Tous les articles sur le mot clé : politique

S'opposer sans favoriser Moscou

Par Aurialie le 07.11.2008 à 23h59

Un an après la répression violente d’une manifestation qui avait réuni 60.000 personnes à Tbilissi, l’opposition georgienne organisait aujourd’ui un nouveau rassemblement pour demander la tenue de nouvelles élections présidentielle et législatives, le respect de la liberté des médias et la mise en place d’une commission d’enquête indépendante sur le déclenchement du conflit osséto-georgo-russe. Mais voilà, à cause du traumatisme de cette guerre et de l’union nationale qu’elle imposait autour du président, cinq fois moins de personnes (entre 10.000 et 15.000) sont venues au rendez-vous.

Source photo : RFI

Poutine 2020

Par Aurialie le 06.11.2008 à 23h18

Parmi mes scénarios catastrophes post-électoraux de la future abdication de Dmitri Medvedev, je n’avais pas prévu le plus simple des cas : la démission. Selon le quotidien Vedomosti, l’entourage de Medvedev et Poutine préparerait l’avenir politique du pays et des deux hommes. L’annonce de l’allongement du mandat présidentiel (de 4 à 6 ans) et parlementaire (de 4 à 5 ans) lors du message annuel du président à l’Assemblée fédérale serait une première modification constitutionnelle avant des réformes sociales impopulaires, sa démission et l’organisation d’élection anticipée. Poutine serait alors élu triomphalement en 2009, pour deux mandats de 6 ans, pour mener à bien la Stratégie 2020.

Au même moment, un sondage du VTsIOM indique que 80% des Russes estiment que la "période Poutine" a été la meilleure en 100 ans d’histoire du pays. La route est donc libre pour un prochain retour de Vladimir aux plus hautes fonctions de la Russie.

Source image : eliseev-ved

Les lignes politiques bougent (légèrement) en Russie

Par Aurialie le 27.09.2008 à 23h31

Alors que l’ancien leader de l’Union des forces de droites, Nikita Belikh, a renoncé cette semaine à diriger ce parti, future marionnette du Kremlin dans son projet de "créer" un parti de droite, un nouveau mouvement d’union démocratique va être mis en place.

Pas de leader désigné mais une direction collective (notamment Maxime Reznik, Garry Kasparov, Boris Nemtsov, Nikita Belikh), absence de nationalistes et de membre de la gauche radicale (comme Édouard Limonov), mais présence de défenseurs de droits de l’Homme.

Ce futur mouvement, dont la création se fera officiellement le 13 décembre au Congrès parusse du mouvement démocratique, ne sera pas un parti politique dans les premiers temps, car son enregistrement aurait peu de chance d’être accepté. Les forces démocratiques russes essayent donc de s’unir dans une énième tentative, un peu comme nos forces de gauche en France …

Faites l'amour ... et la guerre

Les artistes activistes du groupe Voïna ("guerre" en français) ont organisé une nouvelle action dimanche, à l’occasion de la Journée de la ville de Moscou. Ils ont voulu faire un cadeau à son maire, Iouri Loujkov, en lui offrant la pendaison de 5 personnes, que ce dernier n’aime habituellement pas voir évoluer dans sa ville : 3 ouvriers du bâtiment issus des minorités et 2 homosexuels. Le nombre cinq n’a pas été choisi par hasard, c’est un parallèle à la pendaison de 5 décembristes le 13 juillet 1826.

Le groupe n’en est pas à son premier coup d’éclat. Quelques jours avant l’élection présidentielle russe, cinq couples se sont réunis dans un musée d’histoire naturel et ont fait l’amour dans la salle "Métabolisme, énergie, nutrition, digestion" sous le slogan "Ебись за наследника медвежонка" (que l’on pourrait traduire par "Baisons pour l’héritier du petit ours"). Cette action était pour eux un moyen de faire un portrait de la Russie. Il voulait montrer "l’indécence des autorités russes" : "les élections sont un coït collectif réel, dans lequel les officiels trompent leur propre nation. La censure ne nous donne pas d’autre moyen d’exprimer nos vues pour être entendu", ont-ils déclaré. Avec beaucoup de justesse, puisque certains d’entre eux ont été renvoyés de la fac de philosophie où ils étudiaient.

Dernier exemple de performance : l’organisation d’un repas dans une rame de métro en activité, 40 jours après la mort de Dmitri Prigov, auteur et artiste dissident de l’ère soviétique, envoyé brièvement en hôpital psychiatrique en 1986.

A lire : leur manifeste en russe ou en anglais.

