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La jeunesse s'active toujours et encore

Aujourd’hui, c’est la journée internationales des étudiants, célébrée la première fois en 1946 en mémoire des répressions des manifestations étudiantes contre l’occupation allemande à Prague en 1939 (9 morts, 1200 étudiants envoyés en camp). Cette journée n’est pas vraiment commémorée en Russie, qui ont déjà une fête des étudiants, le 12 janvier, à la Sainte Tatiana.

Cependant, cette journée résonne avec deux autres évènements en Russie. Tout d’abord, des étudiants russe (tendance gauche) ont créé hier l’Union des étudiants dans le but de lutter pour un système d’enseignement, qui "forgera, au sens propre, l’élite intellectuelle de la nation". Les membres de cet Union déclarent dans leur manifeste vouloir le retour de l’étudiant au sens dostoïevskien : "un esprit éveillé personnifiant la droiture de l’âme, l’indépendance de jugement et le dévouement aux intérêts de l’ordre public". Plus concrètement, ils exigeront une augmentation des bourses, l’augmentation du nombre des postes budgétaires (1), l’amélioration des conditions de vie dans les logements universitaires, l’augmentation du budget d’État en faveur de l’éducation. Comme le montre une infographie de Ria novosti, les bourses des étudiants sont en effet très faibles (entre 400 et 1000 roubles) et ne permettent donc pas de faire des folies (13 repas ou 8 repas et un coupon mensuel de transport en commun ou 3-4 manuels ou 55 pirojki ou un clavier et une souris et ce pour la bourse la plus élevée).

Autre époque, autres jeunes, même combat contre le fascisme (l’intolérance, le racisme), ce sont les Antifas (pour antifascistes). Ils se sont réunis le 13 novembre en mémoire de l’un des leurs, Timour Katcharava, assassiné par un skinhead en 2005. Cette année encore, des commémorations ont eu lieu dans plusieurs villes russes (Saint Pétersbourg, Voronej, Nijni Novgorod), mais aussi à Minsk. A partir du 23 novembre, des soirées de soutien seront également organisées en France par le SRA (Solidarité, Résistance, Antifa – collectif de solidarité antifasciste) dans le cadre d’une tournée d’une semaine : projection sur les antifas russes, débats avec des militants russes et concerts.

Les dates des soirées sont les suivantes : 23/11 à Paris, 24/11 à Angers, 25/11 à Bordeaux, 26/11 à Limoges, 27/11à Saint-Étienne, 28/11 à Dijon et le 29/11 à Strasbourg.

Source photo : Lenta.ru

(1) Dans les établissements d’Etat la structure d’offre d’éducation est définie par la structure des places budgétaires, des départements organisationnels (facultés, chaires) et des postes d’enseignants, information tirée d’un rapport d’étudiante Éducation en Russie.

Oleg Kulik n'a pas les faveurs de la douane française

Par Aurialie le 25.10.2008 à 18h37

Ria Novosti relaie une histoire qu’il est difficile de croire. Le lendemain de l’ouverture de la FIAC, plus de trente œuvres d’Oleg Kulik, ont été saisies par la police française à cause de leur caractère violent et pornographique. Parmi les travaux incriminés, il y a des photos et vidéos des performances de l’artiste pendant les années 90, notamment Mad dog, déjà évoqué ici.

Elena Selina, propriétaire de la Galerie XL qui expose les œuvres d’Oleg Kulik, et son mari ont passé cinq heures en garde à vue. Selon E. Selina, les problèmes sont apparus à la douane française, qui aurait déposé des réclamations sur le contenu des travaux. Y a-t-il d’autres raisons à cette censure artistique ? Pour le moment on ne le sait pas, mais on peut se demander, comme le fait la galériste, ce qu’il va être possible de faire, dans une société où l’on nous interdit de fumer, de caricaturer des religions, ect.

Photo : Ria Novosti

Pendant ce temps en France...

