Tous les articles sur le mot clé : cinéma

Quelques nouvelles de Biélorussie

Alors qu’Alexandre Loukachenko estime qu’il n’y a pas de crise en Biélorussie et que le gouvernement n’aidera donc pas les entreprises locales, un jeune activiste qui participait à une manifestation pour le petit entrepreneuriat en janvier, a été arrêté cette semaine. Jusqu’à présent Alexandre Borozenko se trouvait en Pologne pour ses études, son retour sur sa terre natale s’est de suite suivi d’une arrestation. Quelques mois plus tôt, 11 autres personnes avaient été condamnées à de la prison, dont 9 avec sursis, mais tous avaient finalement été relâchés le mois dernier, Loukachenko souhaitant améliorer ses relations avec l’Occident. Les opposants au président biélorusse commencent à mener des actions pour demander la libération de ce nouveau prisonnier politique.

Le dernier film documentaire de Vladimir Kolos, Ada Gallery, peut être une illustration des difficultés décriées par Alexandre Borozenko. Narrant l’ouverture et les tracas d’une galerie d’art en Biélorussie, il a reçu jeudi le Prix Europe, prix spécial de l’Europarlement dans la catégorie film documentaire au festival international des programmes télé et radio de Berlin. Ada Gallery sera en compétition au 8e festival international du documentaire de création de la Rochelle, débutant vendredi prochain.

Photo : Charter 97

Les chiens ne font pas des chats

Par Aurialie le 07.09.2008 à 02h52

La Mostra de Venise a récompensé ce week-end le cinéma d’auteur russe en la personne d’Alexeï Guerman Jr et son film Soldat en papier. Et il n’a reçu un simple prix de consolation, mais a été doublement primé : Lion d’argent de la meilleure réalisation et prix Osella de la meilleure photographie pour ses deux chefs opérateurs, Alisher Khamidhojaev et Maxim Drozdov.

Le film relate la préparation des premiers cosmonautes envoyés dans l’espace par l’URSS et le cas de conscience d’un médecin anticonformiste, chargé de superviser l’entraînement de jeunes gens dont la vie risque d’être sacrifiée. Fils du grand réalisateur Alexeï Guerman, qui a fêté ses 70 ans cet année et termine le montage de son dernier film Il est difficile d’être un Dieu (adaptation d’un roman de science-fiction des frères Strougatski), Alexeï Guerman Jr semble avoir hérité de son père la volonté de faire des films profonds et soignés.

Mais l’héritage paternel n’est pas toujours aussi facile à porter. Tsotne Gamsakhourdia, fils du premier président post-soviétique de la Géorgie, Zviad Gamsakhourdia (chassé du pouvoir en 1992 par l’opposition de l’époque et retrouvé 7 mois plus tard mort dans des circonstances jamais élucidées), a été arrêté jeudi à l’aéroport de Tbilissi pour trahison. Il était recherché depuis novembre 2007 pour avoir rencontré un diplomate russe lors des manifestations antigouvernementales de novembre 2007. On ne peut que lui souhaiter de ne pas finir comme son père.

PS : En russe, l’expression du titre se dit "яблоко от яблони недалеко падает".

Encore des récompenses

Par Aurialie le 02.06.2008 à 00h03

La ville de Kazan a eu l’honneur d’apprendre hier qu’elle avait été choisie pour l’organisation des Universiades d’été en 2013. Peu connu en France, cette compétition internationale universitaire multi-sports est organisée par la Fédération internationale du sport universitaire (FISU). La France a accueilli une seule fois ces jeux, en 1960 à Chamonix.

Celle-ci a d’ailleurs également reçu ce week-end une récompense lors de IIe festival international André Tarkovski "Zerkalo", qui se tenait à Ivanovo. Plus précisément c’est le film Les toits de Paris d’Hiner Saleem qui a obtenu le Grand Prix pour le meilleur film dramatique.

Source : Lenta.ru

Bon mois pour la Russie

Par Aurialie le 25.05.2008 à 20h33

C’est décidément le mois de la Russie, tout du moins au niveau sportif et culturel : victoire du Zénith Saint-Pétersbourg à la coupe de l’UEFA, championne du monde de hockey (1e fois depuis 15 ans), 1e victoire à l’Eurovision (avec Dima Bilan). Nouvelle récompense aujourd’hui : mention spéciale de la Caméra d’or pour la jeune réalisatrice Valeria Gaï Guermanika pour son film Ils mourront tous sauf moi, qui met en scène la vie de trois lycéennes de quatorze ans vivant dans la banlieue de Moscou. Pour en savoir plus, lisez cette longue critique de Critikat.

