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Mandelstam, un poète qui vivait par la poésie

Ossip Mandelstam est un de ces poètes dont les vers n’ont guère été appréciés par les autorités soviétiques. En s’en prenant directement à Staline, cette figure de l’acméiste a joué un jeu dangereux et y a laissé sa vie. L’épigramme suivant lui a ainsi valu d’être arrêté une première fois le 16 mai 1934 et condamné à trois ans d’exil à Tcherdyne "pour composition et diffusion d’œuvres contre-révolutionnaires".

Мы живем, под собою не чуя страны,
Наши речи за десять шагов не слышны,
А где хватит на полразговорца,
Там припомнят кремлёвского горца.
Его толстые пальцы, как черви, жирны,
А слова, как пудовые гири, верны,
Тараканьи смеются усища,
И сияют его голенища.
А вокруг него сброд тонкошеих вождей,
Он играет услугами полулюдей.
Кто свистит, кто мяучит, кто хнычет,
Он один лишь бабачит и тычет,
Как подкову, кует за указом указ :

Кому в пах, кому в лоб, кому в бровь, кому в глаз.
Что ни казнь у него - то малина
И широкая грудь осетина.

Traduction française :
Nous vivons, sourds au pays en dessous de nous,
Dix marches plus bas personne n’entend nos paroles,
Mais si nous tentons la moindre conversation
Le montagnard du Kremlin y prend part.

Ces doigts sont comme des vers
et ses mots ont le poids lourd de la vérité
Il rit au travers de son épaisse et broussailleuse moustache
et le cirage brille au sommet de ses bottes

Autour de lui, un tas de chefs minces de cou
Les sous-hommes zélés dont il joue et se joue,
Tel siffle, tel miaule, geint ou ronchonne,
Lui seul frappe du poing, tutoie et tonne,
En forgeant, tels des fers à cheval, ses décrets :

Qui à l’aine, qui au front, qui au sourcil, qui à l’oeil
Chaque tuerie est douce comme la confiture de baies
Pour l’Ossète arrogant à la vaste poitrine.

Après une tentative de suicide et l’intervention de Pasternak, sa sentence est commuée en exil à Voronej. Il y reste jusqu’en mai 1937. Mais un an plus tard, il est de nouveau arrêté et en aout 1938, il est condamné pour activités contre-révolutionnaires à 5 ans de travaux forcés dans un camp près de Vladivostok. Il n’y a pas survécu plus de trois mois à cause des privations, du froid et de la faim, et meurt le 27 décembre 1938. Il est réhabilité en 1956 pour sa condamnation de 1938 et en 1987 pour celle de 1934.

Sa mémoire continue d’être honorée aujourd’hui, notamment avec l’inauguration d’une statue dans un square du centre de Moscou, près d’un appartement communautaire où il avait vécu avec son frère. Deux autres sculptures ont déjà été inaugurées en Russie : la 1e à Vladivostok, la 2e à Voronej, ses deux lieux d’exil.

Sa représentation moscovite, une œuvre de Dmitri Chakhovskoï, Elena Mounts et Alexandre Brodski, a été choisie à l’issue d’un concours organisé par des adeptes de la poésie de Mandelstam l’année dernière. Les architectes ont voulu le montrer à la fois abandonné, ouvert et fort. La statue représente la tête du poète, les yeux levés au ciel, sur 4 blocs de basalte où deux de ses vers sont gravés : "Pour les siècles futurs et pour leur gloire altière/ Pour l’altière tribu des hommes..."

Image : 1-Monument moscovite, source Bunimovich.ru (Evgueni Bounimovitch, député membre du jury ayant choisi le monument moscovite)
2- Photo de Mandelstam prise par le NKVD lors de sa 1e arrestation (source Wikipedia

Lounatcharski, un révolutionnaire dans la culture

Par Aurialie le 23.11.2008 à 19h33

Des bolcheviks qui ont fait les révolutions de 1917 on retient essentiellement les hommes politiques, notamment Lénine, Staline, Trotsky, Kamenev, Boukharine, Zinoviev et Dzerjinski. Anatoli Lounatcharski, révolutionnaire, philosophe et écrivain né le 23 novembre 1875, est très rarement cité, surement parce qu’il s’occupait moins de politique que de culture. Varlam Chalamov dans son livre Les années vingt en fait le portrait suivant :

