Tous les articles sur le mot clé : FSB

Attention, ça va couper !

Par Aurialie le 12.04.2011 à 00h04

La blogosphère russe n’est pas resté indifférente aux propos du chef du centre de sécurité des communications du FSB (ex-KGB), inquiet pour la sécurité du pays du fait du chiffrement des algorithmes étrangers utilisés par Skype, Gmail et Hotmail. Pour le porte-parole du Vladimir Poutine, ces craintes sont "justifiées", pour celui du Kremlin ils ne "reflètent pas la politique de l’Etat en matière d’Internet", les nouvelles technologies étant une priorité pour le développement du pays. Le FSB a alors déclaré qu’il ne planifiait aucune mesure à l’encontre de ces services, le ministre de la Communication a confirmé l’absence de limitation ou de fermeture des services.

Toutefois, jusqu’au 1er octobre un groupe de travail spécifique, dont la composition sera définie par le FSB, va préparer des propositions sur l’utilisation des moyens de chiffrement des réseaux de communications, et notamment sur l’élaboration des normes technique et légales, permettant aux services secrets d’avoir rapidement accès aux informations échangées par les utilisateurs.

D’après la loi, les forces de sécurité nationale doivent avoir la permission d’un juge pour inspecter les e-mails, mais, en pratique, les services de courrier électronique leur donnent accès aux boîtes mails des utilisateurs, sans décision de justice, a raconté un membre d’une de ces structures de sécurité. Un représentant de Yandex a déclaré ne donner accès à la correspondance des internautes que sur décision de justice ; Google donne les informations demandées en vertu de la loi "Sur l’aide juridique mutuelle" ; les produits Microsoft passent régulièrement les certifications du FSB, et les représentants de Mail.ru et Skype n’ont pas fait de commentaires.

Ce dessin de V. Bogorad illustre parfaitement l’article de Vedemosti, qui m’a servi de base pour cet article.

Et petit rappel, la France n’est pas mieux placée, comme nous rappelle la Quadrature du net. Attention, ça va couper !

Un avis sur les Prédateurs du Kremlin

Par Aurialie le 21.04.2009 à 00h39

Je viens de finir le dernier essai d’Hélène Blanc et Renata Lesnik, intitulé Les prédateurs du Kremlin 1917-2009, analysant l’impact des services secrets soviétiques et russes dans l’histoire du pays. La lecture de l’ouvrage ne m’a pas vraiment satisfaite. Revue des points positifs et négatifs.

Points positifs :

  • Quelques faits intéressants, voire même instructifs : naissance du groupe Helsinki, le lien entre dissidence et sciences ("Impossible de concilier la logique des sciences mathématiques et l’absurdité d’une société bâtie sur le mensonge et la corruption généralisée." p.76), l’ascencion du KGB, le rôle des services secrets dans la création du parti nationaliste de Jirinovski (p.211), les liens entre Eglise orthodoxe et le KGB/FSB, ...
  • Éclairage sur deux personnes qui ont fait évolué les services secrets soviétiques : Lavrenti Beria (avec une large place à la biographie écrite par son fils, Sergo Beria) et Iouri Andropov, exerçant les plus hautes fonctions entre novembre 1982 et février 1984, mais que l’on a trop souvent tendance à oublier dans les cours d’histoire.