Par Aurialie le 17.10.2008 à 23h07

Ce soir, petite nouvelle franco-française : le blog français Vive le Goulag propose depuis 2007 de décerner le Prix Félix Dzerjinski, célèbre fondateur de la police politique soviétique (la Tchéka), "à tous les particuliers ou associations qui auront fait la preuve de leur attachement aux valeurs de la délation et de la traque du déviant maichant tairroriste."

Voilà l’annonce du grand vainqueur : "C’est avec émotion que le politburo attribue aujourd’hui le grand prix Félix à l’ensemble des partis politiques ayant été au pouvoir depuis 1995 pour leur exceptionnel travail sur le fichier STIC. En effet celui-ci rassemble maintenant 23 millions de gentilles petites fiches de nos concitoyens (sur 65 millions, soit plus d’une sur trois) écrasant sans pitié le précédent record établi par la Stasi est-allemande avec ses 4 millions de fiches pour 16 millions de personnes."

Félix de Fer doit être ravi de ce choix, le STIC avait d’ailleurs déjà été récompensé par le Prix Orwell au Big Brothers award de 2000 !

Quand parler est nocif pour la liberté

Nouvel épisode dans l’affaire Khodorkovski : l’ancien patron de Ioukos s’est vu infligé 12 jours de cellule disciplinaire pour la publication dans le magazine Esquire de sa correspondance avec l’écrivain Boris Akounine.

Or le règlement intérieur de la prison interdit aux prisonniers de recevoir du courrier en dehors de la procédure. Cependant la violation de cette interdiction n’est confirmée par aucunes preuves, puisque Mikhaïl Khodorkovski n’a écrit aucunes lettres " illégales" et n’en a reçu aucunes, ont déclaré ses avocats. Ils s’appuient sur le fait qu’un prisonnier a droit sans restriction de communiquer avec ses défenseurs, qui peuvent lire tout document et prendre des notes sur ce qu’ils pensent utile à sa défense.

Trois membres du comité de soutien de Khodorkovski ont entamé une grève de la faim hier pour protester contre cette mise au cachot. Celle-ci devrait durer au moins jusqu’au 15 octobre, date de l’audience examinant le pourvoi en cassation des avocats de Khodorkovski sur sa demande de libération conditionnelle.

Il y a d’autres pays où accorder une interview peut avoir de graves conséquences sur la liberté de l’interviewé. En France, Jean-Marc Rouillan, qui a purgé la part incompressible de sa condamnation à la réclusion à perpétuité, est retourné en prison après répondu aux questions de l’Express sur ses possibles regrets sur ses actions passées en tant que membre d’Action directe.

Source photo : hro1.org

Libé ne commémore pas la mémoire des morts d'Ossétie

Par Aurialie le 17.09.2008 à 22h46

Selon la tradition chrétienne, 40 jours après la mort de quelqu’un, son âme s’envole et quitte définitivement les siens, la famille et les amis commémorent alors sa mémoire pour qu’il repose en paix. Et dans la guerre osséto-georgo-russe, ce 40e jour était hier, le mardi 16 septembre.

A cette occasion, des commémorations avaient lieu dans toutes les ambassades russes à l’étranger. En France, l’ambassade de la Fédération de Russie avait rédigé un message de condoléances aux parents des morts d’Ossétie du Sud. Le texte, contenant notamment la phrase "En l’hommage des victimes de la tragédie en Ossétie du Sud - Ossètes, Russes, Géorgiens. Nous partageons le deuil des familles", avec une photo de Tskhinvali, devait être publié dans le journal Libération. Si un accord avait été conclu lundi (aux dires de l’ambassadeur), mardi aucune annonce n’était publiée, refusée par le Conseil de rédaction du journal. N’est-ce pas cela la censure ?

Source : Lenta.ru

Le chiffre du jour : 15 millions

Par Aurialie le 03.09.2008 à 23h17

Au cours des 16 dernières années, près de 15 millions de personnes ont été reconnues coupables d’une infraction pénale en Russie (environ un million par an), ce qui représente un dixième de la population russe et un quart de la population mascule adulte. Et parmi ces 15 millions, un tiers a été condamné à de la prison ferme.

