Tous les articles sur le mot clé : Medvedev

Une photo du Bestof Russia 2009

Par Aurialie le 24.02.2010 à 23h21

Hier c’était la journée des défenseurs de la patrie, considérée comme la fête de l’armée. Cette magnifique photo de Leïla Tourkina illustre à sa façon une de ces facettes : le sort des vétérans, souvent blessés ou malades, vivant avec le souvenir des batailles remportées, des médailles obtenues.

Ce cliché fait partie du projet Bestof Russia, les meilleures photographies de Russie, créé en 2008 par Vinzavod (que j’avais évoqué l’année dernière). Preuve de la qualité de ce concours, le président en personne a inauguré l’exposition 2009. Toutes les photos gagnantes sont visibles ici.

Le calendrier de la police russe n'est pas sexy

Par Aurialie le 22.02.2010 à 00h39

En réponse à la déclaration du ministre de l’Intérieur, Arcady Edelev, sur le caractère unique du coup de folie du commandant Evsioukov dans un supermarché de Moscou (qui a fait 2 morts et 7 blessés), la rédaction de la revue Esquire a établi un calendrier des exactions de la police en 2009. La liste va du 27 avril (date de l’affaire Evsioukov) au 31 décembre, et presque tous les jours en Russie un policier se retrouve à l’origine d’un acte répréhensible : passage à tabac, meurtre, extorsion de fonds, incendies, vols, ...

Par exemple, sur le mois d’avril 2009, on peut lire :
27 avril : Un policier moscovite a provoqué un bain de sang dans un supermarché.
28 avril : Un policier de Tchéliabinsk est condamné pour avoir donné un coup entre les jambes d’un commandant de la GIBDD (administration centrale de l’inspection d’État de la sécurité routière).
29 avril : Un policier ivre a étranglé un invalide.
30 avril : Des policiers voulaient noyer un homme, "parce qu’il était chauve".

Dans un article, Novyi Region 2 rapporte les commentaires de blogueurs qui pensent que "l’on peut faire un tel calendrier avec tous les professions : professeurs, journalistes, etc. Il y a des gens, il y a des crimes..."

Cependant, les déclarations de Medvedev cette semaine vont bien dans le sens de Esquire. Il a rappelé qu’en 2009, "43.000 crimes contre le service public, les intérêts du service publics et des collectivités locales ont été mis à jour, dont 15.000 liés à la corruption". Il réclame donc des réformes dans la police russe, qui vont se traduire par des réductions drastiques de personnel au ministère de l’Intérieur, un renforcement de la responsabilisation de chacun au sein du ministère, l’obligation pour les policiers de fournir des renseignements sur leur patrimoine et celui de leurs familles. Mais Dmitri Medvedev est également conscient qu’il faut améliorer la sécurité matérielle et sociale des policiers, notamment en augmentant leurs salaires.

Qui est qui ?

Par Aurialie le 10.01.2010 à 19h31

Il y a une quinzaine de mois, dans un précédent article, j’avais montré des illustrations du dessinateur Andreï Gordeev, alias Gordeï. L’homme continue à croquer son pays et ses concitoyens en jouant sur les moindres détails. J’admets que je n’ai pas reconnu tous les personnages représentés ci-dessous.

Cinq sont facilement reconnaissables : Vladimir Poutine écrivant sur un panneau "école des élèves-officiers du Kremlin – 1e appel" ; le président russe Dmitri Medvedev, le président biélorusse Alexandre Loukachenko, l’opposante Valeria Novodvorskaïa (seule femme du dessin) et … un ours.

Je pense que l’homme agenouillé devant Loukachenko est Alexeï Koudrine, Vice-Premier ministre et Ministre des Finances, et celui suspendu avec le pot de peinture doit être Iouri Loujkov, maire de Moscou. Au-dessous de lui, le personnage tenant un bout de bois ressemble à un Vladimir Jirinovski légèrement aminci (je ne suis donc pas sûr que ce soit lui). L’homme sur le canon, celui avec le bisou sur la joue et celui avec la balalaïka me disent quelque chose, mais je n’arrive pas à mettre un nom sur leur visage. Quant à l’homme à la cigarette, je ne vois pas du tout qui c’est.

Et vous, vous les reconnaissez ?

Un bien beau duo de nouvelle année

Par Aurialie le 04.01.2010 à 22h36

Quand une nouvelle année commence, il est d’usage de faire le bilan de l’année écoulée. Pour cela, il n’y a certainement rien de mieux que d’écouter les 2 personnes les plus importantes en Russie : Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine. Mais ce qui est encore mieux, c’est de le voir le faire en chantant et dansant !

