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Je ne suis pas Sakharov

Fin mars sont apparues dans le métro de Moscou les premières affiches " ? ?? ???????" (Je ne suis pas Sakharov), publicité pour le mouvement Sakharov, du nom du physicien nucléaire russe, militant des droits de l’Homme et des libertés civiles, et prix Nobel de la Paix en 1975.

Le mouvement Sakharov, créé à l’initiative du Musée et Centre public Sakharov, de l’agence d’information Mémorial, et des étudiants de l’Université de Moscou, de l’École supérieure d’économie et du MGIMO, souhaite rassembler les personnes intéressées par l’héritage du physicien et l’actualiser dans la conscience publique.

Il y a quelques jours, ils ont demandé à de célèbres activistes et bloggeurs de compléter la phrase "Je ne suis pas Sakharov mais…" pour en faire des affiches. J’ai choisi les versions de l’écrivain Zakhar Prilepine et de l’artiste activiste du groupe Voïna Leonid Nikolaev pour illustrer cet article.


"Je ne suis pas Sakharov, mais je désire être idéaliste à notre époque"

"Je ne suis pas Sakharov, mais j’exige la libération des prisonniers politiques"

Ont également participé à ce projet :
- Evguenia Tchirikova, très active dans la défense de la forêt de Khimki,
- Artiom Louskotov, artiste de Novossibirsk organisateur des Monstratsia (cf article précédent),
- Marat Guelman, directeur du Musée d’art contemporain de Perm,
- Chachi Martynova, directrice de la librairie Magic Bookroom,
- Marina Litvinovitch, rédactrice en chef du site Besttoday.ru,
- Oleg Kozyrev, bloggeur et scénariste à l’origine des Roulitiki,
- Ekaterina Tchistiakova, vice-directrice du fonds  ?????? ?????,
- ou encore, le photographe Ilia Varlamov.

Comme Sakharov, ils veulent "montrer la vérité", "provoquer des réactions en chaine", "agir au nom de ce qu’ils croient", "proclamer la paix entre les gens", "prendre la défense de la nature" ou encore ne "[supportent] pas l’injustice".

Alors, je ne suis pas Sakharov mais je soutiens cette belle initiative !

Attention aux charmes qui cachent des atrocités

Dans le cadre de l’année officielle France-Russie 2010, Amnesty international France mène une campagne d’informations et d’actions pour sensibiliser le public sur les droits de l’homme en Russie, thème peu abordé dans les différentes manifestations organisées. La vidéo est plutôt bien faite, elle est accompagnée d’une pétition à l’attention de Dmitri Medvedev.

Mais Amnesty s’occupe également du cas de la France en publiant un communiqué invitant "les autorités françaises à faire preuve de sang-froid" : (...) "Qu’il s’agisse de l’évacuation des campements illicites des Roms et des gens du voyage, de l’extension des peines planchers, des peines incompressibles, de la déchéance de la nationalité française, de la responsabilité des parents lorsque des mineurs commettent des infractions ou de la décision d’« engager une guerre contre les trafiquants et les délinquants », AIF s’inquiète des graves conséquences que des décisions et des mesures présentes ou futures pourraient avoir sur les droits humains. (...)" Amnesty doit être sur tous les fronts.

PS : Ceci est officiellement le 1.000e article de Spoutnitsi, yeah !

Etre (démocrate) ou ne pas être

Il y a une semaine, j’avais commencé à traduite un article de David J. Kramer (charcheur au German Marshall Fund) paru sur The Moscow Times intitulé Medvedev is no democrat. En voici les premiers paragraphe : "Ceux qui avaient espéré que le président Dmitri Medvedev apporterait à la Russie un avenir plus démocratique, tourné amicalement vers l’Ouest, ont connu des montagnes russes d’émotions ces derniers temps. Ils ont été enthousiasmés par le discours que Medvedev a donné devant les ambassadeurs de Russie il y a [trois] semaines, dans lequel il a parlé de la nécessité d’une "modernisation des alliances" avec les États-Unis et d’autres pays occidentaux. Une fois de plus, Medvedev a exprimé son soutien à l’État de droit, à la démocratie et aux institutions de la société civile : "Il est dans l’intérêt de la démocratie russe que le plus grand nombre de nations possible suive les normes démocratiques dans leur politique intérieure."

Trois jours plus tard, cependant, les commentaires de Medvedev lors d’une conférence conjointe avec la chancelière allemande Angela Merkel ont été carrément déprimants, lorsqu’il a pris sur soi la responsabilité d’une loi qui ferait dangereusement accroître les pouvoirs du Service fédéral de sécurité.
Ce projet de loi a été soumis par le gouvernement à la Douma d’État après les attentats du métro de Moscou en mars. Entre autres choses, il permettra d’élargir les pouvoirs du FSB qui pourra avertir les citoyens que leurs actions pourraient constituer une violation future de la loi. Combien de fonctionnaires de police peuvent deviner ce que Dieu seul sait, mais l’une des craintes, c’est que le projet de loi soit utilisé pour intimider les opposants au gouvernement qui seront amenés à réfléchir deux fois avant de parler ou d’agir.
 [...]

