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12 de Mikhalkov sur les écrans français

Par Aurialie le 11.02.2010 à 00h14

Après Tsar de Pavel Lounguine, c’est au tour du film 12 de Nikita Mikhalkov (réalisé en 2007) de sortir enfin sur les écrans français. Le célèbre réalisateur du Barbier de Sibérie et de Soleil trompeur a fait une version russe de Douze hommes en colère de Sidney Lumet. Le présumé coupable est un jeune Tchétchène accusé du meurtre de son père adoptif, un officier russe. Comme dans la version originale, tout semble accuser le jeune coupable, mais un juré sur les 12 refuse de reconnaître sa culpabilité. Les faits sont alors repris un à un, décortiqués, analysés et l’un après l’autre, les jurés changent d’avis.

Cette version russe m’a beaucoup plu, car elle est ancrée dans une réalité très russe. Celui qui en parlera le mieux, c’est certainement le réalisateur, une interview est lisible en français ici.

De l'actu pour la 900e

Je ne pouvais pas ne pas publier ce dessin de Sergueï Elkine. Si vous avez été en Russie ou si vous avez rencontré des Russes, on vous a sûrement déjà dit cette phrase française "Monsieur, je ne mange pas six jours", citation de l’ouvrage Les Douze Chaises d’Ilf et Petrov (" ?????, ?? ?? ???? ?? ??? ???" dans le texte).

Sur ce dessin, Vladimir Poutine, tendant son chapeau, déclare : "Messieurs, je ne pas reciou darja pour le gaz sis jiour", autrement dit "Messieurs, je n’ai pas reçu d’argent pour le gaz six jours". L’Ukraine semble avoir quelques difficultés à payer ses factures de gaz à la Russie, le Premier ministre russe estime que l’Europe devrait donc l’aider.

Sinon, dans les actualités sur la Russie aujourd’hui, on pouvait lire :
- sur Regard sur l’Est, un point sur la situation en Tchétchénie, écrit par Aurélie Campana, chercheuse québécoise dans le cadre d’une Chaire de recherche sur les conflits identitaires et le terrorisme
- sur Ria Novosti, les résultats d’un sondage indiquant des fraudes dans les élections municipales moscovites
- sur Nezavissimaïa gazeta, un article sur la "fête de la xénophobie", la marche nationaliste du 4 novembre
- sur LCI, la guerre de clocher autour de la cathédrale (orthodoxe) Saint-Nicolas de Nice
- sur Ria Novosti, une petite coquille sur le chômage en Russie - "Le taux officiel de chômage en Russie à la fin de 2009 pourrait être inférieur au niveau pronostiqué de 2,5 personnes, a fait savoir le chef de l’Agence nationale russe de l’emploi (Rostroud) Youri Guertsi." Un chômage de 2,5 personnes, tout pays en rêve.

Ces 5 liens m’ont été envoyés par mes fidèles lecteurs, Meriem et Ragetmini. Au fur et à mesure des années et des articles (c’est le 900e aujourd’hui), ce blog devient donc un peu plus collaboratif et c’est plutôt pas mal !

Militante des droits de l'Homme russe : -1

Ceux qui ont vu ou lu les dernières infos savent que Natalia Estemirova, militante des droits de l’homme russe, travaillant pour l’ONG Mémorial et dénonçant les exactions et enlèvements en Tchétchénie, a été elle-même enlevée hier à Grozny et retrouvée assassinée le soir même dans une forêt ingouche. Tous les journaux relatant cet assassinat font un parallèle avec le meurtre d’Anna Politkovskaïa, parallèle d’autant plus évident que Natalia Estemirova avait servi d’interprète à la journaliste lors de certains de ses déplacements dans le Caucase, avait reçu le prix Anna Politkovskaïa en 2007 et avait été nommée pour le prix Sakharov en 2004.

