Tous les articles sur le mot clé : Tchétchénie

Kadyrov a dit : "Votez !"

Par Aurialie le 13.10.2008 à 00h13

Dimanche, c’était jour d’élection dans les parlements régionaux de 5 régions russes : les oblasts d’Irkoutsk, de Kemerovo et de Sakhaline, le kraï de Transbaïkalie et la république de Tchétchénie. Kadyrov, célèbre président de cette région, a encore fait une étonnante déclaration : il a annoncé que le taux de participation en Tchétchénie serait de 100%, voire plus. Son explication : "les citoyens de Tchétchénie vont remplir leur devoir civique et aller aux urnes, comme les années précédentes, parce qu’ils connaissent le prix de la paix et la stabilité."

Cela sonne assez comme un aveu de la falsification des élections antérieures en Tchétchénie. Malheureusement pour Kadyrov, le taux de participation à 19h était situé aux alentours de 85-86%.

Des condamnations et un limogeage

La représentante russe auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme, Veronika Milintchouk, a été limogée aujourd’hui par le président Dmitri Medvedev. Les nouvelles condamnations de la Russie à Strasbourg et donc, l’incapacité de Mme Milintchouk à protéger les intérêts de la Russie à la Cour, ne sont certainement pas étrangères à cette décision. 70.000€ à Mme Akhiyadova, 35.000€ à Mme Moussaïeva et 40.000€ à M. Oumarov, trois familles tchétchènes dont les fils avaient disparu en 2000 après avoir été retenus illégalement par des militaires russes et 10.000€ pour Evgueni Tchember, soldat ayant subi des traitements inhumains (lésion à la colonne vertébrale suite à une punition, invalidité permanente sans dédommagement)... la note est plutôt salée. D’autant plus que la Russie avait déjà était condamnée dans plusieurs affaires il y a trois semaines et que des plaintes sont déposées régulièrement. Le nouveau représentant, qui n’a pas encore été désigné, arrivera-t-il à faire cesser les condamnations ? Personnellement, j’en doute…

Irrespect des victimes de la déportation ?

Par Aurialie le 01.06.2008 à 01h06

L’association internationale "Mémorial" s’inquiète du futur transfert d’un monument en l’honneur des victimes de la déportation du peuple tchétchène, situé à Grozny. Celui-ci se trouve dans le centre de la ville depuis plus de quinze ans et doit être déplacé dans la banlieue. La guerre à par deux fois détruit la ville, mais le monument est toujours resté intact. Les gens venaient s’y recueillir chaque année, le 23 février (photos), son transfert est donc considéré comme de l’irrévérence envers la mémoire des victimes tchétchènes.

La nécessité du transfert n’est expliquée par aucun argument intelligible. Mais la direction urbaine considère que l’ensemble commémoratif aux victimes de la déportation ne s’inscrit pas dans le nouveau centre reconstruit de Grozny. Les associations de défense des droits de l’homme craignent que le déplacement du mémorial provoquent une flambée de tensions dans la république.

Plus d’infos sur Nohchi.ru

Source : Voinenet.ru

Et le programme de ce soir est ...

Par Aurialie le 26.02.2008 à 20h33

A l’occasion de l’élection présidentielle russe du 2 mars, Arte propose, à partir de 21h, une soirée spéciale sur la part d’ombre du régime de Vladimir Poutine. Trois reportages sont programmés :

  • Meurtres en série au pays de Poutine : Au-delà des deux célèbres affaires d’assassinat d’Anna Politkovskaïa et Alexandre Litvinenko, ce film révèle comment tous ceux qui ont enquêté sur l’accession à la présidence de Vladimir Poutine ont été systématiquement éliminés.
  • Compte à rebours à Moscou : ce débat pose les questions cruciales sur l’évolution possible de la Russie après huit ans de présidence Poutine et l’élection d’un nouveau président.
  • Dans le sillage de l’aigle russe : enquête au coeur de Sotchi, ville d’acceuil des Jeux olympiques en 2012, où les maîtres mots "Ordre, règle et stabilité" redeviennent à la mode.