Loin de Sunset Boulevard sur nos écrans

Par Aurialie le 12.05.2008 à 22h18

Le film Loin de Sunset Boulevard d’Igor Minaiev est officiellement sorti la semaine dernière sur les écrans français (trois pour être exact, à Paris et à Orléans). Revue des critiques de cette œuvre franco-russe, récompensée au Festival de Honfleur en 2006 (Grand prix et Meilleur scénario) : "Loin de Sunset Boulevard" : mélo soviétique sur les plateaux de cinéma staliniens (Le Monde), "Loin de Sunset boulevard" : Hollywood or et rouge (CinéManiac), Quand les films chantaient sous Staline (l’Humanité), Très bon film, coco (Libération) et aussi l’avis de Télérama, qui ne met pas de titre à sa chronique, et d’autres journaux sur AlloCiné.

D'Est en musique

Par Aurialie le 17.04.2008 à 23h10

Vendredi soir, le Gmem (groupe de musique expérimentale de Marseille) propose dans le cadre du festival Les Musiques un concert en image ou un film en musique, tout dépend dans quel sens on le prend.

Le film présenté est D’Est de Chantal Akerman, réalisé en 1993, montrant un voyage à travers l’Europe de l’est, entre l’Allemagne et la Russie. La musique est celle de Sergueï Rachmaninov, Leoš Janáček, Franck Krawczyk, Alfred Shnittke et Sergueï Prokofiev, jouée par le pianiste Laurent Cabasso et la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton.

Cette dernière considère sa musique comme une invitation au vagabondage, une manière de faire dialoguer les arts et les sensibilités : "comme ces travellings D’Est, le mouvement libérait une écoute". En d’autres termes, D’est en musique est une proposition à l’exil musical, à l’écoute flottante, à une odyssée sensationnelle.

A 21h au théâtre du Gymnase, 4 rue du Théâtre français, 13001 Marseille.

Printemps du cinéma russe

Par Aurialie le 08.04.2008 à 20h44

Demain s’ouvre la deuxième édition du Festival du Printemps russe, qui a pour ambition de faire connaître le cinéma russe au grand public français. Hommage à Nikita Mikhaïlkov et Alexeï Guerman, films récents et vieux films soviétiques, courts-métrages, films pour enfants, il y en a pour tous les goûts. Un Grand prix sera également attribué par un jury composé de professionnels (acteurs, réalisateurs, …) et présidé par … Elena Lenina (à se demander si c’est la seule Russe connue en France). Pour assister à ce festival, rendez vous du 9 au 15 avril 2008 au Cinéma Elysées Lincoln (14 rue Lincoln, Paris 8e).

Hommage à Tarkovski

Par Aurialie le 05.04.2008 à 23h50

Le 4 avril 1932 naissait Andreï Tarkovski. Ce célèbre réalisateur, souvent considéré par la critique comme un des maîtres du Septième Art, à l’égal d’Ingmar Bergman, Luis Bunuel, Robert Bresson, Michelangelo Antonioni ou Federico Fellini, est à l’origine de quelques uns des meilleurs films soviétiques (et internationaux) : Solaris, Andreï Roublev, le Sacrifice et Stalker (que vous pouvez voir ci-dessous en entier).

Les thèmes chers à Tarkovski étaient la spiritualité, la présence de la terre et son union prophétique avec les trois autres éléments de la vie (eau, feu et air), la solitude des êtres, leurs rêves, leurs fantasmes, leur imagination et leurs tourments existentiels, sujets éloignés des impératifs artistiques du régime soviétique, qui lui ont valu quelques difficultés.

A lire : sa dernière interview, donnée 8 mois avant sa mort (en 1986) au magazine Nouvelles clés.

Le nouveau souffle du cinéma russe

Par Aurialie le 16.03.2008 à 18h00

Le cinéma russe était à l’honneur ce week-end, avec 5 films en compétition dans différents festivals franciliens. Le travail de Larisa Sadilova, Nitchevo Litchnovo (Rien de personnel) a été présenté au 30e Festival International de Films de Femmes de Créteil. Il raconte la mission d’un détective privé chargé d’observer la locataire d’un appartement.

Voskresenie (Résurrection) de Piotr Zabelin, narrant l’histoire d’une jeune femme fanatique, s’apprêtant à commettre un attentat, a été sélectionné au 6e festival Paris tout court (auquel participent 28 pays).