Poutine frappant son tambourin sur son popotin, voilà qui n’est pas ordinaire !

Sera-t-il désolé en 2020 ?

Par Aurialie le 09.12.2009 à 00h06

En tant que grand leader du monde, Dmitri Medvedev a eu droit à son affiche Greenpeace "I’m sorry", affichée sur les murs de l’aéroport de Copenhague. Mais contrairement aux autres (B. Obama, N. Sarkozy, A. Merkel, D. Tusk, G. Brown, JL Zapatero, K. Rudd et Lula), il n’a pas eu le droit d’avoir une photographie de l’affiche bien prise, de face. Dommage.

Sous vos applaudissements

Par Aurialie le 15.11.2009 à 22h03

Quelques semaines après son intervention écrite dans Gazeta.ru, Dmitri Medvedev s’est adressé jeudi dernier à la nation dans le cadre du message présidentiel annuel à l’Assemblée fédérale. Création d’une Silicon Valley russe, donner plus de pouvoir aux petits partis, assainir les forces de l’ordre russes, moderniser le pays notamment par le biais de la politique étrangère, création d’une constellation de satellites de télécommunications, … le président russe a rappelé qu’il avait de nombreux projets pour son pays.

Sur le blog russe agitator-mass.livejournal.com, j’ai trouvé ce graphique mettant en relation la durée du discours du président à la nation et le nombre d’applaudissements l’entrecoupant.

Ainsi, en 2000, Vladimir Poutine a été interrompu en moyenne toutes les 26 minutes, en 2001 toutes les 8 minutes, en 2002 toutes les 13 minutes, … et depuis 2005, que ce soit l’ancien ou l’actuel président, le discours à la nation est salué par des applaudissements toutes les minutes et demie en moyenne (la preuve en vidéo accélérée). Et le bloggeur d’en conclure que le processus de zombification de l’auditoire est pratiquement achevé. En 2008, Dmitri Medvedev proposait d’allonger à six ans la durée du mandat présidentiel, accusait les Etats-Unis d’être à l’origine de la crise financière internationale et de la guerre en Géorgie et annonçait le déploiement de missiles à Kaliningrad en réponse au bouclier américain : programme nettement moins constructif. Donc pourquoi ne pas conclure que, pour cette fois, les applaudissements lors du discours de jeudi dernier sont de vrais encouragements à un programme ambitieux.

Difficile de bouger un pays ?

Par Aurialie le 26.10.2009 à 23h38

Désolée de ne pas être très originale mais l’image choisie par Sergueï Elkine pour illustrer un article de The Moscow Times, concernant un sondage sur l’article "Russie, en avant !" de Medvedev, est d’une grande justesse, l’article un peu moins...

Selon The Moscow Times, l’enquête menée par le Centre Levada du 18 au 21 septembre offre un aperçu de la mentalité des entreprises russes et de l’élite politique, suite à la publication de l’article de Dmitri Medvedev "Russie, en avant !", dans lequel il s’en prenait à ceux qui s’opposent à la modernisation du pays, notamment les "groupes influents de fonctionnaires corrompus et les entrepreneurs qui ne font rien". Le journal anglophone estime que le sondage confirme que Medvedev a mis le doigt sur un problème majeur du pays : l’élite du pays est en règle générale satisfaite du statu quo et ne veut rien changer. Il s’avère qu’il y a un écart important entre la façon dont est perçu l’appel de Medvedev à la modernisation par la majorité faite de pauvres et la fine couche de l’élite dirigeante. Moins de la moitié de tous les pauvres pensent que le pays est sur la bonne voie, deux tiers des riches le pensent.

De plus, la couche supérieure des 0,5% des personnes les plus riches du pays sont optimistes quant à l’avenir, avec 80% estimant que "tout va s’arranger" dans un avenir proche. Seulement 22% de la part de population la plus pauvre est de cet avis. Le sondage révéle également une attitude intéressante face à la corruption, considérée comme un fléau par Medvedev. La majorité des pauvres est constituée environ de 90% de la population, et c’est environ le même pourcentage des répondants qui ont déclaré qu’ils étaient "tout à fait fait d’accord" ou "plutôt d’accord" avec les conclusions alarmistes du président, alors que seulement 55% des gens les plus riches partagent l’avis du président, avec 44% disant qu’ils étaient "plutôt pas d’accord" avec lui. The Moscows Times en conclut alors qu’"il est évident que les élites russes sont très satisfaites du système de corruption qui s’est développé dans ce pays". 