Points négatifs

  • Trop de suppositions, de "peut-être" ("Pour quelle raison ? Peut-être parce que les agents hongrois, qui ont déjà fait leurs preuves, sont toujours actifs en Europe et dans le monde, savamment téléguidés depuis Moscou." p.149), d’interrogations non fondées ("Sans tomber dans la paranoïa, il est permis de s’interroger sur les véritables motivations de cette étourdissante prodigalité. Finira-t-on par assister à la "tsérétélisation" de la France grâce à des "cadeaux" peut-être empoisonnés." p.252, au sujet des nombreuses œuvres de Zourab Tsérétéli en France), voire vraiment étranges ("Alors, que penser de la véritable pandémie qui pousse les ex-Soviétiques fortunés à investir partout notamment dans l’UE et aux Etats-Unis, un argent déjà "lessivé" offshore ? p.255 => Business is business, non ?).
  • Insinuations et interrogations donnant parfois l’impression que les auteurs tentent par tous les moyens de faire rentrer les faits dans leur thèse, notamment concernant la guerre russo-georgienne ("A première vue, l’opération dirigée contre une Ossétie du Sud rebelle serait une erreur stratégique de Saakachvili. Bien que tout semble l’accuser, sa décision demeure inexplicable. Fut-elle encouragée par l’administration Bush ? (...) Enlisée en Irak, affaiblie par un dollar qui s’effrite, ruinée par la crise financière et focalisée sur sa campagne présidentielle, l’Amérique se serait fort bien passée d’un problème supplémentaire. Alors, qui a poussé à la faute le président géorgien ? Là encore se profile l’ombre des prédateurs du Kremlin. (...) De bonnes âmes n’auraient-elles pas fait savoir au président géorgien et à ses généraux que Moscou ne réagirait pas à cette attaque ?" p. 26-27). J’ai envie de dire, mais pourquoi et comment le président géorgien aurait-il pu croire cela ?
  • Des faits mériteraient de meilleures preuves que des on-dit, même rapportés par plusieurs personnes, comme par exemple le trucage de la 1e élection de Poutine ("Connaissant les risques, des conseillers du Kremlin affirment même, sous couvert d’anonymat, que l’actuel président russe ne serait pas arrivé en tête de la présidentielle de 2000 (...) Quant à Vladimir Boukovski [que par ailleurs, j’apprécie beaucoup-note d’Aurialie)], il nous révèle ce qu’il sait de source sûre : « Poutine, totalement inconnu des Russes, n’a pas été élu. En réalité, il est arrivé second derrière le communiste Ziouganov... qui fut pourtant le premier à le féliciter ! »" p. 295-296).
  • Trop long chapitre sur la lustration dans les pays de l’Est, s’apparentant un peu à du remplissage, car lien minime avec le sujet.
  • La non-différenciation entre communisme et bolchevisme/stalinisme ("Pour témoigner sa solidarité, à sa manière, l’Union européenne pourrait peut-être apporter sa pierre à ce devoir de mémoire. Il faudra bien qu’un jour son Conseil finisse par condamner sans équivoque le communisme comme un système totalitaire des plus meurtriers." p.216)
  • Analyse pédo-psychologique de Poutine est assez peu sérieuse dans un essai qui se veut sérieux ("Cette agressivité arrogante, de nature pathologique, remonterait à l’enfance, lorsque ce petit-fils du cuisinier de Staline s’entassait avec ses parents dans l’unique pièce d’une sordide kommunalka. Le soir venu, chaque adolescent rejoignait sa bande (...). Dans ce milieu prédélinquant régnait la loi du plus forts (...). Impossible d’éviter ces tortionnaires en herbe en sortant ou en rentrant de chez soi. (...) D’où, peut-être, cette vocation précoce d’entrer au KGB (...)" p.308)
  • Insinuation dérisoire que derrière certains mariages franco-russes et dans de nombreuses associations culturelles franco-russes, l’on trouverait un espion du FSB cherchant à manipuler et formater les esprits occidentaux (p. 329-330)

Ecrire un ouvrage sur le régime de Poutine est en vérité assez difficile, car on est facilement taxable d’anti-poutinisme primaire en cas de critiques (ce dont on m’accuse parfois) ou au contraire de fermer les yeux sur la réalité russe, la place des amis des Poutine, ... si l’on parle de ses actions positives sur le cours du pays. Alors, je reconnais que c’est facile de critiquer, comme je viens de le faire avec le livre d’Hélène Blanc et de Renata Lesnik, le mieux est donc de vous faire vous-même votre avis en le lisant.

Dans la peau d'un agent du FSB

Par Aurialie le 08.10.2008 à 00h37

Un internaute, varfolomeev6, a mis sans explication un lien menant vers le téléchargement d’un bien étrange fichier, intitulé Intelligentsia et pouvoir. Ce bloggeur poste assez souvent sur le blog des marches du désaccord, donc à priori, on ne peut pas l’accuser de connivence avec le pouvoir ou le FSB. Et pourtant, en ouvrant le fichier, on peut y trouver le nom de dizaines d’intellectuels et artistes russes et les actions politico-culturelles qu’ils ont menées entre 2000 et 2008.