Ces chiffres sont avancés par Vladimir Radchenko, ancien juge à la Cour suprême et actuel chef de l’Institut de législation et droit comparé du gouvernement russe. Pour comparaison, entre 1987 et 1991, "seulement" un demi-million de Soviétiques étaient condamnés chaque année.

Paradoxalement, cette augmentation du nombre de condamnations ne réduit pas la criminalité dans la société, mais au contraire conduit à sa criminalisation : de plus en plus de Russes passent par la case prison, avec tous les risques de mauvaises relations que cela peut engendrer, avant de réintégrer la société, sans aucune réinsertion. Radchenko remarque également que l’augmentation du nombre de condamnations a dépassé l’augmentation de la criminalité, ce qui montre la nature répressive du droit pénal en Russie et la nécessité d’une reforme du code pénal.

Derniers chiffres à titre comparatif : il y a actuellement 2,245 millions de prisonniers aux États-Unis (soit 0,75% de sa population totale - le taux le plus élevé d’emprisonnement au monde), 895.000 en Russie (soit 0,63% de sa population totale et 2e taux d’emprisonnement le plus élevé), et 63.000 en France (soit 0,09% de la population française, un des taux les plus faibles, pas très éloigné des pays nordiques).

La saison sera biélorussienne

Par Aurialie le 09.11.2007 à 23h10

Mercredi à la Maison d’Europe et d’Orient a été inauguré le centre culturel libre de Biélorussie, premier événement d’Une saison biélorussienne. Cette manifestation est organisée du 7 au 26 novembre en partenariat avec l’Ambassade de France en Biélorussie, Belprojet, la Fondation Européenne de la Culture, Perspectives Biélorussiennes et Office for a Democratic Belarus. Et elle promet d’être riche : expositions de photographies, projection de films, débat, rencontre, lecture sont prévus pendant ces 20 jours.

A noter notamment, lundi 12 novembre à 19h, le débat sur la société civile et les droits de l’Homme en Biélorussie, animée par Perspectives Biélorussiennes, avec la participation de membres d’Amnesty International, de la Fédération internationale des droits de l’Homme, de Reporters sans frontières et du groupe d’amitiés franco-biélorussiens de l’Assemblée nationale. Ainsi que la soirée cinéma du 19 novembre à partir de 17h.

Source : photo d’Artour Klinau, peintre, architecte et fondateur-rédacteur en chef de la revue pARTisan

Exposition censurée ?

Par Aurialie le 08.10.2007 à 23h49

Le 21 octobre 2007, l’exposition Sots Art – l’Art politique en Russie depuis 1972, présentée à la galerie Tretiakov en mars, ouvre ses portes à la Maison rouge. Cependant, le ministre de la Culture russe, Aleksandr Sokolov, pour qui le sots art est "une honte pour la Russie", refuse que certaines œuvres soient envoyées en France. Il a même déclaré qu’il avait fait tout son possible pour que cette exposition d’une galerie publique n’arrivât chez nous (si ça avait été une exposition d’une galerie privée, ça aurait été différent).

La principale œuvre incriminée est l’Ère de la miséricorde de Mizine et Chabourov représentant deux policiers s’embrassant (œuvre ci-contre). Le sots art, acronyme de l’expression russe социалистический арт, art socialiste, est apparu en URSS en 1972 en réaction au réalisme socialiste, style artistique soviétique dominant. Inventé par analogie avec le mot "pop art" par le duo Komar et Melamid, le sots art ne dénonce pas l’abondance des objets de consommation (comme Warhol), mais l’omniprésence de l’idéologie communiste et de la propagande de l’État soviétique. Les artistes ridiculisent les valeurs et les croyances imposées par le pouvoir politique, économique et spirituel. Cependant, le sots art ne parodie pas les personnes ou les actes des chefs soviétiques, mais leur interprétation par le réalisme socialiste et la propagande.

Ce n’est cependant pas cet aspect du sots art que le ministre de la Culture souhaite dissimuler aux amateurs d’art français, mais le côté érotique et coquin. Pas de libertinage dans l’idéologie socialiste soviétique !