Le président russe Dmitri Medvedev s’est dit indigné, le président tchétchène Ramzan Kadyrov a qualifié le meurtre d’inhumain, promis de superviser personnellement l’enquête et précisé qu’il y aurait une enquête officielle mais aussi non officielle. Selon un article de France 3, il l’avait personnellement démise de ses fonctions de présidente du Conseil civique de Grozny, un organe consultatif, parce qu’elle avait critiqué son ordre de porter le foulard islamique. Oleg Orlov, représentant du Conseil du Centre Mémorial met directement en cause Ramzan Kadyrov dans cet assassinat : "Je sais, je suis sûr de savoir qui est coupable du meurtre de Natacha Estemirova. Nous connaissons tous cette personne. Elle s’appelle Ramzan Kadyrov, c’est le président de la République de Tchétchénie. Ramzan avait déjà menacé Natalia, injurié, considéré comme son ennemi personnel. Nous ne savons pas s’il a donné lui-même l’ordre ou si c’est un de ses proches collaborateurs qui l’a fait pour plaire à son chef." Toujours selon France 3, ses derniers jours, elle avait révélé des informations qui pouvaient être gênantes : "Lundi encore, elle dénonçait la mort dans des circonstances troubles d’une jeune femme de 20 ans, Madina Iounoussova, soupçonnée d’être l’épouse d’un rebelle et dont le corps avait été remis à des proches début juillet avec l’ordre de l’inhumer "sans faire d’histoires". Le 9 juillet, elle rendit publique une autre affaire qui fit grand bruit sur les sites internet et auprès des ONG spécialistes du Caucase russe : l’exécution sommaire d’un homme, devant les jeunes de son village, accusé d’être un rebelle."

Il semble que tous les moyens vont maintenant être mis en œuvre pour retrouver le(s) assassin(s) de Natacha Estemirova. Les auteurs sont-ils des proches de Kadyrov, comme l’avance l’association Mémorial, ou bien pourquoi pas, des personnes voulant montrer que la Tchétchénie n’est pas encore pacifiée, contrairement à ce que prétend le pouvoir russe ? Dans notre monde actuel tout n’est-il pas possible...

En complément : à lire le rapport d’enquête de RSF sur le Caucase russe "Le Rideau de fer médiatique"

Source photo : index.org.ru via Lenta.ru

Un avocat spécialiste de la Tchétchénie et une journaliste assassinés à Moscou

Via l’AFP : Un avocat russe spécialiste des crimes commis en Tchétchénie (Caucase du Nord) a été tué par balles lundi en plein coeur de Moscou, et une journaliste stagiaire du bi-hebdomadaire Novaïa Gazeta Anastacia Babourova, grièvement blessée à ses côtés pendant l’attaque, a succombé à ses blessures peu après.

L’avocat, Me Stanislav Markelov a été tué alors qu’il venait de dénoncer au cours d’une conférence de presse la libération anticipée de l’ex-colonel russe Iouri Boudanov, condamné à 10 ans de prison en 2003 pour avoir étranglé trois ans plus tôt Elza Koungaïeva, une Tchétchène de 18 ans. Il était l’avocat de la famille de la jeune fille.

"Les enquêteurs étudient les différents mobiles de l’assassinat, y compris l’activité professionnelle de la victime", a indiqué le Comité d’enquête du parquet russe dans un communiqué. "Après la conférence de presse, il est parti et il a été attaqué (...) Il n’avait rien dit des menaces dont il aurait été la cible", a indiqué à l’AFP une responsable du Centre de presse indépendant, où l’avocat s’était exprimé avant d’être tué.

Le père d’Elza Koungaïeva, Vissa Koungaïev, a pour sa part déclaré à l’antenne de la radio indépendante Echo de Moscou que Me Markelov avait reçu récemment des menaces. "Il m’a dit qu’on lui envoyait des SMS, qu’on l’appelait. On lui disait d’arrêter avec l’affaire Boudanov ou alors on allait le tuer", a expliqué M. Koungaïev.