Les principaux militants des droits humains russes ont averti dans une lettre ouverte récente que cette loi serait le retour dans le pays à la "tyrannie judiciaire, l’intimidation des dissidents et le contrôle par les services de sécurité des activités pacifiques des citoyens." Eux et d’autres opposants au projet de loi avaient espéré que Medvedev opposerait son veto à la législation, mais ses discussions avec Mme Merkel ont tué ces chances. "La loi sur le FSB est un projet de loi interne. Chaque pays a le droit d’améliorer sa législation, notamment celles relatives aux services spéciaux", a déclaré M. Medvedev." […]

La suite de l’article fait ensuite référence à d’autres lois ou projets de loi : l’un interdisant aux personnes déjà condamnées pour des infractions - y compris des infractions au code de la route, tel un excès de vitesse - d’organiser des rassemblements publics et des manifestations ; l’autre donnant aux services de police un plus grand pouvoir pour fermer des sites web et poursuivre les fournisseurs de services Internet ; un 3e accordant plus de pouvoirs aux gouverneurs locaux, notamment celui des renvoyer des maires, ce qui rendrait l’élection directe des maires dénué de sens.

L’auteur souligne ensuite le peu de résultat dans l’enquête sur les meurtres de la militante des droits de l’Homme en Tchétchénie Natalia Estemirova et de l’avocat Sergueï Magnitski ; et termine sur un bilan peu flatteur : "’Plus de moitié de la présidence de Medvedev a passé et la situation politique en Russie reste catastrophique. Le rapport 2009 sur les Droits de l’Homme du Département d’Etat américain donne des informations détaillées sur le nombre élevé d’assassinats parmi les opposants du gouvernement, les journalistes et militants des droits de l’Homme, dont la plupart reste impunie. En outre, la corruption s’aggrave, l’État de droit est pratiquement inexistante, et le Caucase du Nord est un foyer de violations des droits de l’homme et du terrorisme. [...]"

Quelques jours après la parution de cet article, un autre était publié annonçant la démission de la conseillère en Droit de l’Homme du Kremlin, Ella Pamfilova, du fait de l’atmosphère actuelle en Russie. Depuis quelques mois, elle critiquait la politique intérieure de la Russie et notamment l’échec du gouvernement d’engager le dialogue avec la société civile.

Et enfin, ce week-end, le rappeur engagé Noize MC (aka Ivan Alekseev) a été arrêté après un concert à Volgograd et condamné hier à 10 jours d’arrestation administrative pour "hooliganisme", pour avoir offensé verbalement des policiers dans une de ses chansons. Le conflit a commencé quand le batteur du groupe, Pavel Teterin, est descendu dans la foule avec sa casquette pour demander de l’argent à la foule. Ce geste symbolique, traditionnel dans les concerts de Noize Mc, a été pris pour une action réelle de mendicité par les policiers présents.

En réponse, Alekseev a entamé une chanson, qui accuse les officiers de police de violence, corruption et stupidité, devant un cordon de policiers (vidéo). Le refrain est le suivant : " ?????????, ????- ???? ; ?? ???????? – ????- ????, ?? ?????? – ????- ????, ? ???? ??????, ????!". (dont la traduction pourrait être : Citoyen, stop-stop ; Montre tes poches – hop-hop ; Et maintenant tes reins – pan-pan ; Va-t-en et fume la moquette !). Le chanteur aurait également comparé les policiers à "des animaux avec des emblèmes rouges sur leurs têtes’. Lors de la comparution immédiate, il a demandé pardon et a mis son comportement sur le stress causé par la naissance de son fils trois jours avant. Une pétition a été mise en ligne pour demander sa libération immédiate.

Source image : The Moscow Times

PS : Malgré mes nombreuses relectures, il peut rester des fautes, et je m’en excuse par avance.

Quand la défense des prisonniers mène en prison

Par Aurialie le 15.12.2009 à 00h38

Le lauréat du Prix de défense des droits de l’Homme, catégorie "Défense des prisonniers", Alexeï Sokolov, est emprisonné depuis le 13 mai 2009 pour vol qualifié (de matériel de soudure et de câbles dans une base industrielle en 2004). Pour son comité de soutien français, Amnesty international et la représentante du Comité pour les droits de l’Homme du Parlement européen, il est fort probable que cette affaire lui soit imputée du fait de ses activités en faveur des droits de l’Homme.

Alexeï Sokolov est devenu célèbre à la sortie de son reportage "la Fabrique des tortures, ou l’expérience pédagogique", dans lequel il traite des violations dans la colonie pénitentiaire d’Ekaterinbourg n°2. Le documentaire (1e partie ci-dessous) rassemble des témoignages d’anciens prisonniers, d’avocats, de mères ayant perdu un fils dans cette prison, ... sur les pratiques illégales des autorités pénitentiaires, notamment pour obtenir des aveux (même fictifs).

