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Medvedev devant les étudiants américains

Par Aurialie le 26.09.2009 à 15h31

En marge du sommet du G20, Dmitri Medvedev a rencontré les étudiants de l’Université de Pittsburgh et a répondu à leurs questions. Celles-ci abordaient principalement la politique internationale de la Russie, notamment avec les Etats-Unis. Medvedev a tout d’abord salué la décision courageuse de Barack Obama de renoncer à installer un bouclier antimissile en Europe. "J’ai essayé de me mettre à sa place, et je dois dire que ce serait une décision difficile, c’est compliqué de changer une décision prise par une administration précédente, quand il s’agit de politique étrangère."

Concernant les relations entre la Russie et l’Ukraine, Medvedev a reconnu leur dégradation : "Cette dégradation n’est pas fatale. Et la tâche des dirigeants de nos pays, de l’administration future de l’Ukraine, tout comme de l’administration future de la Russie, est de faire en sorte que ces relations deviennent moins compliquées et qu’elles reposent sur un avantage réciproque, tout en s’inspirant de cette sympathie particulière qui a toujours existé entre nos peuples."

Au sujet de la Géorgie, Medvedev souhaite rétablir de bonnes relations avec ce pays, mais ne compte pas le faire avec Mikhaïl Saakachvili : "Les relations russo-géorgiennes seront bonnes, elles reposeront sur une amitié séculaire, sur une histoire et des traditions communes... Elles redeviendront ce qu’elles ont été jusqu’à tout récemment", mais "je n’aurai pas affaire avec le président Saakachvili qui a commis un crime contre son peuple et contre le peuple d’Ossétie du Sud."

Un étudiant lui a également posé une question sur son avenir et sa participation à l’élection présidentielle de 2012. La réponse de Medvedev a été la suivante : "Si je travaille bien, si j’accomplis mes missions, si le peuple russe me fait confiance, pourquoi pas ? (…) Si cela profite à notre pays, je suis prêt à occuper n’importe quel poste." Et comme Vladimir Poutine ne semble pas exclure de se présenter également en 2012, Oleg Kozyrev, auteur des Roulitiki, a eu l’idée d’une séquence avec un personnage bicéphale – Di et Vo sur un seul corps- où l’on ne sait pas vraiment qui s’exprime.

Enfin un étudiant a demandé à Medvedev ce qui comptait le plus dans la vie. "L’amour - que peut-il y avoir de plus important ? L’amour pour sa famille, pour ceux qui vous entourent, c’est le sens de la vie", a répondu Dmitri Medvedev. Quel romantique ! Opération séduction réussie ?

Source photo : Ria novosti

Le monument de la colère

Par Aurialie le 09.09.2009 à 00h56

Derrière un don, y a-t-il toujours une arrière-pensée ? C’est en tout cas ce que pensent des intellectuels lettons suite à l’installation, le 22 août dans un parc de Riga, d’une statut de Pouchkine, donnée par la Russie. Moscou déclare vouloir ouvrir un nouveau chapitre des relations culturelles entre la Russie et la Lettonie, et pour cela "Pouchkine porte les idées de liberté, de justice et de démocratie" selon l’ambassadeur de Russie en Lettonie. Il espère que "ces idées vont s’accomplir et qu’entre la Russie et la Lettonie il y aura une amitié que rien ne pourra briser."

Côté opposition lettone, on rétorque que Pouchkine n’a jamais vécu à Riga et que pas une de ses créations n’est consacrée à la capitale lettone. Certains auraient préféré une statut à l’effigie du cinéaste russe, Sergueï Eisenstein, qui a passé sont enfance dans la ville. "Le fait que Moscou veuille nous imposer à Riga son propre monument (et non celui de Pouchkine) en remplacement de Lénine est pensé comme une démonstration de force, et la référence à un nouveau chapitre des relations russo-lettones doit plutôt être comprise comme un avertissement : ne méprisez pas notre culture !", pouvait-on lire dans le quotidien letton Diena. Une lettre ouverte, signée par une soixantaine de personnalités lettones, a notamment été envoyée au président de la Lettonie. Le maire de Riga, Nil Ouchakov, pense, quant à lui, que l’action des citoyens mécontents contre l’installation du monument est immorale. Il est important de préciser que le maire de Riga est d’origine russe et membre d’un parti qui représente les intérêts de la population russophone du pays.