Par exemple, si l’on prend le chanteur de DDT, Iouri Chevtchouk, on apprend qu’en 2000 il a signé une pétition contre l’hymne "stalinien", qu’en 2001 il a écrit une lettre pour la défense de la chaine NTV et une autre contre la réforme du système d’enseignement d’État, qu’en 2006 il a lancé un appel contre un monument en l’honneur de Staline, qu’en 2007 il a protesté contre la construction du gratte-ciel de l’entreprise Gazprom et qu’en 2008 il a participé aux marches du désaccord, a écrit une lettre pour la défense des monuments historiques de Saint Pétersbourg et lancé un appel pour la construction d’un mémorial en l’honneur des victimes des répressions politiques. A l’opposé, on trouve à la lettre P, la chanteuse Alla Pougatcheva, qui a également signé la lettre pour la défense de NTV en 2001, mais a fait de la propagande pour le parti de Poutine Edinaïa Rossia en 2007 et a voté devant la caméra pour Dmitri Medvedev en 2008.

Même si je ne connais pas la moitié des artistes et intellectuels présents dans ce fichier, sa lecture m’a dérangée : pendant quelques minutes, j’ai été dans la peau d’un agent du FSB. Brrrr...

Le plus étrange c’est que depuis que j’ai vu ce fichier, à savoir hier, le blog de cet internaute a été suspendu. Bizarre, hein ?

Légende dessin : "T’es qui ? Un tchékiste ?!!" (dessin d’Alekseï Mironov, via Moskovski Komsomolets)

Prison secrète pour torture discrète ?

Par Aurialie le 29.09.2008 à 22h34

Dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, les services secrets de certains pays n’hésitent pas à employer les pires méthodes pour obtenir des informations. L’affaire des avions américains servant de lieux de torture en est un bon exemple. Un article de Novaya Gazeta révèle qu’en Russie les agents des services secrets enlèvent des jeunes hommes entre 23 et 35 ans, souvent originaires d’Ingouchie, et les torturent à l’abri des regards indiscrets, dans une datcha de la banlieue de Moscou. Un homme, Magomed Khamkhoev est ressorti de cet enfer et a ainsi pu témoigner. Une vingtaine de personnes ont manifesté aujourd’hui contre ces "escadrons de la mort", agissant en dehors des lois en tout impunité.

Source image : Novaya Gazeta

Courage : l'art d'avoir peur, sans que ça paraisse (Pierre Véron)

L’OuBOP (?????????? ?? ?????? ? ?????????????? ?????????????) est officiellement l’acronyme de la direction de lutte contre le crime organisé. Mais pour les membres du Parti national-bolchevique, d’Oborona, du Front civique unifié et des autres partis d’opposition démocratiques, ces lettres signifient les Assassins de l’opposition (????? ?????????). Aujourd’hui, ils se sont réunis pour honorer la mémoire de Iouri Tchervotchkine, frappé à mort par des agents de l’OuBOP le 22 novembre et décédé 20 jours après, le 10 décembre.

Trente neuf jours après sa mort, amis et anonymes exigent que ses meurtriers répondent de leurs actes. Marina Litvinovitch, directrice du Fonds d’aide aux victimes de la terreur, a annoncé que les déclarations de 6 militants de la coalition l’Autre Russie, victimes des menaces de l’OuBOP, ont été enregistrées au ministère public général. En voilà trois :
- "Les collaborateurs de l’OuBOP, Alexeï Okopnyi et Philipov m’ont dit que je tomberais sous un RER ou sous un train, ou que je finirais ma vie en prison."
- "L’agent Dmitry Gennadevich Astafiev, a dit qu’ils avaient déjà mis de la drogue dans les affaires de Vladimir Koverdiaev et qu’il irait bientôt en prison, et qu’ils avaient battu Iouri Tchervotchkine et qu’ils ne savaient pas s’il était encore vivant."
- "Les agents Nikitine et Okopnyi ont commencé à me menacer, ils m’ont dit que s’ils me voyaient à une Marche du Désaccord, ils me placeront en prison ou me briseront les jambes."

On ne peut que saluer le courage de la soixante des personnes qui se sont rassemblées aujourd’hui, devant les caméras du FSB et des six personnes qui ont déposé contre les agents de l’OuBOP, qui ne répondront certainement jamais de leurs actes.

Et vous, vous êtes membre de FSBook ?