Le reportage a eu un certain succès, puisque les autorités pénitentiaires ont été obligés de reconnaître de facto l’existence des violations ; et certains membres de l’administration pénitentiaire ont été traduits en justice. Mais Alexeï Sokolov a continué son enquête, pour tenter d’obtenir la condamnation des membres des structures de maintien de l’ordre qui ont couvert pendant des années les crimes de la colonie n°2. Ce qui pourrait expliquer son actuel maintien en détention prolongé. Le 25 novembre, la tribunal de la Région de Sverlovsk a ainsi confirmé l’illégalité du motif de détention d’Alexeï à la maison d’arrêt depuis le 6 novembre, mais a tout de même prolongé sa détention du 25 novembre au 25 décembre. Affaire à suivre.

Les autres parties sont visibles ici, toutes sous-titrées en français.

Les lauréats des Prix de défense des droits de l'Homme

Par Aurialie le 14.12.2009 à 00h46

Le 7 décembre, trois jours avant la journée des droits de l’Homme, le groupe de Helsinki de Moscou a désigné les onze lauréats des premiers Prix de défense des droits de l’Homme ; 56 personnes étaient nominées.
- Dans la catégorie "Pour le courage manifesté dans la défense des droits de l’Homme" a été récompensée à titre posthume Natalia Estemirova (Tchétchénie)
- Dans la catégorie "Pour la défense des droits l’Homme par le biais de la culture et de l’art" : Iouri Chevtchouk (Saint-Pétersbourg), le chanteur du groupe DDT
- Dans la catégorie "Pour son activité d’expert et scientifique en matière de droits de l’homme" : Galina Kojevnikova (Moscou)
- Dans la catégorie "Pour le développement des traditions de la défense des droits de l’Homme parmi la jeunesse" : Andreï Jourov (Voronej)
- Dans la catégorie "Défense des prisonniers" : Alexeï Sokolov (Ekaterinbourg)
- Dans la catégorie "Pour son apport historique dans la défense des droits de l’Homme et le mouvement de défense des droits de l’Homme" : Alexandre Daniel (Moscou)
- Dans la catégorie "Pour son activité journalistique pour la progression des valeurs des droits de l’Homme" : Elena Milachina (Moscou)
- Dans la catégorie "Pour son apport dans l’enseignement de la défense des droits de l’Homme" : Raouf Gabidouline (Arkhangelsk)
- Dans la catégorie "Pour la défense des droits de l’Homme au tribunal" : Sergueï Beliaev (Ekaterinbourg)
- Dans la catégorie "Pour ses succès dans le développement et la gestion des organisations de défense des droits de l’Homme" : Igor Kaliapine (Nijni-Novgorod)
- Dans la catégorie "Pour son activité dans la protection des droits sociaux et les intérêts des communautés locales" : Andreï Babouchkine (Moscou).

Certains noms sont connus, d’autres pas encore, mais plus pour longtemps.

Un prix et une finale

Human Rights Watch a récompensé aujourd’hui Elena Milachina, journaliste à Novaya Gazeta, du Prix Alison des Forges pour son activisme extraordinaire en faveur de la défense des droits de l’homme. Trois autres personnes l’ont également reçu : Daniel Bekele, avocat et activiste en Ethiopie, Bo Kyi co-fondateur de l’association d’assistance des prisonniers politiques de Birmanie et Mathilde Muhindo, activiste des droits des femmes travaillant pour arrêter les violences sexuelles en République démocratique du Congo.

Le Parlement européen a quant à lui dévoiler les trois finalistes 2009 du Prix Sakharov pour la liberté de pensée. Ont été sélectionnés le gynécologue palestinien Izzeldin Abuelaish, l’écrivain suédo-érythréen et prisonnier politique Dawit Isaak et Lyudmila Alexeyeva, Oleg Orlov et Sergeï Kovalev au nom de l’association Memorial et de tous les autres défenseurs des droits de l’homme en Russie. Nous saurons le 22 octobre le nom de celui qui succédera au Chinois Hu Jia.

Sinon, aujourd’hui, certains militants de la liberté d’expression célébraient la mémoire d’Anna Politkovskaïa, assassinée il y a 3 ans.

Info pour les Parisiens

Une conférence publique est organisée demain entre 19h30 et 21h30 à la mairie du 3e arrondissement (2, rue Eugène Spuller, Métro Arts et métiers (ligne 11) ou Fille du calvaire (ligne 8)), sur le thème : "Russie : les libertés assassinées !"