France 5 n’est pas en reste, en proposant également deux reportages, ce soir, dès 20h40 :

  • Avoir 18 ans à Moscou : portrait de la jeunesse moscovite
  • La campagne de Russie : documentaire agricole sur les échanges entre les agricultures française et russe.

Enfin, pour ceux qui ont la chance d’avoir Canal+, l’émission Jeudi Investigation diffusera (jeudi) un reportage intitulé "Ramzan Kadyrov, le jouet macabre de Poutine"... tout un programme.

Source image : Jp-petit.com

Situation des habitants de Tchétchénie

L’association de défense des droits de l’homme, Mémorial, a présenté cette semaine son sixième rapport sur la situation des habitants de Tchétchénie dans la Fédération de Russie, financé par la Commission européenne.

Les défenseurs des droits de l’homme ont commencé par parler des changements positifs en Tchétchénie : reconstruction de Groznyï, diminution du nombre d’enlèvements et des tortures. Mais les problèmes qui se posent maintenant n’avaient pas été envisagés dans les précédents rapports, à savoir le sort des milliers de déplacés en Ingouchie ou dans le centre de la Russie. Certains ont reçu des compensations, d’autres n’ont rien ou n’ont droit à rien et vivent donc dans la misère.

Le représentant de Mémorial, Oleg Orlov, souligne également que l’on ne peut nier que la fondation de la République de Tchétchénie est le résultat d’un régime autoritaire et totalitaire, qui intervient dans la vie de chaque citoyen. "A la télévision, 80% des nouvelles parlent de Ramzan Kadyrov, le président tchétchène. Même sous Brejnev on ne voyait pas cela. Peut-être sous Staline, je ne sais pas."

Elena Bourtina du comité Assistance civile nous apprend que le ministère des Affaires étrangères français a aidé à restaurer le système scolaire en Tchétchénie. Kadyrov aurait promis qu’il y aurait l’accès à Internet dans toutes les écoles, alors que parfois il n’y a même pas de lumière, ni d’ordinateurs. "Nous avons corrigé partiellement cette situation dans certaines écoles, en offrant des ordinateurs."

Lors de la conférence de présentation du rapport, on apprenait également que la justice tchétchène exigeait la fermeture de la branche régionale de l’ONG britannique Centre des activités pacifiques et du développement civil, qui œuvrait à la réhabilitation psychologique des adultes et des enfants. Officiellement, c’est fermeture serait dû à une violation de la législation en matière fiscale, officieusement, à des raisons politiques, les relations entre le Royaume-Uni et la Russie n’étant pas au beau fixe.

Source : Svoboda news

Soutenons Boris Stomakhine

Exprimer ses opinions est-il forcément un appel à l’action ? C’est en tout cas ce que pense la justice russe qui a condamné le journaliste, activiste et éditeur radical Boris Stomakhine à cinq ans d’emprisonnement pour "appels publics à une activité extrémiste" et "incitation à la haine nationale" le 20 novembre 2006. Ce sont notamment les déclarations suivantes qui ont choqué les autorités russes :

- "La Russie moderne est l’Empire du Mal et doit donc être détruite",
- "Les Tchétchènes ont un droit moral de faire sauter en Russie tout ce qu’ils veulent, après ce que la Russie et les Russes ont fait d’eux",
- "Que des dizaines des nouveaux snipers tchétchènes prennent place sur les pentes des montagnes et dans les ruines urbaines, et des centaines, des milliers d’agresseurs tomberont sous des balles justes ! Aucune grâce ! Mort aux occupants russes !" 

