Tous les articles sur le mot clé : économie

La crise en Russie

Par Aurialie le 28.10.2008 à 00h25

Via Courrier International

Attention, "la patrie est en danger", s’alerte Gazeta.ru dans un éditorial. "La Russie se trouve dans une situation financière réellement dangereuse", selon le quotidien moscovite en ligne. "Si la chute des marchés mondiaux se poursuit, la Russie a peu de chances d’échapper à une dévaluation du rouble, à la faillite de sociétés et banques privées, à une crise économique de grande ampleur." Une crise qui pourrait frapper "dès les prochains mois".

En dépit des efforts consentis ou promis, "l’Etat russe ne pourra pas satisfaire toutes les demandes de crédit. C’est pourquoi il faut garder en tête le pire des scénarios." Cela dit, il est encore possible de l’éviter ou, en tout cas, de limiter la crise naissante.

Le journal dénonce l’attitude des autorités russes qui n’ont cessé de déclarer que la Russie était à l’abri. "Aujourd’hui le danger le plus grave, c’est l’autopersuasion, le fossé entre la situation réelle des affaires et la représentation qu’en ont nos autorités et nos élites économiques." D’ailleurs, le pouvoir contredit ses propres déclarations sur l’absence de crise par la mise en place de mesures anticrise.

Les autorités doivent donc changer de méthode. "Seule une politique honnête, transparente, prévisible, publique et responsable peut empêcher les marchés et les gens de céder à la panique, d’éviter à la Russie une catastrophe économique. Dans le cas contraire, nous revivrons la crise de la fin des années 1990."

Image : cotation du Micex par mmk.ru

Le chiffre du jour : 23

Par Aurialie le 22.10.2008 à 00h02

Si la Russie peut être inquiète de la baisse des cours du pétrole, elle sait qu’elle pourra toujours se rattraper avec la vente d’armes. Le volume de livraison à l’étranger entre janvier et septembre 2008 a augmenté de 23% par rapport à la même période en 2007.

Près de 72 pays achètent des armes à la Russie, mais l’Inde et la Chine représentent 70% des exportations russes, viennent ensuite l’Algérie, le Vénézuela, la Malaisie, le Vietnam et l’Indonésie. A la fin de l’année, le gouvernement espère engranger 8 milliards de dollars grâce à ce secteur d’activité.

Source : Newsru.com

La crise financière, côté Russie

Par Aurialie le 19.09.2008 à 23h51

Le RTS est l’indice boursier russe des valeurs en dollar (le MICEX, celui en rouble). Et pour en savoir plus sur son retour d’outre-tombe, c’est par ici.

Dessin d’Ellustrator (aka Sergueï Elkine).

Des ghettos moscovites pour travailleurs immigrés

Par Aurialie le 02.08.2008 à 18h03

Via Courrier International, article de Nikolaï Kireïev, paru dans Novyé Izvestia

Confronté au déficit de logement et de main-d’œuvre, la capitale russe envisage le regroupement d’ouvriers migrants dans des cités réservées. Ce projet fait craindre l’exacerbation de la xénophobie et des conflits interethniques.

Il est fort possible que Moscou se dote bientôt de cités provisoires afin de loger des immigrés de divers Etats de la CEI et pays plus lointains venus travailler dans la capitale russe. Ces logements devraient d’abord servir à abriter du personnel d’entretien des immeubles [nettoyage, plomberie, chauffage, électricité, etc.]. Telle est en tout cas la proposition lancée le 23 juillet par Vladimir Zotov, responsable de la zone administrative Sud-Est de Moscou. Il envisage de faire construire ces foyers pour travailleurs étrangers dans les quartiers de Lefortovo, Marino et Vykhino. Si cette idée est approuvée par la municipalité, les chantiers démarreront dès l’automne.

Selon la mairie de la capitale, le secteur du bâtiment et de l’entretien s’apprête à recruter plus de 8 000 ouvriers étrangers en 2009. Tous ces maçons et agents de nettoyage devront bien être logés quelque part. "Ce secteur emploie beaucoup de personnes venues d’ex-URSS et d’autres pays étrangers, explique Svetlana Govoroukhina, porte-parole de la zone administrative Sud-Est. Ces immigrés qui arrivent du Tadjikistan, d’Ouzbékistan ou de Moldavie doivent avoir un endroit où vivre pendant qu’ils travaillent ici. Il nous semble qu’ériger pour eux une cité provisoire permettrait de résoudre le problème."