Toutefois, courant septembre, va s’ouvrir à Moscou le Parc letton, pour encore plus renforcer les relations entre les deux pays ; n’est-ce pas la preuve de non arrière-pensée, mais d’un vrai pas en avant vers une meilleure entente ?

Source image : Delfi

Rien d'autre à dire

Par Aurialie le 09.07.2009 à 00h11

Ce dessin de Sergueï Elkine se passe de commentaire ou de traduction, à part pour la dernière phrase. A son chien qui aboit, Poutine déclare à Obama : " Je n’ai rien à ajouter à ce qui a été dit."

Désolée de ne pas avoir trop le temps en ce moment de poursuivre ce blog (et ce n’est pas à cause des vacances malheureusement...). J’aurais voulu vous parler de Rim Chaïgalimov, militant de la liberté d’expression, pour avoir frappé un policier et décédé en prison (à Krasnoïarsk), du rôle de la compagnie française Vinci dans la destruction de la forêt de Khimki, de la visite d’Obama en Russie, de la disparition de l’ampoule Ilitch, ...

Le dessin du jour de Elkin

Par Aurialie le 04.04.2009 à 23h09

Une fois encore, je ne résiste pas à publier le dernier dessin de Sergueï Elkin, dessinateur dont j’attends toujours chaque nouvelle caricature avec impatience. Cette fois-ci, il croque Obama et Medvedev au moment de la photo "souvenir" du G20. Obama : Allez, faisons une tête un peu plus intelligente, on nous photographie !

Une note d'espoir

Par Aurialie le 10.02.2009 à 23h58

Il y a quelques jours le vice-président américain Joseph Biden annonçait un renouveau dans la politique étrangère des Etats-Unis, notamment avec la Russie. Celle-ci, en la personne du vice-Premier ministre Sergueï Ivanov, a accusé réception dimanche avec un "prudent optimisme" du "signal très fort" que lui a adressé l’administration Obama afin de restaurer le dialogue entre Washington et Moscou, y compris sur le bouclier antimissile.

Serguï Elkin a intitulé ce dessin "Mission impossible ?". Pourtant, un peu d’espoir est parfois bon, alors si on révait à une relance réussie des relations russo-américaines ?

Une action de bien mauvais goût

Par Aurialie le 04.12.2008 à 00h18

Les actions du mouvement de jeunes Rossia Molodaïa (Rumol) avait déjà été évoquées ici, il semble que ses membres font toujours preuve de mauvais goût. Hier, sous les sons de la marche funèbre, ils ont organisé l’enterrement politique de Viktor Iouchtchenko en face de l’ambassade d’Ukraine de Moscou, avec tout le cérémonial lié à ce type d’évènement. Anton Demidov, militant de Rumol, a déclaré : "Aujourd’hui nous enterrons le cadavre politique de l’homme politique le plus odieux de la Place de l’Indépendance - Viktor Iouchtchenko. De quoi est-il mort ? Il est mort de chagrin, d’absurdes souffrances. Nous ne pouvons lui pardonner la démolition des monuments des vétérans de la Grande Guerre Nationale [Seconde guerre mondiale], la décoration des fusilleurs fascistes, le sang des soldats russes et ossètes versé par des baïonnettes ukrainiennes." Cette manifestation, autorisée, a tout de même mené à l’arrestation d’un des organisateurs.

La raison de cette haine : la volonté d’adhésion à l’Otan de l’Ukraine. Mais le président ukrainien est confiant et prédit une amélioration des relations avec la Russie.

Source photo : Communauté Live Journal de Rumol, d’autres photos sur Vzgliad.

L'UE face à la Russie par Chappatte

Par Aurialie le 04.09.2008 à 13h07

Ce dessin de Chappatte est vraiment bien vu !

A voir en complément, l’émission C dans l’air hier intitutlé "L’Europe, otage de Poutine"

Source dessin : Yahoo news

Guerre froide ? tiède ?

Par Aurialie le 24.08.2008 à 23h52

En 15 jours les évènements se sont enchaînés dans le Caucase : le 8 août les forces armées géorgiennes lancent une offensive dans Tskhinvali, capitale de la République autoproclamée d’Ossétie du Sud, tuant plusieurs soldats de la force de maintien de la paix russe. La Russie réagit aussitôt en envoyant ses chars et soldats, à Tskhinvali d’abord, puis plus profondément en Géorgie. Sarkozy intervient au nom de l’Europe, réussit à faire signer un plan de paix aux différents belligérants. Quelques jours passent, la Russie retire ses troupes (sauf à Poti), Sarkozy félicite Medvedev aujourd’hui pour avoir bien rempli sa partie du plan de paix.