"Lounatcharski avait beau de démener en faveur des artistes, des monuments d’art, il avait beau parler de « son théâtre » et de « ses drames », en vérité Don Quichotte libéré, Velours et guenilles, le Charpentier et le Chancelier, toutes ces pièces n’étaient jamais que du théâtre lyrico-philosophique, et il avait beau conduire des missions diplomatiques dans les conférences internationales, ce n’était pas un homme politique. Ce n’était ni un grand théoricien, ni un leader. Mais sa nature émotive, son énorme bagage intellectuel, la diversité de sa formation, son très grand talent de vulgarisateur et d’éducateur, sa vie enfin si riche, tout cela lui attirait la sympathie des jeunes. Les jeunes avaient à son égard une attitude à peine ironique, mêlée de respect et de tendresse. Et lui-même se plaisait à les rencontrer. On tenait compte de ses goûts en littérature, mais ce n’était pas lui, Lounatcharski, qui faisait de la haute politique." (p.76)

Eduqué par un beau-père opposé au régime tsariste, Lounatcharski développe très tôt des idées révolutionnaires et devient membre du parti bolchevique dès 1903. Vivant en exil à l’étranger, il est très proche de Gorki, avec qui il fonde l’école de Capri, mais s’oppose parfois à Lénine sur certaines théories. Ce dernier, admirant son esprit et sa culture, le nomme commissaire du peuple à l’Instruction publique (Narkompros) en 1917. En cette année mouvementée, il joue un rôle important dans la révolution en s’adressant quotidiennement aux foules d’ouvriers, soldats et marins en colère, mais aussi en sauvant de la destruction de nombreux bâtiments publics au titre de leur importance historique et architecturale. Selon diverses sources, il donne même sa démission au Parti en novembre 1917 parce que lui parvient de Moscou la rumeur de la destruction de la cathédrale Saint-Basile, rumeur qui s’avère fausse.

Commissaire au Narkompros jusqu’en 1929, Lounatcharski lutte vigoureusement contre l’analphabétisme, favorise la littérature prolétarienne et l’essor de nouveaux courants artistiques (constructivisme, cubo-futurisme, cinéma) et soutient de nombreux artistes (parmi les plus connus, Maïakovski, Malevitch, Kandinski, Medvedkine, Eisenstein).

Son rôle pendant le début du vingtième siècle et ses idées sont assez longuement décrits dans Lénine, l’art et la Révolution.

Images : 1- Lounatcharski et Gorki (source Ria Novosti)
2 - Lounatcharski et Lénine lors de l’inauguration du monument "Emancipation des travailleurs" le 1er mai 1921 (source Wikipedia)

Les communistes veulent-ils faire du buzz sur Internet ?

Par Aurialie le 21.11.2008 à 00h27

De jeunes membres des sections de Moscou et de Krasnoïarsk du Parti communiste de la Fédération de Russie ont fait preuve d’une certaine créativité, mais d’un vrai manque de respect pour les droits d’auteurs et la création artistique. Séduits par le clip de Liapis Troubetskoï "Ogonki", animation très travaillée d’anciennes cartes postales de l’ère soviétique, mais préférant les paroles de la chanson de Oundervoud "J’ai très envie de vivre en Union Soviétique" ("Очень хочется в Советский Союз"), ils ont décidé de faire un mash-up des deux.

Les deux groupes déplorent bien sûr cette action du PCRF. Mais le plus remonté est Alekseï Terekhov, réalisateur du clip "Ogonki", qui a déclaré vouloir attaquer les auteurs de cette création : "Le pire c’est que ça n’a rien à voir avec de l’art, tout est exclusivement fait dans des buts politiques et propagandistes. Je ne veux pas qu’avec mon aide on propage des idées avec lesquelles je ne suis pas d’accord. C’est vraiment d’une grande violence, il n’y a pas d’autres mots."