Les 100 jours des présidents russes

Par Aurialie le 18.08.2008 à 23h50

Le 15 août 2008, Dmitri Medvedev avait pris les fonctions de président depuis 100 jours. Novoe vremia a donc fait un bilan de ses premiers mois, en faisant un parallèle avec les premiers jours d’activité des précédents présidents Eltsine et Poutine.

Pour Dmitri Medvedev :
- Les 16, 20 et 25 mai, il félicite successivement le club du Zénith Saint Pétersbourg pour sa victoire en coupe de l’UEFA, l’équipe de hockey pour sa victoire en championnat du monde et Dima Bilan pour sa victoire à l’Eurovision.
- Le 27 mai, le tribunal constitutionnel rend un jugement en faveur de la directrice du fond Obrazovannie media, Manana Aslamazian, accusée de contrebande.
- Le 26 juin Medvedev participe au Sommet Russie/EU et le 6 juillet au sommet du G8.
- Le 31 juillet, il signe le Plan national de lutte contre la corruption.
- Le 6 août, il assiste aux obsèques d’Alexandre Soljenitsyne.
- Le 8 août, il fait des déclarations sèches mais imprécises sur le conflit osséto-géorgien.

Les 100 premiers jours de Poutine ressemblait à ça :
- Le 8 mai 2000, il fait un voyage d’affaires à Koursk avec Boris Bérézovski.
- Le 11 mai, une perquisition est effectuée dans les bureaux de compagnie Media-Most de Vladimir Goussinski (début de la chasse aux oligarques).
- Le 13 mai, il prend la décision de créer 7 districts fédéraux (début de la verticalisation du pouvoir)
- Le 19 mai, il présente devant la Douma trois projets de réformes du système du pouvoir d’État, notamment dans la formation du Conseil de la Fédération.
- Le 1er juin, un oukase nomme Akhmat Kadyrov chef administratif de la République de Tchétchénie. La 2e guerre de Tchétchénie se poursuit.
- Le 13 et 14 juillet, Vladimir Goussinski est arrêté pour escroquerie.
- Le 26 juillet, Vladimir Goussinski et sa famille fuient la Russie. Les charges retenues contre lui sont levées dès qu’il accepte de donner le contrôle de la chaîne NTV à Gazprom.
- Le 12 août un accident se produit dans le sous-marin Koursk, faisant 118 morts. Poutine n’écourte pas ses vacances à Sotchi et refuse l’aide internationale pour les opérations de sauvetage. La position critique de la chaîne ORT est une pomme de discorde entre Poutine et Bérézovki. Ce dernier perd tous ses actifs et fuit en Angleterre.

Eltsine faisait face à un coup d’État des conservateurs 6 semaines après sa prise de fonction, certains ont de meilleur début que d’autres. Mais 100 jours, c’est toujours trop court pour juger de l’action d’un homme politique. Prochain bilan pour les 6 mois ou 1 an de Medvedev !

Lénine va-t-il quitter son mausolée ?

Par Aurialie le 23.07.2008 à 13h41

Combien de temps Lénine va-t-il encore reposer dans son mausolée de la place Rouge ? Depuis quelque temps la question se pose par l’administration présidentielle. Mais ce n’est pas tellement facile de toucher à un symbole comme Vladimir Ilitch dans un pays où les communistes, qui font encore de bons scores aux 1ers tours des élections (plus de 17% à la présidentielle et 12% aux législatives), votent pour le parti au pouvoir aux 2es tours.

Et pourtant, comme l’a déclaré Vladimir Medinski, député Russie Unie, il y a maintes raisons de déplacer le corps : absurde d’un point de vue économique (conserver et protéger le corps a un certain coût), nuisible d’un point de vue idéologique, et cruel autant pour la famille de Lénine, que pour les personnes qui ne sont adeptes de l’idéologie communiste. Et en plus, seulement 10% du corps de Lénine repose dans le mausolée !

Mais au final, il est possible que la question se règle par un référendum, ainsi ce sera le peuple qui décidera du sort de Lénine.

Source : Grani.ru

L'opposition continue sa lutte

Par Aurialie le 29.06.2008 à 23h42

Garry Kasparov n’est pas encore en vacances et n’a surtout pas baissé les bras après l’élection présidentielle du 8 mars dernier. Un mois avant celle-ci, le Congrès social panrusse (VGK) entrait dans une nouvelle phase en annonçant sa volonté d’unir toutes les organisations de défense des droits de l’homme et les partis de l’opposition.