  • Menaces sur les défenseurs des droits de l’homme et sur les journalistes
    Zoïa Svetova, journaliste russe et défenseure des droits de l’Homme
  • Caucase du Nord - la société civile entre étranglement et résistance obstinée : comment agir ?
    Zaynap Gashaeva, présidente de l’ONG Echo de la guerre en Tchétchénie Geneviève Colas, responsable du département Europe au Secours Catholique
  • Quelle justice ? Impunité et instrumentalisation politique
    Karinna Moskalenko, avocate russe auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme (sous réserve) et Sacha Koulaeva, responsable de programme Europe de l’Est et Asie centrale à la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH)

Modérateur : Jean François Bouthors, directeur littéraire (Bûchet-Chastel) et éditeur des livres d’Anna Politkovskaïa en France.

La conférence, organisée conjointement par l’ACAT-France, Amnesty International-France, ACER, le CCFD, la FIDH, Human Rights Watch, la Ligue des droits de l’Homme, Médecins du Monde, le Secours Catholique, sera suivie d’un débat.

La loi des séries ?

Par Aurialie le 23.07.2009 à 23h46

Via Libération (et en russe via Lenta.ru) : Une semaine après l’assassinat de Natalia Estemirova, Andreï Koulaguine, qui enquêtait sur le sort des prisonniers en Russie, a été retrouvé mort en Carélie.

Andreï Koulaguine, un militant des droits de l’Homme russe, a été retrouvé mort deux mois après sa disparition en Carélie (nord-ouest de la Russie). Koulaguine, qui enquêtait sur les conditions de vie dans les prisons, avait disparu le 14 mai.

Son corps a été trouvé le 10 juillet dans une carrière de sable près de Petrozavodsk, capitale de la Carélie, a précisé le reponsable de l’ONG Spravedlivost (Justice), Andreï Stolbounov, interrogé par l’AFP.

« Andreï Koulaguine visitait les prisons et enquêtait sur les violations des droits des prisonniers », a-t-il poursuivi. Une source policière en Carélie a confirmé la découverte du corps mais a indiqué ignorer si la victime appartenait à une ONG de défense des droits de l’homme. Selon cette même personne, Andreï Koulaguine avait un casier judiciaire pour « hooliganisme ».

=> Je tiens à préciser que l’on ne connait pas encore pour le moment la cause du décès. Bien qu’Andreï Koulaguine ait disparu depuis 2 mois, il pourrait très bien s’être suicidé. Et dans le cas où son décès est criminel, rien ne nous dit qu’il est lié à son activité au sein de Spravedlivost. Une mauvaise rencontre, une bagarre qui dégénère, une histoire d’amour qui tourne mal, un problème d’argent, ... en Russie comme ailleurs les raisons de tuer un homme sont multiples. D’autant plus que le nombre d’armes est en augmentation en Russie. La coïncidence avec le meurtre de Natalia Estemirova est en tout cas bien malheureuse.

Source photo : Spravedlivost

Militante des droits de l'Homme russe : -1

Ceux qui ont vu ou lu les dernières infos savent que Natalia Estemirova, militante des droits de l’homme russe, travaillant pour l’ONG Mémorial et dénonçant les exactions et enlèvements en Tchétchénie, a été elle-même enlevée hier à Grozny et retrouvée assassinée le soir même dans une forêt ingouche. Tous les journaux relatant cet assassinat font un parallèle avec le meurtre d’Anna Politkovskaïa, parallèle d’autant plus évident que Natalia Estemirova avait servi d’interprète à la journaliste lors de certains de ses déplacements dans le Caucase, avait reçu le prix Anna Politkovskaïa en 2007 et avait été nommée pour le prix Sakharov en 2004.

Le président russe Dmitri Medvedev s’est dit indigné, le président tchétchène Ramzan Kadyrov a qualifié le meurtre d’inhumain, promis de superviser personnellement l’enquête et précisé qu’il y aurait une enquête officielle mais aussi non officielle. Selon un article de France 3, il l’avait personnellement démise de ses fonctions de présidente du Conseil civique de Grozny, un organe consultatif, parce qu’elle avait critiqué son ordre de porter le foulard islamique. Oleg Orlov, représentant du Conseil du Centre Mémorial met directement en cause Ramzan Kadyrov dans cet assassinat : "Je sais, je suis sûr de savoir qui est coupable du meurtre de Natacha Estemirova. Nous connaissons tous cette personne. Elle s’appelle Ramzan Kadyrov, c’est le président de la République de Tchétchénie. Ramzan avait déjà menacé Natalia, injurié, considéré comme son ennemi personnel. Nous ne savons pas s’il a donné lui-même l’ordre ou si c’est un de ses proches collaborateurs qui l’a fait pour plaire à son chef." Toujours selon France 3, ses derniers jours, elle avait révélé des informations qui pouvaient être gênantes : "Lundi encore, elle dénonçait la mort dans des circonstances troubles d’une jeune femme de 20 ans, Madina Iounoussova, soupçonnée d’être l’épouse d’un rebelle et dont le corps avait été remis à des proches début juillet avec l’ordre de l’inhumer "sans faire d’histoires". Le 9 juillet, elle rendit publique une autre affaire qui fit grand bruit sur les sites internet et auprès des ONG spécialistes du Caucase russe : l’exécution sommaire d’un homme, devant les jeunes de son village, accusé d’être un rebelle."