Pour leur défense, les jeunes communistes expliquent qu’ils ne sont pas nostalgiques de l’URSS, bien qu’ils aient passé leur enfance pendant cette période. "Retourner en enfance est impossible. Nous voulons revenir dans un pays, dans lequel il y avait de l’égalité sociale, et surtout, des sentiments humains vivants, la sensation d’appartenir à une seule et même grande famille, à une grande cause."

Tbilissi, 9 avril 1989

Par Aurialie le 29.10.2008 à 00h49

Très beau cliché du journaliste et photographe Iouri Rost, publié dans Novaya Gazeta à la suite des évènements tragiques entre l’Abkhazie, la Géorgie et la Russie cet été. En avril1989, les tensions existaient déjà entre ces 3 régions. L’Abkhazie exigeait son détachement de la Géorgie et sa promotion en seizième république fédérée de l’Union soviétique. Les Géorgiens y voyait une tentative du PCUS de briser leur propres aspirations nationalistes à l’indépendance.

Le 8 avril 1989, dans la capitale Tbilissi, plus de dix mille personnes ont manifesté leur soutien aux deux cents grévistes de la faim qui protestaient contre les revendications sécessionnistes de l’Abkhazie. Lors des émeutes de la nuit, des manifestants ont bravé le couvre-feu, les forces de l’ordre ont alors employé des gaz innervants et tué près de 50 personnes (source Wikipedia)

Le texte accompagnant la photo rappelle les liens qui unissent la Russie et la Géorgie : "Nos soldats sont dans les mêmes fosses communes des deux Guerres mondiales. Nos langues se sont entrelacées par de grandioses traductions des poètes géorgiens et russes. Nos cultures, en se développant indépendamment, partent des racines d’une même terre, d’une même foi (...). La terreur et la honte chez nous est aussi la même : le bolchevisme et Staline. Nous sommes du même sang."

Petite chronique sur le barde Galitch

Par Aurialie le 21.10.2008 à 00h37

Il y a quatre heures, je ne connaissais pas Alexandre Galitch, né il y a 90 ans à Ekaterinoslav. Et pourtant deux fois son nom avait résonné à mes oreilles, sauté à mes yeux. Récemment sur cette photo, témoignage d’une manifestation contre l’intrusion russe en territoire géorgien, on peut lire sur la banderole une citation de Galitch : "Citoyens ! La patrie est en danger ! Nos tanks sont en terre étrangère."

Autre moment, autre citation, dans le film Le Nouveau Russe de Pavel Lounguine :
- Tu te souviens du poème de Galitch : "Tu engendreras des loups sur terre. Tu leur apprendras à remuer la queue..." Tu te souviens de la suite ? (...)
- Comment finit le poème ?
- Lequel ?
- Celui avec les loups.
- "Tu engendreras des loups sur la terre. Tu leur apprendras à remuer la queue. Et s’il faut plus tard en payer le prix. Qu’importe : ce sera plus tard." (extrait de Еще раз о черте, 1969)

De son vrai nom Alexandre Ginzbourg, ce poète, scénariste, auteur est, avec Okoudjava et Vyssotki, un des grands bardes, un représentant de la chanson d’auteur russe. Critique envers le régime soviétique, il est exclu de l’Union des écrivains en 1971 et de l’Union des réalisateurs en 1972. Deux ans plus tard, les autorités l’expulsent d’URSS. Il meurt électrocuté en 1977 à Paris ; des rumeurs mettent en cause le KGB.

Source photo : Club Alexandre Galitch

Nous autres, 1e contre-utopie

Par Aurialie le 20.10.2008 à 00h18

"Délivrer l’humanité ! C’est extraordinaire à quel point les instincts criminels sont vivaces chez l’homme. Je les dis sciemment : criminels La liberté et le crime sont aussi intimement lié que, si vous le voulez, le mouvement d’un avion et sa vitesse. Si la vitesse de l’avion est nulle, il reste immobile, et si la liberté de l’homme est nulle, il ne commet pas de crime. Le seul moyen de délivrer l’homme du crime, c’est de le délivrer de la liberté."