Et pourtant : le Canada veut que la Russie soit exclue du G8, un navire militaire américain a accosté dans le port géorgien de Batoumi pour livrer de l’aide humanitaire (pour le moment ?), l’Ukraine, qui a organisé aujourd’hui une parade militaire pour fêter son indépendance (photo), demande que son adhésion à l’Otan soit accélérée, la Pologne accepte la présence d’un bouclier antimissile américain sur son territoire... Pour Condoleezza Rice, la guerre froide est finie, mais n’a-t-elle pas reprise ? En tout cas les clichés sur le méchant ours russe, et la désinformation qui va avec (n’est-ce pas M. BHL ?), sont de retour. Dommage que l’on ne représente pas plus souvent la Russie sous les traits de l’adorable Misha, mascotte des JO de Moscou en 1980...

Photo : parade militaire aujourd’hui à Kiev (source Rosbalt.ru)

La Géorgie et la Russie sont en guerre

Par Aurialie le 10.08.2008 à 01h23

La tension montait depuis quelques semaines entre la Russie et la Géorgie, la guerre est maintenant bien commencée : civils tués, bâtiments détruits, déclarations hostiles, tentatives d’apaisement des autres pays européens.

Tandis que la Pologne et les trois républiques baltes, qui ont dû subir l’hégémonie soviétique pendant de nombreuses années, critiquent la position trop accommodante de l’UE envers la Russie, la Suède compare cette dernière à Adolf Hitler, en se livrant en Géorgie à une "agression incompatible avec le droit international" : "Nous avons des raisons de nous rappeler comment Hitler, il y a un peu plus d’un demi-siècle, a utilisé une telle doctrine pour saper et attaquer des zones considérables d’Europe centrale", a déclaré dans un communiqué le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt.

Hitler est également la comparaison utilisée par des hackers russes, ayant piraté le site du Ministère géorgien des Affaires étrangères, pour décrire le comportement du président géorgien Mikheïl Saakachvili. Car pour de nombreux Russes, la Géorgie est l’agresseur d’un peuple opprimé, celui de l’Ossétie du Sud, demandant depuis des années son indépendance et éventuellement son rattachement à la Russie.

Alors que Vladimir Poutine, premier ministre russe, a déclaré ce soir que la Géorgie recouvrera "difficilement" sa souveraineté sur l’Ossétie du Sud après avoir attaqué ce territoire indépendantiste, le président géorgien s’est dit prêt à un cessez-le-feu si la Russie mettait fin à ses bombardements, estimant qu’"il devrait y avoir un désengagement" et appelant à "une internationalisation" de ce processus. La France a ainsi annoncé la tenue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE en début de semaine prochaine sur le conflit, et l’envoi aujourd’hui dans la région du chef de sa diplomatie Bernard Kouchner pour proposer une "sortie de crise". Espérons que celle-ci arrive au plus tôt.

Source : article - Libération, image - Ouest France

Des signatures pour la paix

Alors que des côtés russes et géorgiens, l’armée se prépare à une éventuelle guerre, les défenseurs russes des droits de l’homme lancent un nouvel appel urgent à la paix et tentent de récolter les signatures des pacifistes, hostiles à toute activité militaire à la frontière russo-géorgienne. Un premier appel avait été lancé le 3 octobre 2006.

Pour certains, l’activité de ces derniers jours résonne comme un funeste rappel de juillet et août 1914 : provocations, explosions, transferts de troupes, déclarations guerrières, … Une réaction en chaîne qui pourrait avoir des conséquences politiques malheureuses : exclusion du Conseil de l’Europe, rupture avec l’Europe et le reste de l’Occident, montée du patriotisme et chauvinisme, annulation des Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi, … Et cela dans le but d’asseoir sa domination sur une république indépendante.

Pour apporter votre soutien au groupe Helsinski de Moscou et au mouvement "Pour les droits de l’homme", envoyez un mail avec vos coordonnées à zpch[at]zaprava.ru ou zpch[at]mail.ru.