Les experts indépendants jugent que cette idée n’est pas des plus heureuse. "A l’échelle d’une mégalopole, construire des cités à part pour les immigrés risque surtout de constituer une première étape vers la constitution de quartiers ethniques qui vivront en marge des règles communes", redoute Nikita Mkrttchian, spécialiste en chef des migrations au Centre de démographie et d’écologie de l’homme. "De tels foyers monoethniques pourraient se transformer en ghettos fermés, coupés du reste de la grande ville et centrés sur leur culture, leur économie et leurs relations sociales propres. Cela ne ferait que compliquer encore davantage le processus d’assimilation de ces immigrés au sein d’une société qui leur est étrangère."

Les représentants des intéressés sont du même avis. Pour Karomat Charipov, président du mouvement russe des migrants du travail du Tadjikistan, "le problème n’est pas seulement que ces enclaves risquent de devenir des réserves qui obéiront à leurs propres lois, mais aussi que ce genre de cités pourrait représenter un fort attrait pour divers groupes extrémistes. Les skinheads n’auraient plus à se demander où chercher leurs victimes, il leur suffirait de se rendre à une adresse officiellement connue. A mon avis, la mairie serait incapable, dans le contexte actuel, d’assurer une réelle protection des immigrés. Des conflits éclateraient forcément."

Cependant, on évoque dans Moscou des solutions encore pires pour loger ces travailleurs. "Les responsables de la zone Centre ont ainsi proposé de les installer dans des immeubles évacués ou en cours d’évacuation parce que destinés à être rasés, jusqu’à ce qu’ils soient effectivement démolis, confie Mme Govoroukhina. Il a aussi été question de les placer dans des bâtiments en travaux. Si la mairie accepte, il est possible que, dès ces prochaines années, les immigrés aient un toit au-dessus de la tête." Un toit, certes, mais sans doute avec des trous dedans…

Les experts pensent que ces idées empreintes de xénophobie sont à rejeter. Les travailleurs étrangers devraient être logés avec des personnes venues de différentes régions de Russie, et certainement pas dans de vieux immeubles abandonnés et promis à la démolition. "Pourquoi se limiter à construire juste pour les gens d’Asie centrale ? ajoute Nikita Mkrttchian. Moscou compte de très nombreux provinciaux venus travailler dans la capitale. Eux aussi ont besoin de meilleures conditions de logement. La ségrégation imaginée par les responsables administratifs risque d’encourager la haine interethnique."

Photo : Novyé Izvestia

Khodorkovski libre en octobre ?

Par Aurialie le 16.07.2008 à 23h28

C’est en tout cas ce qu’a affirmé le rédacteur en chef du journal Zavtra sur la radio Ekho Moskvy. Il aurait eu cette information de cercles hautement compétents. En échange, Mikhaïl Khodorkovski n’exercerait aucune activité politique, mais ne serait pas interdit de faire des affaires. Affabulation ou vérité ? La réponse en octobre.

Source : Lenta.ru

L'inflation version Roulitiki

Par Aurialie le 10.07.2008 à 00h28

Dans le 3e épisode de Roulitiki d’Oleg Kozyrev, mis en ligne il y a deux jours sur le site Grani-tv.ru, la marionnette Roulitik Di demande à Roulitik Vo de lui montrer l’inflation en Russie, un problème économique majeur qui pourrait obscurcir la croissance russe.

- Salut Roulitik Vo !
- Salut Roulitik Di !
- Dis, Vo, montre moi ton inflation ! Est-elle petite ou bien grande ?
- Je ne peux pas te la montrer. J’ose pas.
- Vas-y montre !
- J’ose pas.
- Allez, montre la moi !
- D’accord, regarde. Voilà comment est mon inflation.
- Eh, elle est grande. Tu avais promis qu’il y aurait de la stabilité.
- Mais il y a de la stabilité. Hier, il y a eu de l’inflation ?
- Il y en a eu.
- Et aujourd’hui, il y en a eu ?
- Il y en a eu.
- Et demain, il y en aura aussi ! Voilà de la STABILITE !
- Eh, Vo, comment est notre transparence et notre liberté d’expression ?
- J’ose pas dire

Pour revoir le 1e, c’est ici et pour découvrir le 2e, c’est .

Guerre froide is back ?

