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Le travail aux Moscovites

Par Aurialie le 09.06.2007 à 02h42

A l’encontre de la loi fédérale sur l’immigration, le maire de Moscou, Iouri Loujkov, a décidé depuis le début de l’année de s’attaquer à la présence des étrangers dans sa ville. Cela a commencé par la limitation du nombre de travailleurs immigrés sur les marchés (cette loi a bien été respectée, mais la présence de ces étrangers est finalement apparue essentielle, certains marchés et rues ont alors été renommés, et les quotas n’ont finalement pas été étendus aux foires). Son projet va se poursuivre, l’objectif étant de diminuer de deux tiers la présence de travailleurs étrangers dans la capitale.

Quelques chiffres avant de poursuivre :
- 1,26 million : le nombre de citoyens étrangers officiellement enregistrés à Moscou en 2006
- entre 70.000 et 2.000.000 : le nombre d’immigrés illégaux dans la capitale
- 810.000 : le quota de force de travail étrangère admise pour l’année 2007
- 300.000 : le nombre d’autorisations de travail délivrées par la mairie moscovite depuis le début de l’année 2007
- 100.000 : le nombre réel d’étrangers qui travaillent à Moscou depuis janvier 2007
- 200.000 : le nombre d’étrangers qui se promènent et se tournent les pouces au lien de travailler, selon Loujkov.

C’est pourquoi, il souhaite diminuer de deux tiers le nombre d’autorisations de travail accordées à des travailleurs étrangers pour les années 2008 à 2010. D’autant plus que selon un membre d’un comité de la mairie, Alekseï Aleksandrov, 14% des immigrés sont infectés par de dangereuses maladies, type tuberculose et sida.

Pour arriver au quota de 100.000 travailleurs étrangers autorisés à travailler dans la capitale, des mesures répressives et des contrôles renforcés vont être mis en place, notamment dans les foyers de travailleurs étrangers. De nouvelles amendes vont être créées, par exemple, pour location d’un logement à un immigré. Et les autorités comptent sur l’appui de la population locale pour atteindre ce chiffre. Comment ? En récoltant les plaintes des Moscovites de souche contre leurs voisins de palier étranger. Et comme il va bien falloir remplacer les travailleurs immigrés, Loujkov va investir 1,2 milliards de roubles (un peu moins de 35 millions d’euros) pour inciter le retour des Russes à la mère-patrie. Bienvenu en Russie !

Sources : Kommersant et Rebellyon.info (image)

A quand l'immigration choisie ?

Par Aurialie le 22.01.2007 à 23h39

Voilà une semaine que la nouvelle loi sur l’immigration est entrée en vigueur en Russie. Elle a pour objectif de luter contre l’immigration clandestine, notamment en légalisant 6 des 10 millions d’illégaux (entre 3 et 3,5 millions selon les chiffres de la Banque mondiale) qui séjournent et travaillent (principalement sur les marchés) sur le territoire de la Fédération de Russie. Toutefois, en imposant des quotas (40% de travailleurs étrangers autorisés sur les marchés), l’effet recherché est, en fait, de remplacer les étrangers par des Russes pure souche, voire même d’inciter ceux qui vivent dans les anciennes républiques soviétiques (environ 300.000 personnes) à revenir en Russie.

Le gouvernement russe semble pourtant oublier que le pays subit une fuite des cerveaux importante et que sa population décline d’année en année. Mettre en place des lois migratoires avantageuses et non répressives pour les migrants auraient donc de nombreux avantages : solution à la pénurie de main d’œuvre, accroissement des revenus (grâce aux prélèvements sociaux et patronaux) et réduction des tensions sociales liées à une migration non maîtrisée.

La Russie devrait prêter une plus grande attention au rapport de la Banque mondiale, publié le 16 janvier et intitulé Les migrations et envois de fonds de travailleurs en Europe de l’Est et dans l’ex-Union soviétique.

Journée internationale des migrants

Par Aurialie le 18.12.2006 à 13h30

A chaque jour sa célébration, à chaque jour sa manifestation. Aujourd’hui, l’Assemblée générale de l’ONU invite les États membres, ainsi que les organisations intergouvernementales et les organisations non gouvernementales, à marquer la Journée internationale des migrants. L’ONU leur demande notamment de diffuser des informations sur les droits de l’homme et les libertés fondamentales des migrants, de procéder à des échanges de données d’expérience et de prévoir des mesures propres à assurer la protection des migrants.

Le Front civil unifié prévoit de se réunir à 18h à Moscou devant le centre d’accueil du service des migrations de la Fédération de Russie, situé au 45 rue Novoslobodskaïa, bâtiment 4 (ул. Новослободская, дом 45, строение 4). Cette manifestation, autorisée par la préfecture, a pour objectif d’attirer l’attention du pouvoir et de la société sur l’inadmissibilité de la violation des droits et des libertés des migrants en Russie. Ainsi, le 18 octobre 2006, Tenguiz Togonidze, immigré clandestin georgien de 58 ans, a été terrassé par une crise d’asthme alors qu’il se trouvait à l’aéroport moscovite Domodiedovo dans l’attente d’être expulsé.

Si vous voulez avoir d’autres raisons de célébrer la journée des migrants, c’est ici. Et pour connaître les manifestations organisées en France, c’est .

Pourquoi les autorités françaises disent rarement "Bienvenue" à des Ukrainiens

Par Aurialie le 01.12.2006 à 20h23

Vous voulez aider un ami ukrainien (ingénieur de profession) à faire venir sa femme et sa fille en France pour 3 mois afin que la petite famille soit réunie ? Rien de plus difficile, puisque vous devez fournir les documents suivants, rien que de votre côté, la liste étant trois fois plus grande pour votre ami ukrainien (voir doc. ci-joint) :
- аttestation d’accueil (à retirer auprès de la mairie et qui coûte 15€/personne) + photocopie,
- lettre d’invitation avec attestation sur l’honneur du retour en Ukraine et la précision du lien de parenté,
- 3 derniers bulletins de salaire et fiches d’imposition (informations hautement intrusives)
- copie de la carte de résident pour les étrangers vivant en France et copie certifiée conforme de la carte d’identité nationale.

Quand vous apprenez que l’ambassade de France a refusé de délivrer le visa car les autorités françaises craignent que madame et mademoiselle ne rentrent pas en Ukraine à l’expiration de son visa, le désespoir commence à poindre. Vous pensez alors écrire une lettre à la Commission de recours des visas, envoyée en recommandé pour accélérer la procédure, jurant sur l’honneur qu’elles rentreront chez elles le moment venu, puisque dans six mois une procédure de regroupement familial va être engagée. La petite famille ukrainienne n’a donc aucun intérêt à mettre en péril, par une action insensée, l’instruction de leur prochain dossier. Au bout d’une semaine d’attente, même si vous savez que ça ne fait pas longtemps, vous décidez d’appeler le Ministère des Affaires Etrangères. Et là, médusé, vous apprenez que la commission met 10 mois à prendre sa décision. Sachant que la procédure de regroupement familial demande du temps, notre famille ukrainienne va être séparée pendant encore des mois.

Conclusion : les autorités françaises manquent de cœur, mais ça on l’avait déjà remarqué.

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