Par Aurialie le 09.01.2008 à 00h17

C’est bien connu, sur Internet, tous les réseaux sociaux sont contrôlés par les services secrets. FSBook.ru (de FSB, ex-KGB), copie conforme du célèbre réseau social Facebook, joue donc franc jeu (plus de pseudos objectifs innocents, tels que retrouver des camarades de classe ou élargir son cercle de connaissances) en incitant les personnes à remplir leur profil, indiquer le nom de leurs amis et connaissances et ainsi faciliter le travail des agents des services de sécurité russe dans leur recherche d’informations. Aider les très sympathiques kgbistes, quelle grande fierté pour les internautes.

Journée Terreur rouge

Par Aurialie le 20.12.2007 à 20h17

Chaque année elle revient, rappellant les pires heures de la Terreur rouge. C’est bien elle, la journée des Tchékistes. Voilà une parfaite image pour la célébrer.

Source : El Cambio

Pressions autour de Boukovski

Le pouvoir aurait-il peur de Vladimir Boukovski ou bien veut-il simplement museler et contrôler toute opposition ? Cette question est légitime quand on voit sa réaction à la candidature de cet ancien dissident soviétique : quatre membres de son comité de soutien, appelé Groupe d’initiatives, ont subi des pressions du Parquet général.

L’appartement de Vladimir Pribylovski, président du centre d’informations et d’analyses Panorama et directeur de la bibliothèque en ligne Antikompromat, a été perquisitionné fin mai 2007 pour deux raisons : fuite sur le meurtre du général-colonel Anatoly Trofimov, ancien chef du département du FSB à Moscou et saisie de deux ordinateurs et des documents liés à l’écriture de son nouveau livre sur Poutine, écrit en collaboration avec l’historien Ioury Felchtinsky. Les noms des collègues de Poutine travaillant dans les ministères de forces sont mentionnés dans le livre et ont donc attiré l’attention des services secrets.

Victor Chenderovitch, satiriste et présentateur télé entre autre, a été convoqué au Parquet général pour propos extrémistes sur son blog. Annonces de son prochain programme, d’une marche en faveur d’une armée professionnelle ou en l’honneur des journalistes assassinés... depuis le 26 mars il n’y a en tout cas plus aucun article. Le Parquet a intenté une action contre Iouri Samodourov, président du musée et du centre Andreï Sakharov, pour l’organisation d’une exposition intitulée "l’art interdit". Enfin, la dernière personnalité mise en cause, par le Parquet de la région de Krasnodar cette fois-ci est Andreï Piontkovski, membre du parti Iabloko et écrivain, pour différents passages soit-disant extrémistes dans ses livres.

Aujourd’hui dans Ejednevny journal, Boukovski a commenté la mystérieuse pression mise sur ses soutiens. Avant les ennemis de l’État étaient multiples. Il y avait les contre-révolutionnaires, les déviationnistes d’extrême-gauches, les antisoviétiques. Maintenant les ennemis sont tous extrémistes, la loi de l’année dernière a d’ailleurs élargi les motifs d’accusation, tels que "dégradation de l’honneur nationale" ou "diffamation des organes locaux du pouvoir". Le FSB attaque donc tout opposant potentiel au pouvoir en place en l’accusant d’extrémisme. Il ne réfléchit pas, mais envoie la patte avant tout mouvement et fait ses griffes sur tout ce qu’il attrape.

Source images : itartass.ur.ru et non-violence-mp.org

Cannes se penche sur le cas Litvinenko

Par Aurialie le 24.05.2007 à 00h22

Cannes, son festival, ses paillettes, son glamour, … et parfois ses films politiques, comme par exemple, Yol (Palme d’or en 1982) du Turque Yilmaz Güney, qui dictait ses directives à son assistant de sa prison, ou Fahrenheit 9/11 de Michael Moore (Palme d’or en 2004).

Cette année, la sensation politique est la sélection, au dernier moment, d’un documentaire hors compétition sur Alexandre Litvinenko, qui a connu une fin tragique par empoisonnement au polonium en novembre 2006 à Londres, et sur les personnes qui essayent de faire vivre une presse libre en Russie. Ce reportage, réalisé par Andreï Nekrassov, ancien assistant d’Andreï Tartovski et intitulé Rébellion : l’affaire Litvinenko, met en cause directement les services secrets russes et le régime de Vladimir Poutine dans la mort de l’espion russe repenti. La sortie de ce documentaire tombe à pic : les autorités anglaises demandent l’extradition d’Andreï Lougovoï, principal suspect dans cet affaire d’assassinat. Moscou refuse cette extradition.