Le problème avec les sondages est que les résultats d’un échantillon ne sont pas vraiment appliquables à une population entière, alors quand il s’agit de connaître l’avis des "pauvres" et des "riches" d’un pays, la véracité des chiffes doit être encore plus ténue. Quelle est la limite entre "riches" et "pauvres" ? Que pense la classe moyenne ? Bref, de cet article, il restera un très bon dessin.

La Génération M de M. Khodorkovski

Par Aurialie le 22.10.2009 à 23h36

Hier, comme Marie Jégo, j’ai lu l’article de Mikhaïl Khodorkovski, paru dans Vedomosti, écrit en réponse à l’intervention de Medvedev intitulée "Russie en avant !", publiée il y a 6 semaines dans Gazeta.ru. La correspondante du Monde a bien traduit les critiques adressées à Medvedev, qui sont d’ailleurs assez bien tournées : "Le chef de l’Etat joue son rôle classique de bon policier dans une pièce intitulée La Tandémocratie russe" [mot valise formé de "tandem" -du fait du duo Medvedev/Poutine- et de "démocratie"] ; "La fameuse verticale du pouvoir n’est absolument pas efficace" ; "Un espace aussi grand, compliqué et varié que la Russie ne peut être géré au moyen de mécanismes archaïques qui ne fonctionnent même pas dans les limites du boulevard périphérique de la capitale".

Ce qui est étonnant par contre, c’est qu’elle ne fait pas référence au titre de l’article de Khodorkovski qui est assez évocateur : "Modernisation : Génération M". L’ancien patron de Ioukos, actuellement poursuivi pour fraude fiscale, conseille à Medvedev de créer en Russie une classe sociale de modernisateurs, ce qu’il appelle la "Génération M". Elle devrait compter au moins deux millions de personnes et être composée d’inventeurs, scientifiques, ingénieurs, jeunes spécialistes et intellectuels humanistes, y compris des professeurs et des journalistes.

M. Khodorkovski est sûr que les représentants de la "Génération М" seront particulièrement performants, puisque pour eux la modernisation, à laquelle le président faisait référence dans son article, n’est pas "une campagne fictive venue du haut, mais une question de survie". Mais Khodorkovski souligne que la "Génération М" ne pourra pas être acteur de la modernisation du pays, si elle n’est pas accompagnée de réformes politiques. Il rajoute que "la bureaucratie corrompue" empêche la modernisation" et qu’"il est organiquement nécessaire d’avoir des instituts d’État démocratique qui fonctionnent et une société civile efficace".

L’attaché de presse de Medvedev, Natalia Timakova, a déclaré aux journalistes que Dmitri Medvedev avait pris connaissance des propositions de Khodorkovski, et "qu’elles ont provoqué une large discussion". Alors, est-ce un "véritable défi au président russe Dmitri Medvedev qu’a lancé, de sa cellule, mercredi 21 octobre, l’ex-patron de la société pétrolière Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski", comme l’écrit Marie Jego ou bien seulement l’expression d’un citoyen (pas tout à fait ordinaire), qui a souhaité exposer ses opinions sur les propositions de son président dans la presse ?

Image : Cet article sur Khodorkovski me permet de mettre ce dessin de Eya Ozerova, un des lauréats du concours Dessinons un procès ("Рисуем суд")

Haro sur Loujkov

Par Aurialie le 27.09.2009 à 22h38

Leonid Gozman, représentant du parti Pravoe delo, a écrit une lettre ouverte au président Medvedev pour demander la destitution du maire de Moscou Iouri Loujkov. La lettre a été publiée sur un site netlujkovu.net, voilà la traduction :

"Cher Dmitri Anatolievitch ! Selon la législation en vigueur vous avez droit de démettre de ses fonctions n’importe quel chef de région qui aurait perdu votre confiance. Nous vous appelons à faire valoir ce droit à l’encontre du maire de Moscou de Iouri M. Loujkov.

Iouri M. Loujkov se trouve en poste depuis déjà plus de 18 ans – plus longtemps que Brejnev. Au cours de ses mandats, il y a eu des succès et des échecs. De l’avis de plusieurs, la balance penche évidemment au profit des échecs – les problèmes de Moscou sont connus de tous – ce n’est pas cela qui nous incite à vous demander de destituer le maire de notre capitale.

Iouri Loujkov porte à notre pays un dommage moral immense. Pendant les années de son administration, l’épouse du maire E.N.Batourina, de petit entrepreneur, est devenue la femme la plus riche de Russie, milliardaire en dollars, chef d’un empire économique immense. Iouri Mikhaïlovitch affirme qu’il n’a pas de relation avec les milliards de sa femme, avec ses hôtels particuliers à Londres et dans d’autres villes du monde, avec sa terre et ses usines. Mais une telle affirmation contredit le bon sens. En Russie il n’y a pas une personne, qui n’a pas compris que les milliards de Batourina sont apparus grâce au soutien constant de son mari qui a transformé la ville aux dix millions d’habitants en source d’enrichissement de sa famille.