Lorsqu’il a été tué, Me Markelov était accompagné d’une stagiaire de Novaïa Gazeta, un journal qui dénonce aussi les exactions commises pendant les deux guerres de Tchétchénie et pour lequel avait travaillé Anna Politkovskaïa, une journaliste spécialisée sur cette région et qui a été assassinée en octobre 2006. La jeune fille, âgée de 25 ans selon les médias russes, a succombé quelques heures après avoir été touchée à la tête pendant l’attaque. "Les médecins ont fait tout ce qui était en leur pouvoir. Il y a quelques minutes, la journaliste de Novaïa Gazeta Anastassia Babourova est décédée", a indiqué le journal sur son site internet. Elle avait écrit pour son compte plusieurs articles sur les problèmes de racisme et l’ultranationalisme en Russie.

Le Procureur général de Russie Iouri Tchaïka a indiqué avoir pris "personnellement" le contrôle de l’enquête. Me Markelov avait défendu Anna Politkovskaïa dans plusieurs affaires, ainsi que Mikhaïl Beketov, un journaliste d’opposition russe sauvagement agressé à Khimki en banlieue de Moscou en novembre dernier. Il était aussi l’avocat de Magometsalih Massaïev, un homme porté disparu depuis le mois d’août 2008 après qu’il eut accusé le président tchétchène Ramzan Kadyrov de l’avoir pris en otage pendant quatre mois.

Officiels tchétchènes et défenseurs des droits de l’homme ont dénoncé avec véhémence le meurtre de l’avocat. Il s’agit d’un "crime méprisable", a réagi dans un communiqué une responsable d’Amnesty International, Nicola Duckworth. "Les autorités russes doivent prendre des mesures décisives pour montrer que de tels crimes ne seront pas tolérés", a-t-elle ajouté. Un porte-parole du représentant du président tchétchène pour les droits de l’homme, cité par Ria Novosti, s’est montré encore plus virulent : "Nous supposions et nous avions averti que Boudanov allait commettre d’autres crimes. On ne peut pas dire que c’est lui, mais on peut dire que ce sont ses partisans en accord avec lui". "Le meurtre dans le centre de Moscou d’un avocat qui s’occupait d’affaires politiques importantes, a autant d’importance que l’assassinat d’Anna Politkovskaïa", a déclaré de son côté Lioudmila Alekseïeva, qui dirige le groupe Helsinki de Moscou, à l’agence Interfax.

Le procès des complices présumés du meurtre d’Anna Politkovskaïa se poursuivait par ailleurs à Moscou, alors que le tireur présumé n’a toujours pas été arrêté et que le commanditaire n’est pas identifié.

Source photos : Lenta.ru, en haut Stanislav Markelov, en bas Anastacia Babourova.

Kadyrov a dit : "Votez !"

Par Aurialie le 13.10.2008 à 00h13

Dimanche, c’était jour d’élection dans les parlements régionaux de 5 régions russes : les oblasts d’Irkoutsk, de Kemerovo et de Sakhaline, le kraï de Transbaïkalie et la république de Tchétchénie. Kadyrov, célèbre président de cette région, a encore fait une étonnante déclaration : il a annoncé que le taux de participation en Tchétchénie serait de 100%, voire plus. Son explication : "les citoyens de Tchétchénie vont remplir leur devoir civique et aller aux urnes, comme les années précédentes, parce qu’ils connaissent le prix de la paix et la stabilité."

Cela sonne assez comme un aveu de la falsification des élections antérieures en Tchétchénie. Malheureusement pour Kadyrov, le taux de participation à 19h était situé aux alentours de 85-86%.

Des condamnations et un limogeage

La représentante russe auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme, Veronika Milintchouk, a été limogée aujourd’hui par le président Dmitri Medvedev. Les nouvelles condamnations de la Russie à Strasbourg et donc, l’incapacité de Mme Milintchouk à protéger les intérêts de la Russie à la Cour, ne sont certainement pas étrangères à cette décision. 70.000€ à Mme Akhiyadova, 35.000€ à Mme Moussaïeva et 40.000€ à M. Oumarov, trois familles tchétchènes dont les fils avaient disparu en 2000 après avoir été retenus illégalement par des militaires russes et 10.000€ pour Evgueni Tchember, soldat ayant subi des traitements inhumains (lésion à la colonne vertébrale suite à une punition, invalidité permanente sans dédommagement)... la note est plutôt salée. D’autant plus que la Russie avait déjà était condamnée dans plusieurs affaires il y a trois semaines et que des plaintes sont déposées régulièrement. Le nouveau représentant, qui n’a pas encore été désigné, arrivera-t-il à faire cesser les condamnations ? Personnellement, j’en doute…

Irrespect des victimes de la déportation ?