Les relations anglo-russes ne vont pas se réchauffer

Par Aurialie le 05.07.2008 à 23h06

La querelle entre la Grande-Bretagne et la Russie n’est pas prête de cesser, elle s’est même enrichie de deux nouveaux éléments cette semaine. Le premier : l’étrange maladie d’un espion britannique, Alex Allan, plongé dans le coma depuis lundi et victime d’une tentative d’assassinat russe, pour les tabloïds anglais. Pourtant, la police a déclaré qu’il n’y avait aucune trace d’empoisonnement détectée pour le moment.

Le deuxième : l’octroi de l’asile politique par l’Angleterre à Andreï Sidelnikov, activiste de l’opposition russe et leader du mouvement jeunesse Pora. Selon lui, "c’est la reconnaissance que la Russie est aujourd’hui un pays non démocratique, un pays, où l’on ne respecte pas les droits et les libertés des citoyens, un pays où les gens sont poursuivis pour leurs convictions politiques."

Pour rappel les tensions diplomatiques entre les deux pays avaient commencé avec l’histoire des espions anglais, prétendus agents de l’ambassade, entretenant des relations avec des ONG locales et utilisant une pierre... Elles s’étaient poursuivies par l’histoire Litvinenko, l’expulsion de diplomates russes d’Angleterre, l’expulsion de diplomates anglais de Russie, des mouvements suspects d’avion de l’armée russe en mer du Nord, la fermeture de deux antennes russes du British Council par les Anglais eux-mêmes pour cause d’intimidations russes, etc.

Famine 1932/1933 : génocide ?

Par Aurialie le 21.05.2008 à 22h32

Via Courrier International

"La polémique a été résolue au profit de la Russie", estime le quotidien Izvestia. Du moins pour l’instant, et dans le cadre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE). Ainsi que le rapporte le chef de la délégation russe de l’APCE, Konstantin Kossatchev : "La commission politique n’a pas adopté la proposition de l’Ukraine de considérer la famine des années 1930 comme une tragédie ayant frappé exclusivement le peuple ukrainien. Elle a soutenu celle de la Russie qui suggère de traiter cette question uniquement dans le contexte soviétique." La proposition russe a obtenu trois fois plus de voix que l’ukrainienne.

Les Ukrainiens, les plus durement frappés lors de la famine qui a fait des millions de morts dans le sud de la Russie, en Ukraine, dans l’ensemble de la région du Caucase et au Kazakhstan, estiment que les autorités soviétiques ont délibérément organisé cette famine pour éliminer le peuple ukrainien et veulent que cette tragédie soit officiellement qualifiée de génocide. La position de Moscou est la suivante : si une responsabilité devait être attribuée, elle le serait au régime soviétique [et non à la Russie]. Par ailleurs, les victimes de ce régime accusé d’avoir organisé la grande famine seraient les koulaks en tant que classe et non les seuls paysans ukrainiens (bien qu’ils aient été les plus nombreux représentants de cette classe).

"Une défaite pour Viktor Iouchtchenko", insiste le quotidien. Et ce n’est pas faute d’efforts. Le président ukrainien exhibe ces derniers temps au poignet gauche un bracelet de silicone noir où est inscrit en lettres blanches "Ukrainian genocide 1932-1933", et revient de Londres où il a inauguré, dans une salle du Parlement britannique, une exposition consacrée au 75e anniversaire de ce que les Ukrainiens appellent l’Holodomor [extermination par la faim].

Par ailleurs, le président a annoncé que des monuments à la mémoire de la terrible famine qui a fait plusieurs millions de morts en Ukraine seraient érigés dans tout le pays.

Quelques informations supplémentaires

Cette carte, trouvée sur Wikipedia, montre combien les régions de l’Ukraine ont souffert de la famine, beaucoup plus que ces voisines. Les historiens sont en tout cas partagés sur le statut à accorder à cette famine : volonté délibérée de Staline d’exterminer le peuple ukrainien ou d’anéantir "seulement" la classe paysanne pour accélérer l’industrialisation de l’URSS. A ce jour, une vingtaine de pays reconnaissent le statut de génocide (du peuple ukrainien) à la famine de 1933.

Une guerre russo-georgienne est-elle possible ?

Par Aurialie le 07.05.2008 à 00h33

La Géorgie est "très proche" d’une guerre avec la Russie, a déclaré un ministre géorgien, évoquant l’envoi par Moscou de renforts en Abkhazie, région sécessionniste de Géorgie. De son côté, le "ministre" des Affaires étrangères d’Abkhazie, Sergueï Chamba, cité par le journal russe Izvestia, a déclaré que l’Abkhazie était prête à céder le contrôle militaire de la région à la Russie en échange de garanties pour sa sécurité. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que Moscou n’avait reçu aucune demande officielle de prise de contrôle militaire de la région.