Par Aurialie le 28.11.2007 à 20h04

Le Courrier international du 29 novembre a pour une : Poutine et Chávez : Les coups d’Etat du 2 décembre. Parmi les nombreux articles intéressants, il y a cette citation du Président russe, prononcée lors de son dernier déplacement, à Saint-Pétersbourg, avant les législatives du 2 décembre : "Nous allons bâtir des forces armées telles qu’elles ne laissent aucun étranger fourrer son nez morveux dans nos affaires." Doit-on s’inquiéter, sachant qu’en 2007 la Russie devraient engranger 220 milliards de dollars avec l’exportation de ses hydrocarbures et que sa "cagnotte" entre 2000 et 2008, selon certaines estimations, s’élèverait à 1 000 milliards de dollars ?

Mobilisation syndicale tous azimuts

Par Aurialie le 27.11.2007 à 21h56

Vremia Novosteï, via Courrier International, nous apprend que d’importants mouvement sociaux ont lieu actuellement en Russie. A lire ci-dessous :

La grande vague de grèves qui a déferlé en novembre en Russie ne se calme pas. D’une entreprise à l’autre, les arrêts de travail succèdent aux blocages, tandis que certaines sociétés qui travaillent encore sont menacées de débrayages par les syndicats. L’automne 2007, que le pouvoir, en pleine campagne des législatives, tente de présenter comme le summum du processus de stabilisation, a été marqué par la montée en puissance de la "conscience prolétaire". (...)

La mobilisation syndicale ne permet pas à Russie unie et au gouvernement de se reposer sur leurs lauriers, comme en témoignent les grévistes de l’usine Ford de Vsevolojsk (région de Leningrad) qui ont entamé, le 22 novembre, une nouvelle grève juste après avoir voté la reprise du travail. La particularité de ce genre d’actions, c’est que des mouvements alternatifs de travailleurs, qui n’appartiennent pas à la Fédération des syndicats indépendants de Russie, la structure officielle, viennent perturber le tableau. "Dans de nombreuses entreprises, on observe la création de nouveaux syndicats par la base et une montée en puissance de diverses coordinations professionnelles en dehors de la Fédération des syndicats indépendants", observe Karine Clément, spécialiste française de la "question ouvrière" et directrice de l’Institut Action collective à Moscou. Pour elle, la situation chez Ford à Vsevolojsk est emblématique de la façon dont se crée un syndicat. Créé par la base il y a deux ans seulement, le Comité syndical est aujourd’hui considéré par les ouvriers comme l’organisme qui les représente grâce au travail de ses militants.

Pour les responsables syndicaux comme pour les spécialistes de la question, il est logique que ce soit une usine appartenant à une multinationale qui soit à la pointe du mouvement. Les ouvriers russes voient bien qu’il existe un problème en ce qui concerne leur pouvoir d’achat. Selon Karine Clément, le fait que les grèves en Russie se déroulent en même temps qu’en France signifie que la mondialisation touche aussi le mouvement syndical. L’union des prolétaires de tous les pays, à laquelle ont si longtemps appelé les bolcheviks, s’est finalement réalisée. "A travers les organisations syndicales russes et internationales, nous établissons des contacts avec les ouvriers qui travaillent dans des entreprises appartenant à des multinationales, aussi bien en France qu’en Allemagne ou en Finlande", confirme Boris Kravtchenko, président de la Confédération russe du travail (CRT), une union de syndicats alternative. La solidarité des "prolétaires de tous les pays" commence à porter ses fruits. La direction européenne de Ford a promis à ses clients russes qu’ils seraient livrés quoi qu’il arrive et qu’elle aurait recours à ses usines d’Allemagne ou d’Espagne si nécessaire. Mais, selon Boris Kravtchenko, les organisations syndicales de ces entreprises ont assuré à leurs homologues russes qu’elles s’opposeraient à toute pratique de ce genre.

Source : Courrier International

Dernières nouvelles des condamnés de Ioukos

Par Aurialie le 26.10.2007 à 00h24

Aujourd’hui, ça fait quatre ans que Mikhaïl Khodorkovski a été arrêté pour escroquerie et évasion fiscale et condamné à 8 ans de prison. Alors qu’il pouvait espérer une réduction de peine prochainement, la direction pénitentiaire de Krasnokamensk lui a infligé une sanction pour ne pas avoir mis les mains derrière le dos pendant la promenade… Cette sanction est la troisième reçue par l’ancien oligarque russe, l’empêchant de demander une libération anticipée.

De nombreuses personnalités russes ont manifesté aujourd’hui à Moscou pour exiger la libération anticipée de Khodorkovski, tandis que la jeunesse pro-Poutine demandait la prolongation de sa peine.