Les documentaires sont également présents, avec deux nominés au 3e Festival Européen du Film Indépendant 2008, organisé à la BnF : La guerre des mères de Tatiana Kroll (sur les évènements en Tchétchénie) et Le monstre de la mer Caspienne.

Et enfin dernier sélectionné, au festival Cinéma du réel du Centre Pompidou : Moskva de Bakour Bakouradze et Dmitri Mamoulia, racontant la vie de migrants kirghizes en quête d’un travail à Moscou.

Le film d’Andrei Zviaguintsev, Izgnanie (le Bannissement), relatant un drame familial, sorti début février, est également toujours visible dans quelques salles. L’acteur principal, Konstantin Lavronenko, avait été récompensé du Prix d’interprétation masculine à Cannes en 2007.

Nikolaï Nikitine, un des organisateurs du 3e Zurich Film Festival (octobre 2007), où la Russie était à l’honneur avec huit films, soulignait le souffle revigorant venant du cinéma russe. Il explique que la Russie est le 2e pays producteur de films en Europe, après la France, et le pays où le marché cinématographique affiche actuellement la plus forte croissance au monde. "Les réalisateurs russes sont en phase de recherche, ajoute-t -il. Ils multiplient les expérimentations, et l’on peut observer dès le deuxième ou le troisième film une véritable évolution. (…) L’histoire de la Russie est marquée par la répression. Les hommes ont toujours aspiré à la liberté intérieure, mais jusqu’à présent, ils ne l’ont pas encore vraiment trouvée. De nombreux films prennent pour sujet la liberté, s’interrogeant sur sa signification profonde pour l’être humain."

Avec des financements de plus en plus importants, le potentiel du cinéma russe semble donc énorme, espérons qu’il ne se "blockbusterise" pas.

Poutine acteur, non ! Poutine héros, oui !

Par Aurialie le 07.02.2008 à 00h05

"Je suis désolé Vladimir Vladimirovitch [Poutine], mais vous n’avez pas passé le casting pour le rôle principal...", dit le réalisateur ou producteur du film Un baiser, non pour la presse à un Poutine tout déçu, dans ce dessin de Sergueï Elkine.

Et pourtant il n’est pas difficile de deviner qui se cache derrière le simple citoyen de Saint-Pétersbourg, parlant couramment allemand, qui a atteint les hauts sommets de la politique, dans Un baiser, non pour la presse qui sort juste avant la Saint Valentin. Poutine, héros d’un film, héros d’un peuple, héros d’un jour, héros pour toujours.

''L'ironie du sort'' - le film du Nouvel an

Par Aurialie le 31.12.2007 à 00h06

Depuis plus de trente ans, tous les ans pendant les fêtes de fin d’année, la télévision russe diffuse le film Ironia soudby ili S liogkim parom (Ирония судьбы или с легким паром). L’histoire de cette comédie est simple : tous les ans des amis vont aux bains à la veille du nouvel an. Ils boivent beaucoup, surtout que l’un d’eux, le très sérieux chirurgien Jenia, enterre sa vie de garçon. Ils ont tellement bu qu’ils reconduisent à l’aéroport non pas celui qui habite à Leningrad, mais le moscovite Jénia, tout endormi. A son arrivée à Leningrad, encore à moitié endormi, il monte dans un taxi qui le conduit à l’adresse indiquée. Il entre dans un immeuble puis dans un appartement en tout point pareils aux siens (c’est l’uniformité soviétique...) et croyant être chez lui se jette sur le lit. Quelques minutes plus tard entre la vraie propriétaire des lieux, Nadia, qui attendait son fiancé, peu sensible à l’humour de la situation. Commencent alors les quiproquos et les imbroglios !

Et bien, comme nos Bronzés il y a deux ans, la suite d’Ironie du sort est sortie il y a quelques jours, racontant la vie des héros trente ans plus tard : la fille de Nadia retrouve, par hasard dans son lit, le fils de Jénia ivre… Et comme pour nos Bronzés, les critiques des spectateurs sont plutôt mitigées, entre le plaisir de voir la suite des aventures de leurs héros préférés et la déception devant ce deuxième opus. Euh oui, difficile de faire une suite réussie...

La première partie du film se trouve ci-dessus, la deuxième ici.