Par Aurialie le 01.06.2008 à 01h06

L’association internationale "Mémorial" s’inquiète du futur transfert d’un monument en l’honneur des victimes de la déportation du peuple tchétchène, situé à Grozny. Celui-ci se trouve dans le centre de la ville depuis plus de quinze ans et doit être déplacé dans la banlieue. La guerre à par deux fois détruit la ville, mais le monument est toujours resté intact. Les gens venaient s’y recueillir chaque année, le 23 février (photos), son transfert est donc considéré comme de l’irrévérence envers la mémoire des victimes tchétchènes.

La nécessité du transfert n’est expliquée par aucun argument intelligible. Mais la direction urbaine considère que l’ensemble commémoratif aux victimes de la déportation ne s’inscrit pas dans le nouveau centre reconstruit de Grozny. Les associations de défense des droits de l’homme craignent que le déplacement du mémorial provoquent une flambée de tensions dans la république.

Plus d’infos sur Nohchi.ru

Source : Voinenet.ru

Et le programme de ce soir est ...

Par Aurialie le 26.02.2008 à 20h33

A l’occasion de l’élection présidentielle russe du 2 mars, Arte propose, à partir de 21h, une soirée spéciale sur la part d’ombre du régime de Vladimir Poutine. Trois reportages sont programmés :

  • Meurtres en série au pays de Poutine : Au-delà des deux célèbres affaires d’assassinat d’Anna Politkovskaïa et Alexandre Litvinenko, ce film révèle comment tous ceux qui ont enquêté sur l’accession à la présidence de Vladimir Poutine ont été systématiquement éliminés.
  • Compte à rebours à Moscou : ce débat pose les questions cruciales sur l’évolution possible de la Russie après huit ans de présidence Poutine et l’élection d’un nouveau président.
  • Dans le sillage de l’aigle russe : enquête au coeur de Sotchi, ville d’acceuil des Jeux olympiques en 2012, où les maîtres mots "Ordre, règle et stabilité" redeviennent à la mode.

France 5 n’est pas en reste, en proposant également deux reportages, ce soir, dès 20h40 :

  • Avoir 18 ans à Moscou : portrait de la jeunesse moscovite
  • La campagne de Russie : documentaire agricole sur les échanges entre les agricultures française et russe.

Enfin, pour ceux qui ont la chance d’avoir Canal+, l’émission Jeudi Investigation diffusera (jeudi) un reportage intitulé "Ramzan Kadyrov, le jouet macabre de Poutine"... tout un programme.

Source image : Jp-petit.com

Situation des habitants de Tchétchénie

L’association de défense des droits de l’homme, Mémorial, a présenté cette semaine son sixième rapport sur la situation des habitants de Tchétchénie dans la Fédération de Russie, financé par la Commission européenne.

Les défenseurs des droits de l’homme ont commencé par parler des changements positifs en Tchétchénie : reconstruction de Groznyï, diminution du nombre d’enlèvements et des tortures. Mais les problèmes qui se posent maintenant n’avaient pas été envisagés dans les précédents rapports, à savoir le sort des milliers de déplacés en Ingouchie ou dans le centre de la Russie. Certains ont reçu des compensations, d’autres n’ont rien ou n’ont droit à rien et vivent donc dans la misère.

Le représentant de Mémorial, Oleg Orlov, souligne également que l’on ne peut nier que la fondation de la République de Tchétchénie est le résultat d’un régime autoritaire et totalitaire, qui intervient dans la vie de chaque citoyen. "A la télévision, 80% des nouvelles parlent de Ramzan Kadyrov, le président tchétchène. Même sous Brejnev on ne voyait pas cela. Peut-être sous Staline, je ne sais pas."