Cette citation est issue du roman de sciences-fiction Nous autres d’Evgueni Zamiatine, écrit en 1920 (p.45). Il dénonce les risques de totalitarisme que la société encourent dans la Russie nouvellement soviétique : l’État décrit dans cette dystopie organise et contrôle de façon mathématique les moindres aspects de l’existence de ses citoyens (travail, sexualité, temps de loisir, ...). Le narrateur D-503 profite de son Heure Personnelle pour écrire des notes sur le fonctionnement de l’Etat unique, dans le but de laisser un témoignage sur la perfection de la vie édifiée par le Bienfaiteur. Mais comme dans toute machine bien huilée, un grain de sable vient perturber la vie du mathématicien : une femme I-330, membre d’un groupe de résistants voulant remettre de la fantaisie, de l’imagination et de l’inconnu dans l’ordonnancement parfait de ce monde.

"Les ennemis du bonheur ne dorment pas. Tenez votre bonheur d’une main ferme. Tout travail cessera demain pour permettre à chaque numéro de subir l’Opération. Ceux qui ne la subiront pas seront envoyés à la Machine du Bienfaiteur (p.82)."

Le pdf du livre est téléchargeable ici.

Solovki, l'ile où est né le goulag

Par Aurialie le 15.10.2008 à 00h20

Le site des Droits de l’Homme en Russie nous rappelle aujourd’hui que l’histoire du camp de travaux forcés de l’archipel Solovetsky a commencé il y a 85 ans, suite à une décret de Lénine le 13 octobre 1923. Avec la transformation de ce monastère en colonie pénitentiaire à mission spéciale, c’est l’histoire même du goulag qui commence.

Les sources d’informations pour en apprendre plus sur le système du goulag et plus particulièrement sur le camp Solovki ne manquent pas. Je conseille tout de même la lecture de ce très riche site canadien solovki.ca et des romans d’Alexandre Soljénitsyne, Varlam Chalamov et Evguenia Ginzbourg.

L'Europe vue de Moscou en 1952

Par Aurialie le 18.09.2008 à 23h12

En 1952, Moscou se représentait ainsi l’Europe. Le changement de perspective est intéressant pour notre habituel point de vue ethno-européo-centré. Avoir une vision actuelle aurait fait un bon parallèle, mais quitte à avoir une image du passé, autant remettre la statut de Dzerjinski sur la place de la Loubianka, pour "sa loyauté, son honnêteté et son professionnalisme."

Source carte : Strange Maps

Passage en Transnistrie

Par Aurialie le 11.09.2008 à 23h39

Après la reconnaissance par la Russie de l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, des journalistes ukrainiens ont souhaité voir sur place comment se déroule la vie en Transnistrie, enclave russe non-reconnue (pour le moment) entre la Moldavie et l’Ukraine.

Après avoir attendu leur accréditation trois heures à la frontière, ils ont pu aller à Tiraspol, la capitale, où l’on a parfois l’impression de "vivre encore au temps de l’URSS" (parade militaire pour la journée de l’indépendance en présence du pope et du président, symbole soviétique avec la faucille et le marteau, ...). Evgueni Bodounov explique dans son article, entrecoupé de photos de Dima Stoïkov, que cette république est dirigée depuis 18 ans par Igor Smirnov, qui ne va jamais à Chisinau, la capitale moldave, de peur d’être arrêté pour révolte ; et par la compagnie Sherif, dont les activités sont très larges : téléphonie, supermarchés, agence publicitaire, télévision, production de biens de consommation courante et industriels, complexe sportif, équipe de foot ...

Les Moldaves considèrent la Transnistrie comme une partie de leur pays et les sécessionnistes comme de victimes de la propagande. Sur la banderole de la dernière photo, on peut lire "notre langue est le roumain".

Trotsky : une vie vouée à la Révolution

Par Aurialie le 23.08.2008 à 00h51

Continuons avec la commémoration des évènements tragiques des 21 août soviétiques : après la répression du Printemps de Prague en 1968 et le putsch de Moscou en 1991, on remonte le temps jusqu’à 1940 et l’assassinat de Trotsky.