La corruption, qui met en cause aujourd’hui l’existence même de notre État, s’épanouit notamment dans les conditions du mépris pour les normes élémentaires de la morale, quand le voleur non seulement vole, mais ne cache pas qu’il est un voleur, exhibe sa richesse et brave l’impunité. La complicité silencieuse sur la façon dont la famille du maire de Moscou – une des personnes les plus connues en Russie - a gagné sa vie est un signal aux dizaines de milliers de Loujkov. Ils regardent la capitale et comprennent que tout est permis.

Cher Dmitri Anatolievitch ! Il est très difficile d’attraper un fonctionnaire corrompu. Mais quand il s’agit d’un fonctionnaire corrompu se trouvant à la tête d’une région, vous pouvez assez simplement lui dire que vous n’avez plus confiance. Et si vous déclarez votre méfiance à une personnalité notable et symbolique pour toute la Russie, non seulement la région commencera à changer, mais le pays aussi. Commencez par Moscou !"

Depuis son ouverture, le site a subi plusieurs attaques DOS, il ne fonctionne pas actuellement, il n’est donc pas possible de savoir combien de personnes ont signé cette lettre. Mardi, Gozman déclarait que plus de 100.000 visiteurs l’avaient signé, ce que conteste Sergueï Tsoï, un porte-parole de Loujkov. Il estime que le nombre réel de signataires était de 8.155 lundi, alors que le compteur indiquait 170.000 selon Interfax. La différence de chiffres pourrait également être dû à des attaques. Mercredi,le maire ne souhaitait pas porter plainte si Gozman admettait que les chiffres étaient falsifiés et qu’il s’excusait publiquement, ce qu’il a refusé de faire.

Leonid Gozman n’est pas le seul à dénoncer la corruption de Iouri Loujkov. Boris Nemtsov, l’un des leaders du mouvement Solidarnost, a publié il y a quelques jours un dossier "Loujkov. Bilan", dans lequel il dresse les nombreuses violations du maire. Celui-ci a bien sûr déposé plainte pour diffamation. Les élections de la Douma municipale de Moscou sont prévues le 11 octobre 2009, ce qui explique l’agitation autour du maire.

Source image : aktau-business.com

Medvedev devant les étudiants américains

Par Aurialie le 26.09.2009 à 15h31

En marge du sommet du G20, Dmitri Medvedev a rencontré les étudiants de l’Université de Pittsburgh et a répondu à leurs questions. Celles-ci abordaient principalement la politique internationale de la Russie, notamment avec les Etats-Unis. Medvedev a tout d’abord salué la décision courageuse de Barack Obama de renoncer à installer un bouclier antimissile en Europe. "J’ai essayé de me mettre à sa place, et je dois dire que ce serait une décision difficile, c’est compliqué de changer une décision prise par une administration précédente, quand il s’agit de politique étrangère."

Concernant les relations entre la Russie et l’Ukraine, Medvedev a reconnu leur dégradation : "Cette dégradation n’est pas fatale. Et la tâche des dirigeants de nos pays, de l’administration future de l’Ukraine, tout comme de l’administration future de la Russie, est de faire en sorte que ces relations deviennent moins compliquées et qu’elles reposent sur un avantage réciproque, tout en s’inspirant de cette sympathie particulière qui a toujours existé entre nos peuples."

Au sujet de la Géorgie, Medvedev souhaite rétablir de bonnes relations avec ce pays, mais ne compte pas le faire avec Mikhaïl Saakachvili : "Les relations russo-géorgiennes seront bonnes, elles reposeront sur une amitié séculaire, sur une histoire et des traditions communes... Elles redeviendront ce qu’elles ont été jusqu’à tout récemment", mais "je n’aurai pas affaire avec le président Saakachvili qui a commis un crime contre son peuple et contre le peuple d’Ossétie du Sud."

Un étudiant lui a également posé une question sur son avenir et sa participation à l’élection présidentielle de 2012. La réponse de Medvedev a été la suivante : "Si je travaille bien, si j’accomplis mes missions, si le peuple russe me fait confiance, pourquoi pas ? (…) Si cela profite à notre pays, je suis prêt à occuper n’importe quel poste." Et comme Vladimir Poutine ne semble pas exclure de se présenter également en 2012, Oleg Kozyrev, auteur des Roulitiki, a eu l’idée d’une séquence avec un personnage bicéphale – Di et Vo sur un seul corps- où l’on ne sait pas vraiment qui s’exprime.