Elena Bourtina du comité Assistance civile nous apprend que le ministère des Affaires étrangères français a aidé à restaurer le système scolaire en Tchétchénie. Kadyrov aurait promis qu’il y aurait l’accès à Internet dans toutes les écoles, alors que parfois il n’y a même pas de lumière, ni d’ordinateurs. "Nous avons corrigé partiellement cette situation dans certaines écoles, en offrant des ordinateurs."

Lors de la conférence de présentation du rapport, on apprenait également que la justice tchétchène exigeait la fermeture de la branche régionale de l’ONG britannique Centre des activités pacifiques et du développement civil, qui œuvrait à la réhabilitation psychologique des adultes et des enfants. Officiellement, c’est fermeture serait dû à une violation de la législation en matière fiscale, officieusement, à des raisons politiques, les relations entre le Royaume-Uni et la Russie n’étant pas au beau fixe.

Source : Svoboda news

Soutenons Boris Stomakhine

Exprimer ses opinions est-il forcément un appel à l’action ? C’est en tout cas ce que pense la justice russe qui a condamné le journaliste, activiste et éditeur radical Boris Stomakhine à cinq ans d’emprisonnement pour "appels publics à une activité extrémiste" et "incitation à la haine nationale" le 20 novembre 2006. Ce sont notamment les déclarations suivantes qui ont choqué les autorités russes :

- "La Russie moderne est l’Empire du Mal et doit donc être détruite",
- "Les Tchétchènes ont un droit moral de faire sauter en Russie tout ce qu’ils veulent, après ce que la Russie et les Russes ont fait d’eux",
- "Que des dizaines des nouveaux snipers tchétchènes prennent place sur les pentes des montagnes et dans les ruines urbaines, et des centaines, des milliers d’agresseurs tomberont sous des balles justes ! Aucune grâce ! Mort aux occupants russes !" 

Boris Stomakhine est un grand défenseur de la cause tchétchène, il considère Chamil Bassaev et Salman Radouïev comme des héros de la résistance tchétchène et donne toute légitimité à leurs activités terroristes, ce qui a tout pour déplaire à l’État russe. La justice a commencé ses poursuites en avril 2004 (perquisition, confiscation, tentative d’internement) et il est finalement arrêté le 21 mars 2006. Ce jour-là, il saute du 4e étage pour échapper aux forces de l’ordre, ce qui lui a causé de nombreuses blessures au dos et à la cheville. Sa famille a d’ailleurs demandé sa libération durant son procès pour qu’il puisse se soigner, ce que les autorités judiciaires ont refusé. Valeria Novodvorskaïa, dissidente politique et porte-parole de l’Union démocratique, a déclaré à ce sujet : "Une grande tragédie est arrivée en Russie. Le destin malchanceux de Stomakhine a marqué une nouvelle époque dans le domaine de la justice, celle où les autorités judiciaires n’ont pas honte de mettre un handicapé dans le box. Ils l’ont apporté sur une civière et l’ont posé dans le box avec une froideur totale, et quelquefois il montait au cinquième étage en béquilles." Elle a ajouté : "D’un point de vue juridique Stomakhine ne pouvait pas être inculpé sous l’article 282 du code pénal de la Fédération de Russie, parce qu’il n’est pas un représentant d’une minorité ethnique qui pourrait être condamnée pour russophobie. Boris Stomakhine est russe. Et donc il aurait incité à la haine ethnique contre lui."

Aujourd’hui Boris Stomakhine est donc emprisonné dans une prison de la région de Nijni Novgorod. Il a le soutien de nombreuses organisations de défense de la liberté d’expression : le fonds de défense de la Glasnost, Article 19, le Comité de défense des journalistes, la section russe de l’organisation mondiale des écrivains, … Vous pouvez lire ses vers sur son site de soutien, qui demande notamment de lui envoyer une lettre, pour la nouvelle année et à tout moment pour le soutenir, à l’adresse suivante : 606935, ????????????? ???., ??????????? ?- ?, ???.?????????, ??-4, ???.13, ????????? ?????? ?????????????.