Il semble que tous les moyens vont maintenant être mis en œuvre pour retrouver le(s) assassin(s) de Natacha Estemirova. Les auteurs sont-ils des proches de Kadyrov, comme l’avance l’association Mémorial, ou bien pourquoi pas, des personnes voulant montrer que la Tchétchénie n’est pas encore pacifiée, contrairement à ce que prétend le pouvoir russe ? Dans notre monde actuel tout n’est-il pas possible...

En complément : à lire le rapport d’enquête de RSF sur le Caucase russe "Le Rideau de fer médiatique"

Source photo : index.org.ru via Lenta.ru

Essais sur le monde du crime de Chalamov

Pour avoir un petit aperçu de l’œuvre de Varlam Chalamov, auteur des Récits de Kolyma, rien de tel que de commencer par son Essais sur le monde du crime. En 160 pages, il raconte les us et coutumes de la pègre, leur combine pour échapper aux travaux de camps les plus durs, la place de la femme (mépris total, femme objet), la culture criminelle (le rôman), …

Dans son introduction, il s’insurge contre les auteurs qui ont cherché à rendre sympathique le monde des criminels, voire même à l’idéaliser, au titre de la liberté du voyou. Mais pour les avoir côtoyé au camp de la Kolyma, Chalamov connait les vices des truands, raconte les tourments subis par les politiques, les intellectuels (surnommés dans les camps les "Ivan Ivanovitch"), souvent en accord avec les autorités pénitentiaires.

"“Ces gens [les trotskystes] sont envoyés ici pour être anéantis, et votre tache est de nous aider dans ce travail”. Ce sont les mots exacts prononcés lors de l’un de ces cours [d’instruction politique pour les truands], au début de l’année 1938, par Charov, l’inspecteur de la section culturelle de la mine Partisan. (…) En la personne des trotskystes, ils se trouvèrent devant une intelligentsia qu’ils détestaient profondément. " (p. 27)

"L’intellectuel est brisé par le camp. Tout ce qui lui était cher est réduit en poussière, piétiné, la civilisation et la culture volent en éclats en un temps très court, qui se compte en semaines. (…) Cette dégradation des âmes, ce sont dans une grande mesure les truands qui en sont responsables, les repris de justice dont les goûts et les mœurs influent sur toute la vie de la Kolyma." (p. 97/99)

Enfin, il y a un passage assez complet sur le retour des criminels dans les camps après la Seconde guerre mondiale et la véritable guerre des gangs au sein même des camps entre les criminels qui avaient fait la guerre (et donc considérés comme soumis à l’autorité) et les criminels qui ne s’étaient pas battus.

En illustration de ce petit commentaire de livre, une photo diffusée par l’Union des prisonniers, qui s’inquiète des conditions de détention dans la colonie de Nijnevartovskaïa IR 99/15. Sur la tête de ce prisonnier est marquée l’abbréviation SDP – Section de discipline et d’ordre. Selon l’Union, ce prisonnier a été obligé, sous la menace de répressions, d’entrer dans cette section, de devenir "actif", c’est à dire de devenir un assistant volontaire de l’administration pénitentiaire. A la fois le marquage sur le crâne et l’obligation d’être actif, sont une humiliation pour le prisonnier. Mais ce n’est rien pas rapport aux moqueries, passages à tabac, violences, violations des droits subies fréquemment par les prisonniers. D’ailleurs, le 17 décembre 2008, un détenu est décédé des suites des coups reçus.

Alors loin de moi l’idée d’idéaliser le monde du crime et les criminels, mais les conditions de détentions dans cette prison ont l’air inquiétantes... et pas que dans celle-ci... et pas qu’en Russie.

Toujours difficile d'être une ONG en Russie

Par Aurialie le 12.05.2009 à 00h57

L’avocate Olga Gnezdilova a publié sur article20.org un bilan de la situation des ONG en Russie suite à la nouvelle législation les concernant en avril 2006. Pour rappel, depuis 3 ans, l’activité de toute ONG peut être stoppée si elle représente une menace à "la souveraineté de la Russie, l’indépendance, l’intégrité territoriale, l’unité et l’originalité nationales, l’héritage culturel ou les intérêts nationaux". Les ONG, qui ont des financements étrangers, sont particulièrement visés par cette loi.

En mai 2008, les organisations civiles ont espéré que la situation allait changer, lorsque les fonctions d’enregistrement et de contrôle ont été transmises du service fédéral d’enregistrement au ministère de la Justice et à ses directions régionales. Mais au quotidien, ce sont les mêmes personnes qui assurent ces fonctions, donc l’espoir a été de courte durée.

En 3 ans, de nombreux contrôles ont ainsi été menés dans les ONG, et aucune ne s’est vue accusée d’activité terroriste ou extrêmiste. Olga Gnezdilova souligne le refus des autorités de Tioumen d’enregistrer l’organisation Radoujni dom, défendant les droits des gays, lesbiennes et transexuels, pour "atteinte à la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Russie en vertu de la réduction de sa population".