Enfin un étudiant a demandé à Medvedev ce qui comptait le plus dans la vie. "L’amour - que peut-il y avoir de plus important ? L’amour pour sa famille, pour ceux qui vous entourent, c’est le sens de la vie", a répondu Dmitri Medvedev. Quel romantique ! Opération séduction réussie ?

Source photo : Ria novosti

Et encore un dessin de S. Elkin

Par Aurialie le 16.09.2009 à 20h57

Désoleé de ne pas être très originale, mais Sergueï Elkin a encore eu une belle inspiration ce matin en prenant son crayon.

Alors que Vladimir Poutine sort un sac où il est écrit "libertés civiques", Medvedev dit : Je fais le guet, mais tout cela ne me plait pas vraiment !". Je trouve cela brillant, j’adore la façon qu’a Elkin de dessiner le Président russe, le Premier ministre et leur relation.

10 avis sur "Russie, en avant !"

Par Aurialie le 15.09.2009 à 23h29

Voici quelques réactions d’experts et hommes politiques russes à l’article de Medvedev, "Russie, en avant !", publié jeudi dernier dans Gazeta.ru. Aucun classement n’a été fait dans l’ordre de ces réactions.

Aleksandr Ryklin, journaliste : La première sensation à la lecture de l’article a été une sensation de gêne. Avant tout pour lui même. (…) C’est quand même un adulte, qui se respecte, qui, d’une part, ne peut pas et ne doit pas avoir un air si pitoyable, ne peut pas et ne doit pas si sincèrement et publiquement montrer son impuissance. Et d’autre part, il est inadmissible de montrer un dédain complet et un mépris pour les facultés mentales d’une population provisoirement dépendante, avec ce cynisme non dissimulé. Ce n’est pas que moi qu’il a pris pour un idiot, c’est tout un pays. (...) C’est pourquoi, quand nous lisons : "Les institutions démocratiques sont formées et stabilisées, mais leur qualité est très loin de l’idéal. La société civile est faible, les niveaux d’auto-organisation et d’autogestion sont peu élevés", nous trouvons cela ridicule. Ne serait-ce pas vous, avec toute votre équipe qui, ces dernières années, pilonnez ces "institutions démocratiques" et écrasez sur l’asphalte les faibles germes de "la société civile" ? Et maintenant vous vous étonnez que "leur qualité est très loin de l’idéal." (...) C’est pourquoi, quand nous lisons : "Nous vivons en effet une période unique. Nous avons une chance de construire une nouvelle Russie, forte, libre, prospère", nous trouvons cela ridicule. Parce que nous comprenons parfaitement que vous n’avez pas une telle chance, vous n’en avez jamais eu et vous n’en n’aurez pas. Mais la Russie en a encore probablement une... Mais plus exactement – sans vous. Et seulement sans vous. (...) Et, pour être honnête, Medvedev ne me fait pas pitié. Parce que je ne crois pas une seconde à sa sincérité. Il veut "coopérer" ? Alors pour commencer qu’il licencie Poutine, qu’il congédie la Douma, et alors nous verrons… Il ne peut pas ? Mais alors pourquoi entrer dans le jeu ? (…) Vraiment il est préférable de mettre cette lettre dans une capsule et de l’enterrer sous la tour Spassky, plutôt que de s’humilier ainsi sous les yeux de tout un honnête peuple.
(Source : Ejednevnii journal)

Ivan Melnikov, premier vice-représentant du KPRF (PC), vice-speaker de la Douma : L’article du président impose son style. D’une part, par la sincérité de son ton, d’autre part par sa tentative d’ampleur d’arriver aux racines de plusieurs problèmes. (…) On voit ici un appel, tranquille et raisonnable, non pas aux sentiments, mais à l’esprit. C’est louable.

Nicolaï Levitchev, responsable de la fraction Russie Juste à la Douma : "Pour moi, cela démontre la modernité de M. Medvedev, son ouverture à de nouvelles idées et méthodes. (…) Un an et demi après son arrivée au pouvoir, il a initié de nombreuses réformes importantes pour le pays. J’espère que les remarques envoyées par mail ne resteront pas lettre morte et que dans quelques temps apparaîtront de nouvelles initiatives et idées qui viendront d’en-bas."

Igor Lebedev, responsable de la fraction LDPR à la Douma : "Cet article est très pointu et contemporain. Dmitri Medvedev a dit tout haut ce que beaucoup ne se décidait pas à dire les dix dernières années. Je veux surtout souligner l’appel du président au dialogue. Si tout ce qui a été écrit dans cet article ne reste pas une simple déclaration sur le papier, le slogan "Russie, en avant !" sera une réalité."