Boris Stomakhine est un grand défenseur de la cause tchétchène, il considère Chamil Bassaev et Salman Radouïev comme des héros de la résistance tchétchène et donne toute légitimité à leurs activités terroristes, ce qui a tout pour déplaire à l’État russe. La justice a commencé ses poursuites en avril 2004 (perquisition, confiscation, tentative d’internement) et il est finalement arrêté le 21 mars 2006. Ce jour-là, il saute du 4e étage pour échapper aux forces de l’ordre, ce qui lui a causé de nombreuses blessures au dos et à la cheville. Sa famille a d’ailleurs demandé sa libération durant son procès pour qu’il puisse se soigner, ce que les autorités judiciaires ont refusé. Valeria Novodvorskaïa, dissidente politique et porte-parole de l’Union démocratique, a déclaré à ce sujet : "Une grande tragédie est arrivée en Russie. Le destin malchanceux de Stomakhine a marqué une nouvelle époque dans le domaine de la justice, celle où les autorités judiciaires n’ont pas honte de mettre un handicapé dans le box. Ils l’ont apporté sur une civière et l’ont posé dans le box avec une froideur totale, et quelquefois il montait au cinquième étage en béquilles." Elle a ajouté : "D’un point de vue juridique Stomakhine ne pouvait pas être inculpé sous l’article 282 du code pénal de la Fédération de Russie, parce qu’il n’est pas un représentant d’une minorité ethnique qui pourrait être condamnée pour russophobie. Boris Stomakhine est russe. Et donc il aurait incité à la haine ethnique contre lui."

Aujourd’hui Boris Stomakhine est donc emprisonné dans une prison de la région de Nijni Novgorod. Il a le soutien de nombreuses organisations de défense de la liberté d’expression : le fonds de défense de la Glasnost, Article 19, le Comité de défense des journalistes, la section russe de l’organisation mondiale des écrivains, … Vous pouvez lire ses vers sur son site de soutien, qui demande notamment de lui envoyer une lettre, pour la nouvelle année et à tout moment pour le soutenir, à l’adresse suivante : 606935, Нижегородская обл., Тоншаевский р-н, пос.Буреполом, ИК-4, отр.13, Стомахину Борису Владимировичу.

Top 10 des évènements marquants

Chose promise, chose due : après Ria Novosti, voilà mes dix évènements marquants de l’année en Russie.

1 - la main-mise de Poutine sur la vie politique du pays (choix de son successeur, modification des règles électorales empêchant des partis de se présenter aux élections législatives, non accès aux médias pour les opposants, grosse présence des mouvements jeunesse pro-Poutine)

2 - les limitations de la liberté de la presse (censure, perquisition, fermeture, emprisonnement)

3 - l’affaire du déplacement de la statue du soldat libérateur en Estonie

4 - la répression des manifestations de l’opposition

5 - l’élection (non pas pour le meilleur, mais certainement pour le pire) de Ramzan Kadyrov au poste de président de la République tchétchène

6 - les tensions perpétuelles entre la Russie et la Géorgie

7 - l’usage de méthodes d’un ancien temps pour faire taire l’opposition (enfermement psychiatrique, passage à tabac menant à la mort, conscription forcée)

8 - la terrible tempête du 11 novembre, provoquant d’importants dégâts écologiques

9 - les artistes et intellectuels russes demandant à Poutine de faire un 3e mandat

10 - la mort de Boris Eltsine

Source photo : Time

Qui aime Poutine ? Qui le déteste ?

Par Aurialie le 06.12.2007 à 23h42

On le sait, le parti Russie Unie a réussi un raz-de-marée électoral en obtenant 63,7% des voix à l’élection législative de dimanche dernier. Semen serpent a calculé l’indice de soutien à Russie unie, en divisant les voix obtenues par ce parti par le nombre d’électeurs.

Les petits résultats peuvent signifier deux choses : soit que les Russes ont eu la flemme d’aller voter, soit qu’ils n’aiment réellement pas Poutine. Les gros résultats, quant à eux, montrent combien la propagande d’Etat fonctionne bien ou que les Russes croient réellement dans le bien-fondé de la politique de Poutine.

Les fayots sont donc :
République de Tchétchénie - 98,83% (Nord Caucase)
République d’Ingouchie - 97,09% (Nord Caucase)
République de Kabardino-Balkarie - 92,94% (Nord Caucase)
République de Mordovie 88,27% (Volga-Viatka)
République de Karatchaïévo-Tcherkessie - 85,88% (Nord Caucase)
République du Daguestan - 81,80% (Nord Caucase)
République de Touva - 72,13% (Sibérie de l’Ouest)
République de Bachkirie - 71,97% (Oural)
District autonome d’Aga-Bouriatie - 71,93% (Sibérie de l’Est)
République du Tatarstan - 69,23% (Povoljié)
...