Toutefois, même si aucun terroriste n’a été découvert dans les ONG, les organisations ont de grandes difficultés à valider leur enregistrement ou les modifications de statuts (changement d’adresse, de responsable, ..) ce qui paralysent leur activité. A cela s’ajoutent le durcissement du régime d’imposition, la multiplication des perquisitions et poursuites et un certain discrédit des ONG dans les médias.

En 2008, par exemple, le ministère de la Justice de la région de Nijni-Novrogod a notifié 2.541 avis de violation de la législation de la Fédération de Russie, soit 452 % de plus qu’en 2007 : 961 à l’encontre d’organisations publiques, 311 à des organisations religieuses, 1.246 à des organisations non commerciales, 23 à des branches régionales de formations politiques. J’avais notamment cité le cas du Mouvement jeunesse de défense des droits de l’Homme en août 2007.

Selon le Messager du service de l’enregistrement auprès de l’État au 1er janvier 2009, en Russie, 219.802 ONG ont été exclues des registres selon diverses raisons. Plus de 44.000 ont en été exclues suite à une décision de justice reconnaissant la cessation de l’activité Mais la principale raison d’exclusion a été la non présentation des comptes financiers selon la comptabilité introduite en 2006.

En conclusion, Olga Gnezdilova souligne que malgré les espoirs dans le nouvel organe de gestion et contrôle (le Ministère de la Justice de la Fédération de Russie), sans changement important de la législation réglementant l’activité de divers organismes de contrôle, et sans révision de la position des principaux hommes politiques sur les ONG, on ne peut pas parler de croissance et du développement du secteur civil, sa principale tâche étant de lutter pour sa survie.

Source image : International society for human rights

2 combats, 2 condamnations infondées

Un internaute au pseudo de Kasanski voksal m’a envoyé aujourd’hui deux informations qui ont tout à fait leur place ici : l’enfermement sans fondement d’un syndicaliste et d’un antifasciste russes.

Le 26 décembre 2008, le tribunal de district de Mirny de la République de Sakha (Iakoutie) a condamné Valentin Ourousov, électricien à l’URMSU Almazenergoremont de AK ALROSA et leader du syndicat Profsvoboda, à 6 ans de réclusion pour détention de drogues. Son avocat, Evgueny Chernousov, affirme que le tribunal n’a pas suffisamment étudié les preuves montrant l’innocence du syndicaliste, ni pris en considération sa version des faits. Lors de l’arrestation et de la confiscation des drogues, violence et menaces de mort ont été utilisées par les autorités, les déclarations des témoins à charge ont été déformées. De plus, l’arrestation de Valentin Ourousov a eu lieu à un moment essentiel de l’activité du syndicat : 2 jours avant la fin de la commission de conciliation créée pour résoudre les conflits de travail dans l’entreprise.

Ainsi, il y a fort à parier que la condamnation de Valentin Ourousov est une attaque contre son activité syndicaliste, ce qui crée un précédent extraordinairement dangereux capable d’amener à une aggravation de la situation sociale dans un proche avenir. D’ailleurs, en janvier et février 2009, 13 militants du syndicat Profsvoboda ont été licenciés de l’entreprise AK ALROSA. Et ces militants se voient maintenant refuser tout emploi dans les autres entreprises de la ville puisque ces dernières sont toutes liées à la compagnie AK ALROSA. Le pourvoi en cassation d’Ourousov aura lieu dans la seconde moitié d’avril à la Cour suprême de la République de Sakha, vous pouvez leur envoyer une lettre demandant la libération de Valentin Ourusov (modèle sur le site ikd.ru).

Autre cas, autre demande de soutien : Depuis le 6 novembre 2008, Alexei Olesinov est en prison, en attente de son procès, poursuivi pour hooliganisme en groupe (article 213, al. 2 du code pénal de la Fédération de Russie). Précisément, il est accusé de s’être battu avec des agents de sécurité du club moscovite « Culte », le 30 août 2008. Il est arrêté deux mois après, bien que les agents n’aient même pas porté plainte (les bagarres se produisent quotidiennement à la sortie des clubs). Toutes les preuves montrent donc que l’affaire est entièrement fabriquée. L’appartenance d’Olesinov au mouvement informel Antifa a été révélée dans l’enquête, alors que ça n’avait rien à y faire.