Denis Boulinov, directeur exécutif du mouvement "Solidarnost" : "On dirait que Dmitri Medvedev tente de trouver un auditoire en dehors de l’establishment. Mais cette tentative de changement de situation politique, sans quelques mesures sérieuses prises de son côté, a l’air naïve et ridicule. Le champ politique a été brûlé par le prédécesseur de M. Medvedev, c’est pourquoi, chercher du soutien partout, excepté de l’establishment, est une affaire stérile et perdue d’avance. Je ne peux que saluer l’appel aux lecteurs de lui envoyer des propositions par mail. Mais l’utilisation de technologies avancées ne change pas ce qui a été dit plus haut. (…)"

Tatiana Stanovaïa, responsable du département analytique du Centre des technologies politiques : "C’est la première tentative d’utilisation d’un tel format. Habituellement pour de telles déclarations, on utilisait d’autres plateformes, mais maintenant on utilise des médias sur Internet avec une bonne réputation, sur lesquels sont publiés aussi des avis critiques envers la politique du pouvoir et des experts. En faisant cela, le président souligne l’importance de la liberté des médias et leur indépendance, et met l’accent sur le soutien aux technologies Internet. Il est particulièrement important que cet article soit paru avant le message à l’Assemblée Fédérale, qui est toujours utilisé par le président pour s’adresser indirectement à la société. Cet article est un appel direct à la société, sans intermédiaires. (...)"

Valeri Khomiakov, représentant du Conseil de la stratégie nationale : "Cet article m’a étonné dans le bon sens du terme. Dmitri Medvedev s’adresse pour la 1e fois aux citoyens en leur demandant leur aide dans l’écriture du message à l’Assemblée Fédérale. (…) On peut remarquer que les précédentes tentatives de modernisation -celle de Pierre le Grand ou de l’Union soviétique- se faisaient aux frais de vies humaines. Ici la conclusion est que la modernisation est nécessaire en premier lieu à l’humain. Et en général l’article séduit par sa sincérité, il montre une grande douleur pour le pays. Mais nous, les citoyens ordinaires, nous ne sommes pas habitués à une telle sincérité de la part des premières personnages du pays. (...)"

Gueorgi Satarov, président du Fonds INDEM : "Le format choisi est assez étrange pour appeler le peuple à la modernisation. Le président du pays aurait mieux fait d’écrire dans Rossiiskaïa Gazeta, que dans un de ces endroits pour libéraux remuants. Mais ce qui est essentiel ici est l’épouvantable rupture entre le texte et la vie réelle. (…)"
(Source des 6 déclarations : Vremia novosteï)

Andreï Piontkovski, journaliste et homme politique : "L’article de Dmitri Medvedev "Russie, en avant !" m’a tellement surpris que je n’ai que deux explications possibles à son apparition sur terre. La première : le président n’a simplement pas compris ce qu’il était écrit dans l’article, et l’a signé sans le lire, comme il est habitué à le faire ou alors il a dévoilé des dizaines d’autres textes sur différents sujets profonds -de l’énergie nucléaire à élevage-, préparés par ses hommes des relations publiques. Au profit de cette version, le titre débile de l’article qui ne correspond pas du tout à son contenu étourdissant. La deuxième : Medvedev a pensé, en s’appuyant sur ses immenses pouvoirs constitutionnels, mener une révolution d’envergure dans l’échelon supérieur du pouvoir russe. Mao Dvedev ouvre le feu sur son état-major. (...)"
(Source : Grani.ru)

Oleg Kozyrev, membre de Solidarnost : "Dmitri Anatolievitch, vous avez écrit un article "Russie, en avant !", en proposant de se rallier pour le juger. Excusez-moi, mais mon commentaire va être court. (…) Vous voulez de l’air frais, mais vous-même, vous le craignez. Et vous ne pensez pas que le progrès de la Russie et le système bâti par vous, peuvent être simplement incompatibles ? Et ça ne vous vient pas à l’esprit que le meilleur futur de la Russie et votre futur politique personnel peuvent se contredire ? (…) Dmitri Anatolievitch, vous voulez de la compétition et la place de leader dans le monde, mais vous craignez d’entrer en concurrence même avec les adversaires les plus médiocres. (...) Rangez le fouet. Cessez d’être le Père Fouettard. Apprenez à vous trouver à côté des citoyens. Apprenez à les entendre, et non pas à écouter vos phobies et mythes. Entrez dans la compétition, dans les discussions, avec ceux qui ne sont pas d’accord avec vous. Peut être, apprendrez-vous à être un jour en avant. Mais voilà, celui qui en avant est celui qui a le droit de dire "Russie, en avant !" Et le peuple entendra une telle personne. Et avec une telle personne il ira."
(Source : Ejednevnii journal)

Les critiques se font aussi en vidéo (version Roulitiki) ou en dessin (comme celui de Sergueï Elkin qui illustre cet article où Medvedev dit : "En ce moment, je subis une horrible dépression" et Poutine lui répond : "Tu veux un conseil ? Ecris un article dans un journal, disant que tout va mal chez nous, corruption, totalitarisme, ... Et la dépression disparaîtra comme par magie !").