Les derniers de la classe (pour Poutine) :
Oblast de Mourmansk - 32,02% (Nord)
Oblast de Leningrad - 31,74% (Nord-Ouest)
République de Carélie - 31,45% (Nord-Ouest)
Kraï de Primorsk - 31,22% (Extrême-Orient)
Oblast d’Arkhangelsk - 30,79% (Nord)
Oblast de Samara - 30,24% (Povoljié)
Moscou 29,84% (Centre)
Oblast de Smolensk 29,56% (Centre)
Saint-Pétersbourg 25,96% (Nord-Ouest)
District autonome de Nénétsie - 25,60% (Nord)

Source image : Novaïa Gazeta

Tchétchénie et population russe

Par Aurialie le 04.12.2007 à 20h24

Le dernier sondage du centre Levada concerne la situation en Tchétchénie et les réponses sont assez révélatrices de l’ambiguïté du discours du pouvoir russe.

Sur les 1600 personnes interrogées, 42% pensent qu’une vie paisible s’installe dans la république caucasienne, contre 36% que la guerre se poursuit (22% ne se prononcent pas). Ils sont 55% à croire que des pourparlers de paix ont commencé (nombre en diminution depuis 2005 où 70% pensaient de même, 61% en 2006), 16% qu’il n’y a plus d’actions militaires et 13% que les opérations militaires continuent (16% ne se prononcent pas).

Concernant la situation en Tchétchénie, 61% estiment qu’elle est tendue, 11% critique, 13% tranquille et 3% heureuse (12% NSP). 52% pensent qu’elle ne va pas changer dans les années à venir, 19% qu’elle va s’améliorer et 12% qu’elle va empirer. Et 45% pensent que dans le futur, la jeune génération tchétchène (les 10/12 ans) sera hostile à la Russie, 24% qu’elle sera amicale et souhaitera rester dans la Fédération de Russie.

Les réponses à ce sondage montre donc l’ambiguïté du discours positif du Kremlin qui s’oppose à une réalité inquiétante : les autorités russes clament depuis 2006 que la guerre en Tchétchénie est finie (déclaration de Poutine en janvier 2006 et d’Ivanov en juin 2006), ce que la population croit, tout en sachant que la situation y est tendue et que la guerre a engendré une génération hostile à la Russie.

De plus, peut-on dire qu’une guerre est réellement finie, alors qu’il y a encore plus de 25.000 hommes stationnés dans la République et que les attaques contre les forces armées et la police restent fréquentes ? Même après le retrait de l’armée russe prévue en 2008, qui laissera alors la région aux mains de la milice de Kadyrov, 22.000 hommes devraient encore être présents, ainsi que 3.000 gardes-frontière.

Légende photo : Enfant réfugié tchétchène dans un camp en Ingouchie (source : Time)

Alexandra d'Alexandre Sokurov

Par Aurialie le 26.09.2007 à 00h05

Chaque année, ce sont deux à trois films russes qui sortent en France. J’ai déjà annoncé Itchkéri Kenti (film français tourné clandestinement en Tchétchénie) et l’Italien d’Andreï Kravchouk. La fin de l’année est proche, le troisième film devait arriver rapidement et ce sera Alexandra, le dernier Alexandre Sokurov, sélection officielle du Festival de Cannes 2007.

L’histoire : La République de Tchétchénie de nos jours, dans un campement de régiments russes. Alexandra Nikolaevna vient rendre visite à son petit-fils, l’un des meilleurs officiers de son unité. Elle passe ici quelques jours et découvre un autre monde. Il n’y a dans ce monde d’hommes, ni femmes, ni chaleur, ni confort. La vie quotidienne y est miséreuse ; les sentiments ne s’y expriment pas. A moins que les forces et le temps ne manquent pour ces derniers. Ici, chaque jour, chaque minute, des questions de vie ou de mort se résolvent. Néanmoins, ce monde est peuplé d’êtres humains.

Malheureusement, comme l’Italien en son temps (avec Taxi 4 et la Môme), Alexandra va affronter des poids lourds, notamment 99 F et la biopic de Ian Curtis Control.

A lire les critiques du film et à voir des extraits, avant ou après le visionnage du film !

Source : AlloCiné

L'Ingouchie, nouvelle Tchétchénie ?