Aujourd’hui, au cours du Ve congrès du VGK, s’est déroulée l’élection anticipée des coprésidents. Anticipée, car en début d’année deux coprésidents, Lioudmla Alekseeva (représentante du groupe moscovite Helsinki) et Gueorgui Satarov (président du fond Indem) avaient décidé de quitter la présidence du VGK pour différence de points de vue avec Garry Kasparov.

Ils estimaient que la confiance mutuelle qui régnait dans le Congrès panrusse civile avait été détruite par tout ce que la pratique de la politique moderne apporte de négatif. Et de citer nommément Garry Kasparov.

Cela n’a pas empêché ce dernier d’être largement élu à la coprésidence en obtenant 137 voix sur 155. Il sera accompagné dans sa tâche par Ella Kesaeva (coprésidente de l’organisation La voix de Beslan), élue avec 128, Natalia Evdokimova (secrétaire responsable du Conseil de défense des droits de l’homme de Saint Pétersbourg) – 93 voix et Iouri Samodourov (directeur du Musée Sakharov) – 77 voix.

Durant ce Ve congrès, a également été décidé de mettre en place des groupes de travail, devant apporter une analyse de la situation concrète (sur des sujets précis), fournir des propositions à l’État et à la société et résoudre les problèmes les plus graves, l’un des principaux étant la libération des prisonniers politiques. Selon le VGK, "l’existence dans un pays de prisonniers politiques est le signe caractéristique d’absence de démocratie." Les auteurs de cette demande estiment que les répressions politiques ont atteint un tel niveau, qu’on peut parler d’un rapprochement de l’époque totalitaire.

Quant aux deux "dissidents", ils ont décidé de former une nouvelle organisation, non politique, de défense des droits et libertés du citoyen, dont le nom est pour le moment Coalition sociale de défense de la Constitution.

De jeunes pousses à l'assaut du parti de la Pomme

Par Aurialie le 19.06.2008 à 22h25

On avait quitté Maxime Reznik derrière les barreaux, fortement soutenu par l’opposition et la société civile, indignées par le non-fondement des accusations portées contre lui. Hier, le tribunal civil de Saint-Pétersbourg reconnaissait l’arrestation injustifiée du représentant de la branche pétersbourgeoise de Iabloko (signifie en russe "pomme). Une des raisons de ce retournement de situation serait la rencontre du leader du parti, Grigori Iavlinski, avec l’actuel chef du gouvernement, Vladimir Poutine, qui aurait promis de faire le point sur cette affaire.

Son arrestation ne va pas empêcher Maxime Reznik de se présenter à l’élection du poste de chef de Iabloko. Ilia Iachine, leader des jeunes Iabloko, estime, qu’en ce temps de crise au sein du parti démocratique libéral, Reznik est la personne idéale pour apporter du sang neuf et de nouvelles idées, indispensables pour entamer une réforme structurelle. Selon lui, il est indépendant et cohérent, prêt à s’opposer au pouvoir et il sait travailler au contact des gens, dans la rue. Iachine a même retiré sa candidature au poste de leader.

Grigori Iavlinski va-t-il être mis à la retraite, après 15 années à la tête de Iabloko ? La réponse ce week-end, à Moscou, au congrès du parti.

Les nationalistes concluent un pacte

Par Aurialie le 08.06.2008 à 14h54

Ce que l’opposition dite "démocratique" n’a pas réussi à faire, à cause de leurs diversités de points de vue, les nationalistes l’ont réussi : se réunir dans un grand mouvement.

Lors de la conférence "Le nouveau nationalisme politique", le parti non-enregistré Velikaïa Rossia (Grande Russie), le Mouvement contre l’immigration illégale (DNPI), le mouvement Narod (Peuple) et le Mouvement social russe ont signé le "Pacte du 8 juin", entérinant leur rassemblement dans le Mouvement national russe. Car malheureusement, comme la remarquait Alexandre Belov, leader du DNPI, les organisations nationalistes ont trouvé un terrain d’entente.

Et Alekseï Navalni, coprésident de Narod, a appelé d’autres mouvements politiques, de gauche et de droite, à venir les rejoindre : "Nous devons nous regrouper, aller aux prochaines élections, et les remporter. 70% de la population du pays se dit nationaliste."

Source : Lenta.ru

L'opposition a son assemblée nationale

Par Aurialie le 02.05.2008 à 19h10

Via Courrier International

Les 17 et 18 mai 2008 s’ouvrira à Moscou la première séance d’une "Assemblée nationale" dont la formation est "la réaction naturelle et inévitable des citoyens de Russie aux actions illégitimes des autorités actuelles", explique l’un de ses concepteurs dans le quotidien Ejednevny Journal.