Dmitri Medvedev : "Russie, en avant !"

Par Aurialie le 11.09.2009 à 16h06

La presse française n’a pas manqué de mentionner le portrait sans concessions de la Russie dressé par Dmitri Medvedev dans Gazeta.ru hier : économie "primitive", "démocratie faible", Caucase "instable", peuple qui boit trop et manque d’initiative (par ici, ici ou ). Il est dommage de constater que sur la très longue intervention du président russe, seuls les points négatifs ont été repris. Il y a beaucoup plus dans cette tribune, on y lit les mots d’un président qui a beaucoup d’espoirs pour son pays, de grandes ambitions, la volonté d’améliorer le sort de ses concitoyens. Morceaux choisis et traduits.

"Récemment j’ai défini cinq vecteurs stratégiques de la modernisation économique de notre pays. Premièrement, nous deviendrons un des pays leaders en terme d’efficacité dans la production, l’acheminement et l’utilisation de l’énergie. Deuxièmement, nous conserverons et élèverons le niveau qualitatif des technologies nucléaires. Troisièmement, les spécialistes russes perfectionneront les technologies de l’information, obtiendront une influence sérieuse dans les processus de développement des réseaux mondiaux d’informations accessibles à tous, en utilisant de super-ordinateurs et d’autres bases matérielles nécessaires. Quatrièmement, nous disposerons de notre propre infrastructure terrestre et spatiale de transmission d’informations ; nos satellites "verront" le monde entier, aideront nos citoyens et les gens de tous les pays à communiquer, voyager, faire de la recherche scientifiques, gérer la production agricole et industrielle. Cinquièmement, la Russie sera en première ligne dans la production d’équipements médicaux, de médicaments pour le traitement des maladies virales, cardio-vasculaires, neurologiques, contre les cancers." [Pour autant l’industrie agro-alimentaire et l’industrie des armes ne sont pas oubliées et continueront à être développées.]

"Les tendances négatives de la démographie doivent être ralenties et arrêtées. L’augmentation de la qualité de l’assistance médicale, la stimulation de la natalité, la sécurité sur les routes et dans la production, la lutte contre la pandémie de l’alcoolisme, le développement de la culture physique et du sport doivent devenir des actions stratégiques et quotidiennes de l’État."

"Je considère le développement technologique comme une tâche publique et étatique prioritaire parce que le progrès scientifique et technologique est indissolublement lié au progrès des systèmes politiques."

"La diffusion de technologies de l’information modernes, auxquelles nous contribuerons par tous les moyens, nous donne des possibilités sans précédent pour pratiquer les libertés politiques fondamentales, comme la liberté de parole et de réunion ; pour révéler et liquider les foyers de corruption ; pour accéder à n’importe quels événements ; pour échanger directement ses opinions et ses connaissances. La société devient ouverte et transparente, comme jamais. Même si cela ne plaît pas à la classe dirigeante."

"Le système politique de la Russie sera aussi singulièrement ouvert, souple et intérieurement complexe. Il sera en adéquation avec une structure sociale dynamique, mobile, transparente et multidimensionnelle. Il répondra à la culture politique des gens libres, aisés, pensant de façon critique, sûrs d’eux. Le système politique se renouvellera et se perfectionnera par une compétition libre des mouvements politiques. Cette année nous avons commencé ce mouvement vers la création d’un tel système politique. Les formations politiques ont reçu des possibilités supplémentaires d’influencer la formation du pouvoir exécutif dans les sujets de la fédération et les municipalités."

"Nous augmenterons l’efficacité de la sphère sociale, en accordant une meilleure attention à la sécurité matérielle et médicale des vétérans et des retraités. La modernisation de la démocratie russe, la formation d’une nouvelle économie sont possible seulement dans le cas où nous nous servirons des ressources intellectuelles de la société postindustrielle."

"La démocratie a besoin de protection. Comme ont besoin d’être protégés les principaux droits et les libertés de nos citoyens, et principalement de la corruption qui engendre l’arbitraire, la non-liberté et l’injustice."