Par Aurialie le 12.09.2007 à 00h26

La République russe d’Ingouchie va mal : bombardement du bâtiment du FSB, assassinat du conseiller privé de Murat Ziazikov (président de cette république), d’instituteurs et médecins, instabilité due à des relations compliquées entre différents clans à l’intérieur de la société ingouche et à la présence de nombreux extrémistes, ... Des mesures ont donc été prises pour rétablir l’ordre dans la petite république du Caucase du Nord. Plus de deux mille militaires appartenant aux troupes russes du Ministère de l’Intérieur ont pris place en Ingouchie et Ramzan Kadyrov, président de la Tchétchénie, est également prêt à intervenir. Selon lui, les organes de défense de l’ordre ne doivent accepter aucun compromis avec les meurtriers et "se battre avec eux sans masque". "Nous n’avons pas peur d’eux, mais ils ont peur de nous", a-t-il déclaré. Si Kadyrov prend les commandes des bataillons de militaires lâchés en Ingouchie, on peut craindre le pire pour la suite...

Source : Ria Novosti et Grani.ru

En Tchétchénie (2)

Par Aurialie le 09.09.2007 à 00h25

Des images veulent parfois mieux que de longs discours, donc après avoir parlé de l’histoire de la BD de Rash et Tamada, voilà quelques planches (avec l’accord des auteurs).

Copyright : Chroniques du proche étranger - En Tchétchénie Rash et Tamada

Chroniques du proche étranger - En Tchétchénie

Conçue comme une modeste porte d’entrée sur le conflit tchétchène, la bande dessinée Chroniques du proche étranger - En Tchétchénie raconte l’histoire fictive d’un médecin français et de son chauffeur tchétchène traversant l’Ingouchie et la Tchétchénie en juillet 2000. De nombreux retours en arrière historiques - déportation de 1944, guerres du Caucase etc. - jalonnent les 240 pages noir et blanc de cette BD pour permettre de mieux comprendre le conflit opposant la petite république de Caucase à la Russie. Une chronologie et une bibliographie complètent ce récit, faisant de cette BD un excellent outil pédagogique.

Peu d’informations sur le dessinateur Rash et le scénariste Tamada, notamment sur les raisons de cet intérêt pour le Caucase. C’est en tout cas une région qui leur tient à cœur puisque le 2e opus des Chroniques du proche étranger se déroulera en Arménie.

La préface d’Anne Nivat est un gage de qualité de cette BD. Sur une de ses pages, on peut lire "Grozny crevait et le monde s’en foutait" : vaincre l’oubli et l’indifférence, narrer le destin de ce peuple persécuté par le géant russe, montrer une guerre et ses terribles conséquences sur la population, … des actions louables, menées de façon poétique et brillante.

PS : A lire également un article de Jacques Sapir intitulé "Ne pas oublier les enfants de Beslan" (en pièce jointe). Trois ans après la terrible prise d’otages, cet économiste, spécialiste de la Russie, souligne l’incompétence des autorités locales (et non fédérales) dans la gestion de la crise et la nécessité de développer une région aux équilibres sociaux et politiques instables.

Word - 29.5 ko
Ne pas oublier les enfants de Beslan

Joyeux anniversaire M. Chakleïne

En ce 22 août, l’association de défense des droits l’homme russe fête les 70 ans d’un des ses ferveurs défenseurs : Vladimir Chakleïne. Dès 1967, il co-fonde, avec Valéry Balakirev l’organisation Société Civilisatrice, dont le but est diffuser la littérature interdite en URSS, telle que les ouvrages de Sakharov ou Martchenko. Il est arrêté une première fois en 1972 et enfermé plus d’un an dans la prison Lefortovo (KGB). Filatures et menaces du KGB sont ensuite son lot quotidien pendant plusieurs années, il a même vécu en résidence forcé en Estonie. En 1986, il revient à Sverdlovsk (actuellement Ekaterinbourg), où il a une part active dans la création d’organisations et mouvements démocratiques dans l’Oural, comme le Front civil d’Oural, Mémorial, Russie démocratique, … et est finalement élu député du soviet de la ville d’Ekaterinbourg.