"Nous devons éviter une guerre", a déclaré le ministre géorgien des Questions de la Réintégration, Temour Iakobachvili, lors d’une conférence de presse à l’occasion d’une visite à Bruxelles. Interrogé sur la probabilité d’une guerre entre les deux pays, il a répondu : "(Nous en sommes) très proches, car nous connaissons très bien les Russes."

La Géorgie, voie de transit vitale du pétrole et du gaz dans le Caucase, a irrité la Russie en demandant à adhérer à l’Otan. La Russie a annoncé jeudi que le déploiement de ses renforts avait débuté en Abkhazie afin de contrer ce qu’elle présente comme un projet d’attaque de Tbilissi.

Source : Reuters via Yahoo news

La Russie entre héritages et mutations (IRIS)

Par Aurialie le 03.04.2008 à 19h49

A l’occasion de la récente période électorale russe, l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) a réuni des experts de la Russie pour un numéro spécial intitulé "La Russie, entre héritages et mutations". Deux grandes questions sont étudiées : "La Russie, une société bloquée ?" et "Un nouvel aplomb sur la scène internationale ?"

Parmi les grands noms de chercheurs sur la Russie, on retrouve Marlène Laruelle, historienne spécialiste du nationalisme russe, qui traite de la "xénophobie et de son instrumentalisation politique en Russie", en prenant l’exemple des skinheads ; Françoise Daucé, chercheuse sur les mobilisations contestataires en Russie post-soviétique, qui a apporté sa contribution sur "la société civile en perdition politique" ou encore Laure Delcour, directrice de recherche à l’IRIS, répondant à la question "Comment la Russie voit-elle le monde ?", en apportant des "éléments d’analyse d’une politique étrangère en mutation".

De nombreux sujets sont abordés : les élections, bien sûr, (Les élections parlementaires russes de décembre 2007 : une nouvelle étape dans la consolidation de l’élite politique au pouvoir, par Olga Gille-Belova), l’armée (L’armée russe et les jeunes, la matrice d’un rapport à l’État, par Eva Bertrand), les mouvements migratoires (L’émigration des pays de la CEI vers la Russie : enjeu de politique intérieure et extérieure ?, par Adeline Braux) et différents aspects des relations internationales (doctrine militaire, relations russo-américaines, l’adhésion à l’OMC, l’Europe et la diplomatie énergétique).

Une lecture qui pourra être complétée par celle du dernier essai de Jean-Robert Raviot Qui dirige la Russie ?, version longue de l’article qu’il avait rédigé pour la revue Questions Internationales n°27.

La liberté n'est pas un droit, c'est un devoir (Nicolas Berdiaev)

Freedom House a publié cette semaine les conclusions de son rapport annuel sur la situation des droits et libertés civiques dans le monde. Selon l’étude, l’année 2007 a été marquée par un recul notable de la liberté, notamment en Asie du Sud, dans les anciennes républiques de l’Union soviétique, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique sub-saharienne, où l’on a pu voir "la renaissance de dictatures pragmatiques, énergétiques ou orientées économie de marché". En bref, la carte de l’année dernière a été reprise à l’identique, seules les couleurs ont été modifiées.

Concernant la Russie, les "experts de la liberté" ont noté à son débit le "spectacle" des élections législatives de décembre, le contrôle des médias par le pouvoir, l’utilisation des ressources énergétiques pour récompenser les États amis (Ouzbékistan et Kirghizstan) et mettre la pression sur les États, qui ne sont pas sur la même ligne.

Certaines libertés ont été bafouées en Azerbaïdjan, au Kazakhstan et en Géorgie, à cause du renforcement de "l’autoritarisme de l’administration". La Géorgie a reçu une mauvaise note pour avoir établi "l’état d’urgence après les manifestations antigouvernementales de novembre", restreint "la liberté des médias" et mené une "campagne systématique de marginalisation de l’opposition".

Pour rappel, Freedom House a été fondée en 1941 et publie chaque année, depuis 1973, l’état de la liberté dans le monde. Le budget de cette organisation est financé à 75% par le gouvernement américain. Les autorités russes considèrent donc que les conclusions des experts sont "absurdes", "superficielles" et "tirées par les cheveux".

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