La plus émouvante évocation de ses dernières journées est bien sûr celle de sa femme Natalia Sedova, qui l’a vu mourir après l’avoir suivi dans son exil, d’Europe au Mexique. Artisan de la Révolution d’Octobre 1917 (au même titre que Lénine), fondateur de l’Armée rouge et de la IVe Internationale, opposant farouche à Staline et à la bureaucratisation croissante du régime soviétique, historien et théoricien de la Révolution russe, Trotsky a donné sa vie à cette dernière, prenant parfois des décisions brutales et contestables, notamment la répression du soulèvement des marins du Cronstadt en 1921 (certains avaient perdu l’esprit révolutionnaire de 1917).

A la lecture de la biogaphie de Victor Serge, écrite en collaboration avec Natalia Sedova (donc forcèment partisane), Vie et mort de Léon Trotsky, on garde tout de même l’image d’un homme intègre et profondèment intelligent, (me) donnant envie (personnellement) de lire son autobiographie Ma vie.

Source photo : communisme.wordpress.com

21 août 1968 : fin du Printemps de Prague

Par Aurialie le 21.08.2008 à 20h59

Quelques images de l’invasion des armées du Pacte de Varsovie il y a tout juste 40 ans (le 21 août 1968), pour "normaliser" la situation en Tchécoslovaquie où le secrétaire général du Parti communiste tchécoslovaque, Alexander Dubček, avait eu l’impudence d’introduire une dose de libéralisation (liberté de la presse, de circulation et d’expression, décentralisation de l’économie, développement de l’industrie des biens de consommation, ...).

Le quotidien allemand Frankurter Rundschau (repris dans la section Opinion de Courrier International) s’est demandé ce que les jeunes générations ont gardé de cet épisode historique.

"La plupart de ceux qui appartiennent à la véritable première génération mondialisée ne se demandent jamais (et n’ont pas à se demander) en quoi leur vie a quelque chose à voir avec le "printemps de Prague" ou l’agitation de 1968. Ils profitent aujourd’hui de la mondialisation de la musique, de la mode, de la consommation, des moyens de communication et de toutes les libertés qui en découlent. Mais ils ne sont pas pour autant aussi apolitiques ou inconscients que ce que pensent leurs aînés", écrit le journal.

Cette nouvelle génération se retrouve bien sûr face à un contexte qui n’a plus rien à voir avec celui des années 1960, aussi bien sur le plan économique que politique. Mais le journal estime qu’elle ne vit pas pour autant dans un paradis hérité des combats du passé. "La génération mondialisée a grandi en affrontant ses propres périls. Comme la précarité, qui pèse lourdement sur les choix de vie. Comme l’autoritarisme, qui fleurit aussi dans les démocraties et les économies de marché, en menaçant les libertés d’une tout autre façon. Et tant que le capitalisme triomphant se développera, les mouvements de protestation ne disparaîtront pas."

L'hymne soviétique pour les nuls

Par Aurialie le 15.06.2008 à 19h39

Voilà une vidéo plutôt drôle, permettant aux non-russophones de chanter l’hymne soviétique.

Et pour les russophones, les vraies paroles !

Союз нерушимый республик свободных
Сплотила навеки Великая Русь.
Да здравствует созданный волей народов
Единый, могучий Советский Союз !

Припев
Славься, Отечество наше свободное,
Дружбы народов надёжный оплот !
Знамя советское, знамя народное
Пусть от победы к победе ведёт !

Сквозь грозы сияло нам солнце свободы,
И Ленин великий нам путь озарил.
Нас вырастил Сталин — на верность народу
На труд и на подвиги нас вдохновил.

Припев

Мы армию нашу растили в сраженьях,
Захватчиков подлых с дороги сметём !
Мы в битвах решаем судьбу поколений,
Мы к славе Отчизну свою поведём !

Припев

Et pour la traduction c’est ici.

A quand un mémorial pour les victimes de Staline ?

Par Aurialie le 13.06.2008 à 22h11

Quelle famille soviétique n’a pas été touchée de près ou de loin par les répressions staliniennes ? Pour cette raison, des personnalités de la société civile russe, notamment l’ancien président Mikhaïl Gorbatchev, le chanteur Iouri Chevtchouk ou encore l’écrivain Daniil Granine, estiment qu’il est nécessaire d’ériger un mémorial en l’honneur des victimes et pour les générations futures.