Comme le dit le philosophe André Glucksmann dans un article du Monde du 26/10/2007 : "Khodorkovski n’est certainement pas tout blanc. Sakharov ne l’était pas plus : il parraina la bombe H soviétique. Mais prenant conscience de l’oppression et de la servitude qui l’entouraient, il protégea les dissidents et s’opposa à la dictature rouge. Khodorkovski, patron parmi les patrons, fut rebuté par le retour de l’autocratie. Beaucoup de Russes m’ont dit, et Anna Politkovskaïa en particulier : il était riche, de ce fait le petit peuple s’en méfiait, mais en Russie "si tu vas au bagne et si tu ne plies pas, une purification s’opère aux yeux de l’opinion". Dans sa solitude mondiale, la résistance de Mikhaïl Khodorkovski le consacre grande figure d’opposition aux côtés de Garry Kasparov et de Vladimir Boukovski."

De son côté, Platon Lebedev, ancien dirigeant de Ioukos qui purge également une peine de 8 ans de prison, a fait condamner la Russie par la Cour européenne des droits de l’homme pour les violations de ses droits au cours de sa détention provisoire : périodes de détention non couvertes par un mandat judiciaire, des interrogatoires devant le juge qui se sont tenus hors la présence d’un avocat ou le délai excessif des procédures d’appel contre le maintien en détention du requérant. La Russie doit donc verser maintenant 10.000€ à Lebedev – 3.000€ pour dommage moral et 7.000€ de frais de justice.

Sources : Ria novosti, Romandie.com, le Journal du dimanche et Gazeta.ru (dont photo de Konstantin Koutsyllo)

Produits, trop chers !

Par Aurialie le 17.10.2007 à 00h27

Sur les marchés mondiaux les prix des produits agricoles ont beaucoup augmenté, ce qui a renchéri le coût du pain, du lait, de l’huile, du fromage et de la viande, pratiquement partout en Russie. Ce qui fait dire au policier du dessin de Sergueï Elkin, publié notamment sur namarsh_ru : "Nous procédons à une identification. Madame, vous savez lequel de ces produits a sévi dans votre porte-monnaie ?"

Le lait et le saucisson ont l’air particulièrement coupable sur cette image.

La stratégie russe au FMI (Courrier International)

Par Aurialie le 25.08.2007 à 00h43

En proposant la candidature du Tchèque Josef Tosovsky à la présidence du FMI contre celle du Français Dominique Strauss-Kahn, Moscou veut bousculer les règles du jeu d’une institution dépendante de Bruxelles et Washington, assure Andreï Denissov dans Vremia Novostieï. Traduction : Courrier International

L’information selon laquelle la Russie souhaitait proposer son propre candidat à la direction du Fonds monétaire international (FMI) a reçu hier une confirmation officielle. Mercredi [22 août] matin, le ministère des Finances russe a annoncé qu’Alexeï Mojine, représentant de la Russie au conseil d’administration du FMI, désirait voir le Tchèque Josef Tosovsky en devenir le prochain directeur. "Nous estimons que M. Tosovsky serait la bonne personne au bon endroit au bon moment", pouvait-on lire dans le communiqué du ministère.

Cet homme, qui dirige depuis sept ans l’Institut de stabilité financière auprès de la Banque des règlements internationaux, à Bâle [Suisse], devient ainsi le second candidat déclaré. Le premier, le Français Dominique Strauss-Kahn, présenté par le président de son pays, est soutenu par les ministres des Finances de l’Union européenne. Il parcourt le monde depuis plusieurs semaines afin de séduire les gouvernements de différents pays, émergents en particulier.

De nombreux Etats actionnaires du FMI avaient beau être mécontents de la façon dont se déroulait l’élection du futur directeur, l’initiative de Moscou a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Pourquoi personne ne s’est décidé avant à faire ce qu’ont fait les responsables russes ? La réponse est simple : l’UE et les Etats-Unis sont liés par des accords sur le soutien à M. Strauss-Kahn, et tous les autres pays, même ceux qui auraient eu un candidat de valeur à proposer, ont baissé les bras, désespérant de voir triompher un candidat en concurrence avec celui soutenu à la fois par l’Europe et l’Amérique.