Source : Newsru.com, Musuem.ru et Lenta.ru

Rodtchenko, la révolution dans l'oeil

Par Aurialie le 22.06.2007 à 21h19

Le photographe Alexandre Rodtchenko (1891-1956), figure de l’avant-garde soviétique, pensait que l’Art peut changer la vie. Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris consacre une exposition à un artiste qui a révolutionné le regard, avant d’être étouffé par le système stalinien.

Quelque 300 oeuvres dont 270 photographies tirages d’époque, quelques objets et des peintures, souvent issus des archives familiales, sont exposés dans Rodtchenko photographe, la Révolution dans l’oeil (20 juin-16 septembre). L’exposition, déjà montrée cet hiver à Moscou, est la première consacrée depuis 1977 en France au "plus grand photographe russe", dit à l’AFP la commissaire Olga Sviblova, directrice de la Maison de la Photographie de Moscou.

C’est un photographe "qui a révolutionné le regard", renchérit Emmanuelle de l’Ecotais, co-commissaire de l’exposition chargée de la photographie au musée. "Son idée était de renverser la composition, privilégier les raccourcis, les diagonales et les prises en plongée ou en contre-plongée", dit-elle.

Rodtchenko, né à Saint-Pétersbourg avant d’étudier les Beaux-Arts à Kazan, a d’abord été peintre. Il rejoint l’artiste Vladimir Tatline et le constructivisme russe qu’il va appliquer en photographie, "après avoir très vite conclu que la peinture est morte", explique Mme de l’Ecotais.

Il travaille avec le poète Maïakovski dont il réalise de nombreux portraits, exécute des photomontages. Un séjour à Paris de trois mois - le seul qu’il fera de toute sa vie à l’étranger - lui fait notamment découvrir Man Ray et le conforte dans son "idée que son chemin est le bon", dit Mme Sviblova.

Ses oeuvres en noir et blanc, très épurées, renversent les perspectives. Un ouvrier sur son échelle, dans Sortie de Secours, n’est plus que le centre de gravité d’un jeu de diagonales, tout comme le visage d’un pionnier, pris en contre-plongée, jouant de la trompette.

Rodtchenko, même s’il n’a jamais été membre du parti communiste, croit en la révolution. Il "pense que l’art peut changer la vie, mais pas de manière métaphorique", dit Mme Sviblova. Pour cela il réalise des décors de théâtre, des illustrations de livres, des dessins de textiles.

Mais en 1933, le réalisme-socialiste devient doctrine d’Etat pour tout artiste. Rodtchenko réagit à sa façon. Il "fait du flou", honni par le pouvoir, dans ses prises de vue du Bolchoï, photographie des ouvriers qui ne sourient plus. Rodtchenko n’est jamais allé en camp mais, exclu de l’Union des Artistes, n’obtient plus de commandes. Malade les dernières années de sa vie, il meurt en 1956.

Source : AFP via France 24, photos Wikipedia

Répressions de manifestations

Par Aurialie le 10.05.2007 à 00h57

Des manifestants qui défilent une demi-heure avant d’être interpellés, parfois violemment. Des journalistes présents sur place, mais bloqués plus de trente minutes par un dispositif policier et donc dans l‘impossibilité de faire son métier. Des gaz lacrymogènes jetés à l’intérieur des bus où étaient détenus les manifestants arrêtés, pour les faire taire. Dans quel pays se déroulent de tels faits ? Non pas en Russie, pays très souvent à l’honneur dans ce blog, mais en France. Avant de dénoncer chez les pays voisins les violations des droits de l’homme et les violences commises par un État autoritaire, il est toujours bon de balayer devant chez soi.