Il est actuellement président du Conseil de coordinateurs du centre interrégional des droits de l’homme, membre de l’association internationale des droits de l’homme et coordinateur du Mouvement public de tous les Russes pour les droits de l’Homme pour la région de Sverdlovsk. Il a activement défendu l’avocat et prisonnier politique Mikhaïl Trepachkine, condamné arbitrairement à quatre ans d’emprisonnement le 15 avril 2005. V. Chakleïne a même été arrêté en mars 2006 pour “vérification d’informations” lors d’un rassemblement de soutien devant la Cour de Sverdlosk à Ekaterinbourg et condamné à une amende de mille roubles (environ 30 euros).

En 2005, V. Chakleïne a été en Ingouchie et en Tchétchénie pour faire un point sur la situation des conditions de vie et des droits des réfugiés. Sans compter les problèmes de logement, nombreux se sont plaints d’avoir été exclus des listes des destinataires de l’aide humanitaire et de l’impossibilité d’obtenir des compensations pour la destruction de leurs maisons.

Devant la grandeur d’âme de cet homme, l’association de défense des droits l’homme russe ne pouvait que lui souhaiter "d’être aussi énergique et compatissant envers le malheur d’autrui", ainsi que d’avoir "de nouvelles forces et une bonne santé".

Source photo : ispras.ru

Programme plein d'espoirs pour la Tchétchénie

Par Aurialie le 10.07.2007 à 23h43

Il y a un an, Chamil Bassaïev, terroriste tchétchène n°1 en Russie, notamment responsable de la prise d’otage de l’école de Beslan, périssait en Ingouchie suite à l’explosion d’un camion piégé. Depuis, la République de Tchétchénie a connu de nombreux événements, notamment la nomination de Ramzan Kadyrov au poste de Président en mars 2007. Trois mois après sa prise de pouvoir officielle, il s’est exprimé devant le Parlement local et a délivré un message plein d’espoirs devant la population. Ria Novosti en rapporte les grandes lignes :

Les opérations de guerre sur le territoire de la République de Tchétchénie ont définitivement et irrévocablement pris fin, a estimé le président Ramzan Kadyrov dans son premier message au peuple et au parlement tchétchènes. "L’objectif du premier président Akhmad Kadyrov n’était pas d’arrêter la guerre mais d’en finir une fois pour toutes avec elle, et on peut dire aujourd’hui avec certitude que cet objectif a été atteint", a-t-il affirmé. [Toutefois, les actions terroristes, comme en Irak, continuent.]

Selon le président tchétchène, "la République de Tchétchénie, autrefois foyer de tension, est devenue la région la plus stable du Caucase du Nord". "Les revenus de la population augmentent, la pauvreté recule, le problème des réfugiés est presque réglé, des centaines de ménages ont été relogés", a souligné Ramzan Kadyrov. "Grâce à la démocratisation du pouvoir, on peut unir et mobiliser la société", a-t-il estimé, avant d’ajouter qu’il faudrait organiser en 2008 des élections locales.

"Les succès dans le rétablissement de la République ne plaisent pas à tout le monde, a souligné M. Kadyrov. Mais nous avons choisi notre voie avec la Russie au nom de la prospérité de nos peuples." Evoquant dans son message presque toutes les sphères de la vie dans la république (économie, social, agriculture, santé publique, enseignement, culture, science, écologie et sport), le président a indiqué que les résultats du développement économique et social de l’année dernière témoignaient de l’essor économique de la Tchétchénie. Le programme de "Développement économique et social de la République de Tchétchénie pour 2008-2011" vise à faire baisser le niveau du chômage, augmenter les revenus de la population et doubler le produit régional brut, est-il dit dans le message. Dans le domaine de la santé publique, il a évoqué le rétablissement des services médicaux pour toute la population, notamment grâce au projet national "Santé". S’agissant de l’enseignement, le président a estimé qu’il fallait garantir son accessibilité, rehausser la qualité des connaissances et mettre en pratique des méthodes d’innovation tout en conservant l’authenticité nationale.

Un bon programme sur le papier, qu’il faudrait mettre en œuvre pour que l’ensemble de la population de la République en profite.

Source photos : Libération et Alternet

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