L’histoire d’Alexeï Olesinov avait été racontée dans l’un des derniers articles d’Anastasia Babourova, Grani.ru l’a relaté également cette semaine. Une campagne internationale pour faire pression sur les autorités russes peut-elle servir à quelque chose ? Si vous le croyez, n’hésitez pas à écrire au ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie ou à organiser des actions près des ambassades russes dans vos pays, ce jeune homme de 23 ans risque 5 ans de prison pour des convictions politiques.
Tribunal :
Téléphone/Fax : +7 495 911-03-85 en écrivant “Konovalova N.V.”
Adresse : 109147, Russia, Moscow, Marksistskij per., 1/32
I.o. predsedatelya Taganskogo rajonnogo suda Konovalovoj N.V.
En russe : 109147, ??????, ??????, ???????????? ???., 1/32
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Ministère des Affaires étrangères :
Fax : +7 (499) 244-34-48 ministry@mid.ru
Adresse : Ministerstvo inostrannyx del RF
119200, Rossija/Russie, Moskva, Smolenskaja-Sennaja pl., 32/34

Sources photos : ikd.ru et grani.ru

La vie de Kronid Lioubarski

Par Aurialie le 06.04.2009 à 23h38

Ce soir le musée Andreï Sakharov organisait une soirée en mémoire du dissident Kronid Lioubarski, prisonnier politique et membre actif du mouvement de défense des droits de l’Homme en URSS, né il y a 75 ans, le 4 avril 1934. C’est l’occasion de découvrir le parcours d’un homme, dont le parcours est semblable à celui d’Alexandre Ginzbourg ou Andreï Sakharov, mais qui est bien moins connu que ces derniers.

De formation scientifique, il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles d’astrophysique, étudie les conséquences de la météorite de Toungouska (1961), est aspirant à l’institut de physique nucléaire du MGOu (1966), participe au développement et à l’organisation des voyages sur Mars. Mais dés 1953, alors qu’il est étudiant, il est l’un des premiers à organiser l’envoi collectif de lettres de protestation au journal Pravda en cette période post-stalinienne. Ce mode de contestation a été appelé par le mouvement de défense des droits de l’Homme "l’oppositon esthétique". Lioubarski a notamment déclaré : "le système provoque une répugnance si profonde qu’un jour tu ressens l’impossibilité d’exister en lui."

Le 17 janvier 1972, il est arrêté pour l’affaire des "Chroniques des évènements en cours" et condamné à 5 ans de régime sévère pour agitation anticommuniste. Au cours de la perquisition ce sont près de 600 documents, manuscrits et livres (nombreux issus du samizdat) qui sont saisis.
En 1974, alors qu’il est enfermé dans un camp, lui vient l’idée d’organiser la Journée de résistance des prisonniers politiques, qui depuis a lieu chaque année le 30 octobre. A partir de 1991, cette journée devient officiellement la journée de souvenir des victimes des répressions politiques.

Libéré en janvier 1977, il est l’un des successeurs d’Alexandre Ginzbourg, arrêté le 3 février, à la tête du fonds Soljénitsyne d’aide aux prisonniers politiques (avec Malva Landa et Tatiana Xodorovitch). Il entre également à la section soviétique d’Amnesty internationale. De nouvelles actions judiciaires sont alors menées contre lui, d’abord pour parasitisme, puis violation des principes du contrôle judiciaire et enfin pour agitation antisoviétique. Le 14 octobre 1977, sous la pression du pouvoir soviétique, Kronid Lioubarski et sa famille sont obligés de quitter l’URSS, ils sont même destitués de leur citoyenneté soviétique.

Parti vivre en Allemagne, il continue de travailler, en éditant le bulletin d’informations bihebdomadaire "Nouvelles d’URSS" (????? ?? ????), la liste annuelle des prisonniers politiques en URSS et à partir de 1984 le magazine "Pays et paix" (?????? ? ???). En 1990, il retourne pour la première fois à Moscou en tant que membre de la commission internationale enquêtant sur les circonstances de la mort de Raoul Wallenberg. En août 1991, il participe à la défense de la maison Blanche. Le 2 juin 1992, lui et sa famille retrouvent leur citoyenneté russe et en février 1993 ils déménagent définitivement à Moscou. Lioubarski devient le premier vice-rédacteur en chef du magazine Novoe vremia. Pendant les événement d’octobre 1993, il organise la défense du bâtiment de la radio Echo de Moscou ( ??? ??????)

Il occupe ensuite des fonctions assez importantes : il participe à la rédaction de la loi sur la Citoyenneté en tant que membre de la Commission sur la citoyenneté, il a été l’auteur de certains articles de la Constitution de la Fédération de Russie, notamment ceux sur la liberté de déménagement et le choix de son lieu d’habitation et sur la liberté de sortie du territoire russe. En 1994, il quitte la Chambre civile auprès du Président de la Fédération de Russie en signe de protestation contre le début de la guerre en Tchétchénie. A partir de 1993, il est membre du groupe Helsinki Moscou et en devient même le représentant.

Mais le 23 mai 1996, il meurt tragiquement en se noyant lors d’un voyage à Bali. En 1997 il est reçoit à titre posthume le prix russe de la liberté de la presse dans la catégorie Master et au printemps 2000, c’est l’Institut International de la presse à New York qui le nomme héros du journalisme libre indépendant de la deuxième moitié du XX siècle.

Voilà maintenant un homme dont on connaît mieux la vie et le combat.