Source : Yahoo.news et Figaro (notamment photos : Dunham/AP et AFP)

Luttes de pouvoir au sommet

Par Aurialie le 28.04.2007 à 01h07

La succession de Poutine se prépare, ses plus fidèles lieutenants n’hésitent pas à utiliser les uns contre les autres les moyens les plus mesquins (dénonciations et procédures criminelles) pour discréditer l‘autre. Qui va remporter la bataille du Kremlin, Novaïa Gazeta fait le point.

Pendant ses huit années au pouvoir, Poutine a réussi à placer une grande partie de ses amis dans les structures de force (Ministère des affaires intérieures, Service fédéral de sécurité, dit FSB, Parquet général, administration présidentielle, service des douanes, armée) et les grandes sociétés russes. Sa succession se jouera normalement entre Dmitri Medvedev, actuellement premier vice-Premier ministre affecté à la mise en œuvre des projets nationaux et prioritaires et ancien chef de l’administration du Kremlin, et Sergueï Ivanov, premier vice-Premier ministre en charge de l’industrie de défense et de la diversification de l’économie civile et ancien ministre de la défense. Si Ivanov ne semble pas comploter contre Medvedev, Igor Setchine, adjoint du chef de l’administration présidentielle et patron de la compagnie pétrolière Rosneft, fait partie du jeu en mettant des bâtons dans les roues de Medvedev.

L’article est plutôt long et les exemples de coups bas ne manquent pas, c’est pourquoi, illustrons ces luttes de pouvoir en prenant un exemple dans les instances du ministère des affaires intérieures, où les nombreux licenciements et nominations ont favorisé le camp de Dmitri Medvedev, selon les experts.

Tout commence en mai 2005, lorsque la 56e division du Département de la sécurité économique (DEB) dévoilait une affaire de contrebande de marchandises chinoises dans les entrepôts du FSB. Cette histoire qui serait arrivée aux oreilles de Poutine, grâce à son ami Victor Tcherkessov, chef du service de contrôle d’État des drogues, a éclaboussé des "proches" de Dmitri Medvedev travaillant à la Loubianka. Toutefois, la réponse a été proportionnelle à l’attaque et durant le printemps 2006 la 56e division a été littéralement nettoyée (cinq personnes haut placées ont été renvoyées), puis en novembre c’est Mechtcheriakov, le chef du DEB, relation directe d’Igor Setchine, qui est transféré au Département de la lutte contre le crime organisé et le terrorisme (DBOPT). Il est remplacé par Evgueni Chkolov, un "espion" qui travaillait en Allemagne avec Poutine et qui est ensuite devenu l’adjoint de Dmitri Medvedev, quand celui-ci présidait l’administration présidentielle.

En comparant les sphères d’influence de Medvedev et de Setchine, telles qu’elles sont présentées par d’anciens dirigeant des structures étatiques, Novaïa Gazeta remarque que les chefs des structures de force s’associent habituellement à Igor Setchine (notamment le ministre de la Justice Oustinov, le chef du département de lutte contre le crime organisé et le terrorisme, Mechtcheriakov et le directeur du FSB, Patrouchev), mais la plupart de leurs assistants et les chefs des départements se portent vers le camp de Dmitri Medvedev. Il n’est pas exclu que cela soit la conséquence du système de soutien et contre-pouvoir, qui en l’absence de contrôle public et d’opposition politique réelle, permet au président de conserver un équilibre dans son entourage personnel. Mais quel est l’avenir de ce système construit autour d’une seule personne : en 2008 va-t-il se diviser en deux camps opposés et donner naissance à une nouvelle vie politique ou par tradition va-t-elle servir l’héritier désigné du trône ?

Source : Novaïa Gazeta, pour avoir une meilleure vision de l’image, cliquez sur celle-ci ou bien ici.

Il faut sauver l'avocat Trépachkine

Par Aurialie le 15.03.2007 à 23h07

Aujourd’hui la comité de soutien de Mikhaïl Trépachkine lance une pétition pour exiger son hospitalisation immédiate et la révision de son procès. Cet appel est d’autant plus important que le 9 mars un tribunal a ordonné un confinement plus strict de cet ancien agent du FSB, condamné pour divulgation de secrets d’État à des agents des services secrets britanniques.