Gorbatchev propose de transformer la prison de Bourtyrka en musée : "Comme prison, elle n’est plus satisfaisante, mais comme musée, elle convient parfaitement." Ce haut lieu des répressions staliniennes a vu passer dans ses murs de célèbres prisonniers : l’écrivain Alexandre Soljenitsyne, le poète Vladimir Maïakovski, l’anarchiste ukrainien Nestor Makhno, le pionner de la musique électronique Lev Thermen, l’écrivain Evguénia Guinzbourg, ...

"La prison de Boutyrka est une des variantes. Nous avons besoin d’un grand territoire à Moscou ou à côté. La création d’un espace commémoratif vers le canal" Moscou-Volga" est également possible. C’est le plus grand camp soviétique des années 30 sur le territoire moscovite", a déclaré Roginsky, responsable de l’association Mémorial.

Une lettre ouverte est en ligne, tout signataire est le bienvenu.

Famine 1932/1933 : génocide ?

Par Aurialie le 21.05.2008 à 22h32

Via Courrier International

"La polémique a été résolue au profit de la Russie", estime le quotidien Izvestia. Du moins pour l’instant, et dans le cadre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE). Ainsi que le rapporte le chef de la délégation russe de l’APCE, Konstantin Kossatchev : "La commission politique n’a pas adopté la proposition de l’Ukraine de considérer la famine des années 1930 comme une tragédie ayant frappé exclusivement le peuple ukrainien. Elle a soutenu celle de la Russie qui suggère de traiter cette question uniquement dans le contexte soviétique." La proposition russe a obtenu trois fois plus de voix que l’ukrainienne.

Les Ukrainiens, les plus durement frappés lors de la famine qui a fait des millions de morts dans le sud de la Russie, en Ukraine, dans l’ensemble de la région du Caucase et au Kazakhstan, estiment que les autorités soviétiques ont délibérément organisé cette famine pour éliminer le peuple ukrainien et veulent que cette tragédie soit officiellement qualifiée de génocide. La position de Moscou est la suivante : si une responsabilité devait être attribuée, elle le serait au régime soviétique [et non à la Russie]. Par ailleurs, les victimes de ce régime accusé d’avoir organisé la grande famine seraient les koulaks en tant que classe et non les seuls paysans ukrainiens (bien qu’ils aient été les plus nombreux représentants de cette classe).

"Une défaite pour Viktor Iouchtchenko", insiste le quotidien. Et ce n’est pas faute d’efforts. Le président ukrainien exhibe ces derniers temps au poignet gauche un bracelet de silicone noir où est inscrit en lettres blanches "Ukrainian genocide 1932-1933", et revient de Londres où il a inauguré, dans une salle du Parlement britannique, une exposition consacrée au 75e anniversaire de ce que les Ukrainiens appellent l’Holodomor [extermination par la faim].

Par ailleurs, le président a annoncé que des monuments à la mémoire de la terrible famine qui a fait plusieurs millions de morts en Ukraine seraient érigés dans tout le pays.

Quelques informations supplémentaires

Cette carte, trouvée sur Wikipedia, montre combien les régions de l’Ukraine ont souffert de la famine, beaucoup plus que ces voisines. Les historiens sont en tout cas partagés sur le statut à accorder à cette famine : volonté délibérée de Staline d’exterminer le peuple ukrainien ou d’anéantir "seulement" la classe paysanne pour accélérer l’industrialisation de l’URSS. A ce jour, une vingtaine de pays reconnaissent le statut de génocide (du peuple ukrainien) à la famine de 1933.

Le désespoir est le suicide du coeur (JP Richter)

Par Aurialie le 14.11.2007 à 20h22

Effrayantes et angoissantes têtes des victimes du communisme, perdues dans un parc moscovite (près du Musée d’art moderne) où reposent différentes statues de leurs bourreaux (Staline et Dzerjinski) et autres monuments de l’ère soviétique.

Source photo : Englishrussia.com

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