Source : Droits de l’Homme en Russie
Légende photo : Andreï Sakharov, Kronid Lioubarski et Mikhaïl Makarenko

N. Belikh face aux droits des minorités sexuelles

Les organisateurs de la gay-pride moscovite ont tous les ans des difficultés pour organiser cette manifestation en faveur des droits des minorités sexuelles. Moscou et Tambov ayant déjà refusé sa tenue, ils envisagent de demander l’autorisation de manifester à Kirov. Cette ville n’a pas été choisie par hasard, le gouverneur de la région de Kirov est Nikita Belikh, ancien leader de l’Union des forces de droite et ancien membre de l’opposition (avant de rencontrer Vladimir Poutine et d’accepter le poste de gouverneur).

Bien sûr, la nouvelle n’enchante pas tout le monde au niveau local, et notamment le prête Evgueni Smirnov. Selon lui, "la tenue d’un tel défilé offense les sentiments des croyants de toutes les confessions traditionnelles de la ville – les orthodoxes, les musulmans, les juifs, les protestants. Il est évident que tous les droits et exigences demandés par les homosexuels sont des souhaits exotiques et ils ne peuvent pas être fixés législativement, ils sont juridiquement mal fondés et même absurdes et inacceptables dans un État de droit démocratique." Le père Evgueni n’a toutefois pas été soutenu par le diocèse local et a même été rappelé à l’ordre par le secrétaire du diocèse de Viatski, le père Alexandre Balyberdin.

Pour le moment, nous ne connaissons pas l’opinion de Nikita Belikh sur la tenue de la gay-pride à Kirov. Cependant, Maria Gaidar, conseillère du gouverneur, également membre de l’opposition, a déclaré que la demande "ressemblait à une provocation. La constitution n’interdit pas la tenue de gay-prides, mais l’organisation d’une telle action à Kirov n’est pas la meilleure des idées", car dans la région "il y a de nombreux croyants et conservateurs."

Suite à cette déclaration, le principal organisateur moscovite de la gay-pride, Nikolaï Alekseev, a précisé vendredi dernier qu’initialement ils n’avaient pas planifié la tenue de quelque action à Kirov, mais que les mots de Mme Gaidar leur a servi de catalyseur. "Nous en avons marre de voir que les droits des minorités sexuelles sont utilisés dans les jeux et provocations politiques, alors que les gays et les lesbiennes doivent avoir les mêmes droits, que les autres citoyens, y compris le droit à la tenue des manifestations publiques." Il a rajouté : "la conseillère du gouverneur reconnaît que le droit à la liberté de réunion est garanti par la Constitution russe, y compris pour les homosexuels. Mais elle propose aux minorités sexuelles de mener d’abord, on ne sait pas pourquoi, l’action à Moscou. Je veux rappeler à Maria Gaidar l’intégrité territoriale de la Fédération de Russie et l’unité de son espace juridique. La constitution de la Russie a la même force à Moscou qu’à Kirov." C’est pourquoi, Nikolaï Alekseev va déposer un avis de manifestation des minorités sexuelles à Kirov. En cas de refus, il s’adressera aux organismes judiciaires et est prêt à aller jusqu’à la Cour Européenne des droits de l’Homme, où il y a déjà dix plaintes contre les interdictions des manifestations homosexuelles à Moscou et Tambov. Nikolaï Alekseev a remarqué que "la réponse des autorités de Kirov jettera une lumière sur le caractère démocratique du pouvoir régional actuel, y compris sur le gouverneur Nikita Belikh, qui s’est heurté plus d’une fois aux interdictions d’actions publiques de l’opposition à Moscou. Le problème de la liberté de l’expression en Russie lui est parfaitement familier."

Quand un membre de l’opposition est passé de l’autre côté du pouvoir, oublie-t-il toutes ses convictions passées ? Le défilé est prévu pour le 16 mai, date de la finale de l’Eurovision, il sera alors intéressant de voir s’il aura lieu, dans quelle ville (des demandes vont être déposées dans d’autres villes), et si le gouverneur Belikh y prendra part (comme l’espère Alekseev).
Source : Kontoury.info
Photo : Nikita Belikh et Maria Gaidar (Ria Novosti)

De la tolérance (2)

Par Aurialie le 20.03.2009 à 22h53

La nouvelle n’est pas récente, mais à la veille de la journée internationale pour l’élimination des discriminations raciales, elle vaut le coup d’être mentionnée. En novembre, l’agence d’information de la jeunesse, qui a le soutien du Département de la politique familiale et jeunesse de la ville de Moscou, a organisé un concours pour élire les meilleurs sites Internet de prévention de l’extrêmisme et de mise en avant d’un esprit tolérant parmi la jeunesse. Le but de ce concours est d’attirer l’attention des médias et de la société sur l’importance des sites faisant la promotion de la tolérance et luttant contre la xénophobie, le nationalisme, le nazisme, l’intolérance religieuse et l’extrêmisme dans la société.

Les primés sont les suivants :

A consulter sans modération !

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