Dans cette affaire la Russie avait, elle, les mains libres. Libre de toute obligation envers le FMI et voyant le processus électoral dans l’impasse, Moscou a avancé une solution en parfaite adéquation avec les intérêts du Fonds. Il s’agit sans conteste d’une nouvelle attitude de sa part sur la scène internationale. Est-elle justifiée ? Les premiers commentaires étrangers [européens] se sont bornés à dire que Moscou voulait diviser l’Union européenne et utilisait désormais le domaine économique, après avoir employé l’argument énergétique et la lutte contre le bouclier antimissile américain. C’est évidemment exagéré : la solution choisie est trop complexe pour la soupçonner de viser pareil objectif. En réalité, la Russie a agi comme un actionnaire adulte et responsable du FMI, un actionnaire qui a une vision réaliste des problèmes de cette organisation et de l’ampleur des tâches qui l’attendent.

Alexeï Koudrine, le ministre des Finances, russe les définit assez précisément. Pour lui, le Fonds devrait savoir prévenir les crises. "Je pense à 1998 [année où la Russie a connu une grave crise financière]. Le FMI a été incapable d’aider la Russie à anticiper la crise", a-t-il déclaré, en soulignant qu’à l’époque la Russie n’avait pas été la seule à subir l’inefficacité du Fonds. Il existe certes des crises qu’aucune institution, même très puissante et performante, n’est en mesure de contrôler. Mais l’ennui, c’est que, depuis, l’autorité du FMI sur le plan mondial, qui est l’une des conditions de son efficacité, n’a cessé de diminuer. Une raison, et non des moindres, réside dans la procédure d’élection du directeur, qui aboutit à de mauvais choix.

Cette fois, lorsque l’Espagnol Rodrigo de Rato a annoncé son départ anticipé (en octobre 2007, alors qu’il aurait dû rester en place jusqu’en 2009), des voix se sont élevées pour affirmer qu’il était temps d’abandonner la tradition qui veut que le Fonds soit invariablement dirigé par un Européen. La rapidité avec laquelle le nouveau président français, Nicolas Sarkozy, a imposé la candidature de M. Strauss-Kahn lui a assuré une longueur d’avance et même, a-t-on pu croire, garanti la victoire. Mais la Russie est venue brouiller les cartes.

Source 1e image : Campus Attac
Source 2e image : Under.ch, légende "Nous vous avons fourni toutes les infrastructures permettant de nous rembourser la dette que nous avons investi dans votre développement, vous voyez ?" (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Comment ne pas être le 2e Khodorkovski

Par Aurialie le 02.08.2007 à 01h30

Un entrepreneur russe malin est celui qui sait quand il est temps de se retirer d’une affaire qui peut l’amener à la case prison, option "bien éloignée de la capitale". Pour ne pas subir le sort de Mikhail Khodorkovski, enfermé depuis 1376 jours, Mikhail Goutseriev, président de la compagnie pétrolière Roussneft vient d’envoyer une lettre ouverte expliquant sa volonté de quitter son poste de dirigeant et de vendre ses actions, suite aux diverses pressions des organes juridiques de l’État russe et des services fiscaux, dirigées directement contre lui. Il a notamment déclaré : "Je ne sais pas quelle est ma faute, ni où j’ai fait des erreurs." Mais il sait par contre que quand l’État veut quelque chose, rien ne l’arrête, surtout pas un homme d’affaires qui commence à développer des ambitions politiques. Et bien maintenant, M. Goutseriev a décidé de s’adonner à une activité beaucoup moins dangereuse : les sciences !

Son remplaçant, Oleg Deripaska, oligarque fidèle au président Poutine (il s’est déclaré prêt à céder son empire à l’État si on le lui demandait), va donc reprendre les rennes de la société, pendant que l’État va poursuivre sa main-mise sur l’ensemble des actifs énergétiques privés du pays.

Source : Grani.ru

Le travail aux Moscovites

Par Aurialie le 09.06.2007 à 02h42

A l’encontre de la loi fédérale sur l’immigration, le maire de Moscou, Iouri Loujkov, a décidé depuis le début de l’année de s’attaquer à la présence des étrangers dans sa ville. Cela a commencé par la limitation du nombre de travailleurs immigrés sur les marchés (cette loi a bien été respectée, mais la présence de ces étrangers est finalement apparue essentielle, certains marchés et rues ont alors été renommés, et les quotas n’ont finalement pas été étendus aux foires). Son projet va se poursuivre, l’objectif étant de diminuer de deux tiers la présence de travailleurs étrangers dans la capitale.

