en 2003 pour l’exposition "Attention : religion !", alors que celle-ci avait été en partie détruite par six paroissiens de l’Eglise Saint Nicolas de Pyji.

Ne serait-on pas devant une nouvelle restriction de la liberté d’expression des artistes et des associations de défense des droits civils ?

Source image : Novaya Gazeta

La journée d'Alexandre Soljenitsyne

Par Aurialie le 12.12.2007 à 00h10

Le dissident soviétique, Alexandre Soljenitsyne a fêté aujourd’hui (11 décembre) ses 89 ans. Du haut de son grand âge, il a répondu aux questions du journaliste de Vesti.ru, notamment une, particulièrement intéressante : "que pensez-vous de la Russie d’aujourd’hui ? Est-elle loin de ce pour quoi vous vous êtes battu ? Ou bien est-elle proche de ce que vous aviez rêvé ?"
Réponse sans appel : "Est-elle proche de la Russie que j’avais rêvée... Elle est très, très éloignée. Et par sa structure étatique, et par sa constitution sociale, et par son état économique. Mais l’ordre actuel se distingue considérablement de celui qui était précédemment. (...) Malheureusement, il a ses défauts et ses obligations de développement."

-Quelles sont les principales obligations de développement de la Russie ?
-L’essentiel dans la sphère internationale est atteint : le retour de l’influence de la Russie et la place de la Russie dans le monde. Mais sur le plan intérieur, nous sommes éloignés de l’état moral que nous souhaitions, que nous avions besoin organiquement. On ne peut pas passer par-dessus un développement spirituel difficile, que l’on n’accompli pas par des standards étatiques ou parlementaires. C’est un processus spirituel très complexe. [Selon son épouse, ce qui inquiète le plus Alexandre Soljenitsyne est la rupture entre les pauvres et les riches dans un pays où l’État se bat faiblement contre cela.]

Dernière question : "Quel cadeau vous ferait le plus plaisir ?"
-Mon cadeau est en préparation – l’édition du dernier tome de "la Roue rouge", qui aideraient à mieux comprendre la marche vers la Révolution de février.

Le jour même de son anniversaire, une nouvelle édition enrichie de "l’Archipel du Goulag" est déjà sortie en Russie, 16 ans après la précédente. Coïncidence étonnante : l’auteur avait également attendu 16 ans avant de voir son livre publié en URSS. Heureusement son expression française préférée est : tout vient à point à qui sait attendre !

1 an !

Par Aurialie le 18.11.2007 à 00h32

Grande nouvelle : en ce 18 novembre, jour anniversaire de Ded Moroz (Père Noël russe), Spoutnitsi a 1 an. En tout 359 articles ont été écrits, 41 commentaires postés (c’est un peu léger, mais c’est déjà un bon début), 36 liens répertoriés et 1 nouveauté ajouté depuis le 7 octobre, pour les personnes qui ont un navigateur en russe : un petit résumé en cette langue débute chaque article et cela, afin que les russophones ne pensent pas tomber sur un blog pro-Poutine en regardant certaines photos sans comprendre le texte et l’ironie qui l’accompagne parfois.

C’est donc parti pour une deuxième année de blogging, qui sera riche en évènements politiques, avec les prochaines élections législative et présidentielle, mais aussi, j’espère, culturels, sociaux et sportifs (avec les Jeux Olympiques notamment). Ne perdons pas de temps alors, et hop, repartons à la recherche d’informations intéressantes.

Source image : m3o.org

Dostoïevski, psychologue de notre temps

Par Aurialie le 11.11.2007 à 03h59

Il y a 186 ans (selon le calendrier grégorien, 30 octobre selon le calendrier julien) naissait un des plus grands auteurs russes, Fiodor Dostoïevski. A notre époque, ses romans inspirent des réalisateurs, trois films sortis dernièrement le prouvent. Paranoid Park de Gus van San évoque le cas de conscience d’un jeune skateur qui tue accidentellement un agent de sécurité, reprenant ainsi le thème de la culpabilité, magnifiquement dépeint dans Crime et Châtiment.

Le rêve de Cassandre de Woody Allen et les Promesses de l’ombre de David Cronenberg, plongée dans la mafia russe d’Angleterre, ont un goût des Frères Karamazov. D’ailleurs, le réalisateur de History of Violence et l’un des principaux acteurs, Viggo Mortensen, avouent avoir lu Les Possédés pour pénétrer au cœur du tempérament russe et sont d’accord avec un journaliste des Inrocks qui décrit Les Promesses de l’ombre comme "un film de mafia mâtiné de Dostoïevski".

Dostoïevski, écrivain du XIXe siècle, a su parfaitement décrire la nature humaine et ses tourments. Friedrich Nietzsche avait justement déclaré : "Dostoïevski est la seule personne qui m’ait appris quelque chose en psychologie."

Happy birthday Mister President !

Par Aurialie le 07.10.2007 à 22h56

Les jeunesses poutiniennes ont célébré aujourd’hui l’anniversaire de leur maître. Pour les 55 ans du Président, environ 10.000 personnes venant de 20 régions de Russie se sont réunies sur les berges Taras Chevtchenko à Moscou et on pu écrire un mot à leur démocrate préféré sur une grande carte.

Les commissaires des Nachis ont également organisé le jeu "les Leçons de l’Amitié", dont le but était de coudre une centaine de couvertures représentant les ornements nationaux des différents peuples cohabitant en Russie. Quel beau cadeau que cette "Couverture du monde", symbole plurinational de l’unité de la Russie, de bien meilleur goût que le présent de l’année dernière : la mort d’une journaliste indépendante, Anna Politkovskaïa, dont les opposants au régime ont honoré la mémoire.

Source :Nashi.su

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