Ci-dessousl’article de l’Associated Press (avant qu’il ne disparaisse ;-)) : Plusieurs centaines de personnes ont défilé mercredi en début de soirée sur le boulevard Saint-Michel à Paris, aux cris de "Sarko facho, le peuple aura ta peau", dans un Quartier Latin quadrillé par des forces de l’ordre très nombreuses, a-t-on constaté sur place. Les manifestants ont défilé une demi-heure avant d’être pris en tenaille par les gendarmes mobiles et les CRS vers 21h, à proximité du jardin du Luxembourg, où plusieurs dizaines d’interpellations, certaines mouvementées, ont été faites par les gendarmes mobiles. Les journalistes présents sur place ont été bloqués pendant plus d’une demi-heure à l’intérieur du dispositif policier. Vers 22h30, une journaliste d’Associated Press a constaté l’arrivée de quatre grands cars de police remplis de personnes interpellées, essentiellement des jeunes, devant le commissariat de la rue de Clignancourt dans le 18e arrondissement. Alors que des interpellés tapaient sur les vitres d’un des autocars, des policiers ont jeté des gaz lacrymogènes à l’intérieur du véhicule à l’aide de deux bombes aérosols. Les manifestants, dont une grande majorité de jeunes se réclamant de la mouvance libertaire, s’étaient rassemblés vers 19h30 place Saint-Michel avant de défiler une heure plus tard sur le boulevard Saint-Michel. Certains manifestants avaient le visage masqué, et plusieurs face-à-face tendus ont eu lieu avec des gendarmes mobiles casqués, sans déboucher sur des incidents. Plusieurs dizaines de militants d’extrême droite s’étaient rassemblés à la même heure à proximité de la station Port-Royal pour "commémorer" le décès de l’un d’entre eux, tombé d’un toit lors d’une manifestation il y a 12 ans. Jointe par Associated Press, la préfecture de police a précisé que les deux rassemblements avaient été autorisés, mais qu’une "zone tampon" avait été prévue en haut du boulevard Saint-Michel, avec interdiction d’y défiler pour éviter tout contact entre les deux groupes. La préfecture de police assurait que les interpellations des manifestants partis de la place Saint-Michel avaient été faites "uniquement parce que ce groupe de manifestants avait pénétré dans cette zone-tampon interdite". La préfecture de police précisait par ailleurs qu’aucun bilan chiffré du nombre d’interpellations ne devrait être communiqué avant jeudi matin. AP

Et pour avoir une information plus indépendante que celle délivrée par les groupes de presse détenus par les grands patrons, amis de notre président, vous pouvez aller entre autres sur indymedia et rue89.com. D’ailleurs avant de croire toute déclaration de Sarkozy ou de son entourage, n’hésitez pas à les vérifier. Ainsi Léon Blum n’a jamais eu aucun lien avec la famille Bolloré ou presque (contrairement à ce qui avait été déclaré) et celle-ci a bien travaillé avec l’État (contrairement à ce qui avait été déclaré). Ouvrez l’oeil !

Source image : LCRAngers.free.fr

La Tchétchénie dans notre présidentielle

La Ligue des Droits de l’Homme s’occupe de toutes les violations des droits de l’homme dans le monde. Concernant la situation en Russie, elle s’est battue contre l’usage de la torture, pour un règlement politique en Tchétchénie, pour les droits des homosexuels, elle a manifesté en réaction à l’assassinat de Politkovskaïa ou contre la venue du président Poutine en France.

Mais en cette période électorale en France, la LDH s’est adressée aux candidats pour connaître leur degré d’attachement aux droits de l’Homme et les scores sont intéressants et parfois inquiétants. Dans un mouchoir de poche, les trois "meilleurs" candidats sont : Dominique Voynet avec 67/70, Olivier Besancenot (66,5/70) et Marie-Georges Buffet (66/70). Les deux "plus mauvais" candidats, qui n’ont même pas la moyenne sont : Nicolas Sarkozy (2/70, cette note a été obtenue d’après ses déclarations publiques, étant donné qu’il n’a même pas envoyé ne serait-ce qu’une lettre pour expliquer son silence) et François Bayrou (27,5/70).

Les thèmes des questions étaient : Institutions et démocratie, libertés, laïcité, justice/prisons, droits des femmes, droits des étrangers, droits sociaux, Europe et International. La dernière question de cette ultime catégorie nous concerne directement : quelles mesures entendez-vous prendre pour que la France et l’Union européenne fassent entendre leur voix sur le respect des droits de l’Homme en Tchétchénie ?