Dostoïevski, psychologue de notre temps

Par Aurialie le 11.11.2007 à 03h59

Il y a 186 ans (selon le calendrier grégorien, 30 octobre selon le calendrier julien) naissait un des plus grands auteurs russes, Fiodor Dostoïevski. A notre époque, ses romans inspirent des réalisateurs, trois films sortis dernièrement le prouvent. Paranoid Park de Gus van San évoque le cas de conscience d’un jeune skateur qui tue accidentellement un agent de sécurité, reprenant ainsi le thème de la culpabilité, magnifiquement dépeint dans Crime et Châtiment.

Le rêve de Cassandre de Woody Allen et les Promesses de l’ombre de David Cronenberg, plongée dans la mafia russe d’Angleterre, ont un goût des Frères Karamazov. D’ailleurs, le réalisateur de History of Violence et l’un des principaux acteurs, Viggo Mortensen, avouent avoir lu Les Possédés pour pénétrer au cœur du tempérament russe et sont d’accord avec un journaliste des Inrocks qui décrit Les Promesses de l’ombre comme "un film de mafia mâtiné de Dostoïevski".

Dostoïevski, écrivain du XIXe siècle, a su parfaitement décrire la nature humaine et ses tourments. Friedrich Nietzsche avait justement déclaré : "Dostoïevski est la seule personne qui m’ait appris quelque chose en psychologie."

La saison sera biélorussienne

Par Aurialie le 09.11.2007 à 23h10

Mercredi à la Maison d’Europe et d’Orient a été inauguré le centre culturel libre de Biélorussie, premier événement d’Une saison biélorussienne. Cette manifestation est organisée du 7 au 26 novembre en partenariat avec l’Ambassade de France en Biélorussie, Belprojet, la Fondation Européenne de la Culture, Perspectives Biélorussiennes et Office for a Democratic Belarus. Et elle promet d’être riche : expositions de photographies, projection de films, débat, rencontre, lecture sont prévus pendant ces 20 jours.

A noter notamment, lundi 12 novembre à 19h, le débat sur la société civile et les droits de l’Homme en Biélorussie, animée par Perspectives Biélorussiennes, avec la participation de membres d’Amnesty International, de la Fédération internationale des droits de l’Homme, de Reporters sans frontières et du groupe d’amitiés franco-biélorussiens de l’Assemblée nationale. Ainsi que la soirée cinéma du 19 novembre à partir de 17h.

Source : photo d’Artour Klinau, peintre, architecte et fondateur-rédacteur en chef de la revue pARTisan

Chnour a dit "Votez blanc"

Par Aurialie le 01.11.2007 à 00h49

Leningrad et son célèbre chanteur Sergueï Chnourov prêtent leur talent à la bande son d’un nouveau film russe, le Jour des élections ("День выборов"), comédie sur la campagne pré-électoral d’un énigmatique oligarque.

Dans la chanson "Elections ! Elections ! Les candidats sont des p*** ", Chnour invite les Russes à aller voter… blanc : "(...) Eh la conscience monte !/ Et voilà le grand jour/ on m’a donné un bulletin de vote/je le prends et mets une croix. Eh !/ Je vote contre tous !/ Eh eh ! Je ne joue pas avec des c***/ Je ne vous élirais pas"

Alexandra d'Alexandre Sokurov

Par Aurialie le 26.09.2007 à 00h05

Chaque année, ce sont deux à trois films russes qui sortent en France. J’ai déjà annoncé Itchkéri Kenti (film français tourné clandestinement en Tchétchénie) et l’Italien d’Andreï Kravchouk. La fin de l’année est proche, le troisième film devait arriver rapidement et ce sera Alexandra, le dernier Alexandre Sokurov, sélection officielle du Festival de Cannes 2007.

L’histoire : La République de Tchétchénie de nos jours, dans un campement de régiments russes. Alexandra Nikolaevna vient rendre visite à son petit-fils, l’un des meilleurs officiers de son unité. Elle passe ici quelques jours et découvre un autre monde. Il n’y a dans ce monde d’hommes, ni femmes, ni chaleur, ni confort. La vie quotidienne y est miséreuse ; les sentiments ne s’y expriment pas. A moins que les forces et le temps ne manquent pour ces derniers. Ici, chaque jour, chaque minute, des questions de vie ou de mort se résolvent. Néanmoins, ce monde est peuplé d’êtres humains.

Malheureusement, comme l’Italien en son temps (avec Taxi 4 et la Môme), Alexandra va affronter des poids lourds, notamment 99 F et la biopic de Ian Curtis Control.

A lire les critiques du film et à voir des extraits, avant ou après le visionnage du film !

Source : AlloCiné

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