"Nous avons beaucoup de problèmes communs, dont certains sont absolument prioritaires et concernent chaque habitant de la Terre, comme la non-prolifération de l’arme nucléaire et la réduction du risque des changements climatiques. Nous devons savoir intéresser nos partenaires, les entraîner vers une activité commune. Et si pour cela il faut changer soi-même, refuser les préjugés et les illusions – il faudra faire ainsi."

"Nous ferons tout ce qui est possible pour normaliser la vie des gens du Caucase russe. Les programmes économiques et humanitaires pour le sud du pays seront reconsidérés et concrétisés prochainement."

"La démocratie russe ne va pas copier mécaniquement les modèles étrangers. La société civile ne va pas être achetée par les subventions étrangères. La culture politique ne va pas simplement imiter les coutumes politiques des sociétés avancées. On ne peut pas importer un système judiciaire efficace. Mais sans aucun doute, nous apprendrons des autres peuples. Nous emprunterons leur expérience, prendrons en considération leurs succès et leurs erreurs dans le développement des institutions démocratiques. Mais personne ne vivra notre vie pour nous. Personne ne deviendra pour nous libre, responsable, personne ne réussira pour nous. Seulement notre propre expérience de la construction démocratique nous donnera le droit d’affirmer : nous sommes libres, nous sommes responsables, nous avons réussi."

Malheureusement on ne peut pas traduire tout ce qu’a écrit Medvedev, c’est beaucoup trop long. Mais j’ai souhaité terminer par cette citation, qui se trouve au milieu de la lettre, car je la trouve très forte, très belle. Et honnêtement, on ne peut que lui souhaiter de réussir.

Source : Gazeta.ru et Sergueï Elkin pour le dessin (traduction : "C’est simple, la politique intérieure, elle est à l’intérieur, la politique extérieure, à l’extérieur")

Apprendre l'argot avec Medvedev

Par Aurialie le 03.09.2009 à 01h56

Pourquoi Poutine dit-il à Medvedev "Tu veux que je t’apprenne un nouveau mot ?" sur ce dessin de Sergueï Elkine ? La réponse se trouve dans les commentaires. Dans une conférence à Oulan-Oudé sur le développement, le président russe a parlé de l’accident survenu à la plus grande centrale hydroélectrique de Russie, Saïano-Chouchenskaïa en Sibérie, le 17 août 2009, qui a fait 69 morts. Il a déclaré : "Après ce qui s’est passé à la centrale hydroélectrique de Saïano Chouchenskaïa, il y a eu un grand nombre de commentaires apocalyptiques dans notre pays comme à l’étranger. Leur signification était « Voilà, nous sommes arrivés au début de la fin de la technologie russe. » (...) Nous comprenons tous que, malgré toute la gravité de ce qui s’est passé, et bien qu’il y ait eu des morts, tout cela sont des foutaises. Il n’y a qu’une vérité : notre pays est très en retard technologiquement." Le mot employé par Medvedev, qui vaut ce dessin, est le mot d’argot "брехня", qui signifie donc "foutaises" ou "bullshit" (dans sa version anglophone utilisée parfois en France).

Qui a dit qu’un président devait avoir un vocabulaire chatié ou parler sans faute de grammaire ou de syntaxe ? Certainement pas Sarkozy, qui malmène bien la langue française...

Sources : Lenta.ru et France24

Medvedev aurait-il 2 personnalités ?

Par Aurialie le 14.06.2009 à 23h52

Voilà le 3e épisode de la 2e saison des Roulitiki, créés par Oleg Kozyrev et publiés sur Ejednevny journal. Cette fois-ci, Roulitik Vo essaie de comprendre le comportement contradictoire de Roulitik Di.

Vo Salut Roulitik Di
Di : Salut Roulitik Vo
Vo : Di, je n’arrive pas à comprendre qui tu es ? Tu envoies des signaux tellement différents.
Di : En rien ils ne sont différents, mais au contraire très compréhensibles ! Bakhmina – libérée, Novaya Gazeta au Kremlin - invitée, blog sur LiveJournal - ouvert ! En rien ils ne sont différents, mais au contraire très compréhensibles ! Khodorkovski – pas libéré, l’organisateur des Monstratsia [càd Artiom Loskoutov] – emprisonné, sur mon blog – ami avec personne !
Vo : il y a quelque chose que je ne comprends pas...
Les 2 Di : Mais pour nous tout est très clair et très logique !
Vo : Cela explique beaucoup...

PS : Pour info, il n’y aura pas beaucoup de nouveaux articles ces prochains jours, la semaine qui s’annonce étant très chargée professionnellement.

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