Quelques chiffres avant de poursuivre :
- 1,26 million : le nombre de citoyens étrangers officiellement enregistrés à Moscou en 2006
- entre 70.000 et 2.000.000 : le nombre d’immigrés illégaux dans la capitale
- 810.000 : le quota de force de travail étrangère admise pour l’année 2007
- 300.000 : le nombre d’autorisations de travail délivrées par la mairie moscovite depuis le début de l’année 2007
- 100.000 : le nombre réel d’étrangers qui travaillent à Moscou depuis janvier 2007
- 200.000 : le nombre d’étrangers qui se promènent et se tournent les pouces au lien de travailler, selon Loujkov.

C’est pourquoi, il souhaite diminuer de deux tiers le nombre d’autorisations de travail accordées à des travailleurs étrangers pour les années 2008 à 2010. D’autant plus que selon un membre d’un comité de la mairie, Alekseï Aleksandrov, 14% des immigrés sont infectés par de dangereuses maladies, type tuberculose et sida.

Pour arriver au quota de 100.000 travailleurs étrangers autorisés à travailler dans la capitale, des mesures répressives et des contrôles renforcés vont être mis en place, notamment dans les foyers de travailleurs étrangers. De nouvelles amendes vont être créées, par exemple, pour location d’un logement à un immigré. Et les autorités comptent sur l’appui de la population locale pour atteindre ce chiffre. Comment ? En récoltant les plaintes des Moscovites de souche contre leurs voisins de palier étranger. Et comme il va bien falloir remplacer les travailleurs immigrés, Loujkov va investir 1,2 milliards de roubles (un peu moins de 35 millions d’euros) pour inciter le retour des Russes à la mère-patrie. Bienvenu en Russie !

Sources : Kommersant et Rebellyon.info (image)

Les hommes d'affaires occidentaux aiment Poutine.

Par Aurialie le 10.04.2007 à 23h18

Italiens, Anglais, Américains, … selon cet article de Nezavissimaïa Gazeta, repris en français par Ria novosti, nombreux sont les hommes d’affaires occidentaux qui souhaiteraient que Poutine effectuât un troisième mandat. Car Poutine est bon pour les affaires, notamment dans le secteur énergétique mais aussi dans la téléphonie et les nouvelles technologies.

Par exemple, les derniers actifs de l’entreprise Youkos, mis aux enchères depuis plusieurs mois, ont été notamment rachetés par le groupe pétrolier italien Eni et le groupe russe-britannique TNK-BP. Selon un haut-fonctionnaire de la présidence russe, de leaders européens "prient [Poutine] de rester", tandis qu’un parlementaire américain a déclaré : "Nous devrions éviter de nous soucier de la démocratie russe plus que le font les Russes eux-mêmes." Car la question pour tous est de savoir si le successeur de Poutine respectera les ententes conclues. Une nouvelle fois, l’économie est plus important que la démocratie ou les droits de l’homme, mais cela n’a rien de nouveau.

Source : Nezavissimaïa Gazeta, Ria novosti et Libres.org (image)

La Russie a quelques clics de l'OMC

Par Aurialie le 30.11.2006 à 13h24

L’entrée de la Russie dans l’ Organisation Mondiale du Commerce se rapproche, trois points importants restent encore à régler : les questions agricoles, le commerce extérieur et la protection de la propriété intellectuelle. Ce dernier aspect est sur le point d’être normalisé puisque la Russie a entériné un projet de loi sur la propriété intellectuelle, voté il y a deux ans.

L’une des probables conséquences de cette loi va être la fermeture du site allofmp3, que le gouvernement américain a dans le collimateur depuis plusieurs années. Ce site vend de la musique en téléchargement sur internet à un prix défiant toute concurrence (un album revient à moins de cinq euros), violant certaines règles de la propriété intellectuelle internationale. Allofmp3 paye pourtant des royalties à la ROMS (Russian Organization for Media and Digital Systems), un organisme qui se dit mandaté de fait pour lui accorder une licence de distribution en ligne sur le territoire national, sans nécessiter d’autorisation de la part des ayants droit français, anglais, américains, etc.

Comme le souligne Radiatum, il est résulte que l’Organisation Mondiale du Commerce, dont ça n’est pourtant pas le rôle, remplace progressivement l’OMPI (Organisation Mondiale de la Protection Intellectuelle) pour imposer aux états qui souhaitent entrer à l’OMC une politique protectionniste sur les droits d’auteurs et les droits de propriété industrielle.

Toutefois, allofmp3 n’a pas dit son dernier mot et cherche à adapter son business model à la nouvelle législation russe afin de poursuivre son activité.

(Source :radiatum et arstechnica)

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