Il s’agit de l’économiste Andreï Illarionov, ancien conseiller de Poutine passé depuis dans l’opposition [petit apparté : et membre du Cato Institute, think-tank libertarien américain]. Cette assemblée a pour ambitions de "devenir une Douma d’Etat alternative dans laquelle siégera un éventail très large de forces d’opposition – les libéraux, la gauche et les patriotes – et d’avancer ses propres solutions aux problèmes fondamentaux du pays", note Gazeta.ru.

En outre, il y aura des représentants issus de la société civile. D’après un responsable de l’Autre Russie, la coalition d’opposition, cette première Assemblée nationale alternative comptera 650 membres, dont 150 issus des sièges régionaux de L’Autre Russie, 150 représentants du Front civil uni de Gary Kasparov et des nationaux-bolchéviques d’Edouard Limonov, 100 autres personnes choisies par les forces de gauche, une cinquantaine de libéraux issus de Iabloko et de l’Union des forces de droite, mais aussi une vingtaine de défenseurs des droits de l’homme. Reste qu’une des "thèses sur l’Assemblée nationale" d’Andreï Illarionov suscite des réserves. Plusieurs contestent sa proposition d’organiser des élections à l’échelle du pays pour former l’Assemblée nationale qui succédera à cette première version et deviendra un "protoparlement". Une proposition qualifiée d’irréaliste par certains.

Source image : Ejednevny Journal

Contre une politique urbaine incohérente

Par Aurialie le 28.04.2008 à 00h08

Vendredi une centaine d’artistes ont manifesté contre la saisie de la Maison des sculpteurs de Moscou (hôtel particulier du XVIIIe siècle appartenant au poète Piotr Viazemski) que l’État russe a décidé de donner au Fonds intergouvernemental de la coopération humanitaire des État de la CEI. Pour les sculpteurs, c’est un espace unique, qu’ils ont entretenu pendant des années et dont ils ne veulent pas se séparer.

Outre l’exigence de garantir la préservation de la maison des sculpteurs, les manifestants ont demandé une loi sur la culture et le mécénat instituant (1) un système non-gouvernemental de fonds de soutien des artistes, (2) un moratoire sur la transmission de bâtiments et places appartenant aux centres culturels et unions artistiques et (3) l’octroi gratuit par l’État d’ateliers pour les artistes.

Dans la manifestation, on pouvait également entendre des slogans contre l’incohérence de la politique urbaine des autorités russes et la destruction d’ensembles architecturaux. Saint-Pétersbourg est notamment très touché par de nombreuses démolitions d’immeubles historiques. Rien que sur la perspective Nevski 6 immeubles ont été détruits en deux ans.

Sources images : Novaya Gazeta (Maison des sculpteurs) et (quartier près de la place Vosstania)

Rock vs politique

Par Aurialie le 12.04.2008 à 23h47

Boris Grebenchtchikov, célèbre leader du groupe rock Akvarium et personnalité engagée (Amnesty international, concert pour les sans-abris), a répondu sans détour aux questions posées lors d’une presse-conférence en Ukraine. Pour lui, la scène rock russe actuelle n’a rien créé de nouveau depuis des années. Il dit même que "dans le rock, il n’y a que des trous du cul, et ce, depuis plusieurs années. Le rock et le Kremlin sont comme le pain et le beurre. Le rock, c’est ce qui se joue au Kremlin. C’est tout !"

Il pense également que les artistes, tel un médecin qui doit soigner tout le monde, ne doivent pas s’engager pour un parti politique. Et bien qu’il ait beaucoup de respect pour le chanteur de DDT, Iouri Chevtchouk ("homme de conscience et de l’opposition citoyenne"), il ne comprend pas son engagement pour les Marches du désaccord. "Je ne vois pas en quoi être d’accord ou pas d’accord."

Dans une interview au journal Novyi Region, Chevtchouk avait expliqué son engagement : "Premièrement, je n’accepte pas la tenue de l’élection présidentielle. A mon avis, elle n’a pas été démocratique. Aujourd’hui la "succession" en Russie signifie la monarchie, et non la démocratie. Alors que le pouvoir dise que nous avons dans notre pays une monarchie. La monarchie, c’est la monarchie, ne nous baratinez pas !

A la marche du désaccord, les gens m’ont beaucoup plu. Leur âme, comme la mienne, souffre réellement pour le pays. Ce qui se passe à Saint-Pétersbourg me fait horreur. Saint-Pétersbourg est la perle du monde, j’ai beaucoup bourlingué, j’ai de quoi comparer. Mais sur la perspective Nevsky, six immeubles ont été détruits. La ville a éprouvé le blocus. Les fascistes l’ont moins démolie, que les fonctionnaires et les businessmen aujourd’hui."