Top 10 des évènements marquants

Chose promise, chose due : après Ria Novosti, voilà mes dix évènements marquants de l’année en Russie.

1 - la main-mise de Poutine sur la vie politique du pays (choix de son successeur, modification des règles électorales empêchant des partis de se présenter aux élections législatives, non accès aux médias pour les opposants, grosse présence des mouvements jeunesse pro-Poutine)

2 - les limitations de la liberté de la presse (censure, perquisition, fermeture, emprisonnement)

3 - l’affaire du déplacement de la statue du soldat libérateur en Estonie

4 - la répression des manifestations de l’opposition

5 - l’élection (non pas pour le meilleur, mais certainement pour le pire) de Ramzan Kadyrov au poste de président de la République tchétchène

6 - les tensions perpétuelles entre la Russie et la Géorgie

7 - l’usage de méthodes d’un ancien temps pour faire taire l’opposition (enfermement psychiatrique, passage à tabac menant à la mort, conscription forcée)

8 - la terrible tempête du 11 novembre, provoquant d’importants dégâts écologiques

9 - les artistes et intellectuels russes demandant à Poutine de faire un 3e mandat

10 - la mort de Boris Eltsine

Source photo : Time

Qui aime Poutine ? Qui le déteste ?

Par Aurialie le 06.12.2007 à 23h42

On le sait, le parti Russie Unie a réussi un raz-de-marée électoral en obtenant 63,7% des voix à l’élection législative de dimanche dernier. Semen serpent a calculé l’indice de soutien à Russie unie, en divisant les voix obtenues par ce parti par le nombre d’électeurs.

Les petits résultats peuvent signifier deux choses : soit que les Russes ont eu la flemme d’aller voter, soit qu’ils n’aiment réellement pas Poutine. Les gros résultats, quant à eux, montrent combien la propagande d’Etat fonctionne bien ou que les Russes croient réellement dans le bien-fondé de la politique de Poutine.

Les fayots sont donc :
République de Tchétchénie - 98,83% (Nord Caucase)
République d’Ingouchie - 97,09% (Nord Caucase)
République de Kabardino-Balkarie - 92,94% (Nord Caucase)
République de Mordovie 88,27% (Volga-Viatka)
République de Karatchaïévo-Tcherkessie - 85,88% (Nord Caucase)
République du Daguestan - 81,80% (Nord Caucase)
République de Touva - 72,13% (Sibérie de l’Ouest)
République de Bachkirie - 71,97% (Oural)
District autonome d’Aga-Bouriatie - 71,93% (Sibérie de l’Est)
République du Tatarstan - 69,23% (Povoljié)
...

Les derniers de la classe (pour Poutine) :
Oblast de Mourmansk - 32,02% (Nord)
Oblast de Leningrad - 31,74% (Nord-Ouest)
République de Carélie - 31,45% (Nord-Ouest)
Kraï de Primorsk - 31,22% (Extrême-Orient)
Oblast d’Arkhangelsk - 30,79% (Nord)
Oblast de Samara - 30,24% (Povoljié)
Moscou 29,84% (Centre)
Oblast de Smolensk 29,56% (Centre)
Saint-Pétersbourg 25,96% (Nord-Ouest)
District autonome de Nénétsie - 25,60% (Nord)

Source image : Novaïa Gazeta

Tchétchénie et population russe

Par Aurialie le 04.12.2007 à 20h24

Le dernier sondage du centre Levada concerne la situation en Tchétchénie et les réponses sont assez révélatrices de l’ambiguïté du discours du pouvoir russe.

Sur les 1600 personnes interrogées, 42% pensent qu’une vie paisible s’installe dans la république caucasienne, contre 36% que la guerre se poursuit (22% ne se prononcent pas). Ils sont 55% à croire que des pourparlers de paix ont commencé (nombre en diminution depuis 2005 où 70% pensaient de même, 61% en 2006), 16% qu’il n’y a plus d’actions militaires et 13% que les opérations militaires continuent (16% ne se prononcent pas).