Réponse de Dominique Voynet : Le commissaire européen aux droits de l’homme vient d’affirmer que la torture et les mauvais traitements sont largement répandus en Tchétchénie, sans parler des viols. Ce sont des crimes de guerre selon la 4e convention de Genève. Pourtant, la communauté internationale ne fait rien concrètement parlant, et elle refuse désormais de menacer la Russie de sanctions diplomatiques pour garder de bonnes relations avec ce principal fournisseur d’énergie. Il faut bien prendre en compte tous les facteurs géopolitiques pour comprendre cette lâcheté : la bataille de l’énergie nous permettra-t-elle de gagner la bataille des droits fondamentaux ? Peut-on gagner ces deux batailles ? Je le crois, car vous savez que les Verts dans les régions, à l’Assemblée ou au Parlement Européen se battent pour le développement des énergies renouvelables : on le voit, c’est une urgence avec toutes ces conséquences désastreuses « collatérales ». Sans cette indépendance énergétique, tous les pays européens resteront dans l’incantatoire puisque prisonniers de la Russie.

Réponse d’Olivier Besancenot : Il faut appuyer l’exigence du respect des doits de l’homme, du retrait des troupes russes et du respect de la souveraineté nationale du peuple tchétchène par des pressions internationales (diplomatiques et économiques) sur la Russie. Ces exigences doivent aussi se traduire par un soutien aux mouvements et forces politiques et associatives qui, en Tchétchénie, luttent pour la souveraineté nationale.

Réponse de Marie-Georges Buffet : Je pense que la France et les Européens doivent tenir un dialogue beaucoup plus exigeant avec la Russie. Le mépris affiché pour les droits de l’Homme et la brutalité inouïe de la répression en Tchétchénie ont, en effet, suscité bien peu de protestations et de réactions dans le monde, avec des déclarations lors des Sommets et des rencontres Union Européenne-Russie restées sans suite. L’Europe n’est pourtant pas dénuée de moyens pour se faire entendre et pour adopter un mode d’échanges internationaux moins "laxiste" sur le plan des principes, moins cynique et plus conforme aux valeurs qu’elle affiche. Ceci ne doit évidemment pas empêcher la plus grande rigueur concernant le terrorisme. On se souvient, par exemple, de la prise d’otages de Beslan. Pour la première fois, des enfants étaient les premières victimes d’un acte de terreur. Au-delà de la condamnation des responsabilités, il faut aussi que les Européens soient à l’initiative sur le plan diplomatique et politique pour favoriser un règlement politique durable du conflit, afin d’éviter les impasses meurtrières et contribuer enfin à une issue.

Réponse de François Bayrou : La France doit agir pour que l’Union européenne parle d’une seule voix et fasse entendre sa différence, sur le respect de droit de l’Homme en Tchétchénie comme en d’autres parties du monde où la dignité humaine est bafouée.

La réponse précise des autres candidats (dont José Bové et Ségolène Royal) n’est pas connue. Et pour faire le bon choix le 22 mai, n’hésitez pas à lire les questionnaires en entier.

Source image : Là-bas.org

Kukareku !

Par Aurialie le 18.03.2007 à 00h18

Article "cocorico" aujourd’hui avec l’annonce du programme de la semaine de la Francophonie à Moscou et dans quelques villes de Russie.

Suite à la signature du traité de Niamey le 20 mars 1970, instituant l’Agence de coopération culturelle et technique (première Organisation intergouvernementale francophone), chaque année à cette même date, la journée de la Francophonie est célébrée, marquant souvent une semaine de festivités.

Poésie, cinéma, musique (Nouvelle Vague au club Б2), conférences, théâtre, jeu, concours dans les écoles : la langue française sera célébrée de mille façons (enfin, presque mille). Et les artistes ne seront, bien sûr, pas que d’origine française, la francophonie c’est aussi le Québec (Jean-Pierre Bérubé) et l’Afrique, entre autres.

Alors vous n’avez plus qu’à "choisir votre rendez-vous" (magnifique slogan de cette semaine !)

PS : Et pour comprendre le titre de l’article, c’est ici.

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