A la question "Faut-il vous compter parmi l’opposition russe ?", il répond que non. "Je suis un artiste libre. L’art sans liberté (tout du moins, intérieure) n’existe pas. C’est pourquoi je ne pense pas que les musiciens ou les sportifs doivent aller en la politique. (...) Malgré cela, pour le citoyen, le musicien doit être engagé. En allant au Marche du désaccord, j’ai accompli mon devoir civique."

Autre question : "Aujourd’hui peut-on parler de la scission de la musique rock russe en deux camps : d’opposition et pro-kremlin ?" Réponse : "Il y a longtemps que le rock a pris deux chemins différents. Déjà en 1996, quand la masse de mes collègues ont participé à la campagne électorale de Boris Eltsine pour de l’argent, je n’y ai pas participé, parce que la malhonnêteté du jeu me dégoûtait. Après chacun choisit sa voie. Mais ce que certains de mes collègues créent m’accable. En 1996 ils jouaient pour l’argent. Maintenant ils votent pour des idéaux tout à fait opposés. Je trouve leur désir infini de survivre très ironique. Comme ils se tordent et tâchent de se trouver à la bonne place, où personne ne les touchera, est très ridicule."

Dans le même genre, le chanteur du groupe Krematoriia, Armen Grigorian, a déclaré : "Un musicien ne doit pas mettre son cerveau au service d’un parti. (...) Je ne vois pas quels hommes politiques ont les mains propres. Si ce n’est du sang, ils ont de la merde sur les mains. "

Source photos : Newsru.com et Noviy Region

Poutine, future profession : marionnettiste

Par Aurialie le 15.02.2008 à 01h40

Pas de meilleure caricature que ce dessin de Deligne pour représenter la prochaine répartition des pouvoirs entre le futur président, Dmitri Medvedev, et son premier ministre, Vladimir Poutine.

D’autres dessins sur le blog des Marches du désaccord.

Les Nachis rentrent chez eux

Par Aurialie le 29.01.2008 à 23h45

On l’apprend aujourd’hui dans les médias russes, le mouvement jeunesse pro-Kremlin Nachi va cesser son existence sous sa forme actuelle. Il va être totalement réorganisé et ses ressources, attribués à différents projets nationaux.

Preuve en est que les Nachis étaient un mouvement sans âme, sans réelle idéologie. On demandait à des jeunes de se réunir telle date à tel endroit, parfois on les faisaient venir en bus de régions autour de Moscou ou bien on les rémunérait, tout cela pour montrer que la jeunesse soutenait Poutine.

Maintenant que la peur d’une révolution colorée (comme en Ukraine ou en Géorgie) s’est éloignée, que l’opposition est réduite à néant, dans l’impossibilité de présenter un candidat à l’élection présidentielle, les autorités remballent ses jeunes, tout en sachant qu’à tout moment, si besoin, ils pourront ressortir leurs marionnettes sans cervelle.

Au moins, on ne les verra plus manifester leur amour à Poutine, notamment le jour de son anniversaire, mener des actions de propagande, ou bien polluer la nature...

Source photo : Kommersant

Voix royale pour Medvedev

Par Aurialie le 23.01.2008 à 00h01

Après Kasparov, Boukovski et Nemtsov, c’est au tour de Mikhaïl Kassianov, seul candidat de l’opposition démocratique à avoir eu une chance d’être candidat à l’élection présidentielle, de se résoudre à assister de loin à la victoire du successeur de Vladimir Poutine.

Le 16 janvier, il avait bien réussi à déposer à la Commission centrale électorale les 2 millions de signatures nécessaires à l’enregistrement de sa candidature. Mais après vérification de 400.000 d’entre elles, plus de 15% s’avèrent "incorrectes", soit bien plus que les 5% tolérées. Un collaborateur de Kassianov a appris que les signatures invalidées le sont à cause de formulaires non standards et non pas parce que les signatures sont falsifiées.

Quelque soit la raison de rejet, une chose est sûre, Kassianov ne sera pas le 4e candidat à l’élection présidentielle, seuls Medvedev, Ziouganov (Parti communiste) et Jirinovski (parti ultra-nationaliste) sont qualifiés pour le 1er tour à ce jour.

Source photo : Svobodanews, avec la légende "Qui n’a pas été intimidé par l’OuBOP est mis au rebut par la Commission électorale centrale"

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