Concernant la situation en Tchétchénie, 61% estiment qu’elle est tendue, 11% critique, 13% tranquille et 3% heureuse (12% NSP). 52% pensent qu’elle ne va pas changer dans les années à venir, 19% qu’elle va s’améliorer et 12% qu’elle va empirer. Et 45% pensent que dans le futur, la jeune génération tchétchène (les 10/12 ans) sera hostile à la Russie, 24% qu’elle sera amicale et souhaitera rester dans la Fédération de Russie.

Les réponses à ce sondage montre donc l’ambiguïté du discours positif du Kremlin qui s’oppose à une réalité inquiétante : les autorités russes clament depuis 2006 que la guerre en Tchétchénie est finie (déclaration de Poutine en janvier 2006 et d’Ivanov en juin 2006), ce que la population croit, tout en sachant que la situation y est tendue et que la guerre a engendré une génération hostile à la Russie.

De plus, peut-on dire qu’une guerre est réellement finie, alors qu’il y a encore plus de 25.000 hommes stationnés dans la République et que les attaques contre les forces armées et la police restent fréquentes ? Même après le retrait de l’armée russe prévue en 2008, qui laissera alors la région aux mains de la milice de Kadyrov, 22.000 hommes devraient encore être présents, ainsi que 3.000 gardes-frontière.

Légende photo : Enfant réfugié tchétchène dans un camp en Ingouchie (source : Time)

Alexandra d'Alexandre Sokurov

Par Aurialie le 26.09.2007 à 00h05

Chaque année, ce sont deux à trois films russes qui sortent en France. J’ai déjà annoncé Itchkéri Kenti (film français tourné clandestinement en Tchétchénie) et l’Italien d’Andreï Kravchouk. La fin de l’année est proche, le troisième film devait arriver rapidement et ce sera Alexandra, le dernier Alexandre Sokurov, sélection officielle du Festival de Cannes 2007.

L’histoire : La République de Tchétchénie de nos jours, dans un campement de régiments russes. Alexandra Nikolaevna vient rendre visite à son petit-fils, l’un des meilleurs officiers de son unité. Elle passe ici quelques jours et découvre un autre monde. Il n’y a dans ce monde d’hommes, ni femmes, ni chaleur, ni confort. La vie quotidienne y est miséreuse ; les sentiments ne s’y expriment pas. A moins que les forces et le temps ne manquent pour ces derniers. Ici, chaque jour, chaque minute, des questions de vie ou de mort se résolvent. Néanmoins, ce monde est peuplé d’êtres humains.

Malheureusement, comme l’Italien en son temps (avec Taxi 4 et la Môme), Alexandra va affronter des poids lourds, notamment 99 F et la biopic de Ian Curtis Control.

A lire les critiques du film et à voir des extraits, avant ou après le visionnage du film !

Source : AlloCiné

L'Ingouchie, nouvelle Tchétchénie ?

Par Aurialie le 12.09.2007 à 00h26

La République russe d’Ingouchie va mal : bombardement du bâtiment du FSB, assassinat du conseiller privé de Murat Ziazikov (président de cette république), d’instituteurs et médecins, instabilité due à des relations compliquées entre différents clans à l’intérieur de la société ingouche et à la présence de nombreux extrémistes, ... Des mesures ont donc été prises pour rétablir l’ordre dans la petite république du Caucase du Nord. Plus de deux mille militaires appartenant aux troupes russes du Ministère de l’Intérieur ont pris place en Ingouchie et Ramzan Kadyrov, président de la Tchétchénie, est également prêt à intervenir. Selon lui, les organes de défense de l’ordre ne doivent accepter aucun compromis avec les meurtriers et "se battre avec eux sans masque". "Nous n’avons pas peur d’eux, mais ils ont peur de nous", a-t-il déclaré. Si Kadyrov prend les commandes des bataillons de militaires lâchés en Ingouchie, on peut craindre le pire pour la suite...

Source : Ria Novosti et Grani.ru

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