En 1999, l’explosion d’immeubles dans la banlieue de Moscou avait causé la mort d’environ 300 personnes et avait eu pour conséquence le déclenchement de la seconde guerre de Tchétchénie. Mikhaïl Trépachkine, en qualité d’avocat, était membre d’une commission d’enquête mise en place par des députés. Au cours de son enquête, il a mis en cause l’implication d’agents du FSB dans l’explosion de ces logements. Le Tribunal a alors ouvert une instruction pour infraction à l’instruction et détention, en dehors de l’établissement, de dossiers d’enquête sur des groupements criminels. Il a été condamné à 4 ans de prison en mai 2005 et emprisonné à la "colonie pénitentiaire" de Nijny Taguil dans le montagnes de l’Oural (ce qui lui permettait de se déplacer dans les limites du village). Mais vendredi dernier, le tribunal local a décidé de le transférer dans une colonie de haute-sécurité pour violation des règles de réclusion (notamment, introduction d’alcool et langage grossier vis-à-vis d’un membre de l’administration pénitentiaire).

Il est important de ne pas oublier ce prisonnier politique, enfermé pour taire des conclusions qui mettaient en cause les services de sécurité russes.

OSS 117, bonne fête !

Par Aurialie le 19.12.2006 à 22h37

Vous n’en rêviez pas et pourtant la Russie l’a fait : célébrer les salariés des organes de sécurité, anciennement journée de Tchékistes. Pour rappel, la Tcheka, créée le 20 décembre 1917, est l’acronyme de Commission extraordinaire panrusse pour la répression de la contre-révolution et du sabotage, c’est-à-dire, service secret pour combattre les ennemis du régime. Boris Eltsine a remis au goût du jour cette journée de célébration du travail des agents secrets par un oukase en 1995.

Il faut savoir qu’en Russie, tous les corps de métier ont leur journée, un peu comme nous avec les saints patrons (saint Honoré pour les pâtissiers, saint Christophe pour les automobilistes, ...)

Si demain vous voulez envoyer une carte postale à votre agent secret préféré, vous trouverez quelques idées sur ce site.

Empoisonnement suspect (suite)

Par Aurialie le 22.11.2006 à 20h53

Alors que les Russes se moquent de notre imagination fertile, remplie d’histoire à la James Bond et d’espions soviétiques prêts à asservir le monde, la Grande-Bretagne enquête très sérieusement sur l’empoisonnement de Litvinenko. Deux nouveaux suspects, d’origine russe, sont maintenant recherchés. Le contact italien Mario Scaramella semble hors de cause, mais Litvinenko, lui, n’est pas hors de danger et est toujours en attente d’une greffe de moelle osseuse.

Complot de l’oligarque russe Boris Berezovski pour ruiner l’image de la Russie, pour laquelle une célèbre agence américaine en relations publiques a si durement travaillé, ennemi caché de Litvinenko ou vengeance du FSB pour son livre pamphlet sur cette organisation, le mystère reste entier.
Après l’affaire des espions britanniques en début d’année, les relations sont maintenant glaciales entre le pays de James Bond et celui de Tatiana Romanova.

Empoisonnement suspect

Par Aurialie le 20.11.2006 à 00h38

Depuis le 1er novembre, Alexandre Litvinenko est hospitalisé à Londres suite à ce qui semblerait être un empoisonnement. Il en a tous les symptômes - reins endommagés, globules blancs attaqués, chute de cheveux - et attend une greffe de moelle osseuse. Cet ex-espion russe enquêtait sur l’assassinat d’Anna Politkovskaïa, morte le 7 octobre 2006. Son empoisonnement aurait eu lieu lors de sa rencontre le 1er novembre avec un contact italien, Mario Scaramella, qui selon gazeta.ru fréquentait la Loubianka, le siège du FSB à Moscou.

Tout aussi critique que Politkovskaïa sur la politique de Poutine et la situation en Tchétchénie, Alexandre Litvinenko avait demandé l’asile politique à la Grande Bretagne en 2001, après avoir dénoncé un complot meurtrier du FSB contre l’homme d’affaires russe Boris Berezovski. Il a également écrit un livre mettant en cause le FSB dans les attentats qui ont touché plusieurs villes russes en 1999 et qui ont provoqué le début de la deuxième guerre de Tchétchénie.

Cet empoisonnement se rajoute à celui du président ukrainien Viktor Iouchtchenko en 2004 et nous rappelle que cette pratique a été courante en Russie et dans l’histoire en général. Alors, à qui le tour ?

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